Lucile, pionnière du PVT Russie !

Date de publication : 18-08-2014

pvtistes :

Comment as-tu découvert l’existence du PVT pour la Russie ?

lucioledesplaines : Je préparais mon départ pour la Russie, et alors que je désespérais complètement de trouver une solution pour un visa de plus d’un mois, à la fin avril 2013, l’amie russe qui me soutenait dans mes efforts m’a renvoyée sur la page d’accueil du site de l’ambassade russe à Paris. Miraculeusement, il était question d’un nouveau visa tout juste mis en place, le visa vacances-travail ! Juste pile-poil ce qu’il me fallait !

pvtistes :

Est-ce que tu as eu des problèmes pour l’obtenir ?

lucioledesplaines : Je ne peux pas dire que j’ai eu des problèmes pour l’obtenir, je dirais plutôt que cela a été très long et laborieux et que les Russes, il faut savoir comment les prendre…
En résumé, le PVT Russie est plutôt difficile à obtenir, mais si l’on rassemble tous les ingrédients nécessaires (courage, ténacité, rigueur et méthode !), c’est une histoire tout à fait possible !

pvtistes :

Est-ce que tu as rencontré des problèmes avec ton visa, une fois sur place ?

lucioledesplaines : Il faut bien intégrer que ce visa, ils ne l’ont jamais vu, en Russie… Et si personne n’est allé le demander depuis que j’y suis allée en 2013, alors ils en seront encore au même point !
Du coup, cela amène quelques suspicions lorsque vous passez les douanes… Il se peut que vous restiez plus de temps que les autres, le temps que ces messieurs dames très zélés vérifient que le visa que vous leur montrez n’est pas un faux, et le temps sera encore plus long s’il y a une petite bizarrerie comme ça a été mon cas : sur mon passeport, il y avait mon prénom et mon deuxième prénom, sur le visa, il n’y avait que mon prénom… Je n’ai pas travaillé là-bas, donc je ne peux qu’émettre des hypothèses par rapport à ce que j’ai observé en Russie.
Je pense que, PVT ou non, tu peux travailler en Russie. L’énorme immigration qui vient d’Asie centrale, tu la retrouves à travailler dans le bâtiment, dans les taxis et dans tous les boulots que les Russes ne veulent plus faire, bien sûr. Et c’est tellement au vu et au su de tous, que j’ai bien l’impression que cela ne les dérange pas trop, finalement, le travail illégal et non déclaré.
D’une manière générale, les Russes ne feront pas appel à tout ce qui vient de l’Etat, tout ce qui a trait avec le gouvernement. Alors, travailler illégalement en Russie, je ne suis pas sûre que cela soit si risqué, si ce n’est que toi tu t’attendes à revendiquer des droits du travail… Désolée pour mon discours pas du tout politiquement correct, mais c’est le reflet de ce que j’ai observé et de ce que les Russes m’ont raconté.
D’une manière générale encore, les Russes vivent toujours dans une « peur » du gouvernement (et donc ils traitent cette peur en ayant aucun contact possible avec le gouvernement), ils vous transmettront cette peur, mais dans les faits, c’est pas si compliqué que ça, et dans le fond, tout le monde s’en fout, du moment que tu ne nuis à personne, et en plus si t’as la bonne couleur de peau, tout va bien. Personnellement, je ne me risquerais pas à travailler illégalement, mes frissons d’aventurière ne vont pas jusque là, mais d’autres peuvent les avoir sans problèmes. Car, soyons clairs, mis à part pour postuler pour un travail au sein d’une institution officielle ou gouvernementale, si tu veux juste trouver un job d’un mois dans un bar, un resto, ou un boui-boui quelconque qui vend de l’alimentation ou autre, ton PVT, personne ne saura ce que c’est, et surtout, personne ne viendra te le demander… Le PVT reste très important (mais en fait, comme tout visa permettant de circuler en Russie), pour circuler et être hébergé. Alors, au moment où j’y étais, il y avait encore beaucoup de confusions par rapport au « système complexe » de comment et quand tu déclares tes mouvements en Russie. Après de nombreuses affirmations de différents professionnels du tourisme, il en ressort que tu ne dois déclarer ta présence en Russie qu’une seule fois, à ton arrivée (généralement à Moscou ou St-Pétersbourg) et dans un laps d’un mois. Si tu restes dans des endroits plus de sept jours ouvrés (donc en gros huit à dix jours), alors tu dois te faire enregistrer dans cet endroit (mais en définitive, les hôtels ou auberges de jeunesse où tu restes, ils peuvent le faire pour toi, gratos ou moyennant argent). Après un mois, cela n’est plus nécessaire. Pareil, ce que je transmets là est issu des diverses expériences que j’ai eues avec cette histoire d’enregistrement, et de ce que m’ont raconté mes divers interlocuteurs russes. Cependant, il est fort probable que tout ceci ait bien changé depuis, que les lois se soient re-durcies, et que vous ayez à vous renseigner sur place auprès de vos logeurs (hôtels, auberges ou particuliers). Et ne perdez jamais de vue que faire appel à un particulier pour vous déclarer officiellement, ce n’est pas lui faire un cadeau. Les procédures pour les Russes recevant officiellement des étrangers sont extrêmement longues, pénibles, onéreuses, et surtout, elles ont été mises en place pour que personne ne le fasse.

