La culture taïwanaise (1re partie) : histoire, langue et spiritualité

Chapitre 1 : Introduction

Date de publication : 24-01-2018

Auteur

Annaïk

Introduction

Culture taiwanaise 1

Toit d’un temple dans le quartier de Wanhua, Taipei

On prend son envol, on part à l’étranger pour découvrir de nouveaux paysages et pour fouler de nouveaux territoires, mais surtout pour aller à la rencontre des « autres », de nouvelles cultures, d’autres modes de vie. J’aime une définition de la curiosité donnée par Céline Alvarez (qui s’intéresse aux sciences de l’éducation) : « on appelle curiosité cet élan puissant qui pousse l’enfant à ajuster le décalage entre ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas » – une définition s’appliquant fort bien au voyageur – qui après tout n’est finalement qu’un grand enfant. Céline Alvarez explique qu' »à chaque fois que l’enfant observe ou explore attentivement, son cerveau se réorganise, […] : les connaissances précédemment acquises par ses expériences sont actualisées à la lumière de ses nouvelles découvertes. L’enfant n’a pas besoin d’explications formelles et magistrales. Il a besoin de vivre et de se confronter à la suite continuelle de chocs que lui offrira son expérience dans le monde ». Le nombre de surprises culturelles à Taïwan, ces « petits chocs » qui ne cesseront de participer au reformatage de vos idées et préjugés vous conduiront à un enrichissement certain – pour peu que vous fassiez preuve d’empathie et d’ouverture d’esprit. Ce dossier sur la culture ne prétend pas couvrir de façon exhaustive les découvertes infinies que vous ferez lors de votre PVT, et peut contenir quelques biais (si c’est le cas, je m’en excuse par avance… la culture est souvent sujette à interprétation, que j’espère le moins erronée possible), mais il a vocation à partager avec vous certains délices offerts par la plongée (parfois vertigineuse) dans ce « nouveau monde ».

En mandarin (langue la plus couramment parlée sur l’île), la culture se traduit par « wénhuà » (文化), qui se décompose en deux caractères signifiant respectivement « l’écriture / la littérature » et « le changement / la transformation ». D’une part, l’idéogramme 文 renvoyant au caractère de l’écriture tire ses origines graphiques des tatouages ornementaux, signe d’appartenance à tel ou tel groupe. D’autre part, l’étymologie de l’idéogramme 化 nous indique que le concept d’origine, derrière ce symbole, illustrait le processus qui fait que l’homme est « retourné » (= transformé). Ainsi, tout d’un coup, cela fait sens : le concept de « wénhuà » nous parle de l’évolution de nos habitudes communes au sein d’un groupe d’appartenance, et incarne à la perfection notre définition de la culture – « ensemble des aspects intellectuels, artistiques et des idéologies d’une civilisation ou d’un groupe particulier » – en deux symboles. Vous voici immergé dans le monde passionnant de l’apprentissage de cette nouvelle langue, source infinie de découvertes et de clés, de compréhension de nombreux concepts taïwanais puisant leur source dans la culture chinoise (pour la majorité de la population). Cependant, précisons-le tout de suite, le mandarin n’est que l’une des langues parlées à Taïwan, comme nous le verrons bientôt. Pour mieux comprendre la linguistique du « pays », il est intéressant de se pencher sur l’histoire de la « belle île » qui nous ouvrira les portes de nombreux autres sujets liés à la culture.

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