Récit de PVTiste : travailler comme esthéticienne au Japon

Article publié le 11-08-2016.

PVT - Estheticienne au Japon

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Mathilde, j'ai 26 ans et je suis originaire d’Auch, une petite ville du sud-ouest de la France, près de Toulouse. Après avoir fait des études scientifiques, je me suis réorientée en école d'esthétique. Après mon diplôme et quelques mois en France à travailler pour mettre de l’argent de côté, je me suis envolée pour le Japon !

Le Japon et moi c'est une grosse histoire d'amour depuis une quinzaine d'années. J'ai commencé par les animes (NDLR : expression consacrée pour les dessins animés japonais) et les mangas pour enfin m'intéresser à la culture. Au fil des ans, mon envie d'y partir n'a fait que grandir, et c'est sur un coup de tête, en mai 2012, que je m'envole pour le Japon, sans avoir jamais voyagé avant. Dans l'avion, j'étais excitée mais j'avais aussi peur de la langue, d'être déçue, mais aussi de ne pas vouloir rentrer. Une fois arrivée, tout était bien au-delà de mes espérances, je suis complètement tombée amoureuse du Japon !

De retour en France, il était devenu évident que repartir au Japon était ma priorité, j'ai donc passé mon diplôme, travaillé comme esthéticienne en saison et je suis repartie en novembre 2012 avec le PVT en poche.

Peux-tu nous parler de tes premières semaines au Japon ?

J'ai choisi de résider à Tokyo. J'avais, bien avant mon départ, réservé une chambre dans une sorte de résidence étudiante/auberge de jeunesse. La barrière de la langue était vraiment un problème, malgré mes bases. Les premiers jours furent assez épiques ! J'ai passé des heures dans les supermarchés à me demander ce que j'achetais. Des amis rencontrés lors de mon premier voyage m'ont beaucoup aidée pour tout ce qui relevait de l'administratif et j'ai fait pas mal de soirées afin de rencontrer du monde.

J'ai fait connaissance avec des gens de tous horizons, Anglais, Américains, Autrichiens, Japonais... c'était super enrichissant !
Pour ce qui est de ma recherche de travail, j'ai attendu un bon mois avant de m'y atteler, je voulais d'abord m'être adaptée à mon nouvel environnement et réfléchir tranquillement avant de me lancer. J'ai passé beaucoup de temps à peaufiner mon japonais, à me renseigner sur les façons de chercher un emploi, etc.

PVT - Estheticienne au Japon - Fushimi inari taisha

PVT - Estheticienne au Japon - Temple et lac

PVT - Estheticienne au Japon - Hiver

Justement, comment s'est passée ta recherche d'emploi ?

Étant partie juste après avoir été diplômée, mon but « ultime » en allant au Japon était de trouver un travail en tant qu'esthéticienne, mais mon premier travail à Tokyo était babysitter. Cela me laissait du temps pour trouver un job dans un institut sans que j'ai à m'inquiéter financièrement.

J'ai commencé mes recherches tout d’abord sur internet pour trouver des instituts dont le site était en anglais. Maîtrisant cette langue avant mon départ, je savais qu'il serait plus simple de trouver dans un environnement anglophone. J'ai rédigé un CV en anglais et je l'ai envoyé par e-mail à tous les instituts potentiels. Tous m'ont répondu et j'ai eu entre 4 et 6 entretiens; je dois reconnaître que le savoir-faire français en matière d'esthétique est assez populaire et cela m'a beaucoup aidé. Même en ayant peu d'expérience, les gens sont curieux de savoir quelles sont les techniques françaises !

Il faut aussi savoir qu'au Japon, pour être esthéticienne il n'est pas obligatoire d'avoir un diplôme en esthétique, un salon peut accepter de vous former. Il est alors possible de travailler comme ça, sans diplôme. Mon manque d’expérience n'aura donc pas été une grosse difficulté dans la mesure où j'ai été formée à leurs méthodes.

Mon plus grand frein à l'emploi étant le japonais, que je ne maîtrisais pas suffisamment, je suis restée motivée et ai continué à apprendre. J'ai finalement décroché un poste dans un institut dont la clientèle était majoritairement constituée d'expatriés ! L'anglais m'a beaucoup aidée, sans ça, je n'aurais jamais pu trouver de travail.

Peux-tu nous parler de ton expérience d'esthéticienne au Japon ?

J'étais « junior beauty therapist ». Mes patronnes m'ont formée en onglerie sur 2-3 semaines pendant lesquelles je venais 2 à 3 demi-journées par semaine et je m'entraînais sur mes collègues.
Quand j'ai atteint le niveau qu'elles désiraient, j'ai pu travailler avec de vraies clientes, et dès que mon travail était satisfaisant, j'étais formée en parallèle sur autre chose. On ne pouvait pas offrir une prestation à une cliente tant que la technique n'était pas maîtrisée parfaitement.

