Récit de PVTiste : être guide touristique en vélo-taxi au Québec

Article publié le 20-06-2017.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Salut ! Je m'appelle Suzanne, je viens originellement de Rouen, en Normandie, où j'ai longtemps vécu et fais mes études, jusqu'à ce que l'envie de voyager m'emporte vers d'autres horizons ! Je suis partie en PVT au Canada à partir de mai 2016, il me reste donc encore toute une année sur le territoire.

Quels métiers as-tu exercés pendant ton PVT et de quel métier vas-tu nous parler aujourd'hui ?

Cela faisait déjà quelque années que je voyageais avant que j'obtienne mon PVT, tout en revenant en France à chaque fois pour faire des jobs saisonniers et mettre de l'argent de côté... pour pouvoir repartir ! C'est pourquoi le PVT était vraiment pour moi la possibilité incroyable de pouvoir enfin voyager ET travailler dans le même pays. Bien que j'ai fais des études en audiovisuel, j'ai décidé de mettre cela de côté pour me lancer à l'aventure. En arrivant au Québec, j'avais très envie de me réorienter dans le tourisme et le plein-air, domaine qui s'accorde bien mieux à ma passion pour le voyage. J'ai ainsi eu l'opportunité de devenir guide touristique en vélo-taxi, l'été dernier dans le charmant petit village de l'Anse-Saint-Jean, dans la région du Saguenay et je vais vous parler de cette expérience. En parallèle je travaillais également dans un restaurant. Et cet hiver j'ai également eu la chance de travailler comme Guide-Musher.

Interview guide touristique en velo-taxi au Quebec Anse St Jean

Interview guide touristique en velo-taxi au Quebec

Comment s'est passée ta recherche d'emploi ?

En arrivant en Mai au Canada, j'avais mis assez d'argent de côté pour profiter de mon été et je ne cherchais donc pas à travailler. Mais en région, l'été, au Québec, les opportunités de travail dans le domaine du tourisme sont incroyablement grandes. Je n'ai pas eu à chercher longtemps pour travailler, tout c'est fait très rapidement, en moins d'une semaine. J'ai fais réviser mon CV français par une amie d'amie Québécoise qui était RH, pour être sûre que la forme de mon CV était adaptée au Québec (j'y ai notamment ajouté des références d'anciens employeurs français). Puis j'ai postulé à quatre offres d'emplois si mes souvenirs sont bons, qui ont tous donné suite, et après entretien, étaient tous prêts à m'engager ! J'ai donc eu le dilemme de choisir celui qui me plaisait le plus. C'est assez dingue quand on pense aux difficultés qu'on a en France pour trouver un emploi. Ici, si tu montres ta volonté de t'investir dans ton travail et d'apprendre de nouvelles compétences, les employeurs sont prêts à te laisser ta chance.

Dans le cas du poste de guide touristique en vélo-taxi, j'ai postulé à l'annonce qui était sur le site internet de la municipalité, puis on m'a convoqué pour un entretien...et lorsque je suis arrivée, mon employeur m'a parlé du travail, et m'a engagée, sans aucune question. Il n'y avait pas réellement d'entretien, car il n'y avait tout simplement pas assez de personnes pour combler les positions ! Je n'ai jamais aussi facilement obtenu un travail de ma vie ! Après ça, j'ai simplement eu une journée de formation pour apprendre à conduire le vélo, connaître le circuit patrimonial dans le village et les informations historiques et géographiques sur la région.

Parle-nous plus en détail de ton expérience en tant que guide touristique en vélo-taxi

Je travaillais à temps partiel et mes horaires étaient les mêmes tous les jours, de 11h à 15h. Seules mes journées de travail variaient en fonction de mes disponibilités et celles de mes collègues. Aussi, s'il pleuvait certaines journées où j'étais censée travailler, mon employeur m'avait simplement dit : « Dans ce cas pas la peine de me contacter, mais ne va pas travailler ». Bref, c'était vraiment relax et on était pas mal libre de faire ce que l'on voulait. J'étais payée au salaire minimum (10,75 $), mais j'avais très régulièrement des pourboires à chacune de mes courses (souvent 5-10 $ par course). De plus, vivre dans un petit village comme l'Anse-Saint-Jean est vraiment bien moins coûteux que Montréal !

Concernant le travail en lui-même, j'ai vraiment apprécié. Etant situé dans un petit village, j'ai très rapidement trouvé mes repères et travailler en extérieurs tous les jours, à faire du vélo sur les bords du Fjord-du-Saguenay était une superbe expérience. Je me croyais plus en vacances que réellement au travail tant le paysage est magnifique ! Et puis, il faut dire aussi que le job consiste à discuter et donner des informations touristiques à des gens en vacances. Niveau physique, c'est certain que cela m'a remis en forme, mais j'avais heureusement un petit moteur pour m'aider dans les côtes. Le seul grand inconvénient, c'est qu'il n'y avait pas de limite de poids pour monter dans le vélo-taxi, et parfois c'était un peu dur pour moi !

Interview guide touristique en velo-taxi au Quebec Anse St Jean 1

À quoi ressemble une journée type ?

J'arrivais le matin vers 10h50 au local à vélo, dont j'avais une clé. J'allais me poster quelques kilomètres plus loin sur le quai de l'Anse-Saint-Jean où les bateaux qui font le tour du Fjord arrivent. J'attendais que les gens sortent du bateau pour leur proposer mes services : je pouvais soit offrir un circuit touristique commenté d'une heure ou simplement faire une course en taxi. C'était aussi à moi d'encaisser le prix des courses que je donnais. Ma journée se terminait vers 15 h, sauf si j'étais partie pour un tour de vélo, je le finissais avant d'aller rentrer mon vélo dans le local. Certaines journées je travaillais seule, et d'autres, j'étais avec un collègue qui était sur le deuxième vélo-taxi que nous avions.

Interview guide touristique en velo-taxi au Quebec 1

Interview guide touristique en velo-taxi au Quebec 2

Quels sont tes projets aujourd'hui ?

Rester au Canada est clairement une option que j'ai en tête car la possibilité de travail dans le tourisme, même sans aucun diplôme dans mon cas, est incroyable comparé à la France. Sachant que je n'ai fais que du travail saisonnier je n'ai pas la possibilité de faire les démarches auprès d'un employeur, mais j'envisage de demander une RP classique à l'automne prochain.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes en matière d'emploi, de façon générale ?

Je sais que les conditions pour trouver un emploi ne sont pas les mêmes partout au Québec et encore moins dans tout le Canada, mais si j'ai un conseil à donner aux PVTistes qui aiment la nature et qui veulent vivre de belles expériences : partez en région ! Les gens y sont tellement accueillants et prêt à vous aider dans votre recherche d'emploi. Aussi, faites-vous confiance, si vous êtes prêt à montrer votre détermination, on vous embauchera sans soucis.

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Suzanne nous a précisé que son poste était toujours à pourvoir (peut-être plus pour longtemps, n'attendez pas trop). Pour postuler, c'est par ici !

Et pour suivre Suzanne pendant ses voyages, direction Facebook : Get a life, they say.

AUTEUR : Suzanne_M

25 ans
Tofino, BC, Canada

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