Clément, amoureux de Buenos Aires, la « ciudad de la furia »

Date de publication : 25-02-2017

Auteur

Hélène

Clément

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Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Clément : Je m'appelle Clément, je venais de fêter mes 30 ans à mon départ donc il était temps que je fasse ce PVT. Je suis du Sud-Ouest de la France, de Toulouse, où j'ai fait mes études de commerce et marketing et où je travaillais dans la gestion de patrimoine depuis quasiment 3 ans, enchaînant les CDD et m'ennuyant beaucoup dans ce boulot.
Ayant toujours eu la bougeotte et étant un grand voyageur (ça a réellement commencé après mon Erasmus en Irlande), j'ai décidé de tout laisser pour partir en PVT en Argentine, à Buenos Aires, pays et ville qui me faisaient rêver depuis toujours.
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Pourquoi avoir choisi de partir en Argentine ?

Clément : L'attirance pour ce pays a débuté très jeune quand je devais avoir 10/12 ans, que je lisais Saint Exupéry et notamment Courrier sud qui parle du temps de l'aérospatiale où des pilotes comme lui, Mermoz et d'autres partaient risquer leur vie sur des petits avions partants de Toulouse avec toujours la même destination, Buenos Aires.
Du coup, dans ses mots comme dans mes pensées, c'est devenu une ville de rêve, tant espérée, lointaine et mystérieuse.
Et c'est resté dans mon esprit depuis, évoluant, avec des choses en plus, comme la passion du football dont ils sont dingues ici, la langue espagnole, les paysages incroyables, les grands espaces, les saisons inversées, des envies d'Amérique du sud et le changement, entre autres.
pvtistes :

Peux-tu nous parler de ta demande de PVT ?

Clément : Pour ce qui est de la demande de PVT, il n'y a rien de compliqué en soi, juste une liste de document à fournir, à apostiller, à faire traduire par un traducteur officiel (seule chose qui coûte un peu d'argent) et à envoyer en recommandé à l'ambassade d'Argentine à Paris.
Pour les documents à fournir, de mémoire c'est un casier judiciaire à faire apostiller (l'envoyer à la Cour d'Appel de Rennes et attendre qu'il revienne, c'est une semaine max), un certificat médical basique à faire chez le médecin, un état de votre compte en banque pour prouver qu'il y a tant dessus, un certificat d'assurance de voyage (celle proposée sur le site est top) et c'est à peu près tout.
Ensuite il faut faire traduire ça auprès d'un traducteur officiel et l'envoyer. Tout est détaillé sur le dossier de Demande de PVT Argentine, c'est très bien fait, la liste de documents, celle des traducteurs agréés...
Une fois que c'est envoyé, il n'y a plus qu'à attendre que l'ambassade d'Argentine à Paris vous contacte pour un rendez vous, généralement 15 jours avant le départ prévu, vous y allez avec tous les documents originaux, vous êtes reçu rapidement puis, dans mon cas, j'avais le visa sur mon passeport 3 heures plus tard.
Donc rien de compliqué, juste le fait de devoir prévoir d'aller à Paris si vous n'y vivez pas.

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Comment s’est passée ton arrivée en Argentine ?

