Seth, baroudeur en Australie

Article publié le 06-07-2012.

Seth alias fatseth

Seth alias fatseth

  • Profession Cuisinier

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Ville de provenance

Lille, la capitale du Nord. 1600 heures d'ensoleillement par an (un des taux les plus bas de France). 170 jours de pluie en moyenne par an... Et environ 450 jours de grisaille par an... (si si, cette dernière statistique est exacte).

Ayant grandit dans le Sud et habitant Lille depuis 4 ans seulement, j'avais clairement envie de quitter cette ville.

Villes de destination

Comme beaucoup, j'ai choisi d'atterrir à Sydney. C'était pour moi la ville emblématique du pays avec l'Opera House et le Harbour Bridge. Mais j'ai vite découvert un bon nombre des facettes qu'offre cette ville. Ses quartiers, son CBD, ses habitants, ses magasins, ses restaurants, ses plages/baies, ses marchés, son atmosphère... Ok, j'me calme.

Il y a aussi des petits côtés négatifs, comme le prix élevé du logement dans CBD ou le grand nombre d'autres backpackers qui sont aussi sur le marché du travail.

Mais au final, j'ai vraiment adoré cette ville et je la recommande à tout le monde!

Sur place pendant combien de temps ?

J'y suis resté 11 mois en tout. Mais je regrette. Si j'avais su j'aurais tenté de renouveler mon visa.

J'ai cumulé 2 mois ½ de travail dans le fruit-picking et fruit-packing, mais mon employeur ne m'a jamais déclaré (alors qu'il m'avait fait remplir la paperasse). Et je m'en suis rendu compte trop tard. Bref, il faut toujours se méfier...

Baroudeur ou pas ?

Oui, je pense. J'en profite pour compléter la question précédente.

Je suis resté 2 mois ½ à Sydney puis j'ai acheté une voiture. J'ai fait un rapide road-trip jusqu'à Brisbane, puis je suis redescendu dans le Victoria pour trouver du travail. J'suis donc resté 2 mois ½ à Shepparton.

Une fois que j'avais assez d'argent j'ai repris la route vers Melbourne, Adelaide, Port Augusta, Uluru et Darwin. Là, j'ai travaillé 3 mois puis je suis revenu vers Sydney.

Lors des road-trip, j'ai pris le temps de m'arrêter et de découvrir tout ce qu'il y avait au long de la route. Des cratères de météorites, des pubs mythiques, des road-houses originaux, des formations géologiques, des sources thermales, des produits du terroir, des attractions, des festivals, des mines d'or et d'opal, des traces préhistoriques, des lacs salés asséchés, des territoires aborigènes, etc... Tout ça de façon à avoir image diversifiée de l'Australie. Aussi bien connaître les grandes villes que l'outback.

Mon trajet à travers l'Australie :

http://img.over-blog.com/500x382/2/02/19/60/Nature/roadtrip.PNG

Que faisais-tu en France ?

Je venais de finir mes études en communication et graphisme. C'était le moment idéal pour bouger.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour l'Australie ?

A l'origine j'étais plus attiré par les USA mais c'est assez difficile d'y entrer et d'y travailler. Et j'ai deux amies qui étaient en Australie grâce au WHV. C'est là que j'ai découvert ce visa. Je me suis un peu plus intéressé à l'Australie et j'ai demandé mon Working Holiday Visa quelques mois plus tard. Ce qui m'intéressait c'était aussi un pays anglophone, même si j'avais déjà un bon niveau d'anglais.

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

Non pas aussi longtemps. A 16 ans, j'ai eu la chance de partir en Californie pendant 1 mois dans une famille d'accueil. Puis plus tard, plusieurs voyages scolaires de quelques semaines en Allemagne.

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines en Australie ?

Je suis arrivé en fin de matinée à Sydney, j'ai pris une navette qui m'a emmenée devant mon auberge, et une fois dans ma chambre, j'ai dormi. En fin d'après midi, j'me suis réveillé et j'ai été instinctivement voir l'Opera House et le Harbour Bridge. Je suis remonté par le Botanic garden et je me suis allongé dans l'herbe où je me suis rendormi...

Dès le lendemain, franchement, j'ai commencé à me demander ce que je foutais là. Je me rendais compte que j'étais à l'autre bout du monde avec tout à reconstruire. J'ai perdu confiance, il y avait tout à faire (appart, boulot, banque, téléphone, voiture, potes...) et je ne me sentais pas à la hauteur pour affronter ça. Je me suis demandé pourquoi j'avais quitté mes petites habitudes pour me jeter dans ce projet fou !

Au bout d'une semaine, une fois le décalage horaire passé et la plupart des tâches effectuées (il me manquait juste un job) les choses se passaient mieux que prévu et je commençais déjà à me sentir chez moi. Ce projet qui me semblait fou devenait excitant et passionnant !

Est-ce que ta situation professionnelle te parait satisfaisante, en Australie ?

Un mois après mon arrivée en Australie, j'ai rédigé un article dénonçant le business WHV (si vous cherchez « WHV, Y'a pas un SAV ? » sur Google vous trouverez) parce que je ne trouvais pas de travail à Sydney. Mais j'avoue que je n'avais pas encore assez de recul pour écrire ça. Depuis je n'ai pas vraiment changé d'avis... le WHV est bien un business, mais là où j'ai changé d'opinion (au bout de 11 mois) c'est qu'on est aussi gagnants ! Que ce soit au niveau professionnel et financier (grâce à l'argent gagné en Australie, j'ai pu visiter l'OZ et plein de pays alentours comme la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, la Thaïlande, la Malaisie) et au niveau culturel et personnel. Ça nous apprend la vie!

