Au départ, rien n’était vraiment prévu. On était partis en PVT en Colombie avec mon copain, encore débutants en surf, un peu maladroits, un peu hésitants, mais déjà complètement attirés par l’océan.
Pendant quelques mois, vague après vague, quelque chose s’est débloqué. On a trouvé notre rythme, notre équilibre, et sans vraiment s’en rendre compte, on est devenus intermédiaires.
Et là, on a simplement eu l’envie de continuer et découvrir le surf ailleurs.
C’est comme ça qu’on s’est retrouvés à descendre la côte, direction l’Équateur, puis le nord du Pérou. Ce voyage a été bien plus que du surf. C’était une immersion dans des villages de pêcheurs au bout du monde, une vie simple, proche de la mer, et des rencontres qui nous ont donné l’impression d’être exactement là où il faut.
L’Équateur : l’eau chaude, la douceur, et la liberté
En Équateur, l’eau était chaude, toujours entre 24 et 27 degrés, le genre de température où tu oublies le temps dans l’eau. Le pays est petit (la moitié de la taille de la France), les distances entre les spots de surf sont courtes et s’enchaînent sans effort. On vivait au rythme des sessions, du soleil, et des fruits de mer.
J’ai surfé à Olón, Ayampe et Mompiche, trois spots différents mais complémentaires.
Mompiche : mon coup de coeur en Équateur

Mompiche… c’est difficile à expliquer. Certains endroits ne s’expliquent pas, ils se vivent. Dès qu’on est arrivés, j’ai su que ce lieu allait compter. La jungle qui plonge dans l’océan, les longues vagues, cette atmosphère simple, vraie, presque hors du temps.
On devait rester quelques jours. On est restés presque un mois…
Ça a clairement été le coup de cœur de mon voyage, l’un des rares endroits qui me donneraient envie de m’expatrier et d’y revenir quelques mois chaque année. Les locaux sont adorables, on s’est très vite intégrés à leur bande. La nourriture est incroyable, très axée sur les crevettes et les fruits de mer. Les paysages mêlent jungle et Pacifique, avec en bonus un surf exceptionnel. On a passé un mois ici à profiter des vagues et à énormément progresser.
En réalité, il existe deux zones de surf :
- Un point break sur reef (roche), où la fameuse gauche peut dérouler très longtemps lorsque la houle est au rendez-vous.
- Un beach break sableux, plus accessible, avec des vagues plus douces.
Le point break peut être technique, surtout quand les vagues grossissent, mais il est vraiment fun. C’est le type de vagues parfaites pour surfer longtemps, travailler son flow, ses courbes, et vraiment se faire plaisir. Le beach break, lui, permet de surfer même lorsque les conditions sont plus petites. L’avantage, c’est que le point break fonctionne à marée basse et le beach break à marée haute. Parfait pour enchaîner deux belles sessions par jour et progresser rapidement. Il permet à tous les niveaux de s’amuser dans l’eau.
Fréquentation : il y a peu de monde à l’eau et les locaux sont très chaleureux. Ils n’hésitent pas à donner des conseils et à indiquer les bons placements.
L’ambiance : Mompiche est simple, détendue et résolument tournée vers le surf. On y croise des pêcheurs, des surfeurs, et le temps semble ralentir.
Locations de planches : on en trouve facilement dans le village (funboards, shortboards, longboards et planches en mousse) de très bonne qualité. Il y a même l’école de Figu qui crée ses propres planches en résine.
Autres choses à faire à Mompiche :
- Partir pêcher crevettes et langoustes avec les locaux.
- Explorer la jungle à la recherche de singes, grenouilles colorées, serpents, etc.
- Nager la nuit, les soirs de pleine lune, au milieu du plancton bioluminescent.
- Entre juillet et octobre, partir observer les baleines (on peut parfois les apercevoir depuis le village).
- Profiter des petits restaurants de poisson frais, des glaces coco, de l’encebollado (soupe locale de poisson) et bien d’autres spécialités.
- Admirer des couchers de soleil incroyables.
Mompiche est un endroit hors du temps, profondément connecté à l’océan.
Ayampe : sauvage, puissant, et un peu intimidant

