Louis : 4 mois de PVT en Russie

Date de publication : 01-02-2020

Auteur

Annelise

Louis

Localisation

Novossibirsk, Russie

Profession

Secouriste

Dernier diplôme obtenu

Master

Louis est parti 4 mois en PVT Russie. Voyages, rencontres, jobs… Il nous raconte son expérience !
Retrouvez un récit de son aventure, accompagné par ses dessins, dans cette chronique.

pvtistes : Bonjour Louis ! Peux-tu te présenter ?
Louis : Salut, je m’appelle Louis, 28 ans. Travaillant comme maître-nageur à Lille, ça faisait déjà quelques temps que j’envisageais de partir découvrir la Russie. C’était devenu une idée fixe, que j’ai enfin pu réaliser en février 2019.
Je suis dessinateur à mes heures, et voulais mettre ce voyage à profit pour remplir mon carnet de croquis des personnes et paysages rencontrés sur place.
Louis PVT Russie
pvtistes : Tu es parti en PVT en Russie. Pourquoi ce pays ?
Louis : Honnêtement, j’ai beaucoup de mal à expliquer ma fascination pour ce pays. Peut-être l’appel de l’âme russe ? Le fait qu’on nous les ait toujours présentés comme les « ennemis » ? La taille du pays ? Les dessins animés Michel Strogoff ? La langue ? En tout cas, on est plusieurs à être touchés par ça, on ne se l’explique pas.
pvtistes : Comment s’est passée ta demande de PVT ?
Louis : Je me suis donné le temps, patiemment et méthodiquement. Aucune réelle difficulté rencontrée, mais je conseille de prendre son temps, ne pas faire les choses dans l’urgence sinon la source de stress est énorme. Une fois tous mes documents remis, l’ambassade m’a rappelé pour me dire que j’avais oublié une traduction (faux !), que j’ai pris le temps de refaire pour ne pas la braquer dans la démarche.
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pvtistes : Et ton arrivée dans le pays ?
Louis : J’ai débarqué à Saint-Pétersbourg, première ville de l’aventure. Mes premiers contacts ont été faits grâce au Couchsurfing, très utile, en Russie plus qu’ailleurs. Premièrement, ce sont des personnes intéressées par l’étranger qui sont sur le site (donc a priori prêtes à faire des efforts de socialisation).
Deuxièmement, ce sont des gens qui parlent anglais, et c’est très pratique quand mon russe, rudimentaire au début, ne me permettait pas d’aller vers les gens.
Mes couchsurfers ont toujours été assez rapides à me présenter leur famille et amis, car il est après tout assez rare d’avoir un invité étranger chez soi en Russie. Louis PVT Russie Je conseille fortement à tout le monde (il faut se sentir à l’aise avec le concept) de passer par le Couchsurfing pour rentrer en contact avec des Russes légendairement « froids ».
Niveau démarches administratives, j’avoue ne jamais avoir pris le temps de m’occuper de l’enregistrement dans les endroits où je passais, et je n’ai jamais été inquiété à ma sortie du territoire. À relire les autres témoignages, on pourrait croire que ce système n’existe plus… Mais attention, avec l’administration russe, on ne sait jamais.
pvtistes : Qu’as-tu le plus aimé en Russie ?
Louis : La superficie du pays, qui m’a permis de me perdre autant que prévu. On peut, avec un seul visa, parcourir des milliers de kilomètres par de nombreux moyens de transport (train, Blablacar, bus, autostop…), sans jamais rencontrer de frontière. Une impression d’étendue et de liberté indéfinissable, très agréable.
pvtistes : Et ce que tu as moins aimé ?
Louis : Mon trajet en Transsibérien, qui s’est révélé ennuyant et fatigant, rien à voir avec les récits habituels sur « l’enchantement du voyage en Transsibérien » des romans et des guides de voyage. Je conseille aux prochains qui s’y essaient de prendre des places en 1ere ou 2e classe pour profiter plus agréablement du séjour, pour quelques euros supplémentaires.
pvtistes : Au niveau de la langue, comment t’es-tu débrouillé ?
Louis : J’avais pris des cours du soir pendant six mois en France, et énormément bossé de mon côté. J’écoutais des podcasts au boulot, et avais appris des chansons (du groupe Kino, assez facile à traduire).
