Comment j’ai appris l’anglais à Montréal en un an

Date de publication : 24-03-2020

Auteur

Raphael

Apprendre l'anglais en PVT au Canada, c'est possible, à Montréal ?

Ce n’est un secret pour personne, communiquer en anglais n’a jamais été le fort des Français. Et bien évidemment, je ne dérogeais pas à la règle. J’ai eu beau suivre des cours d’anglais depuis l’école primaire jusqu’à la fin de mon master, regarder des films en VO, suivre des méthodes depuis chez moi… Rien n’y faisait, mon niveau stagnait à un point que je qualifierais de proche du néant !

Par ailleurs, passionné depuis mon plus jeune âge par les jeux vidéo, je me suis très vite rendu compte qu’une fois mes études terminées, il me serait impossible de postuler à une quelconque offre liée à ce secteur tant la maîtrise de l’anglais, à la fois écrit et parlé, est indispensable pour prétendre à un tel poste. C’était donc décidé : il fallait que je parte à l’étranger pour enfin maîtriser cette fichue langue !

Mon choix de destination s’est naturellement porté vers le Canada puisque originaire d’une petite station de ski dans les Alpes, la neige, le froid et les grands espaces ont toujours fait partie intégrante de ma vie. En revanche, il a été nettement plus difficile de choisir la ville dans laquelle j’allais m’établir. Deux métropoles bien distinctes m’attiraient : Vancouver et Montréal. Vancouver, pour son aspect anglophone et les sommets montagneux à proximité ; Montréal, pour la facilité de pouvoir trouver du travail dans mon domaine d’études et parce que mon meilleur ami était déjà sur place.

Après mûre réflexion, Montréal est finalement sortie du lot. Puisque l’on parle français là-bas, pourquoi ce choix me direz-vous ? Eh bien parce que j’avais décidé de vivre mon expérience de pvtiste d’une autre façon : en utilisant le moins possible ma langue maternelle. L’avantage premier avec cette métropole québécoise réside dans le fait qu’elle est cosmopolite. Il est donc fréquent d’entendre dans la rue et selon le quartier où l’on se trouve, des conversations en anglais : c’est le cas par exemple du Downtown, de Westmount ou encore de Griffintown ! Mais on ne va pas se le cacher, ce n’est pas en commandant une bière dans une micro-brasserie ou en allant faire ses courses à l’épicerie que l’on va devenir bilingue !

Intégrer une colocation internationale : le bon plan pour progresser

Afin de m’assurer de parler anglais de manière continue, j’ai pour ma part choisi d’intégrer une colocation internationale au cœur de Montréal, dans le quartier de Berri-UQAM. Je suis tombé sur un site internet du nom de Cubahaus. Le concept est simple : partager une maison, du temps et des activités avec d’autres jeunes issus des quatre coins du monde ; une sorte d’auberge espagnole ! Durant près de quatre mois, j’étais donc en immersion totale avec une dizaine de nationalités différentes (Canadiens, Indonésiens, Allemands, Tchèques, Ukrainiens, Anglais, Italiens, Pakistanais, Luxembourgeois et j’en passe) !

Le premier mois là-bas a été pour moi un vrai défi. Non pas en termes d’ambiance puisque nous avons très rapidement été comme une grande famille, mais plutôt en termes de communication et de compréhension : l’anglais étant la langue officielle de la maison et mon niveau étant très bas, il a fallu m’adapter très rapidement. Se faire comprendre et parler aux autres me plaçait dans une situation très souvent inconfortable et il était vraiment frustrant voire décourageant de ne pas pouvoir interagir avec les autres comme je le souhaitais… Je crois que le plus dur pour moi était lorsque nous étions tous réunis : suivre une conversation de groupe avec ces innombrables accents était pour moi une vraie gymnastique cérébrale à s’en donner des migraines !

En complément : prendre des cours d'anglais et travailler dans une entreprise bilingue !

En parallèle, je me suis inscrit à des cours d’anglais du soir de 18 h à 20 h à la CITIM, un service d'aide à la recherche d'emploi pour les immigrants à Montréal. À 2 $CA l’heure de cours, c’était là une solution parfaite et peu onéreuse pour perfectionner mon anglais, notamment ma grammaire. Par ailleurs, dans l’entreprise où j’ai travaillé au cours de mes premiers mois de PVT, j’ai notamment eu comme mission de réorganiser la filiale anglaise de la marque avec un collègue anglophone originaire de l’Ontario : exactement ce qu’il me fallait pour développer mes compétences professionnelles !

Pour décrocher ce job, j’ai eu une certaine chance puisque nos clients étaient majoritairement francophones. Mon niveau d’anglais n’avait été testé que très brièvement durant mon entrevue : « explique-moi ce que tu as fait durant le week-end dernier ». En revanche, durant ma recherche d’emploi, j’ai ressenti le poids de mes lacunes lorsqu’à plusieurs reprises, j’ai raté de belles opportunités d’emploi. Pour chacune d’entre elles, les employeurs m’ont précisé que leur choix s’était finalement porté sur un candidat avec un bien meilleur niveau d’anglais que moi : choix tout à fait compréhensible mais qui n’en est pas moins rageant après plusieurs entretiens !

D'autres astuces qui m'ont aidé à progresser

J’aimerais également partager avec vous quelques petites « astuces » qui, je trouve, m’ont vraiment bien aidé à progresser. Tout d’abord, la pratique des jeux de société est un excellent moyen de s’exercer (surtout ceux nécessitant une joute verbale assez poussée comme c’est le cas notamment avec le « Loup Garou » ou encore « Secret Hitler »). Pour les intéressés, je vous recommande d’ailleurs le Randolph Pub : un bar à jeux de société se trouvant dans le quartier latin !

Un autre conseil qui cette fois-ci ne s’applique qu’aux célibataires (ou aux couples ouverts et aux polyamoureux), les apps de dating : simples à installer, gratuites, sans engagement… Parfait pour pratiquer son anglais écrit et oral (sans mauvais jeu de mots bien sûr) 😉

Enfin dernier point : ne regardez plus vos films et séries avec les sous-titres en français. Votre cerveau est tellement focalisé dessus qu’il en oublie d’écouter la VO. Commencez donc par mettre les sous-titres en anglais et, petit à petit, quand vous commencerez à vous sentir de plus en plus à l’aise, retirez-les complètement !

Pour conclure et après un an de vie à Montréal, je suis la preuve vivante qu’il est possible, même dans une province francophone et avec un niveau déplorable, d’apprendre l’anglais si l’on s’en donne la chance et les moyens. Bien évidemment et même après douze mois passés ici, il m’arrive toujours de faire des fautes, de chercher mes mots ou bien d’être en manque de vocabulaire : on ne devient pas bilingue en un an et encore moins à Montréal. Toutefois, le chemin parcouru depuis l’année dernière est sans équivoque : je suis maintenant capable de parler sans difficulté avec un anglophone, de me faire comprendre, de le comprendre, de plaisanter et même de dissimuler mon accent français : petite fierté personnelle lorsqu’en soirée après cinq minutes de discussion, on me demande « where are you from? » 😊

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2 Commentaires

Sofiane
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Félicitations mec👍🏼
Raphael
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Merci pour ton message Sofiane 😉

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