Après la douceur de Mompiche, Ayampe nous a montré une autre facette du surf.
Ayampe… un endroit plus brut, plus sauvage. Le village est minuscule, entouré de nature, et l’ambiance est lente, paisible, presque isolée du monde. Mais derrière cette tranquillité, la vague impose le respect. Puissante, rapide, exigeante. C’est l’un des spots avec le plus haut niveau en Équateur, beaucoup de bons surfeurs viennent ici.
Quand on y est allés, les conditions étaient trop grosses pour notre niveau à ce moment-là. On a essayé, encore et encore, mais le plaisir n’était pas vraiment là. La seule option était souvent la mousse, et après avoir déjà bien progressé, on ressentait une petite frustration de rester dans la mousse. Parfois, le surf te rappelle humblement que chaque vague a son moment et que c’est l’océan qui décide, pas toi.
Le village, lui, est paisible. Entouré de jungle, rythmé par la nature et l’océan.
Personnellement, je n’ai pas vraiment accroché. J’ai ressenti une ambiance un peu différente, un petit village de surfeurs expatriés (surtout Argentins et Chiliens) construit autour du surf, moins l’âme d’un village de pêcheurs authentique comme ailleurs. Entre les conditions puissantes et ce ressenti, on n’est pas restés très longtemps.
Fréquentation : spot connu, il peut y avoir du monde à l’eau lorsque les conditions sont bonnes.
Locations de planches : possibles, mais moins nombreuses que dans d’autres spots car le village est très petit.
Autres choses à faire à Ayampe :
- Randonnée jusqu’aux cascades cachées dans la jungle
- Observation des oiseaux et de la nature
- Yoga face à l’océan
- Cafés tranquilles et ambiance slow life
- Observer les baleines en saison
Ayampe reste un endroit sauvage, idéal pour les surfeurs expérimentés en quête de puissance et de nature.
Olón : douceur, progression et simplicité

Après Ayampe, Olón nous a offert quelque chose de plus simple, plus fluide.
Une longue plage ouverte, beaucoup d’espace, et des vagues beach break sur banc de sable régulières qui déroulent doucement. Ici, tout invite à progresser sans pression.
Dès les premières sessions, on a senti que c’était l’endroit parfait pour continuer à évoluer. Les vagues sont longues, accessibles, idéales pour travailler la rame, le take-off, les trajectoires, et commencer à jouer avec la vague. Rien de brutal comme a Ayampe.
On a passé deux semaines ici. Au programme : surf, manger, marcher sur la plage au coucher du soleil, recommencer. Pas besoin de plus.
L’ambiance est détendue, tranquille. Peu de pression dans l’eau, rarement trop de monde car le spot est très large, et une atmosphère douce. L’eau est chaude et toujours pas besoin de combinaison.
Fréquentation : souvent calme, ambiance relax dans l’eau.
Locations de planches : très faciles à trouver directement sur la plage, avec écoles de surf et nombreuses options (longboards, funboards, shortboards, planches en mousse).
Autres choses à faire à Olón :
- Marcher le long de la plage au coucher du soleil
- Monter au mirador pour admirer la côte
- Yoga et massages dans le village
- Profiter des petits restaurants locaux
- Se baigner dans la rivière proche du village
Olón, c’est la simplicité du surf, la douceur du quotidien, et le plaisir de progresser naturellement.
Le nord du Pérou : le désert, les longues gauches, et quelque chose de plus brut
En quittant l’Équateur, l’ambiance a changé. Plus sèche, plus rude, presque mystique. L’eau est devenue froide, on a dû mettre des combinaisons, et les paysages se sont transformés en désert face à l’océan. Mais les vagues… longues, puissantes, parfaites.
Lobitos : le désert, les longues gauches, et apprendre autrement

