Résultats du sondage : Comment se passe votre retour au pays ?

Votants
340. Vous ne pouvez pas participer à ce sondage.
  • Atroce, je veux repartir !

    150 44,12%
  • Difficile mais surmontable

    99 29,12%
  • Rien de spécial...

    17 5,00%
  • Content de retrouver mon pays !

    24 7,06%
  • Tout va bien mais j'ai attrapé le virus du voyage et je veux repartir pour mieux revenir !

    50 14,71%
  1. #341
    Avatar de Vivir31
    Elvire 29 ans

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    Coucou,

    Pour ma part, retour en France après deux PVT : un en Nouvelle Zélande et l'autre en Australie. Un retour assez particulier car il n'était pas prévu mais du à l'hospitalisation d'un de mes proches je suis rentrée en urgence d'Asie.
    C'est un peu le flou dans ma tête. Autant la Nouvelle Zélande avait été super. J'en avais pris plein les yeux, fait de belles rencontres, pris mon indépendance et tester plein de nouvelles choses. L'Australie un peu moins. Financièrement j'ai mis de côté mais ça ne m'a pas transcendé. J'ai l'impression que je suis peut être allée trop vite en enchaînant les PVT. Mais en même temps, je n'ai pas de regret. Je l'ai fait. L'Australie n'a pas été grandiose pour moi, néanmoins j'en sors grandi et avec un meilleur niveau en anglais.

    le PVT Canada sûrement pas pour tout de suite.

    Bref là le retour en France. Déjà par rapport à ma situation familiale c'est la déprime. Deuxio je suis chez ma mère à Perpignan alors que tous mes amies sont sur Toulouse et clairement je ne vois personne.Le côté professionnel. Après 2 ans à l'étranger sans travailler dans ma branche qu'est le secteur des bibliothèques, je ne sais pas comment je vais le présenter aux recruteurs. En plus je commence à envisager une réorientation qui va peut etre passer par un retour à la fac.

    J'ai toujours envie de voyage car ça fait parti de moi mais surement moins longs. Je ne sais pas si je veux m'établir en France ou à l'étranger. J'aime mon pays mais il y a beaucoup de négatif.

    j'envisage de toute manière de suivre une thérapie.

    Voilà un peu mon ressenti.


  2. Plus d'astuces, de témoignages et d'expériences

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  3. Réponse la plus utile : 6

    Avatar de Kinoptic
    Damien 30 ans

     
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    Salut les PVTistes ! Comment allez-vous ?

    Alors voilà, après maintenant 4,5 mois de retour en France, je peux commencer à établir mon retour d'expérience sur mon retour au pays. Comme je l'ai lu souvent, il y a quelques avantages non négligeables. Le vin, la bonne bouffe, toutes les bonnes choses que la France et les français ont à offrir. La bonne franquette comme on dit. Ce sont des éléments qui manquent à beaucoup de PVTistes et d'expatriés en général et, lorsqu'ils rentrent, sont heureux de retrouver ce bon confort français ainsi que la bouffe bien grasse, surtout en hiver (les premières raclettes ont été géniales !).

    De mon côté, le bilan du retour est, aujourd'hui, plutôt négatif. Je n'ai qu'une envie, c'est de repartir, malheureusement quelques impératifs font que je reste en France jusqu'à la fin de l'année. Ce n'est pas tant l'excitation de l'étranger qui me donne envie de retourner en PVT ou partir en expatriation, mais plutôt les limites de ma vie française. Je sens, en moi, être arrivé à la limite de ce que pouvait m'offrir ma vie française. Mes amis d'avant m'ennuient au mieux, ne m'appellent que peu au pire. Les discussions à propos du "jardin à refaire" ou des "couches culottes à moitié prix" en passant par "l'achat du terrain de la maison" ne me passionnent pas spécialement. Je n'ai rien contre aborder des sujets du genre, mais j'ai l'impression que ce sont les seuls à disposition de mes amis. De ce fait, je n'ai pas une envie énorme de les voir, manifestement eux non plus, donc je m'enferme.

    Concernant le travail, je n'ai pas eu de souci à ce niveau là puisque j'étais en année sabbatique. Sauf que, depuis mon retour, je suis payé... à être chez moi ! Situation rêvée puisque, lors de mes deux premiers mois au travail, j'étais avec ma compagne japonaise à qui j'ai fait faire quelques visites (j'ai aussi été pas mal malade, et ce n'est toujours pas résolu). Mais, depuis son départ, je me retrouve seul chez moi. Je n'ai pas de contact avec beaucoup de monde et, quand j'en ai, toujours ces mêmes discussions. D'autres amis sont + enjoués et sortent, mais ne cherchent pas à rencontrer du monde, juste à picoler. C'est dommage, cela m'ennuie quand je ne suis pas dans le mood, comme pour beaucoup de personnes.

