Florent, un PVT, une RP et des stand up au Canada

Date de publication : 10-11-2014

Auteur

Julie

Florent

Profession

Marketing/ Communication

pvtistes :

Ville de provenance

Florent : Lyon (si un Canadien me demande je dis Paris pour gagner du temps).

pvtistes :

Ville de destination

Florent : Toronto.

pvtistes :

Au Canada depuis combien de temps ?

Florent : 7 ans.

pvtistes :

Baroudeur ou pas ?

Florent : J’ai fait 3 semaines de road trip avec un ami en arrivant. Après je me suis posé quand j’ai reçu la facture.

pvtistes :

Que faisais-tu en France ?

Florent : Je rêvais qu’ensemble tout devienne possible (en 2007). Et puis j’ai fini mes études en communication et fallait bosser. Ca m’a réveillé et je suis parti.

pvtistes :

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?

Florent : Déjà pas pour les hivers (de 6 mois) ou les grands parcs naturels (au final c’est que des arbres). L’idée de départ était juste de passer un an à l’étranger pour revenir bilingue et travailler dans le secteur de la communication.

pvtistes :

Pourquoi Toronto ?

Florent : Toronto était le compromis d’un besoin d’une ville anglophone ou je pourrais facilement trouver du boulot et pas trop loin de la France et de New York. Oui parce que depuis la France on pense que New York c’est juste à un arrêt de TER de Toronto. Non. En plus y a pas de TER.

pvtistes :

Quel est ton parcours d’immigration ?

Florent : Au départ, je n’aurais jamais pensé que je resterais aussi longtemps. Donc il a fallu engager les démarches pour pouvoir rester après le PVT. Ou en tout cas, ne pas être forcé de revenir en France... ce qui est quand même arrivé puisque j’ai eu ma résidence permanente 3 mois après la date d’expiration de mon dernier visa de travail (Emploi de Perfectionnement à l’époque, permis jeunes Professionnels aujourd'hui). Donc j’ai dû quitter mon job, mon appart, rentrer en France et y rester pendant 3 mois avant de repartir. Ma mère était contente.

pvtistes :

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

Florent : J’avais vécu à Londres pendant 6 mois après mon BAC. J’ai appris à ce moment là que le jus d’orange dans le frigo c’est quelqu’un qui l’achetait et que cette personne désormais, c’était moi.

pvtistes :

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines à Toronto ?

Florent : Je suis arrivé seul, sans contact, sans logement et sans boulot. Donc mon sentiment dominant pendant 15 jours, c'était que j’étais bien dans la merde ☺

pvtistes :

Quand tu es arrivé, quel était ton niveau d'anglais ?

Florent : Je pensais que mon niveau d’anglais était bon jusque ce que je fasse un entretien pour une banque et là tu te dis "si le mec me prend, il a fumé". Et effectivement il a bien fumé. Mais il ne l’a pas regretté ; en tout cas plus maintenant.

pvtistes :

Et aujourd'hui ?

Florent : En France on t’apprend tout le temps à parler ou écrire correctement. Donc j’ai toujours l’impression de faire des fautes ou de mal prononcer encore aujourd'hui. Mais les anglophones s’en cognent complètement et disent que tu es bilingue dès que tu sais dire "hello". Il y a plusieurs niveaux de bilinguisme !

pvtistes :

Est-ce que l'anglais a été important dans ta recherche d'emploi ?

Florent : Je suis venu à Toronto en pensant que ca serait relativement facile vu que j’avais travaillé quelques années plus tôt à Londres. Mais de parler anglais à un entretien c’est pas comme discuter avec le mec du Subway pour savoir si tu veux du fromage ou pas dans ton sandwich. Tu cherches les mots les plus érudits que tu connaisses en français, tu essais de les traduire (mal) et au final tu as mis 2 minutes pour sortir une phrase. Mais au bout d'un moment, tu t'habitues à mesure que tu baisses tes ambitions.
Donc si un PVTiste vient à Toronto avec un niveau faible ou moyen, ça limite les possibilités d'emploi. Peut-être que prendre des cours ou commencer par un petit boulot pour pratiquer, c'est un bon début. Personnellement j'ajouterais trouver un/une partenaire canadien(ne). Pratique de la langue assurée !

pvtistes :

Est-ce que ta situation professionnelle te parait aujourd'hui satisfaisante à Toronto ?

