Récit de PVTiste : être housekeeper en Nouvelle-Zélande

Article publié le 24-06-2016.

Emerald Lake Tongariro Crossing

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Bastien, j'ai 26 ans et je viens du pays des pruneaux et de Francis Cabrel, Agen. Dans les faits, on dira plus que je suis d’un peu de partout car mon père est militaire et j'ai déménagé tous les 3 ans jusqu'à mes 19 ans. Avant de me lancer dans l'aventure Nouvelle-Zélande, je vivais à Paris où j'ai terminé mon Master après 5 ans d'études en Communication, Journalisme et Médias entre Bordeaux, Montpellier et la capitale.
La Nouvelle-Zélande n’a pas été ma première expérience à l'étranger, le Canada m'avait tendu les bras en 2010 pour un stage de 6 mois.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour la Nouvelle-Zélande ?

La Nouvelle-Zélande m'a toujours fait rêver par ses paysages, sa culture maorie et par sa situation géographique aux antipodes de la France. Ce dernier point a été décisif dans ma décision de partir.
Je venais de terminer mes cinq années d'études, Paris me sortait par les trous de nez et je n'avais pas envie de rentrer dans la vie active tout de suite. La Nouvelle-Zélande s'est donc présentée à moi comme une alternative idéale à une fuite sur laquelle je ne mettais aucun nom (du moins au début).
Juste avant de me rendre au pays du long nuage blanc, j'ai rejoint mes parents en Nouvelle-Calédonie (actuelle mutation de mon père) pour bosser et me constituer un matelas financier de sécurité pour mon WHV. Avant de m'envoler pour Wellington, le 13 avril 2015, j'ai donc bossé 5 mois dans une agence de communication sur Nouméa.
Le choix de Wellington, 3e ville du pays et capitale de la Nouvelle-Zélande, s'est fait naturellement. Premièrement, je quittais Paris et je ne voulais pas retrouver les inconvénients d'une grande ville comme Auckland et deuxièmement, pour son offre culturelle, sa position presque à cheval entre les deux îles et la possibilité de tout faire à pied. Enfin, quelques recherches en amont avaient fini de me convaincre que c'était the place to be (ouverture d'esprit, multiculturalisme, culture du café et mélange d’Europe et de nouveau monde).

Quels boulots as-tu été amené à faire pendant ton PVT ?

En arrivant au pays des Kiwis, je n'avais aucune idée de quel type de travail je voulais faire. Je savais déjà que chercher du travail dans mon domaine ne serait pas aisé de par mon statut de PVTiste et de par ma maitrise de l'anglais qui est loin d'être mauvaise mais pas bonne au point de prétendre à un poste dans le marketing ou la communication.

Au final, j'ai eu la chance que le travail s'offre à moi avant même de le chercher. En arrivant à Wellington, j'avais réservé ma première semaine dans une chaine d'auberges assez célèbre en Nouvelle-Zélande et même en Australie, YHA. En tant que résident, j'ai pu rencontrer quelques membres du staff et tisser quelques relations assez rapidement. Après quelques jours, une place de housekeeper/cleaner (gouvernant, agent de ménage) s'est libérée et mes nouveaux copains ont tout fait pour que je récupère ce poste. Après un essai concluant et 2 semaines sur le sol néo-zélandais, je décrochais mon premier job. Certes ce n'était pas le job de mes rêves mais l'ambiance était sympa, le travail plus relax que dans un vrai hôtel, la paye raisonnable et surtout le luxe de pouvoir bénéficier de ma propre chambre double dans l'auberge moyennant 100 $ par semaine. Autant dire que j'avais trouvé le bon plan.

Au YHA Wellington je travaillais sous contrat (et non en "free accomodation"). Je commençais généralement à 9 h 30 pour finir vers 15 h 30 (parfois plus, parfois moins, le tout dépendant bien évidemment du taux d'occupation de l'auberge et de la saison). Mes missions le matin étaient de nettoyer les chambres (dortoirs, twins, chambres doubles, etc.) tandis que l'après-midi, mes tâches étaient axées sur le nettoyage des cuisines, des salles de bains et des parties communes.
Qui dit ménage, dit trouvailles ! Le boulot de housekeeper apporte son lot de situations ubuesques, souvenirs mémorables et de petits trésors en tout genre trouvés chaque jour dans les chambres. En premier, les pièces de monnaie, en second la nourriture et enfin les vêtements. La capote collée au mur de la chambre est un classique, le pipi au lit une routine et enfin le vomi dans les toilettes, un rendez-vous évident du dimanche.

Au mois de novembre 2015, j’ai fait une coupure d’un mois dans mon travail pour me rendre à Stewart Island, troisième île de Nouvelle-Zélande, 400 habitants, pour faire du WWOOFing dans une auberge en tant qu’housekeeper une fois encore. Ce fut une formidable expérience, coupé du monde, dans le troisième point habitable le plus au sud du monde. J’ai même sauvé une baleine sur cette île…

Lake Tekapo depuis le YHA

Justement, en parlant de voyages, as-tu pu bouger pendant ou après ton PVT ?

