Caroline, étudiante puis PVTiste à Buenos Aires

Article publié le 09-06-2014.

Caroline alias CarolineAE

Caroline alias CarolineAE

  • Profession Chargée de communication

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Ville de provenance

Pur produit du Grand Ouest, je suis née à Cholet dans le Maine et Loire. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence à Mauléon dans les Deux-Sèvres puis étudié à Angers. Par la suite, j’ai vu les choses en grand. Je suis partie à Dayton (Ohio) et à Buenos Aires pour un échange universitaire et je vivais à Paris avant de retourner en Argentine.

Villes de destination

Buenos Aires, la ville où il fait bon vivre !

Tu es sur place depuis combien de temps ?

Je suis ici depuis 6 mois. Mais au total, ça fait un an car j’ai déjà étudié à Buenos Aires pendant 6 mois auparavant.

Baroudeuse ou pas ?

Ce n’est pas l’envie qui me manque ! On va dire que je suis une baroudeuse par l’intermédiaire de mon travail. J’ai trouvé un emploi fixe ici donc je suis restée à Buenos Aires. Je travaille dans l'agence de voyage Argentina Excepción en tant que chargée de communication. Une partie de ma fonction consiste à écrire sur les destinations que nous proposons : Argentine, Chili, Bolivie… Je voyage donc par le biais de l’écriture et cela me permet de préparer mes futurs voyages. J’ai des idées plein la tête ! Le nord de l’Argentine et puis la Bolivie et le Pérou, mon rêve.

J’ai quand même baroudé un peu en Argentine lorsque j’étais étudiante : Iguazú, la péninsule Valdès, Ushuaïa, El Calafate. Maintenant, je profite des jours fériés pour m’éloigner du tumulte de la capitale : un tour des bodegas à Mendoza, une balade à cheval à San Antonio de Areco, un peu de kite-surf à Chascomús, ou encore une virée entre copines à Mar del Plata.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour l'Argentine ?

L'Argentine, au départ, c'était une idée vague, dissimulée dans un coin de ma tête. J'ai toujours eu envie de partir en Amérique Latine. J'ai un peu oublié cette idée et puis les aléas de la vie ont fait que j'ai reçu un mail début décembre 2010 me proposant partir en échange à Buenos Aires. J’ai obtenu la place et je suis partie.

J’ai tout de suite été très à l’aise dans ce nouveau pays. Je me suis sentie proche de sa culture latine. On raconte que si l’Argentine était un pays en Europe, ça serait l’Italie. Sauf que voilà, l’Italie n’était pas un pays assez lointain et dépaysant pour moi. Début 2011, je suis repartie en France pour terminer mes études mais je me suis promis que je reviendrai. Mes études terminées, le virus du voyage m’a rattrapé. Et il faut dire que les perspectives d’emploi incertaines en France ne m’ont pas incitée à rester.

Que faisais-tu en France ?

Avant de partir, je terminais un Master 2 de langue et communication. Je faisais un stage de fin d’études en tant qu’assistante de communication chez un opérateur de télécommunication à Paris.

Pourquoi avoir choisi Buenos Aires ?

Pour reprendre une citation de Montaigne que j’affectionne : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » J'aime cette ville vivante et dynamique. J'aime observer les Argentins, dans la rue, dans le colectivo, dans le subte (le métro) et admirer la longue chevelure des Argentines. Raiponce devait être argentine ! J'aime ses rues et ses vieux pavés même si je manque à chaque fois de tomber en me prenant les pieds dedans. J'aime me promener dans les parcs de la ville, admirer les jacarandas en fleurs, dire bonjour aux chats du jardin botanique. J'aime les édifices de la ville, ses nombreux musées et théâtres. J'aime marcher dans mon quartier, Palermo, sentir l'odeur émanant des panaderias (les boulangeries), des tiendas de frutas (les primeurs)… J'aime regarder les couples qui s'embrassent avec passion comme s'ils étaient seuls au monde, latinos je vous dis ! J'aime les asados (barbecues) et la buena onda des Argentins. J'aime la culture argentine, la gentillesse naturelle des gens, leur sourire, la façon de dire "No, no" quand tu les remercies. J'aime cette ville qui est toujours animée.

