Clémence, 18 mois d’aventure à Kawagoe

Clémence alias Endareyn

Clémence alias Endareyn

  • Current location Luxembourg
  • Destination -
  • Profession Systèmes d'information
  • Dernier diplôme obtenu -

Ville de provenance

Paris, France.

Ville de destination

Kawagoe, dans la préfecture de Saitama, à environ 40mn de Tokyo.

Sur place pendant combien de temps

On est là pour 18 mois, c’est la durée du contrat VIE de mon conjoint.

Baroudeur ou pas ?

Si j’aime beaucoup voyager, j’aime aussi que tout soit bien organisé !
Actuellement, on loge dans un appartement qui est loué via l’entreprise de mon mari, et on essaie de voyager au maximum pour profiter de notre séjour.

Que faisais-tu en France ?

Avant j’étais ingénieur, je travaillais dans une banque, dans un service qui s’occupait de gestion de projets informatiques.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Japon ?

Il y a eu un bon concours de circonstances on va dire. Depuis longtemps, j’avais envie de tenter l’aventure à l’étranger, même si pendant plusieurs années mon objectif était plutôt New-York. Et puis j’ai rencontré mon mari, qui rentrait de 6 mois de stage au Japon. J’avais aussi pour projet d’y voyager depuis longtemps, et il m’a fait découvrir ce pays qu’il avait beaucoup aimé. Ce fut un coup de cœur, et j’ai mis du temps à me réhabituer à la vie parisienne après ce voyage… Puis l’opportunité est venue : notre mission dans la banque touchait à sa fin en décembre 2011, on pensait alors simplement quitter Paris pour la province… Mais en voyant plusieurs personnes autour de nous se lancer dans l’aventure PVT dans différents pays, on s’est dit « et pourquoi pas le Japon ? ». Au départ on pensait tous les deux au PVT, mais quand l’offre de VIE est tombée pour mon conjoint, on n’allait pas dire non !.

Pourquoi Tokyo ?

En fait, la ville a été définie par le poste en VIE. Lui travaille encore plus au Nord de la préfecture de Saitama, mais on a choisi de vivre à Kawagoe qui est à mi-chemin par rapport à Tokyo. C’est une ville très pratique, vivante et à la fois loin de l’agitation Tokyoïte, ce qui nous correspond bien.
J’étais tout de même contente d’aller près de Tokyo, car ne parlant pas japonais en arrivant (je lisais juste les hiragana/katakana), je pensais que ce serait plus simple pour moi de trouver un petit boulot. Ou en tout cas qu’il y aurait plus d’élèves potentiels pour des cours de français ou d’anglais, vu la concentration de population !
Aussi, j’aime beaucoup cette ville, ses lumières, même la foule ne m’y dérange pas tant que ça car je la trouve plus « ordonnée » que la foule parisienne. C’est une ville impressionnante, et j’ai beaucoup de chance de pouvoir m’y rendre facilement. Mais je suis aussi contente de ne pas y habiter, j’aime bien retrouver un peu de calme en rentrant le soir. Au final, nous avons plus été séduits par des villes comme Kyoto ou Matsumoto, moins grandioses mais très agréables.

Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ou que tu partais aussi longtemps ?

J’ai déjà beaucoup voyagé dans divers coins du monde, mais c’est la première fois que je m’installais quelque part pour y vivre. Et surtout aussi loin ! Si on m’avait dit il y a deux ans que je vivrai au Japon, je n’y aurais pas cru. Mais une chose est sûre, je ne regrette absolument pas !!

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines au Japon ?

J’étais pas mal perdue. Mon conjoint a commencé à travailler le lendemain de notre arrivée, et nous étions dans un logement temporaire pas loin de son entreprise, dans une petite ville à plus d’une heure de Tokyo. La journée c’était vraiment très tranquille, et comme l’aller-retour sur Tokyo coûtait plus de 20€, on y allait que le week-end. Du coup je tournais un peu dans la ville, entre les quelques boutiques et les combinis, mais je stressais toujours que quelqu’un vienne me parler… même si ça part d’une bonne intention, personne ne parlait anglais, et je ne comprenais rien du tout, à l’époque. J’étais aussi très consciente des regards, étant blonde aux yeux bleus, je suis repérée direct comme étrangère (encore plus dans une petite ville), et ça me mettait un peu mal à l’aise.
Par contre le week-end on allait se balader à Tokyo et là je réalisais vraiment que j’étais revenue au Japon, et j’en étais ravie !! En plus, nous sommes arrivés en pleine période de Hanami, donc c’était magique.

Est-ce que ta situation professionnelle te parait satisfaisante, au Japon ?