Quelles ont été tes plus grosses difficultés en Australie ?

Les plus grosses difficultés ont été autour de la voiture que j'ai achetée. Elle m'a joué pas mal de mauvais tours. Entre les crevaisons, réparations, le moteur qui prend feu en plein outback, un petit accident, des contrôles de police, embourbé dans le sable, pannes d'essence et pannes en tout genre, paperasse pour l'achat... bref, elle m'a permis de dormir partout discrètement mais ça a été la galère.

Il y a aussi la recherche de boulot sur Sydney qui a été peu fructueuse, mais quand on ne trouve pas il suffit de changer de ville.

J'ai eu la grippe en plein road-trip dans l'outback, j'ai appelé un médecin qui m'a donné rendez-vous 3 semaines plus tard à une petite centaines de km de là où j'étais... Alors j'ai souffert en silence en achetant des médicaments de base dans les pharmacies que je trouvais. Hihi

J'ai aussi vécu les bushfire ravageurs de 2009 dans le Victoria. Y'a des moments où on était cernés par les flammes (à quelques kilomètres seulement), on vivait dans la fumée jour et nuit, les magasins n'étaient plus approvisionnés, plus de réseau téléphonique. C'était super angoissant.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Un seul ? C'est dur, mais je dirais que c'était un petit look-out au sud de Port Augusta. Je m'y suis arrêté par hasard en fin d'après midi en projetant d'y dormir. Quelques jours plus tôt, je venais de quitter mon job à Shepparton, j'avais « plein » d'argent et je m'apprêtais à partir pour un vrai road-trip à travers l'outback. Le soleil commençait à se coucher, il m'offrait un spectacle superbe. Depuis le look-out, je surplombais Port Augusta et j'avais une vue dégagée sur l'outback qui m'ouvrait les bras. J'étais avec ma douce, on s'est fait un bon petit repas de backpacker, tout était calme, on était seuls au monde. Je me posais plein de questions, j'étais angoissé mais excité, je me mettais dans la peau des explorateur qui ont découvert l'Australie. Je m'apprêtais à vivre une autre facette du rêve Australien.

Est-ce que certaines choses françaises t'ont manquées ?

Je ne suis pas trop « famille », alors ce qui me manquait le plus était principalement la bouffe française. Un vrai croissant, les fromages, les baguettes, le jambon. Mais bon c'était compensé par toutes les découvertes culinaires qu'offrait l'Australie.

Parfois aussi ma vie « posée » française me manquait un peu.

Qu'est ce qui t'a manqué quand tu es rentré en France ?

Le soleil, la sympathie des gens, les kangourous dans les champs dès qu'on sort des villes, les bières Australiennes, les barbecues.

Le fait de découvrir de nouveaux trucs chaque jours.

La simplicité de la vie en Australie. « No worries! » Que ce soit pour acheter une voiture, trouver un appart', un job, rencontrer des gens, voyager... Mais attention, c'est facile si on se donne les moyens ! Tout ne tombe pas du ciel en Australie.

Qu’est ce que cette expérience t'apporte, du point de vue personnel ou professionnel ?

Je suis devenu pratiquement bilingue (même si j'ai toujours un sale accent français) donc le but principal est atteint.

Niveau professionnel, j'ai découvert un nouveau métier. J'ai bossé dans un resto à Darwin alors que je n'avais aucune expérience et en rentrant en France je n'ai pas cherché dans la comm' (où j'étais diplômé) mais dans la cuisine. Changement de carrière professionnelle donc.

Ça m'a apporté pas mal de confiance en moi aussi parce que j'estime que j'ai«réussi» mon expérience du WHV. La preuve ! On me demande de le raconter ici-même, hihi ! C'est la consécration ! Non mais plus sérieusement, quand on est dans un milieu inconnu et qu'on a plein de nouveaux problèmes et qu'on s'en sort, c'est gratifiant.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Sans tomber dans la parano, ne pas trop faire confiance aux gens qu'on rencontre ou côtoie (employeurs, coloc, rencontres, vendeurs, garagistes, proprios...). On est en position de faiblesse par rapport aux locaux (et même aux autres backpackers.)

Éviter au maximum les autres français. Instinctivement on cède à la facilité parce qu'on a la même culture et langue, on retrouve un peu de chez soi, mais c'est pas comme ça que vous allez apprendre l'Anglais ou quoi que ce soit.

Essayer d'être débrouillards. On lit un peu partout que c'est facile mais il faut se bouger un minimum pour s'en sortir et que ça devienne facile.

Ne pas emmener trop de fringues. Je suis arrivé comme tout le monde avec plein de fringues et je suis reparti avec 2 shorts, 1 jean, 4 T-shirts, 1 polaire, 1 hoodie, 3 caleçons, 1 paire de tongs et 1 paire de chaussures « passe-partout ». Ça suffit!

Tester un maximum de choses, selon vos goûts. Si vous êtes dans un autre pays sans profiter de ce qu'il offre, c'est dommage. Mais c'est pas une raison pour se forcer à voir/faire plein de trucs. Par exemple, j'ai pas été au zoo de Sydney parce que je préférais voir des « vrais » kangourous et koalas en liberté ou dans des réserves plus authentiques. On est pas des touristes, on est des backpackers !

Et dernier conseil: profitez! C'est une expérience unique qu'il faut vivre à fond.

Pour certains ça sera de sortir tous les soirs à Sydney et se faire plein de potes, pour d'autres ça sera faire toutes les randonnées possibles à travers le pays... Il n'y a pas de « voyage type », chacun fait son Australie.

Pour en savoir plus, retrouvez la section Australie de son blog : Australie - Flashback sur

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