J’aime danser dans les boliches (boîtes de nuit) et rentrer au petit matin en me disant que j'ai passé une bonne soirée. J’aime tester des nouveaux plats dans les restaurants, le bife de lomo, les pizzas, les milanesas, les helados... J'aime prendre le taxi et parler de tout et de rien avec les tacheros. J'aime le côté passionné des Argentins, la ferveur qu'ils ont lorsqu’ils regardent un match de football ou quand ils parlent de politique. J’aime leur curiosité intellectuelle et leur envie de vouloir tout apprendre : langues étrangères, sérigraphie, tir à l’arc… Et ce, à n’importe quel âge !

J'aime quand ma camarade de yoga de 65 ans s'extasie quand je lui parle de la France et quand elle me dit "Ciao divina, ciao mi amor, cuidate!". J'aime rire discrètement quand je remarque que les Argentins sont les mateurs les moins discrets du monde ! J'aime le « che » du castellano argentino, le lunfardo (l’argot argentin) et son jajajaja... J'aime le tango, la cumbia... J'aime quand les gens font la queue pour rentrer dans le colectivo et respectent absolument cela. J'aime quand le bus roule à toute allure. Bref, j’aime toutes les choses qui font Buenos Aires.

Un peu après ton arrivée en Argentine, quel a été ton sentiment dominant ?

Le sentiment de me sentir chez moi. Il est assez facile de s’intégrer à Buenos Aires. Lorsqu’on est étrangère, les Argentins viennent facilement vers toi. Très vite, tu es invité à des fêtes, à des asados. Mes voisines de quartier me racontent leur vie. Il y a l’ancienne cantatrice du théâtre Colón, celle qui s’est mariée 20 ans plus tard avec son premier novio (petit-ami)... A vrai dire, le fait d’avoir choisir de vivre dans un pays qu’ils considèrent comme le tercer mundo (le tiers monde) est fascinant à leurs yeux. Alors, oui, bien sûr, tout n’est pas rose en Argentine, loin de là.

Mais malgré les profondes inégalités et les difficultés économiques, c’est un pays où il fait bon vivre. La famille et l’amitié sont vraiment importantes ici. Beaucoup d’Argentins ont gardé leurs amis de primaire et même les personnes âgées sortent entre elles. Ici, chaque jour est un prétexte pour célébrer quelque chose. Il y a El día del amigo (le jour des amis) ou El día del abogado (le jour des avocats) par exemple. Je crois que les Argentins savent apprécier les choses simples de la vie. Ils vivent l’instant présent sans se soucier du futur. D’ailleurs, leur maxime est « vamos viendo », c’est une sorte de carpe diem à l’argentine.

Est-ce que ta situation professionnelle te parait satisfaisante, en PVT ?

Oui ! Mais je crois que j’ai eu beaucoup de chance de trouver un travail qui correspond à mes qualifications et à mes envies. Ce n’est pas le cas pour de nombreux PVTistes que j’ai rencontrés ici. Mon travail en tant que chargée de communication web dans une agence de voyage franco-argentine est très intéressant sur de nombreux points. Je perfectionne chaque jour ma culture sud-américaine et j’enrichie mes compétences web et rédactionnelles. Cependant, il ne faut pas s’attendre à un salaire très élevé. En Argentine, le salaire moyen se situe entre 5 000 et 6 000 pesos (environ 500 euros). Avec l’inflation, le coût de la vie est relativement cher.

En PVT, est-ce que certaines choses françaises te manquent ?

La nourriture française ! Cocorico ! Je ne dirais pas non à une bonne baguette tartinée de beurre salée et à un camembert ! Idem pour une tablette de chocolat noir. Heureusement, mes collègues de travail, qui reçoivent souvent des colis de leurs proches, sont partageurs !

Les amis et la famille me manquent bien sûr, mais on essaye de se donner des nouvelles régulièrement. C’est un peu comme si j’étais partie pour de longues vacances. J’aimerais aussi voyager un peu plus. L’Argentine est un pays qui fait 5 fois la France. Il faut du temps et de l’argent pour voyager. En France, tu peux prendre un avion pour pas trop cher et te retrouver à Rome, à Prague… Ici, c’est plus compliqué.

