On a testé être assistante communication et marketing à Séoul

Article publié le 20-08-2014.

Parmi les jobs que tu as effectués en Corée du Sud, duquel vas-tu nous parler ?

Je vais vous parler de mon expérience la plus significative en tant qu’assistante-communication & marketing en 2012-2013.

Pour quel type d’entreprise as-tu travaillé ?

Une entreprise de dispositifs Bluetooth de taille moyenne, mais qui prend de plus en plus d’ampleur. Ils ont actuellement des filières en Asie, aux Etats-Unis et en Europe. La filière coréenne comptait à l’époque 45 employés (incluant le marketing, le pôle infographie, la vente, les ingénieurs, etc …).

Tu travaillais déjà dans la communication et le marketing en France ?

A vrai dire, pas vraiment. J’ai une base en communication (au sens large) puisque j’ai suivi une formation professionnelle en infographie et que j’ai notamment été rédactrice pour divers magazines pendant plusieurs années, mais je n’ai pas suivi d’études poussées en marketing ou en communication. Parlons clairement, j’ai un niveau IV.

Comment t’y es-tu pris pour trouver ce travail ?

Sur ce coup-là, j’ai eu beaucoup de chance. En effet, j’avais déposé mon CV (ou plutôt rédigé un post en listant mes compétences) sur le forum France-Corée suite à quoi, des mois plus tard, un RH de l’entreprise en question m’avait contacté en me disant que j’étais exactement le genre de profil dont ils avaient besoin (il s’agissait d’un recrutement « en urgence », raison pour laquelle ils avaient eux-mêmes fait des recherches pour trouver un candidat rapidement). Deux jours après, je rencontrai le directeur et la responsable marketing lors d’un entretien (en anglais). Encore deux jours plus tard, je commençais à travailler à temps-partiel avec un CDD de 3 mois.
A l’issue de ces 3 mois, on m’a fait signer un contrat d’un an renouvelable en CDD à temps-plein. Mon salaire a également augmenté très significativement dès mon embauche officielle.

A-t-on exigé de toi que tu aies des compétences ou des diplômes particuliers ?

Mon expérience professionnelle et personnelle, ainsi que mes compétences en anglais les ont conquis et aucun diplôme ou niveau d’étude n’a été exigé. Le principal étant que je puisse facilement communiquer avec mes collègues en anglais et que j’aie un bon contact et une bonne expression orale et écrite en français, ainsi qu’un esprit commercial.

Une fois que tu as commencé à travailler, comment ça s’est passé ?

Comme ils avaient besoin de quelqu’un dans l’urgence, j’ai très vite été mise dans le bain ! Mais mon équipe (marketing et quelques ingénieurs) et surtout mon chef, ont tous été adorables avec moi, vraiment. Ils n’ont jamais rien « exigé » de façon directe, toutes leurs demandes étaient faites de façon très aimable, presque en prenant des pincettes et avec toujours beaucoup de reconnaissance pour chaque tâche effectuée. J’étais la seule non-Coréenne dans l’entreprise et, d’une certaine façon, je me sentais privilégiée. Et puis aussi et surtout, j’étais la seule à parler français et donc à pouvoir faire le lien avec les médias et revendeurs français. Ils n’avaient donc pas intérêt à ce que je quitte le navire en plein milieu de leur campagne !

Quelles tâches devais-tu accomplir ?

De façon globale, lancer et faire connaitre les produits sur le marché français. Je suis arrivée au tout début de la campagne et c’est donc moi qui ait été la première interlocutrice auprès des médias français et revendeurs potentiels. Tout était à faire ! Le travail incluait : recherche et contact des médias incluant magazines spécifiques, site internet, communautés, etc, listing, recherche et cold/warm calls auprès des revendeurs potentiels, traductions de l'anglais au français pour le site français, les manuels techniques, animation de la page Facebook FR, quelques travaux de graphisme pour les événements internes, idées pour les campagnes de pub en France, présence aux réunions marketing (en coréen) et test des nouveaux produits…

Quel salaire touchais-tu ?

A mi-temps (20 h / sem): 1,400,000 won.
A plein-temps (40 h / sem): 2,800,000 won (sur la base : Licence + 3 ans expérience pro).

Quelles difficultés as-tu rencontrées concernant ton travail ?

Malgré mon excellent accueil, le plus dur a été de créer de vrais liens avec mes collègues. J’avais de très bons rapports avec certains d’entre eux, mais j’ai bien senti qu’il y avait une barrière entre le travail et la vie en dehors du travail. J’ai tout de même été invitée par l’un de mes collègues qui m’avait fièrement présenté sa femme et sa petite fille lors d’un dîner chez lui et j’ai plusieurs fois été invitée au restaurant par mes collègues féminines, mais ça n’a jamais été plus loin.

En général, à la pause de midi, tout le monde allait manger et je restais seule à mon bureau… je ne parlais pas suffisamment le coréen et la plupart des employés de l’entreprise ne parlaient pas l’anglais, j’imagine que ça mettait une sorte de malaise et finalement, je suis plutôt contente d’avoir été épargnée. Et puis, l’air de rien, je ne suis pas Coréenne et ça compte dans la balance. Les Coréens ne se mélangent pas si facilement, ou en tout cas, pas en toutes circonstances. Et comme je ne suis pas non plus la personne la plus sociable du monde, je n’ai pas essayé de m’incruster plus que ça…

As-tu obtenu un visa de travail suite à ton embauche ?

