Comprendre les moeurs argentines

Chapitre 3 : Un peu d'Histoire

Date de publication : 19-07-2018

Auteur

Johanna

Un peu d’Histoire

Le pays est indépendant depuis deux siècles. L’anniversaire de la Déclaration d’Indépendance est célébrée tous les ans le 9 juillet (depuis 1816), comme celui de la Revolución de Mayo, le 25 mars (depuis 1810).

Après son indépendance, l’Argentine a connu son apogée avec un important développement économique et ferroviaire attirant de nombreux migrants européens. Au début du XXème siècle, c’est l’un des pays les plus riches du monde. Mais la Grande Dépression des années 1930 marque le début de l’intervention systématique de l’armée dans la vie politique pour plus de 50 ans. Cette période se manifeste tout d’abord par les figures du général Juan Perón (Président de la Nation argentine entre 1946 et 1955, puis entre 1973 et 1974) et de sa femme Eva Perón, dite Evita. Reconnue comme chef spirituelle de la Nation argentine et madone des (sans-chemises), elle est à l’origine de nombreuses réformes sociales révolutionnaires et du droit de vote des femmes argentines en 1947.

En 1976, un coup d’État signe le début de 8 années de dictature militaire et de la Guerra Sucia (guerre sale). Quelques 30 000 personnes « disparaissent » entre 1976 et 1983 dans le but d’écraser la guérilla gauchiste et de restaurer l’ordre. À cette époque, est également fondée l’Organisation des Grands-Mères de la Place de Mai, qui se bat pour retrouver les enfants volés par la dictature militaire.

Aujourd’hui encore, les abuelas manifestent régulièrement sur la Plaza de Mayo à Buenos Aires.

La fin de la dictature est marquée par la guerre des Malouines en 1982 entre l’Argentine et la Grande-Bretagne. (NB : les relations avec les Anglais, et les anglo-saxons en général, restent tendues en Argentine, raison pour laquelle il faut éviter de parler anglais ! Mieux vaut tenter de baragouiner un mélange d’espagnol, français et italien !)

Si le retour à la démocratie a lieu dans les années 1980 avec les présidents Raul Alfonsín et Carlos Menem, la crise économique de 2001 constitue un nouveau tournant. Des émeutes de la faim ont lieu à Buenos Aires et le système bancaire est en faillite. Le président Fernando de la Rúa fuit la capitale.

Après l’élection du péroniste Nestor Kirchner en 2003, l’économie argentine s’est peu à peu reconstruite même si des inégalités sociales demeurent (villas miseria / barrios privados). Les crimes de la « Guerre Sale » sont peu à peu reconnus avec le vote d’une loi autorisant l’extradition des criminels de l’ex-dictature militaire. L’épouse du dictateur, Cristina Fernández de Kirchner, lui a succédé à la présidence en 2007.

Les Malouines, le péronisme et la dictature demeurent des sujets sensibles dans le pays et il est préférable de les aborder avec prudence.

Chapitre 3 sur 14

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4 Commentaires

Fanny
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Les rapports homme/femme en Argentine… tout un programme ! Sur mon blog j’en parle ici http://destinobuenosaires.blogspot.com.ar/2011/02/el-no-ya-lo-tenes-ou-hommes-femmes-mode.html
Amandine
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Dans la partie Danse et Musique, un petit mot sur les milongas s’impose. C’est le meilleur endroit pour découvrir ce que signifient danse et musique en Argentine yo creo que!
Cacho
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« Et l’infidélité – des hommes essentiellement – est grandement tolérée. » J’aime pas énormément cette phrase. Je sais pas si c’est une femme ou un homme qui a écrit cet article mais ici en Argentine, quand on est un homme étranger, c’est tout le temps qu’on se fait draguer. Et si vous croyez y échapper en disant « Non j’ai déjà une copine » c’est franchement assez régulier que la femme/jeune femme vous réponde « Moi aussi mais c’est pas grave ». Donc ce ne sont pas juste les hommes qui sont infidèles. C’est toute la société.
Johanna
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C’est tout à fait vrai ! Il y a de l’infidélité de tous les côtés. Néanmoins, j’ai rencontré beaucoup de familles où le mari avec maîtresses est considéré comme un dieu, un beau gosse, etc. La fille, même si c’est « toléré », aura plutôt tendance à le cacher au risque de se faire taper sur les doigts. C’est donc plus la façon dont l’infidélité est mise en avance par chaque sexe dont je parlais. Par ailleurs, la société argentine reste machiste et, ça, je peux le dire qu’on le ressent en tant que femme !

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