    Le Japon (oui je suis allé en PVT Japon, j'ai oublié de le préciser) m'a permis de trouver une source d'énergie me permettant d'avancer continuellement. Je pensais avoir suffisamment évoluer pour ne pas retomber dans cette situation, que je connaissais déjà avant mon PVT, où je m'ennuyais de ce que ma vie française avait à me donner. Malheureusement, là encore, je ne rencontre pas beaucoup de personnes même si je tente des choses pour en rencontrer. Par exemple, je me suis énormément intéressé au vin après avoir travaillé dans plusieurs bars à vin de Tokyo. En rentrant, je pensais partager des dégustations oenologiques avec de nombreuses personnes. Malheureusement, peu d'associations dans la ville où je me situe, et un certain snobisme de la part d'autres personnes font que cela ne s'est pas fait. Bon, c'est peut-être spécifique au monde du vin donc ce n'est pas intéressant de généraliser, je raconte juste ce qui s'est passé pour moi.

    Je perds petit à petit la motivation, ayant une source de revenu sans bosser cela renforce en moi ce côté "inutile", je n'arrive pas à avoir de routine positive, procrastinant chaque jour davantage. Je reste en France car, en septembre, je mets en vente la maison que j'avais acheté bien avant mon PVT au Japon et qui me reste sur les bras.

    Je prévois un départ en Janvier 2020, 2 mois en Amérique du Sud pour visiter les "bodegas" (les caves sud américaines) de la région puis je retourne, avec ma compagne, au Japon m'installer. La vie n'est pas mieux ou moins bien là-bas. Ce n'est pas le rêve que de vivre au Japon, il y a d'énormes défauts dans ce pays. Mais, force est de constater que je m'y sentais globalement mieux. En fait, j'avais une énergie positive, désireux d'apprendre continuellement puisque dans un contexte où j'étais poussé à l'apprentissage (voir des kanjis tous les jours me rappelait à ma condition de non bilingue en japonais, malgré mes progrès notables). Cette énergie s'est progressivement évanouie depuis mon retour et je souhaite la retrouver, d'où mon nouveau départ.

    Avec ma compagne, on ne pense pas rester de nombreuses années au Japon, je pense que, si l'on reste ensemble, notre route empruntera les chemins d'autres pays, notamment le Canada ensemble (elle est au Canada en ce moment) ou l'Australie. Je positive beaucoup, puisque je vais partir de nouveau. Mais je trouve cela dommage de ne pas arriver à m'intégrer dans mon pays, à m'ennuyer des amis que j'avais ou d'être déçu de leur manque de proximité avec moi. Sachant que je repars sous peu, j'aurais cru que plus de personnes se seraient senti heureuses de m'appeler pour se faire des bouffes ou autre. Mais en fait, cela ne dure que pendant les 2 premiers mois, post retour. Loin de moi l'idée de vouloir être LE centre du monde, je suis juste déçu.

    Je ne sais pas ce qu'il faut pour qu'un retour se passe à merveille. Mais je me suis rendu compte que la vie s'est figé ici. J'étais déjà au courant qu'après une expérience à l'étranger, les choses changent pour soi-même mais notre vie en France, elle, ne change pas d'un iota. Être au courant est une chose, le vivre une autre.

    Mon expérience au Japon n'a pas été exceptionnelle, du moins je ne me dis pas que c'est le pays de mes rêves bien au contraire. J'ai juste davantage aimé la personne que j'étais quand j'étais là-bas, et moins aimé la personne que je suis en étant ici, sûrement une question de contexte.

    Un mot est, aujourd'hui, important pour moi. Gaman suru, qui veut dire "endurer" ou "subir" en japonais. La traduction du sens est assez difficile, mais en gros aujourd'hui je "gaman", je patiente. Parfois, il faut savoir patienter, aujourd'hui je patiente, je souscris à des cours d'oenologie pour obtenir de nombreux diplômes qui me seront utiles pour un éventuel visa de travail au Japon, je continue de bosser mon japonais quand je ne procrastine pas, j'essaie de rencontrer du monde malgré tout. C'est compliqué, mais c'est plutôt un challenge que de pouvoir s'en sortir dans un contexte qui m'est défavorable.

