Etre cuisinier pendant ses PVT : pas de difficultés d’embauche !

Article publié le 29-03-2017.

Bonjour Guillaume ! Peux-tu nous parler un peu de toi ?

Je m'appelle Guillaume, 31 ans et suis originaire d’Orange, en Provence. J'ai commencé à cuisiner à 14 ans, en apprentissage, CAP et BEP cuisine. Ensuite, j'ai travaillé en pâtisserie de restaurant et fait ma première saison.
Je me suis orienté en restauration pour une chose : pouvoir voyager et travailler dans n'importe quel endroit sans aucun problème. A mes 18 ans, tout a commencé !
La Nouvelle Calédonie pendant 1 an puis la Thaïlande pendant 6 mois, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, Singapour, Hong-Kong. Retour en Europe, pour une saison d'été en Espagne puis une saison d'hiver en Andorre.
Quelques temps en France pour peaufiner la technique et j’ai décroché un travail en maison de fonction au Tchad pendant une année. J’ai alors visité le Cameroun, les Emirats Arabes Unis, et j’ai aussi donné un coup de main pour une ouverture d'hôtel à Madagascar ! De superbes expériences !
Mais j'ai toujours été attiré par l'Australie ! C'est alors que l'aventure PVT débute...

Et ça commence par l’Australie :

Je débarque à Adélaïde avec un CV plutôt sympa, mais sans parler un mot d'anglais. Le premier jour de recherche d'emploi, j'ai démarché directement une dizaine de restaurants que j'avais ciblés à l'avance et j'ai décroché deux jobs. Un temps plein et un emploi casual pendant mes deux jours de repos ! J'attaque sur du 7 sur 7, exactement ce qu’il me fallait pour me refaire un porte-monnaie !
J'ai décidé d'aller à Adelaide car j'ai une amie qui vit là-bas et aussi car Adelaide offre un style de vie parfait, pas trop grand pas trop petit, et il y a moins de concurrence pour trouver du boulot car il y a moins de PVTistes, puis la vie est moins chère que à Melbourne, Sydney ou Brisbane, avec un salaire légèrement meilleur !!
Pour commencer, mon salaire était de 29 $ net de l’heure.

Après quelques mois, on me propose une ouverture de restaurant comme manager dans un bistrot français, c'était un nouveau restaurant qui s'appelle « L'Atelier gourmand ».
Je me retrouve donc sponsorisé et je travaille avec eux pendant deux ans. Le restaurant se trouvait dans Goodwood, à 10 Minutes du centre-ville.
Beaucoup d'articles sont sortis dans des journaux et magazines et je dois dire que je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait à ce moment-là !
Le restaurant faisait carton plein, on était plein le soir et week end ! Génial pour obtenir mon visa, qui était un sponsorship temporaire.
Chaque année, les critères sont différents, mais à cette époque, tout dépendait du test EILTS. Le test d'anglais est l’épreuve obligatoire. En fonction du score obtenu, on peut postuler pour un visa temporaire ou permanent.
Ça coûte 180 $ à chaque fois, c'est cher et demande de l'entraînement. Pour mon cas, je l'ai passé 3 fois la première année, et il fallait le repasser chaque année.
Tous les autres frais de visa sont pris en charge par l'entreprise.

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Après avoir fait mon temps à L'Atelier, j'avais envie d'autre chose ..
On me propose alors d'intégrer une brigade de cuisine dans un restaurant qui était top 10 du pays et meilleur restaurant d'Australie du Sud ! Forcément pour moi c'était le rêve ! Travailler une équipe d'élite, travailler avec du matériel de pointe et des produits d’exception ! Le top !
Au bout d'un an, je trouve une position de sous-chef dans le meilleur restaurant de cuisine européenne du pays, le George's on Waymouth. Le salaire était de 65 000 $ par an, je bossais énormément, 17 heures par jour, 5 jours par semaine... Un sacrifice difficile mais je me suis régalé et j’ai appris énormément. Ça valait le coup !

Finalement, l’anglais n’a pas été un frein à ta carrière dans la restauration en Australie ?