Florent : Tout dépend de l’ambition de départ. Mais je sais que j’aurais difficilement pu faire mieux que ce que j’ai fait au Canada. En 7 ans, j’ai eu 5 promotions dans le même département d'une grande banque. J'ai commencé au call center comme beaucoup car le fait d'être français est un vrai atout (et peut permettre de toucher une prime aussi). Puis je suis devenu un superviseur, un manager et un "business analyst". Aujourd'hui je suis ce qu'ils appellent un Channel Support Manager et j'assiste des équipes de ventes. Le salaire horaire tourne autour de 35-40 $. J'avais commencé à 18 $.
Quand tu fais tes preuves, les employeurs vont continuer à te faire confiance. Ce qui n’est pas forcement une condition préalable pour l’équipe des Toronto Maple Leafs (équipe de hockey de Toronto) qui est aussi bonne qu’Evian-Thonon Gaillard en Ligue 1 mais les gens ici pensent que c’est le PSG. Un signe.

pvtistes :

Tu travailles dans le domaine de la banque, est-ce que c’est facile de trouver un boulot à Toronto dans ce domaine ?

Florent : Clairement oui. A 2 conditions : avoir un anglais correct et ne pas avoir peur de commencer par un petit boulot au début (e.g call center, restauration, etc).

pvtistes :

Quelles ont été tes plus grosses difficultés à Toronto ?

Florent : Les plus grosses difficultés à Toronto… Il y en a beaucoup. Les hivers, attendre toujours un renouvellement de permis de travail, trouver le premier job (ca dépend vraiment du temps consacré à la recherche et du type de poste recherche mais ça peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois), trouver une colocation, les hivers. Ah oui, et les hivers.

pvtistes :

Quel est ton meilleur souvenir jusqu'ici ?

Florent : Mon meilleur souvenir à Toronto est le moment ou j’ai pu monter sur scène la première fois à Absolut Comedy (un Comedy Club à Eglinton) et faire mon stand-up en anglais devant 150 anglophones. Et ressortir vivant.

pvtistes :

Est-ce que certaines choses françaises te manquent ?

Florent : Les bonbons, le caprice des dieux à 3 euros et la "Despé".

pvtistes :

Qu’est ce qui te manquerait si tu rentrais en France ?

Florent : L’ouverture d’esprit des gens ici. Quelles que soient tes origines ou ton accent, tu ne seras jamais jugé là-dessus. Même quand tu es Québécois, c’est pour dire.

pvtistes :

Qu’est ce que cette expatriation canadienne t’apporte, du point de vue personnel ou professionnel ?

Florent : En PVT, ca montre surtout ton esprit d’ouverture mais c’est surtout bénéfique si l’anglais a progressé à la fin. Sinon, barista au Starbucks sur un CV ça n'a jamais fait rêver un employeur en France.
En étant résident permanent, tu peux davantage développer ton expérience car tu sais que si tu bosses bien, on vient te proposer de faire autre chose. Parfois de partir d'ailleurs, faut être attentif.

pvtistes :

Quels sont tes projets maintenant ?

Florent : Honnêtement, je ne sais pas encore. 7 ans c’est long. Quand je suis parti Chirac était président ! Tout est possible et je peux même rentrer en France pour participer au suicide collectif.

pvtistes :

Tu parles un peu plus haut d'un spectacle, tu peux nous en dire plus ?

Florent : Le stand-up c’est un challenge personnel à un moment où je voulais sortir de ma zone de confort. Le but est vraiment de s’amuser à écrire, de rencontrer d’autres talents et de partager sur scène mon vécu de français au pays du Tim Horton’s.
D'ailleurs je serais sur scène avec d’autres comédiens anglophones le 13 novembre au 120 Diner (120 Church Street) à 7pm.

pvtistes :

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes à Toronto ?

