Récit : être directeur artistique en Nouvelle-Zélande

Date de publication : 22-06-2016

Auteur

Cyril

Cyril est parti en Nouvelle-Zélande en 2015 avec sa copine Morgane. Sur PVTistes.net, nous avons plusieurs fois relayé leurs aventures néo-zélandaises que Cyril avait décidé de raconter en BD. Aujourd’hui, il témoigne de son expérience professionnelle en Nouvelle-Zélande où il a eu la chance de travailler dans son domaine pendant son PVT.
Pour retrouver ses précédentes créations :

Parmi les jobs que tu as effectués, duquel vas-tu nous parler ?

Directeur Artistique en agence de communication, à Auckland en Nouvelle-Zélande.

Tu travaillais déjà dans ce domaine dans ton pays d’origine ?

Oui.

Est-ce qu’avant de partir, tu souhaitais impérativement travailler dans ton domaine ? 

Avant de partir, j’avais travaillé 5 ans en agence de publicité. Je ne suis pas spécialement carriériste, mais je sais que cela aurait été bénéfique d’avoir une expérience dans mon domaine à l’étranger. À 30 ans, ça aurait pu faire tache sur mon CV si j’avais pris une année entière OFF… aussi riche puisse être l’expérience personnellement. J’avais donc effectivement pour objectif de travailler dans mon domaine en arrivant.

Comment as-tu trouvé tes missions ?

Quelques semaines après l’arrivée, il fallait commencer la recherche d’un emploi.

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Sur les conseils d’une amie freelance et en PVT comme moi, j’ai démarché les agences de pub via une agence de recrutement. J’en ai contacté plusieurs par e-mail (je leur fournissais un lien vers mon site internet pro + un lien vers mon LinkedIn), une seule m’a répondu. Après l’avoir rencontrée, nous avons signé un contrat de confidentialité et ils furent charger de démarcher les agences de pub pour moi.

Pourquoi passer par ce genre de cabinets ?

Parce qu’ils connaissent le marché, qu’ils ont des contacts, et que des dires du directeur, les responsables en agence de publicité sont assez frileux quant à l’embauche des d’étrangers. Ils pensent tout de suite qu’ils vont devoir sponsoriser les candidats, ne savent peut être pas que le PVT existe. En bref, ils peuvent voir les complications et du coup, on part avec moins de chances. L’agence de recrutement est donc un gage de sérieux et de « facilité ». On est en règle, ça rassure les employeurs. Ils n’ont pas non plus besoin de nous expliquer qu’on a besoin d’un numéro IRD pour bosser, ou que sais-je.

Je pense personnellement qu’on peut démarcher les entreprises tout seul, mais qu’il faut être malin, et avoir un bon book (si comme moi on prétend à un job de créatif). Je pense que c’est plus difficile mais si on a le talent, ça ne sera pas impossible. L’avantage dans ce cas, c’est que du coup, personne ne prendra de commission sur notre cachet 🙂

A-t-on exigé que tu aies des compétences ou des diplômes particuliers ?

Ils ne demandaient pas de diplôme : quand on est créatif, seules les idées comptent. J’aurais tendance à dire par contre qu’en étant junior junior (sortie d’étude ou quasi), on n’a pas beaucoup de chances de trouver un emploi dans ce domaine…

Quelles sont, selon toi, les différences notables entre ton métier en France et en Nouvelle-Zélande ?

Les Néo-zélandais sont sportifs, couche-tôt, du coup le rythme est différent de Paris. Ils se lèvent tôt pour aller au sport, je n’ai jamais fait ça avant. En France, j’arrivais plus tard le matin mais je partais plus tard le soir. À Auckland, j’arrivais plus tôt et je partais plus tôt ! Et je buvais moins l’apéro en terrasse en mangeant du saucisson le soir 😉 Il y a quand même des sportifs en France qui ont le même rythme de vie, mais en Nouvelle-Zélande, c’est TOUT LE MONDE. À midi, la moitié de l’agence allait faire un footing.

L’autre différence notable, c’est qu’à Auckland, je bossais sur des marques d’alcool. On avait donc de l’alcool gratuitement et c’était assez flippant de voir que les gens avaient un verre en réunion à 15 h en toute détente et proposaient des idées où l’on montre des gens qui s’amusent en buvant. En France, la loi Evin est très stricte et on ne peut pas montrer de gens avec un verre d’alcool.

Combien étais-tu payé ?

J’étais payé 70 NZ$ de l’heure. Mais ne vous emballez pas, c’est le tarif freelance, ce qui veut dire que d’un jour à l’autre, on pouvait me dire de ne pas venir.

En quoi consistait ton travail ?

En France, je bossais en agence de publicité classique, mon job consistait à créer des campagnes principalement sur les médias de masse (affichage, presse et TV). En Nouvelle-Zélande, je bossais dans des agences plus axées sur le digital et le social media.
L’agence proposait des stratégies social media à leurs clients, et une fois validées, j’étais en charge de trouver des idées de posts Facebook, Instagram, Twitter etc, puis de les produire (photo / photomontage / film…). Hélas, on avait très peu de budget à chaque fois, contrairement aux productions françaises où on avait au moins un réalisateur !