Clément : Du coup, je suis arrivé sans connaître personne et en ayant une idée qui s'est tout de suite réalisée, la sensation d'être où je devais être. Je suis arrivé à Buenos Aires début février 2016, en plein été et donc avec un choc climatique, sortant de l'hiver français et arrivant sous 40 degrés. J'ai atterri à l'aéroport d'Ezeiza, l'aéroport international qui est à environ 45 minutes du centre avec la navette Tienda Leon (moyen le plus efficace et bon marché).
Avant de partir, je m'étais simplement réservé 5 nuits une chambre chez une famille argentine, avec Airbnb, me disant que ce serait plus sympa de me plonger dans le bain argentin, et j'ai bien fait car j'ai été tout de suite adopté et ils m'ont beaucoup aidé dans ma recherche de maison notamment (coloc que j'ai trouvé très rapidement, il y en a beaucoup beaucoup mais il faut bien les visiter), et encore aujourd'hui je suis en contact avec eux.
Le contact avec les Argentins et la ville a été parfait aussi. J'adore leur gentillesse, leur accueil, leur passion, on rencontre très vite du monde (on peut avoir de longues conversations avec un vieux monsieur au parc, avec le gérant du kiosko ou la personne assise à côté de vous dans les transports en commun), ils sont très prévenants et il y a aussi des gens de toute l'Amérique du sud.
Pour ce qui est des démarches sur place, avec le PVT, il n'y a quasiment rien à faire.
La seule chose nécessaire pour pouvoir travailler est le CUIL, sorte de numéro de sécu. Pour l'obtenir, il faut se présenter à l'ANSES, l'organisme qui gère ça, très tôt le matin (beaucoup d'attente) avec quelques documents comme une attestation de domicile à demander au commissariat de son quartier.
Pour toutes ces démarches, la chambre de commerce française organise une réunion d'information chaque mois et ça aide bien même si à part l'attente il n'y a rien de compliqué.
Une fois les démarches terminées, vous avez votre CUIL en 15 jours et vous avez votre numéro permettant de travailler légalement, totalement. On ne peut pas avoir de DNI grâce au PVT même si on peut évidemment en faire la demande une fois sur place quand vous aurez trouvé du travail.
Je n'ai pas ouvert de compte en banque car j'étais payé en cash (très courant ici) donc pour l'ouverture d'un compte en banque, je ne peux pas vous aider.
Pour le téléphone, c'est très simple, il suffit d'acheter une carte sim et de la recharger quand vous en avez besoin, ce n'est pas cher mais les forfaits mensuels n'existent pas ici.
Après, pour les démarches, c'est l'administration donc il faut quand même être très patient et se préparer à beaucoup attendre…
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Comment s’est passée ta recherche d’emploi ?

Clément : De ce côté-là, je pense avoir eu pas mal de chance car j'ai facilement et rapidement trouvé du boulot dans un hôtel, tenu par un français, comme réceptionniste et j'y suis resté pendant 8 mois.
C'est le seul CV que j'ai envoyé, par internet sur la page "Français à Buenos Aires" sur Facebook où j'ai vu l'annonce.
Sinon, ça se fait un peu comme en France, sur internet mais il faut aussi aller voir les gens même si vous ne parlez pas très bien, n'hésitez pas, on est appréciés ici et on ne vous fermera pas la porte au nez.
Après ce n'est pas simple de trouver du travail je pense, mais c'est possible, clairement.
Par contre, on travaille plus et on gagne moins. Moi je travaillais l'après-midi, de 15 h à 23 h, 6 jours par semaine soit 45 heures et gagnais l'équivalent de 1 000 euros plus ou moins (les impôts sont prélevés à la source). Suffisant pour vivre sans excès. Après c'est difficile de dire quel salaire te donne accès à quoi car il y a une très forte inflation en Argentine et les prix changent tout le temps, à la hausse. A part pour la nourriture, Buenos Aires n'est pas une ville bon marché. Pour ce qui est de la langue, je parlais déjà un peu et surtout comprenais bien l'espagnol mais j'ai quand même eu un petit choc en arrivant car ils parlent un castellano quand même un peu différent et notamment au niveau de l'accent. Mais on s'y habitue vite et je le trouve plus beau que l'accent qu'ont les Espagnols maintenant.
Même si ça vient vite, je conseille de partir en parlant au moins un tout petit peu, où sinon en prenant quelques cours en arrivant, puis ça vient très vite ensuite.

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Peux-tu nous parler de la vie à Buenos Aires ?