pvtistes :

Est-ce possible de trouver un logement pour du long terme chez un particulier ?

lucioledesplaines : J’avoue que la question me semble épineuse… Très clairement, les villes russes sont toutes d’énormes machines tentaculaires. Considérez qu’une ville moyenne russe a une population d’un million de personnes ! Alors, hum, on se trouve bien ridicule, nous, en France, avec nos villes moyennes de province de 150 000 habitants (et encore, je crois que je relève la barre un peu haut). Ces villes sont donc gigantesques, et cela n’empêche pas des crises de logement un peu partout, d’après ce que j’ai compris. La plupart des Russes vivent dans des immeubles miteux, crasseux, délabrés et vieux, et a priori, tu as déjà de la chance quand tu peux te payer ça. Je n’ai jamais eu l’audace de demander aux gens qui m’hébergeaient combien ils payaient leur location.
Je me souviens surtout d’une connaissance, à Irkoutsk, qui, lorsque je lui ai dit que j’avais trouvé une autre connaissance qui acceptait de m’héberger gratos pour presque une semaine, parce que là je ne pouvais plus m’offrir l’auberge dans laquelle j’étais, m’a regardée avec admiration en me disant que j’avais vraiment beaucoup de chance.
Cela n’enlève rien à l’hospitalité russe, ceux qui ont les moyens et la possibilité t’accueilleront toujours en grande pompe, par contre, quand il s’agit du long terme, les Russes ne perdent jamais le nord, ils savent toujours revenir simplement et clairement à l’aspect matériel des choses, c’est-à-dire que tu dois donner ta contribution. Donc, pour un logement à long terme chez un particulier, encore une fois, je ne sais pas si le PVT est d’une utilité ou bien même s’il peut poser problème… Ce qui importe, c’est que tu aies bien un visa valide et tamponné.

pvtistes :

Pourquoi cette envie de t’envoler pour la Russie ?

lucioledesplaines : Ah ah ah… Pourquoi la Russie… Je suis allée à la « grande ville » à quinze ans, parce que je voulais apprendre le russe, et qu’il fallait trouver un lycée où cet enseignement était dispensé.
J’ai 28 ans, donc l’attirance inexpliquée pour la Russie, la culture et la langue russe, a été suffisamment tenace pour que je réalise mon grand rêve d’aller un jour en Russie !!! L’attirance reste inexpliquée encore à ce jour, et malgré « l’overdose » naturelle, a priori, lorsque tu vis le choc des cultures très profondément sur un long terme, que j’ai ressenti au bout de ces quatre mois sur le sol russe ; cette attirance est toujours là, et même plus vive !
Alors tout ceci ne s’explique pas rationnellement, je n’irai donc pas plus dans le détail.

pvtistes :

En tant que travailleuse étrangère, comment as-tu été perçue par les employeurs et les locaux, de manière générale ?