    On aura l'occasion d'en parler, si vous passez sur Paris le 5 octobre, puisque je serai aussi au Salon du PVT. J'ai décidé de venir notamment pour échanger avec d'anciens PVTistes et voir comment, eux, ont pris le pli du retour en France. Cette question m'intéresse au plus haut point, puisqu'elle peut permettre, pour beaucoup et moi en premier, de trouver une solution qui nous est propre.

    A bientôt !
  4. #342
    Avatar de Kinoptic
    Damien 30 ans

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    Salut les PVTistes ! Comment allez-vous ?

    Alors voilà, après maintenant 4,5 mois de retour en France, je peux commencer à établir mon retour d'expérience sur mon retour au pays. Comme je l'ai lu souvent, il y a quelques avantages non négligeables. Le vin, la bonne bouffe, toutes les bonnes choses que la France et les français ont à offrir. La bonne franquette comme on dit. Ce sont des éléments qui manquent à beaucoup de PVTistes et d'expatriés en général et, lorsqu'ils rentrent, sont heureux de retrouver ce bon confort français ainsi que la bouffe bien grasse, surtout en hiver (les premières raclettes ont été géniales !).

    De mon côté, le bilan du retour est, aujourd'hui, plutôt négatif. Je n'ai qu'une envie, c'est de repartir, malheureusement quelques impératifs font que je reste en France jusqu'à la fin de l'année. Ce n'est pas tant l'excitation de l'étranger qui me donne envie de retourner en PVT ou partir en expatriation, mais plutôt les limites de ma vie française. Je sens, en moi, être arrivé à la limite de ce que pouvait m'offrir ma vie française. Mes amis d'avant m'ennuient au mieux, ne m'appellent que peu au pire. Les discussions à propos du "jardin à refaire" ou des "couches culottes à moitié prix" en passant par "l'achat du terrain de la maison" ne me passionnent pas spécialement. Je n'ai rien contre aborder des sujets du genre, mais j'ai l'impression que ce sont les seuls à disposition de mes amis. De ce fait, je n'ai pas une envie énorme de les voir, manifestement eux non plus, donc je m'enferme.

    Concernant le travail, je n'ai pas eu de souci à ce niveau là puisque j'étais en année sabbatique. Sauf que, depuis mon retour, je suis payé... à être chez moi ! Situation rêvée puisque, lors de mes deux premiers mois au travail, j'étais avec ma compagne japonaise à qui j'ai fait faire quelques visites (j'ai aussi été pas mal malade, et ce n'est toujours pas résolu). Mais, depuis son départ, je me retrouve seul chez moi. Je n'ai pas de contact avec beaucoup de monde et, quand j'en ai, toujours ces mêmes discussions. D'autres amis sont + enjoués et sortent, mais ne cherchent pas à rencontrer du monde, juste à picoler. C'est dommage, cela m'ennuie quand je ne suis pas dans le mood, comme pour beaucoup de personnes.

    Le Japon (oui je suis allé en PVT Japon, j'ai oublié de le préciser) m'a permis de trouver une source d'énergie me permettant d'avancer continuellement. Je pensais avoir suffisamment évoluer pour ne pas retomber dans cette situation, que je connaissais déjà avant mon PVT, où je m'ennuyais de ce que ma vie française avait à me donner. Malheureusement, là encore, je ne rencontre pas beaucoup de personnes même si je tente des choses pour en rencontrer. Par exemple, je me suis énormément intéressé au vin après avoir travaillé dans plusieurs bars à vin de Tokyo. En rentrant, je pensais partager des dégustations oenologiques avec de nombreuses personnes. Malheureusement, peu d'associations dans la ville où je me situe, et un certain snobisme de la part d'autres personnes font que cela ne s'est pas fait. Bon, c'est peut-être spécifique au monde du vin donc ce n'est pas intéressant de généraliser, je raconte juste ce qui s'est passé pour moi.

    Je perds petit à petit la motivation, ayant une source de revenu sans bosser cela renforce en moi ce côté "inutile", je n'arrive pas à avoir de routine positive, procrastinant chaque jour davantage. Je reste en France car, en septembre, je mets en vente la maison que j'avais acheté bien avant mon PVT au Japon et qui me reste sur les bras.

    Je prévois un départ en Janvier 2020, 2 mois en Amérique du Sud pour visiter les "bodegas" (les caves sud américaines) de la région puis je retourne, avec ma compagne, au Japon m'installer. La vie n'est pas mieux ou moins bien là-bas. Ce n'est pas le rêve que de vivre au Japon, il y a d'énormes défauts dans ce pays. Mais, force est de constater que je m'y sentais globalement mieux. En fait, j'avais une énergie positive, désireux d'apprendre continuellement puisque dans un contexte où j'étais poussé à l'apprentissage (voir des kanjis tous les jours me rappelait à ma condition de non bilingue en japonais, malgré mes progrès notables). Cette énergie s'est progressivement évanouie depuis mon retour et je souhaite la retrouver, d'où mon nouveau départ.

