Face aux demandes de clients de plus en plus exigeants en matière d’environnement et de durabilité des sols, les producteurs de vins néo-zélandais affichent de plus en plus leur volonté d’être green. Un argument qui pourrait conduire les PVTistes ayant une fibre écologiste à se tourner vers quelques maisons de productions respectueuses de l’environnement pour effectuer les récoltes qui devraient débuter dans les prochains mois.

Réduire l’emprunte carbone et les émissions de gaz à effet de serre, le pari de Yealands

Le domaine des Yealands a récemment obtenu un prix environnemental pour son approche tournée vers la conservation des sols (avec un programme de restauration des zones humides), l’emploi de moutons en charge de brouter les mauvaises herbes autour des vignes (et une moindre utilisation des herbicides en conséquence). Le domaine emploie également des méthodes alternatives de production d’électricité en utilisant des panneaux solaires et des éoliennes et en récupérant les déchets issus de l’élagage (prunning) pour en faire un combustible. La confection de leur bouteille en plastique plus légères et permettant une émission de gaz à effet de serre moins importante que la confection de bouteilles en verre complètent la tenue de ces producteurs verts !
Cependant, même si la confection de bouteilles en plastique permet de faire des économies d’énergie, la méthode n’en demeure pas pour autant durable puisqu’il ne tient pas vraiment compte de la fin de vie des bouteilles en plastique. Le recyclage du plastique reste très très limité en Nouvelle-Zélande et une grande partie des déchets plastiques doivent aller jusqu’en Chine pour connaître une nouvelle vie. Le bilan carbone s’élève alors d’autant plus. Les bouteilles en verre, elles, sont recyclées à l’infini, directement en Nouvelle-Zélande.

Des techniques pour fertiliser les sols de manière plus authentique et traditionnelle ont également été mises en place à plusieurs endroits du pays, notamment sur le domaine de Richmond où l’on tient compte des lunes ascendantes et descendantes pour disposer du fumier et du composte autour des vignes.

Protéger Mère-Nature puisqu’elle offre de nombreux avantages à moindre coût

Si les entreprises viticoles ont fait le choix (plutôt payant) de mettre en avant les démarches positives pour l’écologie, elles permettent également de réduire les coûts de production et augmenter les profits. La conservation des terres humides (wetlands) effectuée par Yealands Estate est essentielle pour permettre à la maison de vin de continuer sa production. Sans les wetlands, ils devraient se tourner vers d’autres moyens pour irriguer les vignes à un coût certainement plus élevé.

Une initiative d’une autre maison en faveur des faucons est aussi révélatrice sur ce point. Pour chaque bouteille vendue en Nouvelle-Zélande, Brancott Estate (une des très grosses maisons de vin néo-zélandaise située dans plusieurs régions du pays) entend reverser 1 dollars à la fondation pour la protection du faucon néo-zélandais, une espèce endémique. Cette espèce est en effet un peu menacée (en particulier par les fils électriques qui déciment une grande partie des espèces qui viennent se poser dessus). En 2005, un fond a même été mis en place par le Ministère de l’agriculture et des forêts néo-zélandais pour réintroduire ces faucons dans la région de Marlborough. Les faucons, à la différence des autres oiseaux, ne mangent pas les fruits des vergers ou des vignes, mais se nourrissent des oiseaux venant se délecter du nectar des raisins. En réintroduisant les faucons, Brancott Estate protège aussi et surtout sa production.

Petites astuces à connaître si vous cherchez un emploi

Toutefois, même si certaines entreprises développent des techniques de productions plus durables, il n’est pas garanti qu’ils aient un besoin important de main d’œuvre. De plus en plus de vignobles font désormais appel aux vendangeuses (mechanical harvester), des engins agricoles pour récolter les raisins, réduisant ainsi le besoin de main d’œuvre de nombreux producteurs. Néanmoins, les mêmes vignes ont besoin d’être mieux préparées au passage d’une machine et une grosse opération de triage est nécessaire à l’issue des récoltes pour enlevé les grappes trop abîmées, les déchets récoltés automatiquement ou encore les insectes qui ont décidé de participer à la récolte. Ce type d’emploi se fait alors nettement plus en intérieur.

Si vous voyez des vignobles dont les lignes de vignes sont assez espacées sur des surfaces plates, il est très probable qu’ils fassent appel à une machine pour effectuer les récoltes. Toutefois, un même domaine peut faire des récoltes mécaniques et manuelles selon les différentes parcelles. Pour les parcelles destinées à produire un vin de qualité (les meilleurs récoles), les producteurs font généralement appel à des personnes pour récolter le raisin manuellement.
De plus, les producteurs font également appel à des travailleurs saisonniers pour effectuer les récolte sur les terrains accidentés puisque l’accès par les machines y est trop compliquée.
Enfin, l’utilisation des machines dépend également du vin qui va être réaliser. Des grappes pour faire du sauvignon blanc (en particulier dans la région de Marlborough) seront plus facilement récoltés avec des machines tandis que d’autres vins comme le pinot noir et le gewürztraminer. Les cépages nécessitant des raisin intactes ou peu abîmé pour la création du vin privilégieront une récolte à la main tandis que les propriétaire s’accommodant d’une oxydation rapide des raisins pourront tout à fait utiliser des machines agricoles qui peuvent parfois déchirer la peau des raisins.