Je ne fais que des petits boulots de prof particulier pour avoir un petit revenu supplémentaire, et aussi pour m’occuper. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, j’ai des élèves très différents les uns des autres, j’enseigne à la fois le français et l’anglais, les méthodes varient selon les besoins des élèves… C’est vraiment très enrichissant, car non seulement ça me permet de voir autre chose que l’informatique et le travail en entreprise (pas vraiment mon truc, pour être honnête), et je rencontre des gens très intéressants qui m’apprennent beaucoup en retour, sur leur vie, leur culture… Donc oui, sur cet aspect je suis très satisfaite ! J’ai beaucoup de trajet car mes élèves sont dispersés, et pas mal de travail personnel pour préparer les cours, mais j’aime ce que je fais, ce qui est une première pour moi !
Par contre, ça ne serait absolument pas suffisant pour vivre si j’étais seule. Mais il faut savoir que je ne vois que des élèves pendant la semaine et pendant les heures de travail de mon mari, donc beaucoup moins d’élèves sont disponibles. De plus, j’habite loin de Tokyo. Alors que si j’avais fait le PVT seule, je serais certainement sur Tokyo, et ça ne me dérangerait pas de travailler le soir et le week-end, donc le nombre d’élèves potentiels serait certainement plus important.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés au Japon ?

Les plus grosses difficultés ont été concentrées au début de notre séjour. Il a d’abord fallu aller louer un appartement via une agence. L’entreprise de mon conjoint s’occupe des frais et du contrat, mais c’est nous qui devons trouver l’appartement. Heureusement d’ailleurs que nous avions l’entreprise avec nous, car sinon louer un appartement est très cher (frais d’agence, cadeau au propriétaire, caution…) et aussi très difficile pour des étrangers. Et bien sûr, personne ne parle anglais !
Le pire a été la livraison des meubles… On avait tout acheté chez Ikea une semaine avant d’avoir l’appartement, et avions demandé une livraison en soirée le jour de la remise des clés. Un premier appel, en japonais, la livraison aura du retard. A 22h30, sans nouvelles, on les rappelle, et là les japonais font une « réponse négative typique » à base de « haaa ce soir, c’est difficile de venir quand même, ce n’est pas sur… demain je ne sais pas… ». Bref, on était bons pour 1h30 de train pour rejoindre l’autre logement et dormir dans un lit. Le lendemain, impossible d’avoir quelqu’un qui parle anglais au téléphone pour se plaindre, on a juste réussi à confirmer une nouvelle livraison… qui cette fois est arrivée, heureusement !
C’est le genre de mésaventure qui montre que c’est vraiment difficile d’arriver ici sans parler un minimum japonais. J’aurais été seule à ce moment, je n’aurais jamais pu gérer cette situation. Je n’ai rencontré que très peu de japonais sachant parler plus de quelques mots d’anglais, c’est donc quelque chose dont il faut être conscient quand on vient s’y installer, surtout hors de Tokyo. Bientôt je vais devoir aller à l’immigration demander le visa dependent, et même si j’ai progressé en japonais je sens que ça va être fun !

Quel est ton meilleur souvenir ?

Pfiou… tellement de choses !! Des choses toutes simples, comme un serveur dans un restaurant qui va venir discuter avec nous parce qu’il est fan qu’on parle un peu japonais, une mamie japonaise qui va se plier en quatre pour nous aider à trouver l’endroit qu’on cherche, une élève qui m’offre son livre pour enfants japonais préféré, la petite fille d’une élève qui vient me chanter des chants du Nouvel An pendant que sa mère essaie d’apprendre le français… le Japon est un pays avec un grand potentiel de petits moments simples qui font très chaud au cœur !
Il y a aussi les paysages grandioses qu’on a vus à Hokkaido, les cerisiers en fleurs (surtout hors de Tokyo, où on peut vraiment en profiter sans la foule), les festivals avec tout plein de petits stands de nourriture, les feux d’artifice l’été, les balades sous les feuilles d’automne, apercevoir le Mont Fuji depuis le train qui va à Tokyo les matins d’hiver… Bientôt j’espère ajouter le Festival de la Neige et Okinawa à cette liste... et bien d’autres choses !!

Est-ce que certaines choses françaises te manquent ?

On est en hiver alors mon avis est certainement biaisé, mais je rêve d’un vrai chauffage !! Ou d’un appartement isolé !! Bref, ça me manque d’avoir chaud chez moi…
Sinon c’est surtout culinaire… le fromage et la charcuterie me manquent, mais heureusement on en reçoit beaucoup par colis. De même pour les bonnes tablettes de chocolat. Les fruits aussi me manquent beaucoup, c’est vraiment très cher au Japon donc quand il y a une pomme en dessert, c’est la fête !
Et puis forcément, il y a la famille et les amis, mais du coup on les fait venir découvrir le Japon, à la place !

Qu'est ce qui te manquera quand tu rentreras en France ?

