On m'a suggéré de donner mon point de vue sur les relations de couple entre québécoise et français, étant en couple depuis presque six mois (faut bien commencer quelque part) avec un homme merveilleux, tout juste débarqué de son pays plein de baguettes.
Inutile de préciser que c'est mon histoire à moi que je raconte ici et que ce texte ne reflète pas l'opinion de la totalité des québécoises en couple avec des français. Il est aussi notable de ne pas tout mettre sur le dos de la différence culturelle alors que chacun a une personnalité et un vécu propre qui influera sur le comportement.
''Voulez-vous vous joindre à nous, les filles?''
C'est ce que m'a dit Julien la première fois que je l'ai vu. C'était en mars dernier, aux foufounes électriques.
Tout d'abord, je dois dire que chaque fois que j'ai été abordée dans un bar par un garçon, les intérêts de ce dernier ont été purement physiques et que jamais une rencontre dans de telles circonstances a mené vers une relation sérieuse et durable. Donc, lorsque Julien nous a offert, à moi et ma copine, de boire un verre en sa compagnie ainsi que celle des PVTistes fraîchement arrivés à Montréal qui l'accompagnaient, je m'attendais pas à grand chose. Notez bien, aussi, que les français ont la réputation d'être de grands séducteurs alors que les québécois ont plutôt tendance à se la jouer discret et paresseux quand arrive le moment de séduire. Je suis désolée pour les québécois qui liront ce mot mais j'ai l'impression que c'est un peu pour cete raison que les québécoises projetent une image de femme indépendante et fortes; parce que nous n'avons tout simplement pas le choix d'aborder les garçons pour engager la conversation. C'est, du moins, ce que j'ai vécu chaque fois que je suis sortie dans un bar dans le but de ''pouche-pouter'' mon charme sur un mâle en rute.
Après notre rencontre, Julien et moi avons échangés nos numéros de portable. J'ai cru comprendre qu'en France, un homme qui demande un numéro à une femme dans ce genre de contexte n'est pas nécessairement intéressé à une relation sentimentale avec elle. Un québécois qui demande un numéro à une fille est forcément intéressé à revoir celle-ci plus intimement. Julien et moi avons donc passé plusieurs soirées ensemble sans aucun indice d'intérêt de la part des deux parties. Ce n'est qu'une fois le premier baiser échangé que l'histoire s'est quelque peu compliquée. Comme l'a précisé mon collègue d'étude socio-affective dans son -très juste- texte sur les relations de couple, les québécois(es) ont besoin de quelques semaines, voire mois, avant de s'engager sérieusement avec quelqu'un. En plus, il est ''permis'' lors de la période de fréquentation, de voir d'autres gens, d'embrasser d'autres garçons même. Pour les français, échanger un baiser est un symbole très fort, de fidélité, et permet à deux personnes d'être officiellement liés. Je ne suis ni top-modèle, ni mangeuse d'hommes, mais j'ai eu la chance (?) d'embrasser beaucoup de garçons sans qu'aucune conséquence s'en suive. Lorsque mon amoureux et moi nous sommes embrassés pour la première fois, nous nous sommes aussi disputés. Romantique, n'est-ce pas? Pas parce qu'il embrassait mal, au contraire, mais parce que pour lui, nous étions un couple alors que j'en étais tout simplement pas à ce stade.
Nous avons eu besoin de quelques semaines supplémentaires que Julien a trouvé particulièrement éprouvantes parce que lui voulait quelque chose que je n'étais pas prête à lui offrir. Une relation officielle qui nous obligeait à nous afficher aux yeux de tous, à nous promener main dans la main dans la rue, à changer notre statut de relation sur Facebook, à s'inclure dans nos vies au quotidien.
Finalement, je suis tombée amoureuse.
C'est ce qui me fallait pour avoir envie de partager ma vie avec lui. Toutes nos disputes (elles ne sont pas si nombreuses) reposent sur le fait que notre évolution sentimentale diffère de celle véhiculée en France. Ici, on nous apprend à être prudentes et patientes pour que nos relations soient vraies, sincères et durables. Pour les français, et c'est encore une impression, il est facile de se jumeler avec quelqu'un, passer du bon temps, mais l'engagement profond prend plus de temps. Au Québec, la tendance revient aux jeunes familles, au mariage chez les moins de vingt-cinq ans. Permettez-moi de douter qu'il se passe la même chose de l'autre côté de l'eau. Bref, si l'on grossit le tableau à la loupe, les québécoises prennent leur temps, tombent amoureuses et s'engagent fermement. Les français tombent amoureux, s'engagent et prennent leur temps. Ils gardent, selon moi, un rapport adolescent très longtemps envers les relations de couples.
S'il n'y a qu'une chose à retenir à propos des québécoises, à mon avis, c'est qu'elles sont farouches et difficiles à attraper mais à partir du moment où elle s'arrête de virevolter dans tous les sens pour te regarder dans les yeux, elle est là pour rester. Avec tout son coeur.



































Citez

Montréal


). Et surtout merci de préciser qu'il ne s'agit que de "généralités". Moi on m'a toujours dit qu'il existait de tout dans la nature et qu'il y en avait pour tout le monde 
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