Arthur : d’étudiant à résident permanent à Montréal

Article publié le 16-10-2019.

Arthur alias Zifnab Hydre

Arthur alias Zifnab Hydre

  • Localisation Montréal, QC, Canada
  • Profession Agile Coach
  • Dernier diplôme obtenu Master

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Arthur vit au Canada depuis des années. Installé à Montréal, il est passé par un permis d'études, un PVT, un JP, un permis de travail fermé, et finalement, à partir de 2013, la résidence permanente. Découvrez son parcours !

Bonjour Arthur ! Peux-tu te présenter ?
Bonjour ! J’ai 34 ans et je suis né à Paris. Mon enfance a été bien dynamique : j’ai fait ma petite enfance en Nouvelle-Calédonie puis passé mon enfance dans la région parisienne pour ensuite grandir dans la région toulousaine jusqu’à ma vie étudiante. C’est de cette région dont je me sens natif même si je n’ai jamais perdu mon « accent parisien ».
Au niveau des études, j’ai réalisé un cursus en technologie de l’information (DUT puis Licence professionnelle), puis quelques années plus tard un Master.
Depuis 2010, je suis installé à Montréal. Je travaille dans le domaine informatique où j’ai le rôle de « Coach Agile ». Mon métier me permet de collaborer régulièrement avec plusieurs autres métiers comme des designers, des architectes, des développeurs, ou des gestionnaires. C’est un travail autant qu’une passion car j’aime découvrir sans cesse de nouvelles choses.
Arthur pvtiste Canada
Pourquoi avoir choisi de partir au Canada ?
Après ma Licence (21 ans), je travaillais pour une très grande entreprise en tant que Coordinateur de projets. Je m’y plaisais vraiment (relation de travail, missions, salaire, etc.) mais j’avais le sentiment que quelque chose me manquait. Cela m’a beaucoup travaillé intérieurement jusqu’au déclic un jour de septembre avec mon responsable RH. Celui-ci m’a dit : « Arthur, tu as ta place chez nous et tu es parti pour faire carrière chez nous. Mais tu es aussi jeune et c’est ton premier emploi. Pourquoi ne pas partir à l’étranger, découvrir d’autres univers, et au besoin revenir ici ? »
Ces mots ont résonné au fond de moi et quelques mois plus tard, je démissionnais et partais pour Montréal. Objectif : découvrir une nouvelle culture et obtenir un diplôme canadien.
Le Canada / Québec était une destination encore méconnue. J'avais l'impression d'être un « pionnier ». Membre numéro 6 064 sur le site pvtistes ! (Nous sommes plus de 320 000 membres maintenant.)
Je n'étais pas très bon en anglais quotidien alors je n'osais pas totalement m'immerger dans un pays non-francophone. Je m’imaginais des paysages verdoyants à perte de vue, parsemés de lacs. C'était mon image du Québec à ce moment-là.
Le Québec m'offrait le potentiel de découvrir une nouvelle société tout en réduisant la barrière linguistique.

Suite à mon diplôme et la fin de mon permis d’études, je suis rentré en France. C'était prévu et j'étais vraiment content de retrouver ma France. Je ne savais pas alors qu’une partie de moi était restée au Canada. Ce n'est que 2 ans plus tard que j'ai décidé de repartir au Québec, cette fois-ci en tant que travailleur avec le PVT.
Arthur pvtiste Canada

Te rappelles-tu de ton arrivée au Canada ? Comment ça s’est passé ?
J'étais émerveillé et curieux de tout ce que je voyais. Mes premières semaines étaient une vraie tornade de découvertes.
Arrivé en mars 2007, j'y ai découvert une province totalement enneigée où, avec mes colocataires et voisins, nous pelletions nos entrées et toits chaque matin ou fin de journée.
Pour tout ce qui est accueil et logistique administrative, j’ai eu la chance d’être bien accompagné par ma colocataire principale. Elle était originaire de Québec. C’est donc en grande partie elle qui m’a expliqué les bases de la société québécoises.
Évidemment, les échanges sur le forum pvtistes m’ont beaucoup aidé à travers des conseils, partages, astuces et idées. L’entraide était nécessaire car beaucoup de choses étaient à défricher.
Mais essentiellement, je n’ai pas vraiment côtoyé beaucoup de Français durant mon séjour étudiant. J’avais une vie avec mes deux colocataires et une vie avec mes camarades étudiants (très majoritairement Québécois).
Arthur pvtiste Canada
Tu as enchaîné plusieurs permis jusqu’à la Résidence Permanente. Tu nous en dis plus sur ton parcours migratoire ?
Effectivement. J'ai en effet expérimenté de nombreux permis : le permis d'étude, le PVT, le JP, le visa de travail fermé, et finalement, à partir de 2013, la résidence permanente.
Je ne me souviens pas des coûts exacts mais je ne les trouvais vraiment pas exagérés. Côté délai, j’ai été chanceux et je n'ai pas eu de longues attentes. Mon PVT a été validé en 2 semaines (c'était une époque où les quotas annuels n'étaient pas atteints), mon JP ou mon permis de travail en 2-3 mois, et ma résidence permanente en 11 mois (via le PEQ). Pour la RP, je m’estime vraiment chanceux car c’était une période où certains pouvaient attendre plus de 2 ans.
La communauté PVTistes a été d’une grande aide pour les démarches. Il n’y avait pas encore vraiment de guides complets, tout le monde se débrouillait à droite et à gauche pour réunir les informations puis se les repartager.

