Être « au pair » à Melbourne, en Australie

Article publié le 17-10-2016.

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Bonjour, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Anaïs, j'ai 23 ans (née le 27 décembre, pour la première fois de ma vie je vais fêter mon anniversaire sous le soleil torride du New South Wales, ça changera des 10 cm de neige que j'ai chez moi en France). J’habite un petit village de 40 habitants qui s’appelle Millevaches, en général je dis que je viens de Limoges (c’est à 1 h 15 de chez moi) ça évite qu’on me rit au nez et qu’on me demande s’il y en a bien toujours 1 000 vaches ou si depuis que je suis partie il n’en reste que 999… (ah ah ah)
Avant de partir en Australie, je finissais mes études. J’ai un Master Commerce International, grâce auquel j’ai d’ailleurs passé un semestre d’étude à Budapest, en Hongrie.

Lorsque j'avais 8 ans, j'ai regardé un reportage sur l'Australie avec mes parents, j'étais captivée et fascinée et depuis, les années ont passé mais je leur ai toujours dit que je visiterais ce pays-continent. Chose en marche puisque j'ai posé mes valises le 27 avril 2016 au YHA central de Melbourne après m'être arrêtée un peu plus de trois semaines à Taïwan. Mon working holiday visa en poche, je suis sur le territoire australien pour un an. Sauf si je suis motivée pour faire mes 88 jours de travail en ferme, qui me permettront de rester une année de plus (ndlr, plus d'infos sur le 2nd WHV Australie).

Est-ce qu'avant de partir, tu souhaitais impérativement travailler dans un domaine précis ?

Avant de partir, je regardais le site de l'alliance française (MyAustralianjob.com) et je scrutais les offres qui m'intéressaient. La plupart des offres me correspondaient mais les mentions "English native/bilingual" m'ont un peu effrayée (même si je me débrouille bien pour converser en anglais). Mais je me suis aperçu que je n'étais encore pas suffisamment à l'aise avec la langue de Shakespeare pour occuper un poste pour lequel je suis qualifiée, c’est-à-dire commercial export, agent immobilier spécialisé dans le luxe.
Donc j'ai décidé de partir quelques mois travailler comme fille au pair avant de trouver quelque chose de plus concret.

Comment as-tu trouvé ton poste de jeune fille au pair ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai répondu à une annonce publiée sur Facebook dans un groupe sur l'Australie... Au début je me suis dit : c'est quand même inattendu que quelqu'un poste une annonce pour faire garder ses enfants sur un site public comme Facebook. Je me suis mis en contact avec la fille au pair en place à ce moment-là et ça m'avait l'air sérieux (et il le fallait car je m'apprêtais à quitter la France pour l'autre bout du monde pendant un an).
J'ai été chanceuse car au final je suis tombée sur l'annonce, j'ai été prise et bingo, un vol aller-simple pour Melbourne.
La famille ne demandait pas d’expérience précise, seulement d’avoir envie de s’occuper des enfants, j'allais devoir récupérer les enfants à l'école trois jours par semaine et les y emmener le matin, m'occuper de l'entretien de la maison et préparer les dîners et les lunch box.

Comment s'est passé ton entretien d'embauche ?

J’ai dû me lever tôt le matin pour pouvoir m’entretenir sur skype avec la famille car le décalage horaire rendait les choses un peu compliquées.
Le premier entretien, je l’ai fait avec l’au pair déjà en place (elle aussi française). Une fois qu’elle m’a expliqué le poste et ce qu’on attendait de moi, le papa et les enfants l’ont rejointe pour me parler. Le papa m'a demandé de me présenter et de parler de mon expérience avec les enfants. Les enfants m'ont demandé si j'aimais jouer...
Rien de très formel, pour un entretien d’embauche !
Trois jours après, le père m'a recontactée par skype et m'a annoncé que j'avais le poste. Ils ne m'ont pas demandé de compétences ni de diplômes particuliers. Je pense que le fait d'avoir passé deux mois d'été en Angleterre à m'occuper d'un adolescent et à être loin de la maison a joué en ma faveur. Et puis j'étais capable de communiquer dans un bon anglais, donc ça m’a bien aidée, je pense.

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En quoi consiste ton travail ?