Clément : La ville est un immense « quilombo » comme ils disent ici (très bruyante et chaotique), on l'appelle la ciudad de la furia et elle propose une offre culturelle gratuite incroyable, faire la fête, sortir, boire le maté ou profiter des très nombreux parcs sont des activités quotidiennes.
Il n'y a pas un centre-ville comme dans une ville française mais plusieurs quartiers. Les principaux et les mieux, pour moi, sont : San Telmo, un des quartiers les plus anciens de la ville, un peu bohème, plein de bars, d'animation et de vie, avec sa célèbre feria chaque dimanche Palermo, le plus grand quartier de BsAs Capital, divisé en plusieurs petits quartiers, est celui où il y a le plus d'expats, c'est bobo, pleins de bars, de boliches (boites de nuit), de boutiques... et est assez cher. J'y sors pas mal. Autour de Palermo, il ya des quartiers plus "barrio", plus argentins, comme Belgrano, Collegiales, Chacarita, Recoleta, Villa Crespo, Almagro, Caballito, Abasto... plus ou moins riches ou populaires mais tous plus argentins, avec une vraie vie de quartier, commerces, bars, restos... proches de Palermo et moins chers. Moi, personnellement je vis à Villa Crespo et j'adore mon quartier, j'ai mes commerçants, mes cafés, des restos, à 5 minutes de vélo de Palermo et d'Almagro qui est aussi un de mes endroits préférés car plus authentique. San Telmo est top pour boire un verre et manger pas cher. Palermo a la plus grande offre pour sortir, énormément de bars de tous types et de boites de nuit, il est agréable de s'y promener la journée aussi, y manger une glace, tout comme à Recoleta (quartier plus riche) ou se balader dans les bosques de Palermo, grands parcs au nord de la ville. Aller manger des empanadas ou un asado (viande au barbecue) à Villa Crespo, boire une bière ou un fernet dans un bar enfumé d'Almagro... l'offre est infinie.
En revanche, plus généralement, comme je l'ai dit plus haut, Buenos Aires est une ville assez chère et avec l'inflation galopante, ça ne s'arrange pas. Il est possible de s'acheter à manger ou de faire ses courses pour pas trop cher mais les loyers ne sont pas donnés (surtout dans les quartiers dont j'ai parlé plus haut), sortir peut être cher, les vêtements sont chers et ne parlons pas de l'électronique et autres smartphones hors de prix.
A titre d'exemple, une bonne chambre dans une coloc se trouve à partir de 300 euros par mois, le salaire moyen est un peu en dessous de 1 000 euros.
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Tu as aussi profité de ton PVT pour visiter l’Argentine et l’Amérique du Sud :

Clément : Mon idée était de vivre à Buenos Aires tout le temps de mon PVT, soit un an, et ensuite de voyager. Donc, durant l'année passée à Buenos Aires, je n'ai pas trop bougé, mis à part l'Uruguay (tout près), Tigre et son delta (1h de BsAs), la côte pour aller un peu à la plage, Iguazu et Mendoza quand ma famille et mes amis sont venus me voir.
A part la côte en dessous de Buenos Aires qui n'est pas ouf, les autres endroits sont vraiment à faire !
A la fin de mon PVT, j'ai décidé de partir découvrir l'Amérique du sud, pendant 5 mois, la plupart du temps seul, même si en réalité on est très rarement seul, rencontrant du monde tous les jours, restant un peu avec certains, poursuivant la route un peu plus longtemps avec d'autres..
Je suis donc parti de BsAs vers le nord-ouest de l'Argentine, je suis passé au nord du Chili, en Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie et Brésil.
Quasiment toujours par bus, prenant seulement quelques vols. Ca a été le voyage le plus incroyable de ma vie, j'ai rejoint beaucoup de gens, dans tous ces pays, rencontrés auparavant à Buenos Aires, vu des choses fantastiques, fait des rencontres incroyables, pour la vie, vécu des expériences dingues.
C'est très dur de résumer 5 mois de voyage et un an en Argentine comme ça mais si je devais parler de coups de cœur ou d'inratables pour chaque pays visité, je dirais: Buenos Aires, Iguazu, la Patagonie, les bodegas de Mendoza et la région de Salta et Jujuy dans le nord ouest du pays, aller faire du cheval dans une estancia de la pampa, se faire un bon asado où que ce soit, aller au stade voir un match de foot et mesurer la folie que c'est, sortir dans des bars ou boliches boire des Fernet coca avec les argentins, se boire un maté au parc, le style de vie argentin... etc... pour l'Argentine Santiago, Valparaiso et San Pedro de Atacama au Chili Le trek sur le Salar de Uyuni, Potosi, Sucre, La Paz, Lac Titi Caca et Isla del Sol en Bolivie Lac Titi Caca, Cusco et le Macchu Picchu, Arequipa, Huacachina, Nazca, la nourriture et la jungle amazonienne au Pérou Quito, les volcans et la forêt du centre du pays, les activités extrêmes, Cuenca et la côte pacifique en Equateur Quasiment tout en Colombie qui est clairement mon pays coup de cœur avec ses villes, villages, forêt amazonienne, volcans, montagnes, côtes pacifique et caribéenne, ses îles paradisiaques et le peuple le plus accueillant et gentil que j'aie vu de ma vie Rio et Salvador de Bahia au Brésil