Tellement de choses… J’essaie de ne pas y penser d’ailleurs ! Je sais que je ne pourrai pas rester au Japon indéfiniment pour diverses raisons, mais ce pays me manquera énormément. J’y ai gagné une énorme tranquillité d’esprit par rapport à ma vie d’avant où j’étais constamment stressée.
Les transports en commun sont super propres, modernes, ponctuels, sécurisés… La manière qu’ont les Japonais de faire la queue en attendant le train puis de laisser descendre les gens avant de monter est quelque chose de fascinant par rapport à ce que je vivais à Paris. En tant que fille, je peux rentrer seule en jupe par le dernier train, et rester sereine même dans les rues mal éclairées de mon quartier. Il y a aussi cette capacité que les Japonais ont à laisser leurs sacs, téléphones et ordinateurs sans surveillance dans les cafés, impressionnant !
Le service à la Japonaise me manquera certainement aussi, cette manière de tout faire pour que le client soit satisfait, et la gentillesse des vendeurs dans les magasins ! La Poste est géniale aussi, si un colis arrive en notre absence, on se connecte sur le site de la Poste et on peut choisir notre créneau de livraison, magique !
Ensuite je pense que beaucoup de petites choses me manqueront… comme les « Irrashaimasse » dans tous les sens en entrant dans un magasin ou un restaurant. Les couleurs dans les magasins et les musiques entêtantes (restez quelques heures au Yodobashi Camera par exemple !), les lumières des villes le soir, les festivals… Et surtout le karaoke !!

Qu’est ce que cette expérience t'apporte, du point de vue personnel ou professionnel ?

Personnellement, je suis plus calme, détendue, et ça se ressent par ma manière de réagir aux divers évènements de la vie. On va dire que j’ai gagné en bonne humeur et en optimisme, et c’est une bonne chose.
Je trouve que c’est aussi enrichissant de se confronter à un environnement aussi différent du nôtre. Même si le Japon n’est pas si différent de la France, il y a plein de petites choses qui font qu’on peut se retrouver vite perdu, surtout quand on ne parle pas la langue. Du coup, ça oblige à se débrouiller pour réussir à s’adapter, et ça sera sans doute bénéfique si je me retrouve plus tard dans des situations inconnues.
J’aime aussi simplement observer les gens, leur mode de vie, et le comparer à ce que je connais. On peut alors se dire que tel ou tel aspect de la vie japonaise serait intéressant à reproduire en rentrant en Europe, alors qu’au contraire ils feraient mieux de nous emprunter certaines choses. C’est aussi intéressant de voir nos actualités françaises à travers les yeux de mes élèves, les points de vue sont parfois tellement éloignés que ça donne une autre perspective !
Professionnellement, je ne sais pas vraiment… En tout cas ça m’apporte une pause et ça me montre que je sais faire autre chose que ce que mes études m’ont formatée à faire. C’est assez rafraîchissant, et j’espère que ça me permettra d’élargir mes recherches quand je reviendrai en Europe.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Apprendre quelques bases en japonais vous sera réellement utile en arrivant ! Au moins les katakanas et quelques rudiments de discussion pour ne pas être totalement paumés si vous tombez dans une administration où personne ne parle anglais. Il faut aussi savoir que mieux vous parlerez japonais, plus vous aurez de possibilités pour le travail. Mais il ne faut pas non plus se décourager, je connais plusieurs personnes ayant trouvé des petits boulots en parlant juste un japonais très basique.
A part ça, venez ! N’ayez pas peur, le Japon est un pays super, intéressant, avec plein d’endroits magnifiques à découvrir… Une très chouette expérience à vivre !

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Commentaires

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« J’y ai gagné une énorme tranquillité d’esprit par rapport à ma vie d’avant où j’étais constamment stressée. » C’est quand meme fou quand on y pense de trouver une tranquilite d’esprit la ou justement tu aurais toutes les raisons du monde d’etre stressee!! Mais je te comprends a 100%! Profite bien du reste de ton aventure, et merci de l’avoir partagee avec nous!

Wahou ! Un gros merci pour ton interview… plus je lis de choses sur le Japon, de retours d’expériences… plus je suis tentée d’y aller ! Et pourtant, ce n’étais absolument pas une destination que j’avais en tête avant… Enjoy le reste de ton séjour 😉

Super témoignage !
Et pour le festival de la neige, c’est chose faite il me semble, il vous suffit d’aller sur le profil de Clémence pour voir les belles photos du Yuki Matsuri qu’elle a postées !

Merci pour vos commentaires^^ Ca me fait plaisir si mon récit vous fait envie, le Japon est vraiment un super pays!
En fait je me sens totalement hors du monde, comme dans une bulle, loin de tous les tracas de ma vie d’avant… c’est probablement ça qui fait que je sois si zen^^ même si certaines situations sont en effet stressantes, du genre se rendre dans un bureau d’immigration non anglophone avec mon faible niveau de japonais!!
On est à présent bien loin du Festival de la Neige (qui était superbe!), c’est le tour des sakura d’avoir la vedette :-)

Les photos du Festival d’Hiver sont impressionnantes !
Il se déroule à Kawagoe même ? Dans d’autres villes ?

Merci pour cette interview =D

Pour le festival de la neige, c’était celui de Sapporo, sur l’île d’Hokkaido (au nord du Japon). C’est le plus célèbre, mais d’autres villes le font aussi par là-bas.
A Kawagoe il n’y aurait pas assez de neige pour faire toutes ces super sculptures!

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