J’ai eu la chance d’avoir un manager au YHA Wellington très arrangeant et adorable qui ne me refusait presque jamais un jour de congé supplémentaire pour partir en long week-end de trois jours ou parfois même une semaine de vacances. De petites escapades pendant mes 8 mois de travail qui me permettaient de souffler un peu et de visiter petit à petit quelques endroits de Nouvelle-Zélande.
Avant la fin de mon contrat, j’avais déjà pu visiter Rotorua, Taupo, Christchurch, Kaikoura et Picton lors de petites coupures et une plus longue qui quant à elle, au cœur de l’hiver, m’avait permis de découvrir Queenstown, Wanaka, Mt Cook et Tekapo.

Roy's Peak Wanaka

Seal Otago Peninsula

J’ai quitté mon poste début janvier pour enfin entamer mon road trip de 4 mois au travers des deux îles. Du Nord au Sud en repassant par le Nord puis le Sud, j’ai eu le temps et la chance de voir presque toute la Nouvelle-Zélande et surtout de faire tout ce que je voulais faire et ça c’est le fun.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Il y a une multitude de conseils que l’on pourrait donner à un futur PVTiste mais tout dépend surtout de là où il souhaite se rendre. Cependant je vais m’attarder sur deux conseils qui, pour moi, sont essentiels et qui valent pour n’importe quelle destination.

Le premier est d’essayer de se stabiliser le plus vite possible et ce, même si on arrive les poches remplies de pièces d’or. Je conseillerais de prendre ses marques deux semaines à un endroit, de se familiariser avec la culture, la langue et le mode de vie et ensuite de chercher un travail et un logement. Dans la logique, il vaut mieux trouver le travail avant le logement. On arrive tous avec une somme d’argent en PVT et il ne vaut mieux pas trop dépenser bêtement, même si les dépenses s'accumulent vite au départ. Il faut surtout continuer à gagner de l'argent et profiter sans se priver une fois l’étape travail terminée. Quel bonheur de pouvoir profiter sans compter une fois le moment du road trip venu. Se sédentariser rapidement permet aussi de connaitre les bons plans, de se faire une idée, au gré des rencontres, des endroits à voir et a éviter plutôt que d’aller dans tous les sens dès le début et le regretter ensuite une fois que l’argent est sorti des caisses.

Mon second conseil est de ne pas arriver avec trop d’illusions quant au travail. Si vous n’êtes pas dans l’hôtellerie-restauration, il sera plus difficile de trouver du boulot dans votre branche même si certains y arrivent et tant mieux. En Nouvelle-Zélande nous pouvons travailler 12 mois pour le même employeur alors qu’en Australie, c'est seulement 6 mois. Si vous n’avez pas un anglais en béton, il faut avoir une sacrée bonne étoile pour trouver un employeur qui vous laisse une chance de bosser dans le marketing, les finances ou encore la gestion pour une si courte période. Après, il y aura peut-être un sponsorship ou un work visa à la clé mais ça c’est une autre histoire.
Mais selon moi, le WHV, c’est avant tout changer d’air alors pourquoi ne pas essayer plein de petits boulots différents sans se prendre la tête ? Pour moi ça a été le déclic, je ne ferai pas du housekeeping toute ma vie c’est certain, mais cette expérience a su mettre un mot sur les raisons de mon départ, cette fuite sans nom. Je ne veux pas/plus faire de la communication mais plutôt travailler dans le tourisme à présent.

Stewart Island Aurores Australes

Petit Lac sur le parcours de l'Alpine Tongariro Crossing

Tu es maintenant en WHV en Australie depuis plusieurs semaines, comment se passe la transition et comment envisages-tu ce WHV ?

La transition Nouvelle-Zélande – Australie a été un peu violente car je ne suis pas rentré en France entre les deux. Cela fait maintenant 1 mois et demi que je suis sur le pays continent et c’est toujours un peu compliqué.
J’ai tendance à tout comparer entre les deux pays, l’ambiance de Wellington me manque et il n’est pas facile pour moi de me retrouver à nouveau plongé dans le tourbillon d’une grande ville. Melbourne compte 4 000 000 d’habitants soit la population de la Nouvelle-Zélande. J’envisage ce WHV de la même manière que le néo-zélandais, travailler d’abord, voyager ensuite. Le point positif, c’est que je ne suis pas si dépaysé car j’ai rapidement trouvé un travail, au YHA de Melbourne, en tant qu’housekeeper.
Toc Toc Toc Housekeeping et c’est reparti pour un tour !

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Commentaires

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Hélène
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Merci encore Bastien pour cette interview !
Je suis tellement contente de t’avoir rencontré en OZ et d’avoir eu l’occasion de partager plein de bons moments avec toi <3 See ya in Canada, mate ! 😀

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