Est-ce que cette expérience à l’étranger a été un plus pour toi une fois revenu en France ?

D’un point de vie personnel oui, d’un point de vue professionnel, je me suis ouvert, je suis devenu bilingue, j’ai amélioré mes compétences en photo et en dessin, donc sur ces points : oui.
Mais on demande aux créatifs d’avoir travaillé et sorti des projets publicitaires intéressants, et j’aurais eu plus de chances de le faire en France, car on a plus d’agences de qualité. La France est très bien vue sur la scène créative internationale, à raison.

As-tu pu gravir des échelons, voire envisager de rester en Nouvelle-Zélande grâce à cet emploi ?

Je suis resté freelance, j’ai gagné pas mal d’argent mais je n’ai jamais vraiment intégré d’agence. On m’a proposé un job quand j’ai terminé mon road trip, à une semaine du départ. Mais ça n’était pas vraiment ce que je recherchais.

Que dirais-tu aux personnes qui travaillent dans ton domaine et qui souhaitent partir en Nouvelle-Zélande ?

Ne partez pas sans un niveau d’anglais correct. Je suis parti avec un bon niveau, et malgré cela, mes premiers jours ont été difficiles.
Sachez aussi que c’est difficile de se faire un réseau et que ça prend du temps. Ne pensez pas pouvoir trouver un job en un mois, sauf si vous êtes vraiment bon, reconnu, tout ça.  Dans ce cas là : Psartek, j’suis content pour toi.
En bref, n’idéalisez pas, la recherche d’emploi sera dure, mais si vous avez fait quelques projets en France que vous pouvez montrer et dont vous êtes fiers, n’hésitez pas et foncez, il y a des opportunités à saisir. Et de toutes les façons, partir sera très enrichissant.

Quel(s) autre(s) job(s) as-tu faits pendant ton PVT ?

J’ai fait surtout du WWOOFing. Dans l’un d’eux, j’étais arrivé pour aider à la construction d’un lotissement dans un hôtel, et je me suis retrouvé à leur faire leur communication. Pour l’autre, j’ai bossé dans une ferme.

Quels sont tes projets professionnels (ou autres !) aujourd’hui ?

Je suis de retour à Paris depuis 2 semaines, je redécouvre les terrasses, la charcuterie, et le fromage (bonheurs multiples). Je me remets à démarcher les agences pour trouver un emploi dans le même domaine.
Pendant les heures libres que me laissent la charcuterie et mes recherches, je dessine mes souvenirs de cette année en Nouvelle-Zélande… avec l’espoir peut-être de publier les planches à la fin. Ou de publier une autre BD ou un roman graphique un jour. ?
Likez ma page Facebook et vous saurez si j’y suis arrivé !

Note de PVTistes.net : vous pouvez également retrouver toutes les aventures de Rils sur son site Internet,

Évaluation de l'article

5/5 (1)

4 Commentaires

manonmsy
0 2

Bonjour à vous deux,
Merci Cyril pour cet article intéressant, je sais que ça fait longtemps (l’article est daté de 2016), je pars en Nouvelle Zélande dans le courant de l’année et je voulais continuer en free là bas (je suis graphiste), comment avez-vous fait pour être en freelance là bas ? Y-a-t-il un statut particulier (auto entrepreneur comme en France) ou juste être en PVT suffit, Aurélie je vois que tu as trouvé un boulot en freelance, était-ce compliqué à trouver ? Merci beaucoup !

aurélie
0 2

Super sympa tes planches !! Comment est perçu ton expérience en agence NZ par les agences françaises ? Je demande ça parce que je suis également freelance en agence sur Auckland pendant mon PVT et ça m’intéresserait d’avoir un aperçu de ce qui m’attend au retour 🙂 Cheers

Cyril
3 8

Je suis rentré il y a quelques semaines et n’ai donc pas encore démarché (le temps de revoir les proches et surtout de remettre le book a jour).
J’ose espérer que ce ne sera pas mal perçu -d’autant que j’ai essayé de donner un aspect créatif à mon voyage- mais je t’en dirais plus (et de bonnes nouvelles jespere) bientôt 🙂
Tu es dans quelle agence ? Tu essaies d’y rester?

aurélie
0 2

Je bosse en tant que Ux & Digital designer pour l’agence Touchcast, une agence digital sur Ponsonby, ça va faire 2mois et demi que je bosse pour eux en freelance. Je ne sais pas trop si je vais y rester, j’aime bien ce côté freelance et la possibilité de bosser dans plusieurs agences donc pas encore trop de plan mais je m’y plais bien même si c’est pas tous les jours facile. J’ai fait une simulation et je devrais avoir assez de point pour un work visa du coup rester en free ici me tente pas mal 🙂 Tu es passé par quel agent de créatif pour bosser ici ?

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