Attention ! Il n'est désormais plus possible de cumuler un PVT et un JP au Canada.

Découvrez tous les permis et visas pour le Canada dans ce dossier.

À quel moment as-tu décidé de rester vivre au Canada ?
Ah ! Cela a été une longue réflexion de plusieurs années avant de trouver ma réponse ! Elle est liée en fait à ma demande de Résidence Permanente.
Intérieurement, je faisais tout pour « repousser » ma demande. Nombre de mes amis français avaient rapidement pris cette décision pendant leur PVT, mais de mon côté, des questions me taraudaient : « Est-ce que je me sens vraiment Québécois / Canadien ? », « Est-ce ici que je veux vraiment m’établir ? », etc.
Pour moi, demander la Résidence Permanente avait une symbolique très forte. De manière irrationnelle, je me demandais si je la « méritais » et si j’allais perdre mon identité française. Je culpabilisais même de temps en temps en me demandant si je trahissais la France et ma culture d’origine. En définitif, je me cherchais moi-même.
Puis progressivement, je me suis rendu compte que lorsque je rentrais en France pour voir mes proches (à chaque fois, un vrai petit tour de la France), j'avais toujours le sentiment étrange de ne plus être dans mon élément.
Je reconnaissais les lieux, je passais d’excellents moments avec mes proches, mais malgré tout, le sentiment tenace d'être un étranger dans mon propre pays. C'est en parti cela qui m'a décidé lorsque je me suis rendu compte que mes repères culturels et sociaux étaient désormais québécois et canadiens, de même que mes cercles de connaissances et d’amis. La grande blague de mes amis québécois est que je suis un Canadien fédéraliste avant d’être un Québécois autonomiste.
C’est tout cela qui m’a permis de me projeter sur long terme.
Arthur pvtiste Canada
Est-ce que certains aspects de la France te manquent ?
Le temps passant, plus vraiment en dehors des… bâtiments historiques !
Au Canada, l'architecture est intéressante, mais cela reste des villes modernes, quadrillées, en-dehors de quelques îlots historiques (coloniaux). Je suis un peu nostalgique des dédales des villes et villages français, de nos ruelles tentaculaires, de nos ruines ou monuments historiques à foison.
Arthur pvtiste Canada
Au quotidien, quelles différences majeures observes-tu entre le Canada et la France ?
Il y en a vraiment beaucoup. En premier, le territoire canadien est bien plus vaste que celui de la France avec une population bien inférieure. Cela a un impact réel sur le sentiment de quiétude des Canadiens et donc leur comportement au quotidien.

L’aspect politique
La conception politique est très différente de celle française pour les Canadiens. Ici, vous pourrez rencontrer une personne qui vote écologique au niveau municipal, conservateur au provincial et néo-libéral au fédéral sans que cela ne soit étrange. Il y a aussi une réelle distinction entre la politique économique et la politique sociale. Ainsi, j’ai des amis qui sont libéraux au sens économique et profondément socialiste au niveau des droits, protections et acquis. Quelque chose qui n’existe pas réellement en France : on est de « gauche », ou on est de « droite ».
Comprendre aussi le fédéralisme canadien n’est pas aisé pour un Français habitué à la centralisation du pouvoir. Mais personnellement, j’aime cette autonomie des provinces à travers une protection étatique.

L’aspect multiculturel
Le Canada est un pays multiculturel, bâti par des générations successives d'immigrants provenant de tous les continents. Fondamentalement, la société se bâtit à travers ses différences. La majorité de ces cultures se mélangent réellement avec la seconde génération.
Cela crée des débats parfois difficiles à comprendre pour un étranger ou nouvel arrivant car on parle ici de « compromis » entre différentes cultures pour vivre le plus harmonieusement possible.

L’aspect religieux
En partie à cause du fait que la population a des origines très diverses, leur perception du respect religieux est aussi très prononcée.
Le Canada est un pays sans religion d’État. Comme la France donc. Cependant, il y a une différence très subtile et difficile à bien comprendre pour un Français. Le Canada n’est pas un pays laïc.
Cela se résume à une pensée simple : en France, aucune religion n’est reconnue. Au Canada, toutes les religions sont reconnues. Ce paradigme idéologique est un moteur d’insertion et de respect mutuel entre les Canadiens, même s’il entraîne un débat national sur comment concilier les religions dans la société de tous les jours.

