Récit de PVTiste : travailler dans le montage / la post prod à Vancouver

Article publié le 04-05-2018.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Anna, j’ai 27 ans, je suis originaire du Pays Basque mais je me suis installée à Paris pendant 5 ans avant mon départ. J’ai fait un BTS audiovisuel Montage et Postproduction, puis une Licence et un Master Cinéma à Paris, et j’ai fini par un échange d’un an et demi aux Etats-Unis.

J’ai commencé à bosser en 2013, majoritairement en tant qu’assistante monteuse, en statut d’intermittente, avec des missions plus ou moins longues. J’ai surtout travaillé pour des boîtes de productions qui faisaient des reportages pour des émissions comme Thalassa, des Racines et des Ailes, ou encore de l’actualité, de l’Histoire…. dans des formats plus ou moins longs.

Mon dernier job avant de partir était dans l’animation, dans le studio qui fait « Moi Moche et Méchant », et ces bébêtes jaunes que vous avez peut-être aperçues ça et là (ah ah !!).
Je suis arrivée à Vancouver en septembre 2016 après m’être baladée et avoir fait du Workaway en Alberta et en Colombie-Britannique centrale.

Comment s’est passée ta recherche de travail à Vancouver ?

Quand je suis arrivée, j’ai travaillé sur des tournages, et là ça se faisait majoritairement en répondant à des annonces sur Facebook ou au travers de gens qui transmettaient mon contact.

Quand j’ai réellement cherché en Post Prod/Montage, au mois de janvier, je me suis concentrée sur des entreprises d’effets spéciaux.

Comme il s’agit en général de grosses structures, je postulais directement sur leurs sites internet, soit en répondant à des annonces, soit en candidature spontanée.

C’est comme ça que j’ai trouvé mon boulot en tant que monteuse effets spéciaux, j’ai candidaté à point nommé, car l’entreprise cherchait à créer un nouveau poste.

Ça a été assez rapide, deux grosses semaines une fois que je me suis vraiment mise aux candidatures (les procrastinateurs comprendront ^^).

Parle-nous un peu de ton travail et des différences que tu constates entre la France et le Canada dans ton domaine professionnel.

Je bosse dans ce milieu depuis 2013. Le marché est assez différent qu’en France, mais c’est aussi que je le connais moins bien.

Je me suis tournée vers les effets spéciaux parce que je savais qu’il y avait d’assez nombreuses entreprises dans ce domaine dans la région, et parce qu’aussi elles sont plus faciles à trouver.

Le paysage audiovisuel est assez différent, j’ai eu assez de mal à trouver le même genre de structure qu’en France.

Finalement peu de petites ou moyennes entreprises produisant du contenu pour la télévision « en continu ». Les plus petites structures s’orientent ici beaucoup vers l’Internet et l’institutionnel.

Une idée de pourquoi ?

Je ne suis pas bien sûre, mais j’imagine que c’est parce que le financement est différent (en France il y a des aides pour la création de programmes, au travers du CNC notamment) et que c’est aussi un paysage audiovisuel très différent, ici c’est beaucoup divisé par provinces aussi.

En plus, j’avoue qu’en l’absence du statut d’intermittent, je n’ai pas trop suivi ce chemin car il aurait fallu se pencher sur le statut de freelance, ou auto-entreprenariat, et que ça ne me tentait pas trop (en plus de l’aspect #flemme de faire ce genre de démarche ^^).

C’est pourtant super easy d’être freelance au Canada 😉

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Du coup, je me suis retrouvée dans un studio d’effets spéciaux, Zoic, travaillant surtout sur des séries, majoritairement tournées dans la région, comme Arrow, the 100...

L’avantage est que j’avais un contrat pour quelques mois, des horaires assez raisonnables et plutôt fixes… Dans une structure agréable en plus, avec une cuisine en libre accès, dans un quartier sympa (à Gastown)…

En quoi consistait ton travail exactement ?

