Camille : un PVT à Taïwan qui a inspiré un livre

camille alias camted

camille alias camted

  • Localisation Lyon, France
  • Destination -
  • Profession -
  • Dernier diplôme obtenu -

Camille a fait l’expérience d’un PVT à Taïwan. Sur place, elle s’est lancée dans la rédaction d’un livre associant photographies et textes sur la ville de Kaohsiung.

A propos du livre "Le monde d'après" : "Il s’agit d’un recueil de neuf articles indépendants, mêlant de la photographie à des textes écrits autour des éléments de la vie –la nature mais aussi l’Homme- qui composent la ville, dans le contexte particulier de Kaohsiung. Certains de ces textes sont écrits sous une forme de balade urbaine, illustrée par les photos, dans lesquels j'exprime des ressentis, des souvenirs, mon indignation ou ma surprise à la vue des éléments qui m'entourent."

Bonjour Camille ! Peux-tu te présenter ?
J’ai 27 ans. Je suis arrivée à Lyon en 2015, après avoir terminé des études d’ingénieur en agronomie à Paris. Depuis, je suis tombée amoureuse de cette ville, de ses deux fleuves tranquilles, de ses collines pleine d’histoire, de sa vitalité associative, culturelle, écologique et de sa proximité avec des zones plus “sauvages”… J’ai trouvé l’équilibre que je peinais à avoir dans la capitale.

Quand j’étais adolescente, j’ai commencé à m’interroger sur nos modes de vie et leur impact sur l’environnement, ça me déprimait beaucoup. Plus tard, j’ai commencé à voyager, des villes denses asiatiques aux grands espaces canadiens, en m'intéressant alors à l’organisation des sociétés et à leur histoire. Puis j’ai découvert le monde de l’engagement, le monde des personnes qui veulent changer le monde justement, à coup d’inspiration et de positivisme, semant des graines partout où se déroule sous leur pieds un terreau fertile. Depuis je suis engagée personnellement et professionnellement dans les transitions écologiques et sociales des territoires.

Tu as choisi de partir en PVT à Taïwan. Pourquoi cette destination ?
Partir en PVT à Taïwan était en fait un projet à deux avec Anthony, mon copain. Lui avait déjà passé deux mois dans le pays en 2014, moi j’avais découvert Taïwan en le rejoignant pendant deux semaines. Il voulait vraiment y retourner, moi je voulais simplement partir loin pour explorer d’autres choses et Taïwan m’allait très bien, j’en gardais le souvenir d’une vie simple et de gens bienveillants.
PVT Taïwan Camille livre
Les démarches administratives pour obtenir ton PVT ont-elles été faciles ?
Il n’a pas été compliqué du tout d’obtenir le PVT, bien que ça demande un peu d’organisation entre les check up médicaux et le petit séjour à Paris pour déposer son dossier. Un peu de stress lié au quota pour une simple formalité au final !