    Avec ma compagne, on ne pense pas rester de nombreuses années au Japon, je pense que, si l'on reste ensemble, notre route empruntera les chemins d'autres pays, notamment le Canada ensemble (elle est au Canada en ce moment) ou l'Australie. Je positive beaucoup, puisque je vais partir de nouveau. Mais je trouve cela dommage de ne pas arriver à m'intégrer dans mon pays, à m'ennuyer des amis que j'avais ou d'être déçu de leur manque de proximité avec moi. Sachant que je repars sous peu, j'aurais cru que plus de personnes se seraient senti heureuses de m'appeler pour se faire des bouffes ou autre. Mais en fait, cela ne dure que pendant les 2 premiers mois, post retour. Loin de moi l'idée de vouloir être LE centre du monde, je suis juste déçu.

    Je ne sais pas ce qu'il faut pour qu'un retour se passe à merveille. Mais je me suis rendu compte que la vie s'est figé ici. J'étais déjà au courant qu'après une expérience à l'étranger, les choses changent pour soi-même mais notre vie en France, elle, ne change pas d'un iota. Être au courant est une chose, le vivre une autre.

    Mon expérience au Japon n'a pas été exceptionnelle, du moins je ne me dis pas que c'est le pays de mes rêves bien au contraire. J'ai juste davantage aimé la personne que j'étais quand j'étais là-bas, et moins aimé la personne que je suis en étant ici, sûrement une question de contexte.

    Un mot est, aujourd'hui, important pour moi. Gaman suru, qui veut dire "endurer" ou "subir" en japonais. La traduction du sens est assez difficile, mais en gros aujourd'hui je "gaman", je patiente. Parfois, il faut savoir patienter, aujourd'hui je patiente, je souscris à des cours d'oenologie pour obtenir de nombreux diplômes qui me seront utiles pour un éventuel visa de travail au Japon, je continue de bosser mon japonais quand je ne procrastine pas, j'essaie de rencontrer du monde malgré tout. C'est compliqué, mais c'est plutôt un challenge que de pouvoir s'en sortir dans un contexte qui m'est défavorable.

    On aura l'occasion d'en parler, si vous passez sur Paris le 5 octobre, puisque je serai aussi au Salon du PVT. J'ai décidé de venir notamment pour échanger avec d'anciens PVTistes et voir comment, eux, ont pris le pli du retour en France. Cette question m'intéresse au plus haut point, puisqu'elle peut permettre, pour beaucoup et moi en premier, de trouver une solution qui nous est propre.

    A bientôt !


  5. #343
    Avatar de sfritz
    Frédéric

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    Bonjour à tous,

    je rajoute ma pierre à l'édifice avec mon témoignage.
    Je suis rentré en France il y a presque 7 ans, après avoir passé environ 2 ans à Montréal.

    Initialement, j'étais parti en 2011 pour me faire une expérience professionnelle à l'étranger. Ma copine n'étant pas doué pour les langues étrangères, nous avions choisi le QC qui a l'avantage d'être francophone, mais culturellement différant de la France. A la base, nous devions partir 1 an, mais ayant mis plusieurs mois pour trouver un emploi dans mon domaine, nous avons enchainé le PVT (1 an à l'époque) avec un visa JP. Au moment de rentrer en France, nous avions une superbe situation, chacun un emploi dans son domaine respectif, dans un super environnement, de super collègues, nous avions notre cercle d'amis, le rêve quoi...

    Le souci, c'est qu'initialement c'était moi qui voulais me faire une expérience à l'étranger, et ma copine a accepté de me suivre. Une fois sur place, les choses se sont enchainés plus ou moins bien jusqu'à la situation décrite ci-dessus. Mais ma copine avait du mal à vivre la distance avec sa famille. A la base, nous devions partir une année, qui sont finalement devenue 2. De mon côté, j'appréciais vraiment la situation. Bien sûr, il y a des hauts et des bas, les gens te manquent, etc. Pour ma copine, elle appréciait également la situation, mais vivait plus mal la distance, et avait du mal à se projeter ailleurs qu'en France.

    La situation au Canada étant meilleurs qu'en France en 2013, nous avons fait une demande de RP par le PEQ avant notre retour, pour nous permettre de revenir si nous le souhaitons.