Mon rôle au quotidien était de faire le lien technique entre les clients et les artistes au travail dans l’entreprise : le client fait le montage du projet, choisissant les meilleures prises, le rythme de narration, les plans, la musique, etc… mais les séquences qui contiennent des effets spéciaux sont « brutes » de leur côté, on y voit le fameux fond vert, le mec en costume ridicule, etc…

Mon boulot est donc de récupérer et isoler les séquences qui doivent être retravaillées, et les mettre au bon format pour les différents départements qui travailleront ensuite dessus. Et comme les clients continuent à travailler sur le montage de leur côté, peaufinant, enlevant une séquence pour en rajouter un autre, changeant la durée, ou l’ordre… Je dois m’assurer que nous sommes à jour et que tout le monde travaille sur la version la plus récente, pour éviter au maximum le travail sur quelque chose qui, au final, ne sera pas utilisé.

Dans l’autre sens, je m’occupe de préparer les séquences avec le travail en cours pour que les clients puissent suivre l’évolution et valider le travail effectué.

Quand tout ça a été approuvé, je prépare les séquences au format le plus HD possible, pour que le client le réintègre dans son montage et finalise l’épisode avant la diffusion.

Je suis finalement au début et à la fin de la chaîne, ce qui implique au quotidien des heures très creuses (tant que tout le monde progresse sur son travail) puis tout à coup plus intenses (quand tout le monde a terminé et qu’il faut renvoyer ça.)

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C’est pour ça que j’avais des horaires un peu décalées, 11 h - 19 h 30, pour faire en sorte que les artistes aient un peu « d’avance » sur moi. Ça implique également parfois des heures supps’ et des week-ends travaillés, surtout à l’approche d’une deadline.

Au niveau du salaire, ça donnait quoi ?

J’étais satisfaite de mon salaire, un peu supérieur à ce que je gagnais en France, mais avec le bonus des heures supp' payées, ce qui en période de rush peut faire une petite somme rondelette. Par contre, moins de jours de congés (en France c’était aussi un peu différent puisque j’étais intermittente).

Au vu du niveau de vie à Vancouver, ça suffisait amplement pour vivre confortablement, en coloc, mais je n’ai pas non plus fait trop de folies ^^

Et pour ce qui est des relations avec les collègues, les boss ?

Les relations avec les collègues étaient assez détendues, les gens sympathiques. Après, le métier fait que tu passes beaucoup de temps devant ton ordinateur, donc c’est parfois un peu plus compliqué pour tisser des liens. Le rapport aux chefs est un peu différent. Déjà par l’absence du vouvoiement et puis de façon générale, ils sont moins à cheval sur la hiérarchie.

Ça fait quoi de travailler sur des séries/films regardés dans le monde entier ?

C’est sympa, particulièrement quand ce sont des séries que je ne regarde pas, parce que quand on les suit normalement, le désavantage c’est qu’on se fait spoiler, et qu’on voit les images dans le désordre, ou sans contexte, ce qui peut être un peu frustrant !

Des conseils pour celles et ceux qui voudraient travailler dans le domaine en Colombie-Britannique ?

Au niveau des phases de recrutement, essayer d’avoir des références d’emplois précédents, le mieux étant de pouvoir donner une adresse e-mail où les gens pourront être directement contactés pour répondre à des questions à votre sujet.

Sinon, essayer d’anticiper et de faire des économies, il n’y a pas trop de garanties ici, même si tout se passe bien, ça peut s’arrêter du jour au lendemain, les employés sont moins protégés qu’en France, un contrat peut être interrompu avec une ou deux semaines de préavis.

Et maintenant, où en es-tu de ton PVT ?

Je me suis dirigée vers l’Est à l’automne pour finir mon PVT à Montréal. Comme je m’y plais et que ça se passe bien avec l’entreprise qui m’a engagée, je suis en train de faire les démarches pour un permis de travail fermé avec eux, jusqu’en juin prochain pour l’instant, et je me lancerai peut être dans la résidence permanente à la fin de l’année.

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Photo d'Anna par Valentin Astier

Super ! Ça nous fera une nouvelle occasion de t’interviewer ! Dernière question : si tu repars, ton escapade canadienne ne sera pas un frein pour te retrouver quelque chose en France ?

Je ne pense pas, mais si je devais repartir dans le système intermittent ça serait un peu compliqué parce que mes contacts auront beaucoup bougé après deux ans, et le réseau c’est fort important à Paris !

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Commentaires

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Hélène
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Encore merci Anna ! On a fini par y arriver :p
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Emeline
209 133

Coucou, ton interview est très intéressante ! Merci beaucoup pour ce témoignage :)

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