Pas de magie, à mon arrivée, je ne pigeais pas grand-chose et préférais les interlocuteurs anglophones. Je me forçais à parler au moins 1 h par jour avec des gens (là c’est Tinder qui m’a été utile), même sans vraiment comprendre la conversation (sans qu’ils ne s’en rendent compte, ou avec six mois de retard, désolé pour eux ?).
Le déclic s’est fait au bout du 2e mois, un matin, où je me suis réveillé en comprenant soudainement presque tout. Pari gagné. Ce qui m’a le plus aidé a été de rester un mois dans une famille en Altaï (chez Eva, une ancienne pvtiste qui s’est installée là-bas, complètement russophone aujourd’hui).
pvtistes : As-tu travaillé pendant ton PVT Russie ?
Louis : Je n’ai jamais bossé sous contrat, ce qui me semblait toujours beaucoup trop compliqué et incertain au niveau des démarches administratives. Par contre, j’ai fait du Wwoofing sur 2 projets différents (dans l’Altaï et à Zavialovo, aucune démarche administrative), travaillé bénévolement dans une auberge de Novossibirsk, donné des cours de français à Tver, et des cours d’anglais à Berdsk.
Le PVT qui se prolongerait avec un contrat de travail est une chimère, tout le monde est d’accord là-dessus. J’avais même réussi à mettre un député de Novossibirsk sur le coup, qui n’a pas su arranger la situation…
pvtistes : Et côté voyages ?
Louis : J’ai vagabondé en Russie européenne pendant un mois (Saint-Pétersbourg, Tver, Moscou), passé un mois dans l’Altaï pour un projet de Wwoofing, et vécu les deux autres mois à Novossibirsk. Je détaille tout cela dans cette chronique.
Louis PVT Russie
pvtistes : Quelles sont, selon toi, les plus grandes différences entre la vie en France et la vie en Russie ?
Louis : En vrac : la vie est un peu moins chère qu’en France. L’armée et la police sont très respectées. Les gens utilisent abusivement leurs smartphones. Internet est quasi-totalement libre, tout est accessible. La politesse comme on l’entend en France (sourire, bonjour, merci…) est relative. L’écologie n’est pas encore un sujet de société.
pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste en Russie ?
Louis : Peu importent les raisons, je pense qu’on ne peut pas tenter ce PVT sans une réelle dose de motivation pour la destination, et un peu de folie. Vanille, Eva et Héloïse, les pvtistes que j’ai croisées et qui sont restées, avaient toutes les trois un profil d’aventurières déterminées.
Sur place, c’est un peu de chance, beaucoup d’incertitude et du plaisir qui définiront la suite à donner au voyage. Face aux aléas imprévisibles qu’impose forcément la Russie, armez-vous d’optimisme, de culot et d’un bon sens de l’improvisation.
Venez découvrir les expériences des autres pvtistes en Russie et partager vos conseils sur le forum !
pvtistes : Et maintenant, quels sont tes projets ?
Louis : En Russie, ma conscience écolo s’est retrouvée démunie devant l’absence d’efforts, même basiques, en termes d’écologie. J’ai voulu rebondir. Dernièrement, je suis me suis installé à Bruxelles, afin de m’engager avec le mouvement Extinction Rébellion. On vise à attirer directement l’attention des institutions européennes, avec de beaux succès pour l’instant.
Niveau professionnel, je travaille à la poste belge, et me prépare physiquement pour passer les tests de coach sportif.
Ce qui est marrant, c’est qu’en six mois, depuis mon retour de Russie, j’ai déjà accueilli chez moi sept ou huit Russes que j’avais rencontrés là-bas. Avec d’autres, je garde contact par les réseaux sociaux. Je pense qu’une fois qu’on est devenu ami avec un.e Russe, c’est une relation qui dure.
Le rock russe fait aussi partie de mon quotidien, je suis un grand fan de Viktor Tsoi, DDT et Aquarium.
À l’avenir, un PVT Mexique m’intéresserait, et cette fois-ci je partirai en duo.

Merci Louis pour ces réponses !

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1 Commentaire

Camille
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Pour avoir vécu 7 mois en Russie et avoir fait le transsibérien, je trouve dommage de conseiller la 1ere ou 2eme classe… Ca dépend vraiment de chacun, je l’ai fait entièrement en 3ème classe et l’expérience a été vraiment topissime. Je le referais mille fois sans hésiter ! J’ai vraiment ressenti ce côté magique, ce voyage hors du temps pour ma part 😉

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