Lobitos marque une transition.
Le vert disparaît, remplacé par le désert, le vent et d’anciennes structures pétrolières qui donnent à l’endroit une atmosphère particulière. C’est l’un des spots les plus connus du Pérou.
Les vagues sont longues, rapides, puissantes. Des gauches qui déroulent longtemps face au désert.
Ici, on a appris autre chose. Jusque-là, on surfait surtout dans des line-ups tranquilles. À Lobitos, il y avait plus de monde, plus d’intensité, plus de règles implicites. Il fallait observer, se placer, respecter, attendre. Une autre dimension du surf.
On est restés plus de deux semaines, rythmées par le vent, les sessions, et les couchers de soleil les plus beaux du voyage. Un soir, pendant une session, on a vu des baleines sauter au loin pendant que le soleil disparaissait dans l’océan. C’était fou.
Fréquentation : beaucoup de monde sur le point break du village le plus connu, nous il y avait toujours une trentaine de personnes Après il y a plein d’autres spots autour, moins fréquentés mais accessibles seulement en voiture.
Locations de planches : très faciles à trouver dans le village sur la plage (shortboards, funboards, quelques longboards).
Autres choses à faire à Lobitos :
- Marcher dans le désert face à l’océan
- Yoga et ambiance surf relax
- Partir pêcher avec les locaux et observer les lions de mer
- Regarder des couchers de soleil incroyables
Puémape : exigeant, intense, et profondément marquant

Puis est venu Puémape. Un endroit plus secret, plus brut.
Ici, rien n’est facile. La vague impose, le courant tire, et chaque session se mérite. C’est probablement le spot le plus exigeant que j’ai surfé. Une longue gauche sur reef, avec un courant puissant qui demande de ramer fort et longtemps. Les premières sessions ont été chaotiques, épuisantes, pleines de doutes.
Puis un jour, tout s’aligne. Tu rames, tu prends la vague, et elle déroule longtemps. Et là, tout l’effort prend son sens.
Le line-up est vide. On a souvent été seul à l’eau et au maximum on était 5. Juste l’océan, le vent, et le temps qui ralentit. On est restés presque trois semaines ici, profondément marqués par cet endroit.
Les couchers de soleil pendant les sessions étaient irréels. Et entre deux sessions de surf, la vie était simple : voir les pêcheurs le matin, aller faire de la pêche à pied, lire et retourner surfer. Le village quant à lui n’a pas grand intérêt, c’est un village fantôme, il n’y a personne.
Il y a aussi eu les imprévus. Un jour, en sortant de l’eau, je me suis fait piquer par une raie. Direction l’hôpital, points de suture, deux semaines sans marcher. Sur le moment c’était dur, mais avec le recul, ça fait juste partie du voyage. Une petite leçon de plus laissée par l’océan. Et depuis, je traîne toujours les pieds en entrant dans l’eau. Heureusement, grâce à mon assurance ACS, j’ai été remboursée de tous mes frais. Aujourd’hui, ça ne reste plus qu’un souvenir.
Fréquentation : quasi nulle et c’est ce qui en fait le joyau de la côte. Grand maximum 4-5 personnes à l’eau.
Locations de planches : plus difficile ici. Kayosha, un surfeur local, peut héberger, louer des planches, donner des cours, et propose même du volontariat.
Autres choses à faire à Puémape :
- Observer les pêcheurs le matin et acheter du poisson frais (j’ai acheté de la langouste tout juste sortie de l’eau à 3€…)
- Pêcher à pied à marée basse (bulots, bigorneaux et le mococho une algue locale)
Puémape est un endroit brut, intense, et profondément connecté à l’océan.
Ce que ce voyage m’a laissé
Ce voyage, c’était vivre au rythme de l’océan. Se lever avec le soleil, checker les vagues, partager des sessions, voyager léger, rencontrer, et sentir le temps ralentir.
Entre l’eau chaude de l’Équateur, les beach breaks sableux, la longue gauche de Mompiche, puis le désert du Pérou et ses vagues interminables, ce voyage m’a laissé une sensation simple : liberté.
Aujourd’hui, ça fait deux mois qu’on est dans les montagnes entre la Bolivie et le Pérou… et le surf nous manque beaucoup. Alors on a pris un billet pour un mois de surf au Salvador.
Parce qu’une fois que le surf t’attrape, il ne te lâche plus.
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