Je m’occupe de deux enfants, un garçon de 7 ans et une fille de 9 ans.
Les lundis, mardis et jeudis, j'emmène les enfants à l'école à 8 h 30 (l'école commence à 9 h). Je les récupère les lundis, mercredis et un vendredi sur deux à 15 h 30.
Le reste du temps, quand je n'ai pas les enfants, je fais le ménage dans la maison (j'ai aussi trouvé des extras à faire dans d'autres maisons, ça me fait de l'argent de poche pour les sorties), puis je prépare les dîners les jours où les enfants sont là (ils vivent en alternance chez leur mère et chez leur père), sachant qu'ils dînent très tôt ici : entre 18 h et 18 h 30. Certaines familles commencent même à manger à 17 h 30 (l'heure du goûter chez nous).
Je suis payée 225 $ par semaine en étant logée et nourrie. J’ai une chambre indépendante à l’étage avec une salle de bain et toilette (seule chambre à l’étage de la villa donc vraiment indépendante).

Que penses-tu de l’éducation des petits Australiens pour ce que tu en as vu dans cette famille ?

En ce qui concerne l’éducation, ici en Australie, c’est très relax... vraiment cool cool. Je dirais même que les enfants sont un peu rois (mais il me semble que c’est de plus en plus comme ça en France).
Les parents privilégient la communication à la punition… Je me souviens de longues discussions avec le père au sujet des claques, car sa fille au début était insupportable avec moi et les choses ne s’arrangeaient pas (ça va beaucoup mieux maintenant), donc je lui ai expliqué que moi quand je me comportais comme elle quand j’étais petite, mes parents me mettaient une bonne claque et je n’avais pas intérêt de recommencer. Le père était outré de ce que je lui disais. Pour lui c’était inconcevable de « frapper » un enfant. Les punitions se résumaient donc à envoyer l’enfant pendant 2 minutes dans sa chambre pour qu’il réfléchisse…

Concernant le système éducatif en Australie, je dirais que l’accent est vraiment mis sur le développement personnel de l’enfant. Ils font plein d’activités au sein de l’école (piano, cours de cuisine, sport). Les parents ont même le droit d’assister à certains cours. Moi j’ai accompagné la petite à un cours de cuisine. Tous les enfants de la classe forment différents groupes et chaque groupe prépare quelque chose (selon le thème du jour, en général il s’agit de spécialités de pays différents : chinois, grec, thaï…). L’instit’ explique ce qu’ils doivent faire et chaque groupe suit la recette (entrée ou plat ou dessert). Dès que tout est prêt, tout le monde s’assoit et déguste le repas.

Il y a une chose que j’ai trouvée super bien aussi, c’est la réunion du mercredi de 15 h à 15 h 30. Tous les élèves de l’école se rejoignent (les parents sont aussi les bienvenus) dans le gymnase.
Tout le monde chante l’hymne australien puis plusieurs élèves prennent la parole et expliquent ce qu’il s’est passé dans la semaine, ensuite ils appellent au micro certains élèves pour leur remettre un diplôme de « student of the week ».
Cette récompense est donnée par les professeurs qui saluent le travail de l’élève, pour avoir bien participé pendant la classe, pour s’être amélioré dans telle ou telle matière…
En fonction de leur efforts, ils ont des points et ces points leur donnent le droit à la fin de chaque semestre de choisir un cadeau (corde à sauter, crayon, trousse ou encore certains jeux…).
Je trouve ça très encourageant et motivant. Concernant les devoirs, ce n’est pas comme en France, ils en ont très rarement et ça ne leur prend pas plus de 15-20 minutes.

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Que dirais-tu aux personnes qui souhaitent travailler comme au pair en Australie ?

Si vous voulez être fille au pair, n'hésitez pas à regarder sur les groupes Facebook des filles au pair à Melbourne/Sydney... Il y a beaucoup plus de demandes que d'offres car ici, la garderie leur coûte une centaine d'euros par jour et par enfant. Donc avoir une fille au pair c'est tout bénef pour les familles. Choisissez une famille qui passera du temps avec vous. Moi par exemple, le papa est divorcé et il a une copine avec qui il passe toutes ses soirées, donc je ne le vois pratiquement pas, sauf lorsque nous avons les enfants (2/3 soirs par semaine).
Quand vous êtes fille au pair, le travail que vous faites ne vous conduit pas à rencontrer beaucoup de monde donc il ne faut pas avoir de problème avec la solitude. Moi je me suis inscrite à pas mal de groupes dont couchsurfing et InterNations pour pouvoir rencontrer du monde.