Florent : Partir à l'étranger est une expérience qui change une vie. On n'en revient jamais pareil… si on revient. Préparer son anglais avant de partir peut permettre de gagner du temps sur place dans la recherche de boulot. Visiter les agences d'interim une fois sur place, ça permet de bien se préparer aux entretiens et parfois de décrocher son premier emploi. Le Canada a beaucoup d'emplois à proposer, après tout dépend du niveau de qualification, d'expérience et d'anglais qu'on a. Et si on veut continuer l'expérience après un PVT, je recommande de s'y prendre assez tôt avec les démarches administratives sinon ça peut causer beaucoup de stress ou pire, un retour en France. Enfin, maman sera toujours contente de vous revoir!

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20 Commentaires

Deans
40 33
Géniale interview! J’ai bien ri et c’était très intéressant. Ancien PVTiste à Toronto ayant prolongé son séjour après le PVT, je me suis retrouvé dans bien des aspects abordés par Florent (en plus d’être également de Lyon). Merci à lui pour son témoignage et son humour!
Pierre
65 113
Génial! J’adore ton style! Moi aussi, je ne suis pas trop adepte du suicide collectif et je prends bientôt l’avion pour le Canada avec un PVT en poche. En tout cas, quand on a, comme moi, pu apprécier les joies des looooooooooooongs mois de chômage, d’intérim. de petits boulots sans avenir et de dépression en mode « no futur », je dois dire que ton témoignage redonne la foi! Au Canada, tu bosses, t’es récompensé. Merci!
Pierre
65 113
Et j’espère que tu te produis toujours car si jamais je passe à Toronto, je veux te voir sur scène!
Claire227
1 7
Super interview ! J’aime ton humour :-) Merci.
Manu
9 20
Très beau témoignage avec cette petite touche d’humour ça tient en haleine. Merci en tout cas pour tes valeureux conseils en espérant avoir l’occasion de voir un de tes spectacles une fois mon arrivée au Canada.
OPHELIE
6 17
Très beau témoignage, je l’avais déjà lu avant mon départ, et je me lasse pas de te relire après 2 mois sur Montréal. Hâte de visiter Toronto et de voir ton spectacle à l’occasion.
COUSSOT
0 2
Hello Florent, Nous sommes arrivés il y a maintenant un mois à Toronto en tant que Pvtiste..ton témoignage fait vraiment écho à ce que nous vivons actuellement ! Quand a lieu ton prochain spectacle? Anne-Laure
Florent
0 6
Salut Anne Laure. Merci de ta reponse! Je te tiendrais au courant du prochain show :)
Florent
0 6
Je te conseille de faire ta recherche sur ce site ou d’autres. Les procédures changent régulièrement donc je ne sais pas quelles sont les solutions pour toi. Dans mon cas j’ai enchainé PVT, JP et RP. Mais les conditions peuvent changer. A côté de ca, j’imagine que d’autres sont dans la même situation que toi aujourd’hui. Peut être que eux ont des tuyaux ou des pistes. Bonne recherche.
JORES
0 8
j’aurais souhaité savoir les tuyaux dont tu parles s’il te plait
JORES
0 8
MERCI FLORENT DIT MOI DE QUEL TUYAU PARLES TU STP
JORES
0 8
très intéressant ton parcours d’autant plus qu’il y’a une similitude de point de point correspondant au mien.je viens de recevoir ma lettre d’introduction pour le canada ainsi que mon permis de travail que je récupérerais auprès des services d’immigration .dans le cadre du programme jeune professionnel j’ai reçu un contrat de travail d’un an et je voudrais savoir s’il est possible d’y rester après le fin du contrat et quelles démarches faire ? comment se passe l’arrivée et y’a t’il quelqu’un qui vient nous chercher une fois sur place ??, merciii
Florent
0 6
Merci pour ce commentaire. Je conseillerais de t’y mettre dès à présent pour savoir quelles seraient les options pour toi pour rester. Regarde sur le site pour plus de tuyaux. Pour ce qui est de l’accueil, on a une soirée une fois par mois pour les nouveaux arrivants!

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