Chaque matin, nous arrivions vers 8 h 30, le magasin ouvrant à 9 h. Il fallait que les cabines soient propres, que le coin manucure impeccable, que les produits soient pleins et consommables en quantité suffisante. Les rendez-vous étant pris par une réceptionniste, nous regardions le planning chaque matin. Nous avions toutes une heure de pause calculée en fonction de nos rendez-vous.
Je travaillais entre 10 et 11 h par jour et j'étais payée au minimum salarial, mais ça me suffisait, je le faisais plus pour l'expérience que pour l'argent !
Pour ce qui est du salaire, il me semble que c'était 950 yens de l'heure, et en fonction de mes heures (je n'avais pas des horaires fixes comme mes autres collègues), je touchais entre 90 000 yens (plus ou moins 800 € à l'époque) et 140 000 yens (soit 1 200 € pour environ 150 heures dans le mois), plus les pourboires.

Concernant mes collègues, la communication était au début un peu difficile. Au fil du temps, leur anglais s'est amélioré, mon japonais également et je me suis vite intégrée à l'équipe. À l'heure actuelle, je suis toujours en contact avec elles et ma boss. Elles m'ont beaucoup appris en technique et ont travaillé sur des fiches regroupant les mots et phrases usuelles en japonais pour communiquer avec mes clientes ne parlant pas anglais. Avec une de mes anciennes collègues et maintenant amie, avons même pour projet de monter éventuellement un institut ensemble.
J'ai travaillé 7 mois dans cet institut, de mars à octobre 2013.

Au vu de ton expérience en France et au Japon, peux-tu nous faire part des différences que tu as relevées dans ton travail ?

Tout d'abord en France, je trouve que le métier d'esthéticienne était mal vu. On est assez vite cataloguée comme étant « bêtes » alors que cet a priori n'existe pas au Japon ! Là-bas, les gens sont très friands de soins du visage, des ongles ou du corps et n'hésitent pas à dépenser beaucoup d'argent en prestations de qualité, alors qu'en France, le budget pour ces services est beaucoup plus réduit.
Les techniques sont relativement les mêmes,  les protocoles sont seulement un peu différents. Les marques françaises d'esthétique de luxe sont très populaires au Japon.
En revanche, au Japon les gens sont très pudiques, l'épilation du maillot, très répandue en France, ne se popularise à Tokyo que depuis quelques années et les femmes trouvent étrange de se montrer à quelqu'un.

As-tu des conseils à donner aux personnes qui souhaitent exercer le métier d’esthéticienne au Japon ?

Je conseille vivement de maîtriser l'anglais complètement, et le mieux est de savoir parler japonais au moins au niveau conversation. Sans cela, ce sera vraiment difficile ! Une fois ces points acquis, je conseille également d'avoir un peu d'expérience dans l'esthétique, même si on est souvent formée par l'institut. Si vous maitrisez quelques techniques avant, c'est toujours plus simple. Autrement, soyez-vous même et montrez-vous motivée :-)

Le bilan de ton année au Japon semble plutôt positif, non ?

Je ne pourrais dire le contraire ! Je suis restée un an complet au Japon, je suis repartie 2 jours avant la fin de mon visa, en novembre 2013.
J'ai adoré cette année là-bas, même si tout n'a pas été rose. J'aurais aimé pouvoir rester plus longtemps, mais l'immigration au Japon est plus que compliquée ! Malgré tout, j'ai pu visiter Osaka, Kyoto, Nikko, Kamakura plusieurs fois, j'ai monté le mont Fuji, j'ai mangé des sushis étranges, j'ai rencontré des gens qui m'ont ouvert beaucoup de portes.
Ce voyage m'a fait gagner en maturité, surtout en humilité. Je suis revenue deux fois au Japon en touriste depuis la fin de mon PVT et à chaque fois, ce sentiment d'être « à la maison » me gagne ! Par la suite, j'aimerais m'y installer pour quelques années, je prépare un diplôme de management dans le domaine du spa et aimerais y ouvrir mon propre établissement. Affaire à suivre...

PVT - Estheticienne au Japon - Bouddha

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Commentaires

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Hélène
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Merci d’avoir partagé ton expérience avec nous Mathilde et bonne chance dans tes projets au Japon ! Fingers crossed 😉

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Waw! Dire que de telles expériences n’arrivent qu’à une minorité de gens, c’est très triste. Je t’encourage!!

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Merci beaucoup! Il est vrai que peu de gens se lancent, et c’est dommage parce que ca change la vie de partir!

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Super ton témoignage, ça donne envie !!!

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Merci 😀 ! Il faut se lancer alors :)

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Julie
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Merci pour ton témoignage, c’était très intéressant :)

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