Ah, aussi ! L’amitié entre les hommes et les femmes est un concept quasi inexistant ici. Les mecs sortent entre eux et c’est pareil pour les filles, les Argentins se mélangent peu ! Vous allez rire mais j’aimerais bien parfois boire un verre avec un pote, à la cool, sans arrières pensées.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés, au cours de ton PVT ?

Je n’ai pas éprouvé de difficultés particulières car je connaissais déjà l’Argentine. J’étais habitué aux problèmes relatifs au pays : inflation, corruption, insécurité, transports… Je parlais également la langue. J’ai dû juste me réhabituer au quilombo qui caractérise l’Argentine et mettre de côté mes idées préconçues de Française.

Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Il y en a plein ! Pour mon anniversaire, mes colocs ont organisé un asado sur notre terrasse. Mes amis étaient tous réunis et ils m’ont chanté des chansons de tango et des classiques argentins. On n’avait pas de bougies alors un ami argentin a insisté pour que je souffle sur un cierge ! Un week-end aussi à San Antonio de Areco avec mes collègues de travail. On a visité une estancia (un ranch), fait du cheval, dîné dans une pulpería… Bref, un week-end 100 % authentique loin du tumulte de la capitale ! Je me laisse encore surprendre par l’Argentine et ses habitants. J’ai adopté leur philosophie : la vie est faite de choses simples.

Qu’est ce que ces expériences t’apportent, du point de vue personnel ou professionnel ?

D’un point de vue personnel, une ouverture d’esprit et une capacité d’adaptation à toute épreuve ! Du bien-être aussi, à l’instar des Argentins, je m’intéresse à tout et ne me pose pas de limite. Si j’ai envie de faire quelque chose à un instant précis, je le fais. Je me pose moins de questions car on ne sait pas de quoi demain sera fait. Je me laisse porter ! D’un point de vue professionnel : des compétences techniques et la chance de travailler dans une entreprise multiculturelle.

As-tu d'autres projets ?

¡ Vamos viendo !

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Le PVT Argentine n’a rien à voir avec celui en Australie ou en Nouvelle-Zélande et ce pour plusieurs raisons. Primo, ce visa est encore méconnu de la plupart des Argentins, cela est peut-être dû à son apparition récente ou à une communication peu efficace. Secundo, une partie de la population travaille au noir : pourquoi les Argentins s’embêteraient donc à vous faire un contrat ? Retenez surtout que ce visa vous permettra de rester un an dans le pays. Pour le boulot, accrochez-vous ! N’hésitez pas à faire du porte-à-porte et à laisser votre CV. Un job, un numéro de plombier, une place de concert… En Argentine, on obtient tout grâce à son réseau. Alors cultivez-le et faites preuve de buena onda, en d’autres termes, soyez cool et ouverts d’esprit.

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Commentaires

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Julie
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Merci pour cette interview très intéressante, on sent bien ton amour pour Buenos Aires, ça donne envie :)

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Je suis d’accord à 100% !

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Johanna
2.9K 1.8K

Une si belle interview ! Puis, plein de souvenirs… Tu décris si bien les Argentins, de leur curiosité à la buena onda, jajajaja! :)
Puis, c’est anecdotique mais les chats du jardin botanique, je m’en souviens bien, même si j’étais plus Mendocina que Porteña.

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Julie
14.4K 4.7K

Caroline a été interviewée dans Allo la planète. Voici le lien pour écouter le podcast : http://www.lemouv.fr/diffusion-hong-kong-milwaukee-lorient-en-express (à partir de 36 : 40) :)

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Wahou, ca fait tellement envie ! Ton témoignage m’est d’autant plus parlant que j’exerce la même profession. Du coup, une question me tarraude : est-ce qu’il y a du potentiel niveau agences de com/de voyage pour trouver un boulot sur quelques mois ? Quels boulots font les autres PVTistes ? Merci d’avance pour tes réponses !

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