En cuisine, les termes techniques sont en français, dans tous les pays.
Pour être honnête, l'accent australien est hyper dur à comprendre. Je ne comprenais absolument rien à ce qu’on me disait. Le premier entretien a duré 10 minutes, je me souviens avoir compris 2 mots : pasta et risotto !!
Après avoir fait mon essai, pour réussir à suivre un minimum, je me suis traduit le menu sur lequel nous travaillions, et durant le service je regardais mon petit papier à chaque fois qu’on me demandait quelque chose... après quelques jours ça allait beaucoup mieux !
A savoir que, au final, dans une cuisine, on n’a pas besoin de parler beaucoup car il faut être concentré pour éviter les erreurs et aussi avoir un bon rendement ! Si on a un niveau d’anglais moyen ou faible, le meilleur moyen pour y arriver, c'est très simple : déjà, penser positif !!
Ensuite, ne pas avoir honte d’essayer, c'est en faisant des erreurs qu'on devient meilleur ! Et l’accent français, les gens adorent !!
Ça m'a pris beaucoup de temps !!! 1 an avant de commencer à baragouiner, et après mes 4 ans oui, I’m finally good :)

L'Australie est un pays excellent pour travailler en tant que cuisinier ou pâtissier (et voyager aussi ^^). Ils n'ont pas peur de donner une chance aux jeunes et les responsabilités s’obtiennent bien plus facilement que chez nous... Mais c'est à double tranchant : si tu ne tiens pas la route, tu sors !
Pour les pâtissiers, il faut cibler les grandes villes (Sydney, Melbourne, Brisbane) car il y a beaucoup plus d'options... ou savoir travailler les desserts à l'assiette pour démarcher dans les restaurants et là, ça se trouve de partout !

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Après 4 ans en Australie, tu as senti l’envie de refaire tes bagages pour une nouvelle aventure ?

Je suis un voyageur dans l'âme et puis bon, ça faisait plus de 4 ans passés en Australie... le travail c'est bien beau, mais je dépasse la trentaine, et mon rêve sud-américain est toujours dans ma tête ! Je regarde des options différentes de visa, dans des pays différents et mon choix s'arrête alors sur le Chili ! Les paysages sont fantastiques, et le Chili est sécuritaire. L'économie est la meilleure des pays d'Amérique du Sud.

À ce stade, je décide d'opter pour le PVT qui est très facile à avoir, je repasse en France quelques mois pour profiter de ma famille et lancer les démarches ! Je débarque à Santiago début octobre avec mon meilleur pote et nous lançons à l'aventure !
Santiago - Ushuaia, en stop ! 4 000 km, 1 mois et demi pour y arriver, en passant par des endroits aussi magiques les uns que les autres ! La culture est géniale, les gens ont le cœur sur la main, les paysages complètement ouf... Bref, j'adore !
Après ça, un petit coup d'avion pour remonter en direction de l'Uruguay, et nous nous relançons à l'aventure. On traverse le pays jusqu’au Brésil.
Nous décidons ensuite de rentrer sur Santiago, car nos billets de retour sont programmés à partir de là-bas, mon ami doit rentrer en France, et moi j'espère trouver un petit boulot pour continuer mon aventure ! En arrivant, mon niveau d'espagnol était moyen, mais j’avais des bases. Je pouvais parler facilement mais je ne savais pas utiliser le passé et le futur !
Après quelques mois, mon niveau s'est nettement amélioré !!

Et c’est reparti pour le boulot !

Pour trouver un travail, j’ai démarché les restos de plusieurs façons.
1- J'ai ciblé quelques adresses avant d'arriver. J’ai eu des retours positifs mais ça ne collait pas niveau timing ou position de travail ou salaire. Après l'Australie, il faut être prêt psychologiquement en ce qui concerne la différence de revenus !
2- Sur les sites internet chiliens (voir la section PVT Chili, il y a toutes les infos). Ça n'a pas marché non plus, en fait. Il y a du boulot mais je ne trouvais rien qui m’intéressait car toutes les offres (des dizaines !!!) étaient uniquement pour de la restauration simple.
3 - Linkedin, l'application ! J'ai trouvé plusieurs offres intéressantes. Les gens sont sérieux sur ce réseau professionnel. J'ai trouvé mon boulot comme ça !