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Comment se sont passés tes premiers jours sur place ?
Je me souviens surtout du choc thermique ! On est arrivé le 17 août et on a presque regretté la grisaille qu’on avait laissée à Roissy en prenant notre avion !...
Le choc culturel, c’était plus incroyable pour moi que pour mon copain qui connaissait déjà bien. Au début, tout est intéressant dans la découverte. Par contre, quand on sait qu’on est là pour plusieurs mois, on est beaucoup plus attentif aux détails je trouve. On cherche des repères, un peu malgré soi. La bienveillance générale a bien aidé à accepter ce “choc”.
On est arrivé à Taipei et on a directement pris un bus pour descendre à Kaohsiung, là où on avait décidé de s’installer pendant 6 mois. On avait loué un airbnb dans le centre de la ville, à Aohzidi dans un immeuble récent avec piscine rendant nos premières semaines plutôt confortables malgré la fournaise.
Plusieurs amis taïwanais nous ont aidés sur place avec les formalités. On a mis trois semaines à trouver un appartement : un ami était avec nous pour regarder les annonces, appeler, faire les visites… On nous a accompagnés également pour avoir un abonnement de téléphone et nos permis de conduire. Car il y a bien une petite difficulté, le PVT n’est délivré que pour 6 mois (renouvelable une fois) et non un an d’emblée. Avec ce visa donc, encore pas bien connu, impossible de demander une ARC (Alien Resident Certificate), en théorie obligatoire pour faire traduire son permis international et pouvoir souscrire un abonnement téléphonique. On a eu la chance de tomber sur des personnes conciliantes et d’avoir des amis rusés pour les obtenir rapidement !
Parlais-tu mandarin avant ton arrivée à Taïwan ?
Ni moi ni Anthony ne parlions mandarin, mais on a très vite appris comment commander nos bubble tea ! Et comment les commander sans sac plastique surtout…
Bon à Kaohsiung, on se débrouille très bien avec l’anglais. Mais quand on doit interagir avec une personne qui ne le parle pas, on essaie de communiquer autrement et de comprendre ce que la personne veut dire sans la comprendre linguistiquement. Ne rien comprendre autour de toi quand tu marches dans la rue ou prends le métro a finalement l’avantage de faire travailler l’imagination !
Cependant très vite, j’ai appris à reconnaître quelques signes et à m’exprimer sur des choses très basiques, typiquement, pour commander un plat dans un boui boui ! Je me suis fait quelques amis taïwanais ou sinophones avec des échanges de langues et finalement, par la suite, c’est souvent avec eux que je sortais ou voyageais dans Taïwan ce qui rendait la communication plus facile.
Comment s’est organisé ton PVT ?
J’étais sédentaire dans la ville de Kaohsiung au Sud de l’île. J’ai très vite commencé à donner quelques cours de français pour rythmer mes semaines. Le reste du temps je travaillais sur mon projet personnel. De temps en temps, j’allais me balader avec Anthony ou des amis puis j’ai aussi fait un peu de WWOOFing (travail dans une ferme).
Quelles sont, selon toi, les plus grandes différences au quotidien entre la vie en France et la vie à Taïwan ?
Alors, c’est une question facile et difficile à la fois si on ne veut pas être trop cliché. Je vais parler uniquement de la vie en ville, parce que comme en France les disparités vie urbaine et vie rurale sont fortes.
Le rythme de la vie est différent : on mange tout le temps dehors, on se déplace tout le temps, en scooter la plupart du temps, et ce moyen de transport rend le rapport à l’espace et au temps complètement différent : aucun problème pour traverser la ville de long en large à 11h du soir pour aller dans un restaurant en particulier, rentrer, dormir 5h, et retraverser la ville pour aller travailler. Le rapport aux loisirs et au plaisir est différent aussi : personne ne flâne dans les rues ou chill dans les parcs. L’aspect pratique des choses prime un peu sur le reste. Bien sûr, ça dépend des générations. Chez les jeunes, il y a beaucoup plus de “bullshit” job que chez nous avec très peu de repos pour “profiter de la vie”.
Quelque chose que j’ai beaucoup apprécié est la diversité en petits cafés dans lesquels il était possible de s’installer pour travailler, parfois une journée entière ! Il y a des chaînes mais également beaucoup de cafés indépendants tous plus mignons les uns que les autres.
Il y a tellement à dire ! Dans le domaine de l'éducation, l’environnement, la place du digital, la tolérance et la mixité sociale, etc. J’en parle plus longuement dans mon ouvrage. 😉
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As-tu réussi à nouer des relations avec les Taïwanais ?
Oui ! Je garde deux amitiés à vie, le genre de rencontre qui ne doit rien au hasard ! J’ai aussi noué de très bonnes amitiés avec des Français. Mais globalement les Taïwanais, bien que très bienveillants, sont assez timides.
Pendant ton PVT, tu as commencé un projet de rédaction d’un livre. Peux-tu nous en dire plus ?

C’est un projet personnel qui a vraiment émergé une fois sur place. En me déplaçant à vélo dans la ville immense et chaude de Kaohsiung, j’ai commencé à emmagasiner beaucoup de réflexions d’ordre social et environnemental et à un moment, c’était trop. Je me suis donc mis à les écrire. Parallèlement, je faisais un peu de photographies. J’ai donc allié ces deux domaines en structurant un ouvrage autour de balades urbaines que j’ai intitulé “Le Monde d’Après, détours urbains narratifs au cœur de Kaohsiung Taïwan”.
Actuellement, je suis en train de mener une campagne de crowdfunding pour financer l’impression de minimum 200 exemplaires de l’ouvrage en vue de sa diffusion.

Pour en savoir plus sur le livre de Camille, rendez-vous sur cette page !

Quels conseils donnerais-tu à un PVTiste qui hésite à se lancer dans l’aventure taïwanaise ?
De ne pas hésiter plus longtemps ! C’est une société fascinante, chargée d’histoire et de mystères. Une démocratie toute jeune dans laquelle sont présents les conflits de civilisation que le monde connaît actuellement. Et puis, il y a cette nature luxuriante, en sortant des villes, qui façonne des paysages insoupçonnés.
Taïwan souffre aujourd’hui de sa surexploitation des ressources naturelles. C’est un environnement très contraint, et voyager à Taïwan, faire connaître cette société, ses beautés, ses citoyens et les défis auxquels ils font face est un moyen d'accélérer la transformation de cette île.
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Quels sont tes meilleurs souvenirs pendant ton PVT ?
En vrac, je dirais l’île sauvage de Green Island, la route en bord de mer sous la pluie à Taitung, la première nuit où j’ai eu froid (enfin ! 😉 ), ma semaine de woofing à Pingtung et les discussions philosophiques avec mon amie taïwanaise Mindy.
Et les pires ?
La traversée en bateau de Taitung à Green Island : un conseil si vous décidez d’y aller (et vous auriez raison !) mettez-vous à l’arrière et au milieu pour ne pas être trop malade.
Il y aussi ce chien qui m’a coursé sur quelques mètres à Taitung et quand j’ai compris pourquoi les taïwanais élevaient autant de pigeons voyageurs.
Et pour finir, quels sont tes projets maintenant ?
Je suis de retour à Lyon de manière durable. J’ai repris mes activités professionnelles et associatives que j’avais laissées en partant. En revanche, je souhaite me mobiliser pour faire connaître davantage le “voyage engagé”. La diffusion de mon ouvrage sera une première pierre !

Si le projet de Camille vous intéresse, n’hésitez pas à la soutenir sur sa page Ulule !

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Merci pour ce temoignage et pour la qualite de tes reponses Camille! Cela aide beaucoup~

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