lucioledesplaines : Comme je l’ai déjà dit plus haut, je n’ai pas travaillé, donc je n’ai pas d’expériences avec des employeurs. A préciser que si vous ne parlez pas un tout petit peu russe (enfin, si vous ne faites pas un petit effort pour balbutier quelques mots, essayer de comprendre ce qu’ils vous racontent en russe), vous ne serez pas très bien accueillis et intégrés. Et il ne faut pas mettre ça sur le compte de la « rudesse russe », non, tous les peuples sont comme ça (n’oubliez jamais de vous remémorer comment en France on réagit encore, et ce, même dans les jeunes générations, vis-à-vis de l’anglais comme langue de communication internationale). Il n’y a rien de plus généreux et surtout de plus magique, que de parler (même si c’est du petit nègre) la langue des gens que vous voulez rencontrer. Les portes s’ouvrent d’une manière incroyable, les rencontres sont inespérées et inattendues, bref, l’effort en vaut la peine.
Vous rencontrerez très peu de Russes parlant anglais (ou plutôt qui voudront parler anglais), bien sûr, il y a plus de chance dans la jeune génération et dans tous les lieux touristiques, et encore. Par contre, vous aurez aussi souvent la chance de rencontrer par-ci par-là des Russes parlant français (et souvent tellement bien que vous aurez bien honte avec vos trois mots de russe mal prononcés). Je tiens à préciser aussi que si les Russes ne veulent pas vous parler en anglais, ce n’est pas parce qu’ils vous dédaignent et ne veulent pas faire d’effort. C’est parce qu’ils considèrent qu’ils ne parlent pas suffisamment assez bien anglais pour pouvoir converser avec vous…
Plusieurs personnes m’ont expliqué cela, et je l’ai vérifié plusieurs fois par moi-même… Il est très curieux de se rendre compte que, alors qu’ils savent mieux parler anglais que vous ne savez parler russe, ils restent encore trop pudiques pour se lancer dans une conversation où ils estimeraient massacrer la langue de Shakespeare…

pvtistes :

Quel a été ton parcours là-bas ?

lucioledesplaines : Je me suis agréablement baladée aux quatre coins de la Russie ! J’ai commencé mon arrivée dans la Russie profonde juste à la frontière estonienne, près de Pskov, puis Moscou, puis je suis allée voir ce qu’il y avait à voir à Arkhangelsk (c’est-à-dire, rien, mis à part la beauté du grand fleuve qui s’en va rejoindre la Mer Blanche), puis je suis descendue dans le sud de la Russie, dans la région de Voronej, où la famille de ma prof de russe m’a accueillie, puis je suis partie vers la Sibérie, en m’arrêtant à Kazan, Ekaterinbourg, puis je suis allée me perdre le long de l’Ob près de Novossibirsk. Je suis ensuite allée à Irkoutsk pour rejoindre un projet de Ngo non loin du Baïkal, puis je suis retournée faire un petit tour en Sibérie occidentale pour retrouver mon amie russe à Tioumen chez sa famille. Je me suis arrêtée à Omsk pour revoir une famille russe que j’avais rencontrée dans le train, puis je me suis arrêtée prendre l’air à Tomsk, Krasnoïarsk, pour enfin revenir voir mon Irkoutsk bien aimée, où j’ai décidé d’établir mes quartiers pendant trois semaines, histoire de souffler un peu et de faire des petites excursions au Baïkal.
Enfin, un ami est venu me rejoindre, et nous avons bien profité encore du Baïkal, pour terminer mon séjour russe à Oulan-Oude, la capitale de la Bouriatie, la première porte vers la Mongolie !

pvtistes :

Quel est le coût de la vie en Russie ?

lucioledesplaines : La Russie m’a saignée à blanc. Le coût de la vie est aussi élevé qu’en Europe de l’Ouest, voire peut-être plus à certains endroits. Prendre le train est un vrai bonheur pour le portefeuille, mais soyez prêts aux trajets de trente heures pour faire 1 000 km (distance moyenne quand on se déplace en Russie).
Quand on sait que le salaire moyen des russes, c’est 250 euros, on se demande vraiment comment ils font pour gérer un coût de la vie aussi élevé qu’en France, où le minimum pour vivre chichement, c’est 700-800 euros… D’autant plus que dans le cas des voyageurs, il faut quand même avoir à l’esprit que tu paies systématiquement ton logement comme un touriste (sauf si tu as eu la chance de trouver un logement chez un particulier pour du long terme), donc ce n’est pas moins de 15 euros par nuit.
Tu n’as pas la possibilité de faire pousser tes légumes ou tes fruits ou d’élever des animaux (les Russes ont beau vivre en ville, la plupart se débrouillent pour avoir une maison de campagne, la fameuse datcha, souvent délabrée, pour se nourrir en partie de leurs produits, ou bien d’avoir de la famille à la campagne pour profiter de leurs récoltes), donc tout ce qui est alimentation, c’est pour ta pomme, et à ce niveau, il n’y a pas grande différence avec les prix européens, donc c’est cher. Tu ne peux même pas te dire que cela coûtera moins cher d’aller au restaurant (solution bien plus valable dans d’autres pays), car les restaurants sont également presque aussi chers qu’en France.
Et puis ensuite, en tant que touriste, tu vas quand même aller à la découverte de tous les musées, monuments, etc. qu’il y a à visiter un peu partout, et ça aussi ce n’est pas toujours donné. Donc, en conclusion, ne pars pas en Russie si tu n’as pas prévu 700 à 800 euros par mois, sinon tu risques d’avoir des surprises arrivé à la moitié de ton séjour…