L’aspect social et économique
Les Canadiens ont un sens civique assez fort. Cela se constate tout simplement à travers des comportements sociaux du quotidien : les lignes d’attente pour le bus, les petites discussions avec les caissiers, la politesse envers les aînés, personnes enceintes ou infirmes.
De même, la majorité des médias ont un regard « positiviste », neutre ou ouvert sur le monde. Il suffit de voir le traitement des informations pour se rendre compte que cela est bien moins pessimiste ou alarmiste que ce dont nous avons parfois l’habitude en France. Je suis toujours surpris quand je reviens en France et que je tombe sur un reportage de journal télévisé. Le traitement de l’information est fait pour inquiéter ou du sensationnel.
Tout cela est accentué par le fait que le Canada est dans une période florissante économiquement (taux de chômage bas, diminution de la dette des ménages, sentiment global de sécurité, etc.).

Tout n’est pas idyllique non plus.
Le pays a sa part d'ombre. Par exemple avec les Premières Nations, même si cela tend à s'apaiser à travers des actes gouvernementaux. La xénophobie progresse aussi dans certaines régions et provinces. Le Québec est aussi fondamentalement une province différente des autres.
Arthur pvtiste Canada

Tu pratiques la photographie amateur et tu as même réalisé un guide sur la photographie d’animaux sauvages à Montréal. Qu’est-ce que le Canada t’a apporté, en tant que photographe ?
Une nouvelle faune et flore à découvrir !
L’avantage principal est que même en habitant dans une grande ville telle que Montréal, il est rapide de se retrouver dans un territoire « sauvage ».
En tant que photographe amateur, j’ai donc pu plus facilement voir des animaux sauvages. Les forêts ou endroits peu fréquentés étant légion. Les animaux restent pour la plupart craintifs mais ne nous voient forcément comme des prédateurs. Certains sont même simplement curieux de notre présence.
Le fait aussi d’avoir des saisons bien marquées au Québec offrent des paysages et une faune fortement diversifiés. Tout cela m’a permis de m’ouvrir de nouvelles portes de connaissances, autant en termes techniques qu’artistiques.
Arthur pvtiste Canada
Arthur pvtiste Canada
Quels conseils donnerais-tu aux PVTistes pour réussir des photos lors de leur PVT ?
Pour les photos extérieures, je recommande souvent la matinée ou avant le crépuscule, et la période que les photographes appellent souvent « l’heure bleue ». Ces deux périodes permettent d’avoir des photos de paysages avec des ciels colorés et des lumières très douces.
Pour ceux qui ont des appareils avancés, il sera important de comprendre les réglages de mesure d’exposition et d’ouverture. Cela permet par exemple en contre-jour de prendre vos amis en photos sans que ceux-ci ne soient totalement obscurcis (quoique l’effet final peut être aussi intéressant).
Mais en toute honnêteté, la seule chose réellement importante est de ne pas avoir peur d’expérimenter. Ce n’est pas grave si le cadrage est « raté », ou encore si la photo est floue tant que vous avez un sentiment de plaisir, de découverte ou d’amusement. Les qualités d’une photo, elles sont avant tout pour vos yeux avant ceux des autres. Lorsque je pars en sortie photos, j’ai une idée de thème à couvrir mais je sais aussi qu’il y a une part de chance. Rentrer chez soi avec 100 photos dont seulement 10 intéressantes est le lot de tout photographe.
Il ne faut pas hésiter à se rapprocher de petits groupes ou clubs photos locaux. Pour ma part, c’est ainsi que j’ai découvert certains endroits ou pu me perfectionner au niveau technique.
Enfin, cela peut paraître niaiseux, mais j’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque je vois un photographe tenir nonchalamment son appareil photo à une main. J’ai peur pour lui qu’il l’échappe… Donc, s’il vous plaît, mettez au moins votre bandoulière.😊
Arthur pvtiste Canada
Arthur pvtiste Canada
Quels sont tes meilleurs souvenirs au Canada ?
Mes moments en chalet ou en randonnée / camping, en été comme en hiver. J’aime profiter des grands espaces, me reposer sous un arbre, pagayer sur un canoë, n’entendre que le bruit de la nature, ou encore observer un ciel étoilé. Ce sont toujours des moments qui me permettent de me redécouvrir et me ressourcer intérieurement.
Que je sois seul ou entouré, ce sont toujours des moments très agréables.
Arthur pvtiste Canada
Et les pires ?
J’ai beau chercher, sincèrement, je n’en ai pas. J’ai bien eu comme tout le monde des pépins ou des moments éprouvants, mais j’en tire davantage une expérience au final positive qu’autre chose. Même les longs hivers enneigés ne m’achalent pas (ou plus).
Probablement que le positivisme canadien est désormais ancré en moi.
Quels sont tes projets désormais ?
Je dois lancer ma demande de citoyenneté. Cela fait maintenant 2 ans que je la repousse par pur dilettantisme. L’année 2020 sera la bonne !
Plus tard, j’envisage d’acquérir un petit terrain boisé en région, et mon objectif professionnel est de travailler pour le Centre Spatial Canadien.
L’Espace m’a toujours fait rêver et même si j’ai raté le timing pour devenir astronaute, travailler avec des équipes sur Terre préparant le « futur de demain » est quelque chose qui me touche particulièrement.

Merci Arthur !

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