Je travaille donc dans un hôtel 5 étoiles qui s'appelle Grand Hyatt, une compagnie américaine. En tout, nous sommes 390 employés, c'est une grosse structure. Ils ont des hôtels de partout à travers le monde. Je suis embauché comme sous-chef dans un des restaurants de l'hôtel, qui propose une cuisine Thaï de qualité.
Je dois diriger une équipe et la cuisine. Je fais équipe avec un Chef thaï, qui ne parle qu’anglais. En gros, je fais le tampon / traducteur entre lui, l'équipe Chilienne (9 cuisiniers + 5 stagiaires). Je m'occupe de toute l'administration (commandes / rénovations / changement de matériel) et j'aide aussi l’équipe à progresser techniquement. Je passe beaucoup de temps en réunion, dans les bureaux pour organiser et restructurer le restaurant.
Malgré les 5 étoiles de l'hôtel, on est loin derrière le reste du monde en terme de qualité.

Le salaire est assez bas si on compare ça avec la France. 1 000 000 pesos par mois, soit 1 400 euros brut. A savoir qu’au Chili, 80 % de la population vit en dessous du million de pesos par mois.
Sur le côté technique, le Chili a encore beaucoup à apprendre. La culture culinaire est quasi inexistante, les gens mangent mal et ne connaissent pas une bille sur la façon de s'alimenter correctement.
Du côté humain, ça m'apporte beaucoup. Il faut faire beaucoup de social avec les locaux, leur culture de famille et de religion est présente et ils ne tolèrent pas l'énervement ou stress. Très différent de la France !! Il faut toujours prendre un peu de recul et réfléchir avant de parler pour ne pas les vexer !

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Est-ce facile de trouver du travail si on n’a pas ton CV mais un peu d’expérience et de la motivation ?

Comme pour tout, quand on veut on peut, tout dépend des critères que l'on a ! J'ai vu beaucoup d'offres dans des magasins / restos ou autres ! Très souvent ils mettent une pancarte à l'entrée !
Partir à l'étranger et bosser, c'est génial sur un CV.
Le salaire moyen en restauration est de 260 000 pesos, plus les pourboires. Ça fait léger, il ne faut pas venir au Chili pour gagner sa vie, il faut venir pour l'expérience, avec l'envie de découvrir une autre culture !

Quel bilan fais-tu après quelques mois au Chili ?

Depuis que je suis au Chili tout va très bien ! Niveau coloc et social, mon quotidien m'épanouit énormément ! Le travail se passe à merveille et j'ai la chance d'être rémunéré au-delà mes espérances. Je pensais venir au Chili quelques mois, mais je crois que je vais rester beaucoup plus longtemps. La compagnie m'offre le visa si je souhaite rester, et une évolution de carrière très intéressante dans un futur proche.

Penses-tu que la french touch en terme de restauration est appréciée dans le monde entier ?

Le fait d'être français, en cuisine, c'est plus qu'un avantage... c'est tapis rouge ! Pour un métier créatif et manuel, pas de problèmes avec un niveau de langue moyen ou faible. C'est justement une opportunité pour améliorer le langage.

Le PVT est une aventure, unique, enrichissante et inoubliable ! Il faut foncer et ne pas se poser de questions.
On ne vit qu'une fois !! A priori 😉

AUTEUR : Guillaume alias GuillaumeG11

31 ans
Orange, France

Commentaires

Partagez vos avis, vos interrogations ou vos remerciements.

Encore merci Guillaume, d’avoir partagé ton aventure Aussie et chilienne avec nous et de m’avoir mis l’eau à la bouche à parler de bons petits plats :p
See you in Chile, mate 😉

Merci toi Hélène 😉
Hasta luegooooo

Super témoignage !!!!

😉

Merci pour ce récit Guillaume !
Dis-moi, j’ai échangé avec deux futurs PVTistes en Australie, l’une était pâtissière et l’autre était cuisinier et les deux se demandaient s’ils avaient le droit d’arriver en Australie avec leurs couteaux. Est-ce que tu en sais plus ?
Un grand merci à toi !

Salut 😉
Les couteaux doivent être Dans Le bagage en soute , dans une mallette fermée 😉
Pour info, Les couteaux japonais sont beaucoup moins chère En Australie, ça peut être Le moment de se faire plaisir !

Merci beaucoup pour ta réponse, c’est super !! Je transmets 😉

Salut Guillaume, hyper contente d’avoir lut ton récit, il m’a rassurée. Je suis cuisinière, j’ai mon cap et je passe mon bac pro l’année prochaine, après une saison près la mer j’aimerai partir pour l’Australie. très beau parcour et belle determination

Merxi 😉
L’Australie ça ce fait très facilement en cuisine 😉

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