Justine, de Bruxelles à Vancouver

Article publié le 28-11-2013.

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Ville de provenance

Masnuy-Saint-Pierre, un petit village dans la campagne belge. J’y ai vécu jusqu’à mes 18 ans puis je suis partie étudier à Bruxelles durant 3 ans, j’adore la dynamique de cette ville, très riche aux niveaux événements, festivals, petits bars, expositions et culture. Ensuite, j’ai vécu 2 ans à Genève pour faire mon master. Vivre au bord du lac à deux pas des montagnes m’a profondément transformée et m’a donné envie de découvrir d’autres lieux remplis de nature.

Ville de destination

Vancouver, Canada

Sur place pendant combien de temps ?

J’y suis restée 365 jours, un an tout juste !

Baroudeur ou pas ?

Oui, surtout lorsqu’il ne pleut pas ! Notre premier achat fut une tente orange qui nous a accompagné partout ! Partir avec son sac à dos est le meilleur moyen de découvrir le Canada et surtout la solution la moins cher pour voyager beaucoup ! J’ai toujours été habituée à faire du camping et de la randonnée en montagne, le seul point différent : la présence des ours. Camper sur des îles accessibles en kayak, dormir sur des glaciers ou dans des refuges permet d’être plus rassuré !

Que faisais-tu en Belgique ?

J’ai obtenu mon diplôme d’architecture en Suisse (formation mi-belge, mi-suisse), je n’avais aucune expérience professionnelle à mon actif avant de partir, excepté les jobs d’étudiant que j’avais réalisé à gauche, à droite.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?

J’étais à un moment clé de ma vie, je venais de terminer mes études en Suisse, je n’avais plus d’obligation, plus de lieu attitré pour vivre, j’étais libre d’aller où mes envies me porteraient. J’avais rencontré quelqu’un à Genève, on a décidé de partir ensemble, le Canada est une destination qui s’est très rapidement mis en place : il y avait tout ce que nous aimions, la nature, les montagnes, une architecture différente à étudier et l’anglais que nous voulions perfectionner.

Pourquoi avoir choisi Vancouver ?

Si le choix du pays a été sujet à discussion, le choix de la ville qui nous attirait au Canada était très clair : Vancouver. On y retrouvait une ville au bord de l’eau et au pied des montagnes, ce que nous aimions tant à Genève. Vancouver est une ville où il fait bon vivre, la nature est partout même si la ville est dense, les gens font du sport à toutes les heures de la journée et de la nuit, on y prône le bien-être physique et le développement personnel. Les gens sont très ouverts, tout le monde se parle que ce soit à la caisse du supermarché ou au feu rouge à vélo. On y trouve beaucoup de produits naturels et sains qui s’adaptent à chacun, il y a beaucoup de végétariens, de gens qui font du yoga et on trouve des sushis à tous les coins de rue ! La moitié de la ville est asiatique d’origine même si beaucoup d’entre-eux sont nés là. Ce qu’il faut savoir c’est que la vie est chère, même lorsque l’on vient de Suisse !

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

J’avais déjà vécu 2 ans à Genève, avec des aller-retour plus ou moins fréquents en Belgique. C’est en tout cas la première fois que je ne passais pas Noël avec ma famille, cette période était un peu bizarre, on se sent seul à cette période là, au bout du monde.

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines, au Canada ?

Je suis partie avec mon compagnon au Canada et nous avons atterri à Montréal. Nous avons ensuite pris un mois et demi à traverser le Canada d’Est en Ouest. Ce voyage était très important, c’était une sorte de transition, une manière de prendre le temps d’apprécier ce pays avant de se poser dans un lieu précis. C’était l’été indien, nous voyagions en voiture, en bus, nous découvrions la nature, changeante en fonction des régions, nous rencontrions des gens, testions la nourriture et nous nous immergions doucement dans la culture canadienne et ses grands espaces.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés au Canada ?

Je pense que le plus difficile était de ne pas avoir ses amis et sa famille proche de soi. Le sentiment de sentir tous les gens auxquels on tient si loin, être dans un pays où le jour correspond à la nuit dans notre pays d’origine renforce la distance. A ce point de vue là, je trouve que voyager nous fait sortir de notre zone de confort voire de sécurité. On manque des événements auxquels on aurait voulu être présents, mais c’est la vie, on en vit plein d’autres géniaux !

Quel est ton meilleur souvenir ?

Ouf, il y en a plein ! Il y a la découverte du kayak de mer et le bivouac de plusieurs jours en mer, on remplit le kayak de bonnes choses à manger, le soir on s’arrête sur une île, on fait un feu à côté de la tente et on mange des huîtres et de moules ramassées en route ! Sinon il y a évidemment la randonnée en hiver, en ski ou en snowshoes, je me souviens d’une fondue au fromage faite au sommet d’une montagne, dans la neige avec une vue sur la mer, ou bien une nuit en cabane à Elfin lakes, avec une ambiance incroyable partagée avec les autres skieurs. Il y a aussi le West Coast trail, une randonnée de 7 jours en autonomie complète sur l'île de Vancouver, que j’ai fait avec ma sœur, nous dormions sur les plages bercées par le cri des baleines. Au jour le jour, les barbecues de saumon le soir sur la plage. Aussi, les visites d’amis et de la famille étaient l’occasion de jouer les touristes dans notre propre ville et une randonnée au Mont Baker, encordés au milieu des crevasses en faisant du snowcamping.

Est-ce que certaines choses belges t'ont manqué ?

Parfois, la petite échelle et le cachet des villes européennes, plus identitaire me manquait. Les petits bars, reconnaître les gens dans la rue, la beauté de la pierre et de la vieillesse des bâtiments c’est quelque chose que l’on ne retrouve pas dans ces villes nouvelles.