pvtistes :

Quelles sont les différences culturelles qui t’ont déroutée, au tout début ?

lucioledesplaines : Je me suis pris une très grosse claque à peine quelques heures après mon arrivée sur le sol russe, et la grosse claque s’est étirée sur tout le long de mon périple en Russie.
Je ne m’attendais pas à un tel choc culturel, je croyais que la Russie, c’était comme l’Europe. La Russie n’a strictement rien à voir avec l’Europe. Sauf si vous restez dans ce que j’appelle la « vitrine » de la Russie : St Pétersbourg et Moscou bien sûr. Et encore, Moscou, même si c’est très occidentalisé, c’est plus « américanisé » qu’européanisé.
Je ne suis pas allée à St Pétersbourg car je ne voulais pas y aller, j’y ai plusieurs amis maintenant, donc certainement que j’irai un jour. St Pétersbourg a été conçue comme la copie des différentes villes prestigieuses d’Europe, en encore plus prestigieux, avec tout le tintouin culturel qui va avec. Assez étonnamment, l’autre ville de Russie qui ressemblerait pas mal à St Pétersbourg (selon le témoignage d’autres voyageurs qui ont visité les deux villes), parce que l’on se sent également dans une ville européenne, c’est Kazan, la capitale du Tatarstan. Bref, il faut préciser quand même que j’ai choisi la manière la plus brutale de faire connaissance avec la Russie : débarquée en pleine nuit dans la première ville après la frontière estonienne, Pskov, dans le hall de la gare routière complètement délabré, seule étrangère ne parlant qu’à peine trois mots de russe et n’en comprenant aucun, parce que les russes, bah, quand ils te parlent, ce n’est pas la même chose que quand c’est ta prof de russe qui te parle, même si elle-même est Russe… Plutôt que de découvrir la « vitrine » de la Russie, je me suis pris en pleine figure la réalité de la campagne russe (et j’ai mis du temps à comprendre que c’était bien réel, que cela ne s’améliorerait pas plus loin, et que les gens vivaient vraiment comme ça, pas par choix, mais parce que c’est comme ça) qui est aussi sous-développée que les montagnes népalaises. Le choc culturel s’est étendu à beaucoup beaucoup de choses que je ne soupçonnais pas, dans la manière de penser, de parler et d’agir des Russes que j’ai rencontrés et côtoyés. Au bout de quatre mois passés immergée avec eux, à essayer de m’adapter à leur culture, de comprendre dans la profondeur comment ils fonctionnaient, j’ai dû finir par admettre, que je ne pouvais pas m’adapter à leur manière de vivre et d’être. Je suis Française, Européenne, et il y a vraiment un fossé entre nos deux continents. Et je reste vraiment très admirative de tous ceux qui sont parvenus à combler ce fossé dans la durée.

pvtistes :

Quels sont tes plus beaux souvenirs ?

lucioledesplaines : Il y en a tellement des beaux souvenirs, sur ce voyage… je garde une grande nostalgie de mon voyage en Russie, car il s’est écoulé avec une telle facilité (j’ai ensuite continué vers la Mongolie, puis le Népal et l’Inde), je me suis tellement bien laissée guider vers des rencontres incroyables et improbables, qu’il ne reste pas grand chose des petits moments qui ont pu être désagréables ou tendus.
Les plus beaux souvenirs sont sans doute ceux des trains (ne partez pas de Russie sans avoir voyagé en train en troisième classe, vous repartiriez sans avoir vu la vraie Russie), et puis mon grand amour, le lac Baïkal et toute sa région (Irkoutsk et la Bouriatie).