Malheureusement non… Suite à la signature de mon contrat d’un an renouvelable, mon entreprise a immédiatement entrepris les démarches d’obtention d’un visa de travail de type E7, mais...
A vrai dire, n’ayant jamais embauché d’étrangers avant moi, mon entreprise n’avait, au départ, aucune connaissance de la procédure. Néanmoins ils étaient prêts à me sponsoriser et à tout faire pour me garder. Mon dossier a été refusé 2 fois par l’immigration, malgré l’appui d’un avocat. Les conditions sont claires et strictes : pour obtenir un visa de travail en Corée (type E7), il faut obligatoirement posséder un niveau Bac+3 au minimum (il y a d’autres critères selon le domaine de l’embauche, mais pour le reste je vous invite à vous renseigner sur le site HiKorea). Après la fin de mon visa vacances-travail, j’ai donc été contrainte de quitter mon emploi. A regret…

Quels autres jobs as-tu faits pendant ton PVT ?

Infographiste pour une agence de voyage, baby-sitter pour une famille franco-coréenne, dog-sitter pour une famille américaine, figurante et modèle photo pour divers films/dramas et marques coréennes, voix française pour équipement électronique (type GPS, défibrillateur…), rédactrice de profils fictifs pour des sites de rencontre, traductrice anglais>français … Au Japon, j’ai été professeur de français pour enfants et adultes dans un institut de musique privé et assistante-fleuriste chez une grande enseigne française, j’ai également été baby-sitter dans des familles japonaises et d’expat français.

Quel est ton meilleur souvenir professionnel en Corée?

Rien que le fait d’avoir eu la chance de travailler dans une entreprise coréenne et d’avoir été si bien traitée est un excellent souvenir ! Je n’avais jamais eu autant de responsabilités et de confiance envers mes supérieurs. C’est très valorisant ! J’ai aussi eu droit à ma petite fête de départ lors de laquelle un collègue m’avait même préparé un poème très émouvant.

Mon expérience en tant qu’assistante-fleuriste à Tokyo est également un très bon souvenir puisque j’avais le plaisir d’accueillir les clients à l’entrée de la boutique avec des phrases toutes faites en japonais. C’est tout bête, mais le fait de crier des « bienvenue » « revenez vite » « est-ce que je peux vous aider ? » en japonais me donnait le sentiment de véritablement « vivre » mon expérience japonaise à son maximum ! C’est un peu comme « passer de l’autre côté du miroir ».

As-tu des conseils à donner à ceux qui souhaitent trouver un travail en Corée ?

Il n’y a pas de recette miracle. Il faut chercher, fouiller, entrer en contact avec des gens sur des forums, s’inscrire sur les groupes FB, se rendre visible par le plus grand nombre de personnes en diffusant son CV et ses compétences un peu partout sur internet.
Plus vous aurez une idée concrète du job que vous visez et plus vous aurez de chance de trouver un poste intéressant. Si vous postez des choses du genre « à la recherche de tout type de job », alors qui vous contactera ? Pensez-vous qu’un employeur sera intéressé par un tel intitulé ? Bien sûr que non. Donc mettez en avant vos compétences dès le départ, soyez clair et concis : « webdesigner disponible sur Séoul », « assistante de direction bilingue polyvalente », « 5 ans d’expérience en hôtellerie ». C’est ce genre d’intitulé qui va immédiatement taper dans l’œil d’un recruteur éventuel. Utilisez par exemple Linkedin pour votre CV en anglais et votre réseau international.

Ah, et j’oubliais, avant de partir pour la Corée ou le Japon, imprimez des cartes de visite ! En Asie, quand on se rencontre pour la première fois dans un cadre professionnel (ou même amical), le réflexe c’est d’échanger sa carte de visite. Pensez-y 😉

Bon courage à tous !

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Vraiment cool comme interview, comme d’hab. Particulièrement les jobs que tu as pu faire. Mais celui qui ma tué c’est : « rédactrice de profils fictifs pour des sites de rencontre ». Y a vraiment des gens qui font ça ? C’est pas un mythe ?! MDR !

Ou alors voix Française pour un GPS, ça doit être fun ^^

De plus, pouvoir faire de la traduction ou donner des cours de Français sans avoir un diplôme officiel est une chose assez rare. On doit pas le voir dans beaucoup de pays.

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Merci beaucoup pour cet article, c’est super ! Tu vois, dans mon esprit, le PVT Corée était difficile professionnellement, notamment parce qu’on ne peut pas enseigner les langues (à part pour du tutorat) et je me demandais ce que les gens pouvaient trouver comme travail mais alors là, tu nous prouves qu’on peut faire assez varié. J’aime beaucoup tes expériences effectivement, elles sont marrantes :)

Au plaisir de te relire sur le site si tu te sens inspirée !!

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