Qu'est ce qui te manque depuis que tu es rentrée en Belgique ?

La nature, partout, tout le temps, des aventures dans des endroits inconnus chaque week-end, un agenda plus disponible pour nos propres envies, la vue depuis notre appartement et la plage à deux pas.

Qu’est ce que cette expérience t'a apporté, du point de vue personnel ou professionnel ?

J’ai eu une expérience professionnelle très intéressante, j’ai travaillé dans un bureau d’architecture durant 9 mois, c’était ma première expérience professionnelle, ça m’a permis de voir ce que j’aimais, ce que je voulais, au niveau de la taille du bureau, de l’équipe, du type de projet sur lesquels j’aimerais travailler. J’ai travaillé principalement sur une école, la place de l’enseignement est très différente de ce que nous avons en Belgique, les écoles portent une attention particulière à l’enfant et ses différences. J’ai appris beaucoup de choses que j’aimerais développer un jour dans mon propre pays. Au niveau personnel, je pense que voyager permet de gagner en développement personnel, en connaissance de soi et en autonomie.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Il faut se donner les moyens de bien apprendre la langue, être ouvert à la découverte du pays et des autres, ne pas vouloir retrouver à tout prix retrouver ses habitudes alimentaires ou autres, c’est le moment de tester un nouveau sport, de commencer une nouvelle activité, c’est le meilleur moyen de rencontrer des canadiens et ne pas rester que entre expatriés.

  • Partir un an, c’est le minimum, partir plus tôt c’est trop court !
  • Tester le Wwoofing
  • Pour trouver un boulot, le secret, c’est le networking, il faut aller à des événements, rencontrer des gens, parler de soi, se faire connaître, les gens ne demande qu’à vous aider et sont souvent fiers de connaître quelqu’un qui pourrait vous aider !
  • C’est l’occasion de tester un job que vous n’auriez pas osé dans votre pays d’origine, personne ne vous jugera, au contraire vous ne recevrez que des encouragements, même si vous vendez des tartes au marché !

Pour suivre les aventures de Justine : Battement de cils

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Commentaires

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Julie
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Super ton interview !!

J’ai deux petites questions :

– la rando de 7 jours sur l’Île de Vancouver, tu l’as faite en été ? Tu pouvais camper un peu où tu voulais ? Est-ce que c’est accessible même pour les moins sportifs d’entre nous ?

– tu es architecte et j’ai souvent entendu dire que les métiers soumis à un ordre (architecte, avocat, etc.) étaient compliqués à exercer dans un autre pays que le nôtre car les règlementations changent etc. Du coup tu as été dessinatrice ou ton cabinet d’architecte t’a formée sur place aux choses que tu devais connaître pour être architecte ?

Merci !!

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isa
9.2K 6K

J’ai toujours rêvé de faire le West Coast Trail mais plus je me renseigne à ce sujet, plus j’ai l’impression que c’est beaucoup trop hardcore pour moi ! 😀

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Bonjour Julie,

Concernant le west coast trail je pense que c’est accessible à tous, pour peu que tu aies l’habitude du camping, de porter un sac et de te balader à pied. Je l’ai faites l’été et c’était génial, on n’a pas eu de pluie (très rare) ce qui a nettement augmenté notre appréciation du parcours ! Tu dois camper dans les endroits prévus pour mais qui reste néanmoins très sauvage (une plage etc) tu trouves dans « campsite » un locker pour cacher ta nourriture et ne pas attirer les ours et une toilette sèche, c’est très très simple et sauvage !

2 choses qu’il faut savoir :
– c’est un petit budget et il faut réserver à l’avance (tu paies l’entretien du trail dans une réserve naturelle)
– ton sac à dos est très lourd surtout au début (tu portes toute ta nourriture + tente + matelas + sac de couchage)

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Bonjour Julie pour répondre à la suite de ton commentaire, je me suis faite engagé dans un bureau d’architecture assez grand (grâce au networking!!) je suis rentrée dans le bureau en tant que « dessinatrice » mais il faut savoir qu’un réalité dans le bureau de 300 personnes il n’y avait qu’une vingtaine de « vrais architectes inscrits à la ligue des architectes » car les cotisations sont énormes ! J’étais donc au même niveau que tout le monde et j’avais un super salaire ! Donc tout est possible 😉

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Caroline
4.1K 3.2K

Merci Justine ! ton témoignage est très intéressant :-)

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Merci pour ce témoignage qui renforce mes convictions face à mon projet futur, hautement similaire !

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Trop bien, ça me donne encore plus envie d’aller à Vancouver

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Merci beaucoup pour cette interview, j’ai moi même l’envi d’aller à Vancouver et ton retour d’expérience m’a réconforté dans le choix de la ville !

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Merci Julie pour ce magnifique témoignage. Nous vivons actuellement avec ma copine autour du très beau lac d’annecy, et je travaille moi-meme à Genève et je comprend ta phrase « On y retrouvait une ville au bord de l’eau et au pied des montagnes, ce que nous aimions tant à Genève  » car c’est exactement ce fameux cadre de vie que nous aimons et vivons ici, dans le nord des alpes. Le Lac léman est magnifique.
Nous décollons fin d’année pour Vancouver. :) De tel témoignage donne forcément envi.

Comment c’est déroulé votre périple de Montreal à Vancouver?
Comment vous etes vous déplacer? Aviez vous un budget défini pour cela?
Je trouve votre début de voyage super interressant.

Par rapport au boulot sur Vancouver, Par quel moyen à tu dévelloper donc « networking »?

Merci encore pour ton témoignagne.

¨PS: Et finalement, Es-tu revenu ici ?

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