Récit de PVTiste : travailler comme maçon en Nouvelle-Zélande

Article publié le 23-05-2016.

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande - Queen Charlotte sounds, Picton

Salut ! Peux-tu nous parler un peu de toi ?

Je m'appelle Mathieu, j'ai 24 ans. Je viens d'un petit village au pied des Pyrénées nommé Aramits, non loin de la ville de Pau.
Je suis arrivé en Nouvelle-Zélande début septembre 2015. J'avais envie de changer d'air, de découvrir une nouvelle culture, un nouveau pays. Mon choix s'était alors porté sur la Nouvelle-Zélande,pays des dieux de l'ovalie et merveille de la nature.
Je suis parti seul, ne connaissant peu ou pas grand chose du pays ! Ayant un niveau d'anglais proche du néant, je dois dire que j'appréhendais un peu ma nouvelle aventure ! A mon arrivée à Auckland, j'ai rencontré, sur un groupe Facebook de Français en Nouvelle-Zélande, 2 Français, Erwan et Benoit, avec qui j'ai voyagé pendant 1 mois et demi.

Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande - Castler rock, Coromandel

Ensuite mon désir d'apprendre la langue de Shakespeare m'a conduit à me séparer d'eux. J'ai d'abord commencé par faire du WWOOFing, super expérience chez des gens qui m'ont permis de faire des progrès considérables en anglais.
Avant de partir en Nouvelle-Zélande, j'avais travaillé en tant que maçon pendant 2 années dans une entreprise située proche de chez moi et fait 3 ans chez les compagnons du tour de France en tant que maçon. Cela m'avait permis de travailler sur des chantiers différents (neufs, rénovations, monuments historiques, génie civil) et donc d'acquérir des connaissances diverses.

Comment s’est passée ta recherche d’emploi ?

C'est en arrivant à Queenstown que j'ai décidé de chercher du travail. Une agence d'intérim m'a trouvé du travail immédiatement mais hélas, pas dans mon domaine, la maçonnerie/le gros-œuvre. Prêt à tout pour subvenir à mes besoins, j'ai relevé le défi, j'ai travaillé dans des domaines divers et variés, bien éloignés de mon métier, de ma passion. J'ai donc travaillé en tant que paysagiste/jardinier un bon moment, kitchenhand/dishwasher et comme trolley boy à l'aéroport ! Pas les métiers les plus intéressants je vous l'accorde mais le genre d'expériences qui vous conforte dans vos choix professionnels.

Maintenant, je comprends mieux le dicton suivant "Faites un métier qui vous plait et vous n'aurez pas à travailler une seconde de votre vie". Ce n'étaient pas des boulots qui nécessitaient beaucoup de compétences. Il suffisait juste de montrer du sérieux, de la motivation, de la bonne humeur et un certain intérêt pour les tâches à effectuer pour rendre les Kiwis fiers de vous. Montrons une bonne image de la France, de notre pays, même si nous sommes à l'autre bout du monde !

Queenstown étant une petite ville, très agréable à vivre certes, j'exprimais le besoin de continuer mon voyage et de me poser dans une autre ville.
Bon nombre de personnes avec qui nous avions échangé nos expériences dans le monde du travail m'avaient conseillé d'aller à Christchurch, ville ayant subi un terrible tremblement de terre en 2011.

J'ai donc décidé de m'y rendre et j'ai commencé par faire le tour de la ville pour voir quels étaient les types de chantiers en construction. Et là, déception !
En effet, d'innombrables chantiers étaient en cours de réalisation mais cela ne correspondait pas à mes compétences (constructions métalliques pour les immeuble, ossatures bois pour les maisons).

Les agences d'intérim sur Christchurch sont nombreuses : Can staff, Trade staff, awf, hays, cover staff, Extrastaff.

Je me suis rendu dans quatre d’entre elles, histoire de m'ouvrir un maximum de portes. Leur mode de fonctionnement est différent d'une agence à l'autre.
Dans certaines, je n'ai eu qu'à remplir quelques formulaires, dans d'autres j'ai eu des entretiens plus poussés, pendant lesquels je devais expliquer quels étaient mes compétences, mes diplômes, le genre de chantiers sur lesquels j'avais travaillé, etc.

Je pense que leur but premier est de tester un minimum notre anglais. Ensuite il m'a souvent été demandé d'apporter des détails à mon CV, d'expliquer sur quels genre de chantiers j'avais travaillé, quels étaient mes postes dans chaque entreprise.

On m'a souvent demandé si j'avais mes propres outils, une voiture et les équipements de protection. Pour ceux qui n'ont rien de tout ça, ne vous m'inquiétez pas ! II y a possibilité que l'agence vous loue/vende ces équipements et vous trouve des chantiers à proximité de votre logement ou vous mette en relation avec d'autres temp workers afin de faire du covoiturage !

Le lendemain, je commençais un travail dans les travaux publics, qui n'était toujours pas mon domaine, mais on s'en approchait !!! Ça m'a réellement mis du baume au cœur.
Le chantier arrivant à sa fin, mon contrat s'est terminé. Dans le même temps, j'ai rencontré un Français qui travaillait dans une entreprise spécialisée dans la pierre et la brique. J'ai contacté son patron qui m'a donné rendez-vous pour un entretien le jour d’après.

Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande

J'ai commencé le lundi suivant et y travaille encore au moment où je vous parle. Mon salaire est de 18$/h. Je travaille avec des Français et des Irlandais. Ça se passe très bien pour le moment. Le patron nous accorde pas mal d'autonomie, tout en étant vigilant à ce que nous respections les consignes de sécurité (port du casque et gilet obligatoires). Le boulot est plaisant, les techniques de bâtisses et les outils sont différents mais après quelques jours d'adaptation, plus aucun problème. Les journées paraissent courtes, bref, c'est le pied !

Selon ton expérience, quelles sont les différences entre le travail de maçon en France et en Nouvelle-Zélande ?

En France, mon salaire était d'environ 1 600 euros par mois. Ici mon salaire est moindre car mon patron jugeait que je n'avais pas suffisamment d'expérience pour gagner plus.
Ici, les entreprises sont beaucoup plus spécifiques, plus ciblées que les entreprises françaises où l'on peut être amené à réaliser les coffrages, couler le béton, bâtir les parpaings/briques, enduire, etc. Donc forcément en voyant mon CV, il a vu que j'avais fait de la pierre et de la brique mais il n'a pas vu beaucoup d'expérience. Cela dit, je suis persuadé qu'il y a possibilité de faire évoluer mon salaire !

En France, nous bâtissons la pierre avec un mortier pas forcément très dosé en ciment et avec une granulométrie correcte, sans trop de fine (ensemble des particules de sable ayant un diamètre très faible) !

Ici, ils utilisent un mortier prêt à l'emploi, très fin et bien dosé et ajoutent à cela du plastifiant pour le rendre encore plus souple !

Le type de maçonnerie est différent. Ici, nous taillons les pierres à l'aide de la massette et de la chasse afin de les rendre carrées/rectangulaires et de former une sorte d'appareillage alors que chez nous, nous posons la pierre comme elle vient avec peu ou pas de modifications.

Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande - mur de pierres sèches à Christchurch

Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande - Pavage

Les joints des pierres ne sont pas les mêmes que chez nous, non plus. On étale, on laisse tirer un moment, on trace et on coupe. Cela donne un ensemble très linéaire.
Nous n'utilisons pas de taloche, ni de langues de chat mais la truelle en guise de taloche et des spatules/fer à joint à la place de la langue de chat.

Quels conseils peux-tu donner aux PVTistes recherchant un travail dans ce domaine en Nouvelle-Zélande ?

Le vocabulaire est bien entendu différent et ça peut être utile de maîtriser quelques mots, avant un entretien et une fois sur le chantier. En voilà quelques exemples :

  • Massette/marteau : hammer
  • Masse : switch hammer
  • Ciseau, chasse pierre : chisel
  • Truelle : trowel
  • Fer à joint : pointing bar
  • Faire les joints : to point
  • Cordeau : line/string
  • Pierre : stone
  • Briques : bricks
  • Perceuse : drill
  • Disqueuse : grinder
  • mortier : mortar
  • Ciment : cement
  • Béton : concrete

Mais si vous êtes comme moi, que vous arrivez avec un faible niveau d'anglais, n'ayez crainte, vous trouverez du travail, il y en a pour tous. Pour vous "faire la main", je vous conseille de commencer en tant que « labourer » (manœuvre d'ici). Cela vous permettra d'apprendre le vocabulaire du métier.

Si certains d'entre vous souhaitent travailler dans ce domaine, je peux vous donner les coordonnées de mon patron, il cherche du monde car il a obtenu de gros chantiers !

Mathieu - Macon en Nouvelle-Zelande - Ben Lomond summit, Queenstown

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Commentaires

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Julie
14.3K 4.8K

Merci pour ce récit très précis Mathieu, ça va énormément renseigné les maçons intéressés par un projet en Nouvelle-Zélande !!

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Hélène
13.9K 7.6K

Merci Mathieu !!! 😀

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You rock !

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Salut ! Super article !
Ou peut on trouver tes coordonnées ?

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Bonjour,

Mon père et mon ami ont étés très intéressés par votre article et souhaitant depuis longtemps visiter la Nouvelle-Zélande, ils souhaiteraient savoir si vous pouviez donner vos coordonnées pour pouvoir vous contacter directement.
De plus, étant actuellement entrepreneur dans le domaine de la construction traditionnelle, et hautement qualifié avec un CFC suisse, ils souhaiteraient donc, comme dis précédemment avoir des informations pour pouvoir travailler dans ce pays qui les fait rêver.
Donc si vous pouviez le contacter via mon facebook ou adresse mail:
[email protected] en vous remerciant à l’avance et merci de nous avoir fait partager votre expérience qui donne envie.

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Super article ! Pour ma part je viens de débuter mon pvt en Nouvelle Zélande et j’aimerais avoir quelques conseils de ta part voir quelques contacts ! Étant maçon de métier j’aimerais exercer mon métier ici

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