    Quand nous sommes rentrés en 2013, je vivais bien la situation, dans ma tête nous allions revenir à Montréal. J'avais déjà quelques pistes professionnelles en Europe avant de rentrer. J'ai passé quelques entretiens en France et en Allemagne, mais j'ai commencé à déchanter, les rapports professionnels, et même les rapports sociaux en général, ne sont pas les mêmes qu'au Canada. Ces pistes sont tombées à l'eau, et n'ayant pas droit au chômage, j'ai accepté un poste d'intérimaire pas loin de chez moi. Ça devait être un poste temporaire, le temps de trouver mieux, mais qui a finalement duré 20 mois. Les rapports avec mes collègues directs étaient plutôt bons, mais j'avais plus de mal avec mes supérieurs. Pas de respect, les projets toujours à la bourre, tout va mal, etc. Il faut dire que les employés en France ont globalement une pression constante qui finit par déteindre sur les autres collègues, et qui met tout le monde sous stress. Au début, j'étais très optimiste, comme les québécois, et de mois en mois, le pessimisme a pris le dessus.

    J'avais l'espoir de revenir à Montréal, mais nous n'avions pas encore la RP en poche à ce moment-là, et nous avions prévu de nous marier.
    Une fois le mariage passé, nous avons rediscuté de Montréal, mais ma femme est tout de suite tombée enceinte. Pendant sa grossesse, mon poste d'intérimaire a pris fin, et je me suis retrouvé au chômage. Je pense que c'est une des seules situations ou je me sentais comme à Montréal... pas de pression. Je suis resté au chômage quelques mois, ou j'ai pu profiter des 1ers mois avec mon enfant.
    Pendant sa grossesse, nous avions envisagé de revenir à Montréal, mais la situation ne s'y prêtait pas vraiment.

    J'ai finalement retrouvé un nouvel emploi. Après la naissance de mon enfant, nous discutions encore du QC, mais partir avec un enfant ce n'est plus la même histoire. D'une part, il n'a pas de RP, ce qui nécessite des démarches compliquées et très longue. D'autre part, je ressens aussi le besoin que mes enfants connaissent leurs familles, grands-parents, etc.
    Le QC me trottait encore dans la tête, pas un jour qui passe sans que j'y pense, mais les conditions familiales n'étaient pas présente pour y revenir tout de suite.

    Les mois passaient, et le temps restant sur notre RP diminuant. Sachant qu'il faut vivre au Canada 2 ans sur 5 pour garder la RP, nous nous sommes réveillés 3 mois avant la fin de notre 3eme année de RP, nous avions la pression pour ne pas la perdre. Nous étions prêts à repartir, mais il fallait que tout aille très vite.
    Finalement, nous avons laissé tomber...
    Sur le coup ça a été très dur pour moi, j'ai passé plusieurs semaines de déprime, à accepter que notre chance soit passée. Mais avec du recul, je pense que c'était une bonne chose.

    Après plusieurs mois/années, j'ai finalement réussi à me projeter en France, chose que je n’arrivais pas à faire jusque-là. C’est bizarre d’écrire ça, mais j’ai repris goût à la vie… J’ai commencé une formation pro qui me plait, avec ma femme nous sommes propriétaires en France, et nous avons un deuxième enfant.

    Avec du recul, je me rends compte que j’ai mis environ 5 ans à me remettre après avoir vécu 2 ans à l’étranger. L’adaptation, pour moi, a été nettement plus difficile en France qu’au Québec. La RP que nous avions y était sans doute pour quelques choses, je voyais mon avenir qu’a Montréal, et je vivais dans l’espoir d’y retourner.

    Aujourd'hui, je n'ai pas de regret. Les choses ne se sont pas passés comme je le souhaitait, mais ma situation me convient.

    Ma femme envisage d’emmener nos enfants à Montréal pour les vacances quand ils seront un peu plus agés, pour leur montrer ou nous avons vécu, etc. Pour ma part, j’ai plus de mal. Bien sûr j’ai envie d’y retourner, je n’y suis pas retourné depuis 2014, mais je crains qu’être sur place me fasse plus de mal qu’autre chose.
    Dernière modification par sfritz ; 05/12/19 à 18:16.


  6. #344
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    Message de sfritz
    Aujourd'hui, je n'ai pas de regret. Les choses ne se sont pas passés comme je le souhaitait, mais ma situation me convient.
    Merci pour ton témoignage que j'ai trouvé touchant, et je suis heureuse de voir que tu as réussi à reprendre le fil de ta vie, même si les choses n'étaient pas comme tu le voulais initialement...

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