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Quels sont tes projets pour la suite ?

Clément : Suite à cette année à Buenos Aires et ce voyage, je suis rentré en France me refaire une santé financière et me voilà de retour à Buenos Aires depuis une semaine. Je suis trop attaché à cette ville maintenant. Je suis reparti sans visa, seulement les 3 mois autorisés comme touriste mais je vais faire ma demande de visa de travail et de DNI pour pouvoir travailler et m'installer ici.
Pour demander le DNI, deux "choix" s'offrent à moi, le premier et le plus simple serait de trouver un emploi et un employeur qui m'embauche et qui accepte de me "sponsoriser", c'est-à-dire de m'aider dans mes démarches de demande du DNI.
Mais malgré, le fait qu'ils n'aient quasiment rien à faire si ce n'est fournir quelques document et en signer d'autres devant le notaire, les employeurs rechignent à le faire et n'ont pas envie de s'embêter avec ça. Fort dommage car c'est le moyen le plus rapide d'obtenir les documents…
La seconde solution est de s'inscrire à la fac, l'inscription donnant automatiquement accès à un DNI, cependant c'est très compliqué et long car il faut fournir une liste de documents incroyablement longue et difficile à avoir, en plus la très lourde administration argentine trouve toujours quelque chose à redire et ça peut vite devenir le parcours du combattant.
Donc je vais voir ce que je fais, je suis sur le point de trouver du travail comme "agent immobilier" francophone, haha, encore une nouveauté mais ça peut être intéressant même si cela ne m'avancera pas côté DNI, mais c'est encore une nouvelle aventure qui m'attend !

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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6 Commentaires

Fanny
0 1
Salut Clément, ton interview est vraiment top on a qu’une envie c’est de partir s’installer en Argentine!! J’ai lu que tu avais pas mal pris le bus .. et je suis en train de bosser sur un projet (pour les cours) sur les autocars longue distance en France et je voulais savoir si je pouvais échanger avec toi sur ton retour d’expérience avec les compagnies de bus que tu as pris ? Merci d’avance pour ton aide précieuse et bonne continuation dans ta nouvelle terre d’accueil :)
Clément
0 5
Salut! C’est gentil. Avec plaisir, je te passe mon mail, [email protected]
tiphaine
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Merci Clément, ça donne envie d’aller faire un voyage par la bas :) :)
Clément
0 5
Alors n’hésite pas et viens, tu ne seras pas déçu!! 😉
Hélène
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Encore merci Clément pour ton récit et au plaisir de ire la suite de tes aventures en Argentine 😉
Clément
0 5
Merci à vous !

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