pvtistes :

Quel était ton niveau de russe en arrivant, et en repartant ?

lucioledesplaines : Je suis allée au lycée pour apprendre le russe, j’en ai fait deux ans, puis je n’y ai pas retouché pendant dix ans… Quand je me suis décidée à partir, j’ai repris six mois de cours d’une heure par semaine (totalement insuffisant, si vous ne faites pas l’effort de bosser à côté), qui m’ont juste permis de me remettre un peu dans le bain de la langue, mais certainement pas de la maîtriser.
Alors, une fois jetée dans le grand bain de la campagne russe, c’était assez piteux : je ne comprenais rien à ce qu’ils me disaient car ils parlaient bien sûr trop vite, et pour aligner trois mots pour faire un semblant de phrase, il m’en a fallu du temps… Evidemment, au bout de quatre mois, cela a quand même évolué, je dirais que je commençais à vraiment très bien comprendre, et à faire des phrases un peu plus longues un peu plus naturellement (c’est-à-dire, pas en mettant trois minutes pour construire la phrase dans ma tête…)
Dernièrement, j’ai croisé un Suisse qui est parti dix mois en Russie dans le cadre d’un échange universitaire, qui parlait du coup bien plus fluidement que moi. Il m’a dit que lui aussi, il avait mon niveau après quatre mois, que pour vraiment commencer à bien parler russe, il fallait au minimum une année. Vous le savez tous, si vous avez choisi d’apprendre le russe, c’est une langue très dure et très complexe, tellement plus subtile même que le français. Alors, ne rêvez pas trop, comme je l’ai fait, qu’avec quatre mois dans une semi-immersion, vous serez bilingue. Le russe, ça se mérite !!

pvtistes :

Quels sont les conseils que tu donnerais aux PVTistes intéressés par la Russie ?

lucioledesplaines : Hum, tout récemment, je viens de discuter avec un photographe qui vit à Moscou depuis deux ans avec sa femme qui travaille à l’ambassade et leur fille. J’ai pu avoir des nouvelles fraîches de la Russie, par quelqu’un qui a une vision aussi aiguisée et profonde que la mienne sur la Russie et les Russes, mais en plus virulent parce que lui il y vit vraiment toute l’année, donc là le choc culturel il te prend vraiment aux tripes.
Ce qui se passe en ce moment en Russie ne semble pas très reluisant. Cela ne m’étonne pas, parce que ce que moi j’ai observé, il y a un an, parmi mes amis russes, laisse bien la possibilité d’un tel climat. Les Russes réunissent toutes les intolérances les plus radicales : homophobie, racisme, antisémitisme, xénophobie, non-ouverture sur l’extérieur, etc.
Avec les événements géopolitiques de cette dernière année, la propagande anti-occidentaux bat son plein, et les Russes désireux de maintenir la gloire de leur grande nation et de leur immense territoire, se laissent un peu trop couler vers leurs penchants naturels.
Dans le fond, c’est un peu ce qui se passe dans le monde entier, mais ce qu’il faut comprendre aussi avec les Russes, c’est qu’ils ne peuvent pas faire dans la demi-mesure, lorsqu’ils vont dans un aspect ou un autre des caractéristiques humaines, ils y vont à fond, l’exacerbent jusqu’à plus soif.
La personne qui m’a donné mes dernières nouvelles de Russie m’a décrit un climat tout de même bien tendu, où le fait de parler français dans la rue avec sa fille, lui vaut de plus en plus des regards non bienveillants. Et pas parce que c’est français, juste parce que c’est étranger.
Je n’ai absolument pas connu ça lors de mon périple. Par contre, je ne sais pas si je pourrais le refaire aussi détendue aujourd’hui. Donc, loin de moi l’envie de faire peur, seulement, gardez en tête les contextes géo-politiques dans lesquels vous vous embarquez, et cela, que ce soit en Russie ou ailleurs.

Pour continuer à suivre Lucile, direction son blog : LucioleDesPlaines !