Les précautions à prendre avant de trouver une famille, c’est de connaitre ce qu’ils attendent de toi, si tu dois travailler les weekends, si tu auras du temps libre pendant la journée. S’il y a des jours de libres pendant la semaine.
Est-ce que le travail consiste uniquement à s’occuper des enfants ou aussi à faire le ménage, le repassage (des enfants ou de toute la famille) ?
Est-ce qu’il y a une voiture à disposition de l’au pair, et si elle peut s’en servir à des fins personnelles… ?
Est-ce qu’il y a une chambre indépendante ? Très important de se renseigner s’il y a des choses à faire aux alentours (parcs, centre de sport…). Est ce que la famille habite loin de la ville ? Concernant la destination, bien se renseigner sur le climat, j’avais lu qu’à Melbourne le temps n’était pas terrible l’hiver mais je ne m’attendais pas à ce que cet hiver soit aussi pluvieux… sinon je serais partie dans le Queensland.
En Australie, en général le « salaire » hebdomadaire d’une au pair (on parle plutôt d’argent de poche) est compris entre 200 et 300 $AU.

Aussi, il faut demander comment ça se passe pour les vacances, est-ce que quand ils partent en vacances, ils convient l’au pair ? Si non, est ce que l’au pair peut rester dans la maison en leur absence, est ce qu’elle est nourrie ?

Concernant les vacances, je n’ai pas eu l’occasion de partir avec eux. En revanche, la grand-mère des enfants a une maison au bord de la plage et me l’a prêtée le temps d’un weekend. C’était super sympa.
Dans l’accord que j’ai passé avec le papa, c'est que quand il part en vacances et que moi je reste à la maison sans les enfants, je suis logée mais je dois m’acheter ma propre nourriture et je ne suis pas payée. Mais s’il n’y a pas les enfants et que le papa est là lui, je suis payée 100 $ au lieu de 225 $ (cela ne c’est jamais produit).
Le père de ma host family était vraiment cool, je suis partie plusieurs fois pendant 5 – 6 jours (à Sydney, Grampians, Great Ocean Road) et il me prêtait une voiture et me payait quand même (franchement le pied !!).

Quels sont tes projets professionnels (ou autres !) aujourd'hui ?

À la base, je devais rester six mois dans la famille, mais le papa m'a avouée être très content de moi et m'a proposé de rester. Sachant que mon Working Holiday Visa n'est valable qu'un an, je préfère profiter des six autres mois pour voyager, donc j'ai dû décliner son "invitation" à rester plus longtemps. Dommage, je vivais dans une grande villa avec piscine et jacuzzi, que je n'aurais pas eu la chance d'essayer, car l'hiver a duré jusqu'en septembre. J’ai rencontré une Française également au pair à Melbourne, on a acheté une voiture ensemble pour pouvoir voyager.
Etant donné qu’elle finit un peu plus tard que moi son job, je pars en lift dans le centre rouge avec une allemande que j’ai rencontrée sur un groupe facebook de Carsharing. Mes projets pour le moment sont donc de voyager en Australie et de revenir en France avec des souvenirs plein la tête. Si j'ai la chance de trouver le poste de mes rêves ici, pourquoi pas rester mais ça, l'avenir en décidera.

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Commentaires

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Hélène
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Encore merci pour ton récit Anaïs et profite bien de ton roadtrip !! biiiiz

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Profites bien de ton voyage! Ton texte m’a rassuré dans l’envie d’être fille au pair en Australie.

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Hello! Merci pr ton témoignage!
J’ai une question je viens d’arriver dans ma famille et je n’arrive pas à vraiment savoir qd je peux rester dans ma chambre tranquillement, a priori qd les 2 parents sont là je n’ai pas d’obligations envers les enfants ?
J’ai besoin de bcp de sommeil c’est mon problème dans ttes mes activités professionnelles et nous cherchons tjs la cause…j’ai toujours eu honte de ça car on le voit de façon négative mais c’est physiologique. Bref qd puis-je rester dormir le matin par exemple ? Je n’ai pas tous mes week-ends et parfois les deux parents sont là en pleine semaine…

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Hélène
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A mon avis, la meilleure solution est de demander aux parents, car c’est eux qui savent mieux que nous quand ils comptent sur toi ou non.
Etre au pair, ce n’est pas du 24/7 donc tu as le droit à tes temps de pause, à définir avec la famille 😉

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Merci

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