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14 Commentaires

SashaG
0 2

Bonjour , je reviens vers toi car je reviens aujourd hui de l ambassade pour déposer le pvt . Mon dossier a été refuse , car mon médecin a fait une lettre expliquant que les tests de la lèpre, chancre moi et granulome étaient indisponibles car inexistants! La nana de l ambassade ne veut rien savoir , il faut faire les tests .
Je suis donc allé a l hôpital pasteur à Paris qui aurait pu s occuper de ca, mais non ! Elle me dit que ca n existe pas et que ce n est pas possible et que mon médecin doit me faire une lettre du genre  » ma patiente est négative a ces tests etc… »
Comment as tu fait toi? Est ce que ton médecin t a fait un simple diagnostic comme cela ?
Je suis alle a Paris depuis Bordeaux expres , je retenté la semaine prochaine mais c est fatiguant !! Je ne sais plus vers qui me tourner , conseille moi!

Merci beaucoup ,
Marine .

Coralie
0 2

J’ai été voir mon médecin hier, et je me retrouve avec la même question que toi !
Si quelqu’un a une réponse je suis preneuse.

Philippe
0 6

Merci pour ton témoignage ! Très intéressant au demeurant !

Emilie
19 213

Merci pour ce partage ! Ça a l’air tellement intéressant mais presque inaccessible vu la rigueur que fait paraître ce pays.
Il y a des possibilités pour avoir plus de photos de ton périple stp ?

lucioledesplaines
21 4

Salut, oui, tu peux voir plein d’autres photos sur mon blog http://lucioledesplaines.uniterre.com en allant sur mon chapitre Russie, qui est assez copieux. Il ne faut pas tant avoir peur d’y aller, plutôt être conscient que ce ne sera pas toujours évident, mais comme quand tu vas dans tout autre pays qui t’attire fortement. Bonne chance pour un prochain voyage en Russie !

Katell
5.7K 8.2K

Merci Lucile pour ce partage !

Benoit
8 30

Ayant traversé la Russie fin Juin dernier, je peux que confirmer tes propos sur pas mal de points .
Merci pour ton témoignage et ton opiniâtreté quand à l’obtention de ce fameux visa !

melamy
30 57

Merci pour avoir partagé ton expérience avec nous, très intéressant!

Julie
5K 13.6K

Merci Lucie pour ce témoignage très intéressant !!

larousse
3K 7.1K

Entrevue extrêmement intéressante, sinon la plus intéressante que j’ai lu sur le pvtistes.net. Une vision crue, mais honnête. La Russie est vraiment un monde à part. Je doute cependant de la popularité future de ce PVT. Ça reste tout de même très exotique et ça exige une capacité d’adaptation particulièrement élevée que beaucoup de gens, je pense, n’ont pas.

Quant à l’expression  »petit nègre », ça ne m’a pas choquée, bien qu’étant moi-même de descendance haïtienne.

Anonyme
0 0

Entrevue intéressante et de belles photos.

Seule bémol, l’expression « petit nègre » utilisée dans le texte me laisse froide. Je ne n’assume rien envers l’auteur, c’est peut-être une expression régulièrement utilisée en France. Cela étant dit, il me semble que la langue française est assez riche pour qu’on utilise d’autres termes.

Anonyme
0 0

Éric, ce n’est pas parce qu’une expression figure dans Wikipédia ou même dans le dictionnaire que ça en justifie l’utilisation.

Comme je l’ai mentionné dans mon commentaire original, c’est probablement acceptable pour ceux qui viennent de France et comme le site Web s’adresse majoritairement à cette clientèle ça ne dérange pas l’équipe de pvtistes.net. Par contre, je trouve ironique qu’on mentionne l’intolérance en Russie et qu’on utilise une expression avec une telle connotation.

Flo
434 832

Je ne sais pas si tu partageais le lien pour montrer ton accord ou ton désaccord avec le commentaire, mais dans le deuxième cas: « De nos jours, l’expression est utilisée pour désigner une phrase grammaticalement et syntaxiquement fautive. Elle est cependant marquée par une connotation péjorative, voire raciste. »
En tant que site ouvert à tous, ce serait bien que les articles soient dénués de language raciste ou autre, même si oui, en France on a grandi avec cette expression.

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Merci à Lucile d’avoir partagé son expérience. C’est une sacrée aventure et l’article qui en ressort est passionant à lire.

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