Emmanuelle, une cuisto en PVT à Hong-Kong

Date de publication : 29-07-2016

Auteur

Marie

Emma

Localisation

Marseille, France

Profession

Hôtellerie-restauration

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pvtistes :

D'où viens-tu et quelle est ta destination PVT ?

Emma : Je suis originaire du centre de la France, mais je n'y suis restée que très peu. Du nord au sud, de gauche à droite, j'ai beaucoup bougé. Et ma destination est Hong-Kong.
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Que faisais-tu en France avant ton départ ?

Emma : Je suis et j’ai toujours été cuisinier. J’ai terminé ma licence pro en art culinaire en septembre 2015 et après quelques mois de stage de fin d'étude, j'avais envie de partir.
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Pourquoi cette envie de partir à Hong-Kong ? Était-ce ta première expérience à l'étranger ?

Emma : Je suis allée au forum des expatriés de Paris en avril 2015, et j’y ai rencontré Marie de PVTistes.net, qui, elle, partait à Hong-Kong peu de temps après. Elle m'a parlé de son projet, qui m'a intéressé. J’ai par la suite beaucoup réfléchi et je me suis dis « je crois que je vais faire un voyage original » et je me suis mise dans les démarches d'obtention du visa pour Hong-Kong. Plus tard, je me suis rendu compte que pour un premier voyage, c'était un peu osé, mais je suis surtout fière de l'avoir fait !
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Quel a été ton état d'esprit pendant tes deux premières semaines à Hong-Kong ?

Emma : J'étais super euphorique et contente, seulement, j’ai mis au moins une semaine à me remettre du décalage horaire (et à me faire au changement de vie totale et brutal !!). J'avais loué une semaine d'auberge de jeunesse à Causeway Bay. Sans mentir, le temps de mon séjour à l'auberge, je ne suis pas sortie de Causeway Bay. J'avais trop peur, je ne comprenais rien, je passais énormément de temps avec ma famille au téléphone. Il y avait beaucoup de monde, des hauts buildings... Tout s'est arrangé quand la semaine suivante, j'ai trouvé du travail et un appartement.
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Quel est ton état d'esprit aujourd'hui, quelques mois plus tard ?

Emma : Moins euphorique, les buildings m'impressionnent moins. Je crois même que je commence à manquer d'air. Je ne suis pas sûre que ce rythme de vie, en général, me corresponde. De plus, mon rythme de vie ne s'accorde pas avec tout le monde (je travaille l'après-midi et en soirée), c'est assez compliqué de rencontrer des gens. Mais Hong-Kong est la ville la mieux placée en Asie pour voyager alors je prends mon mal en patience. Je vais toujours mieux quand j’ai un billet d'avion dans la poche !
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Quel était ton niveau d’anglais et de cantonnais en début de séjour, et qu’en est-il maintenant ?

Emma : Alors c'est assez simple pour l'anglais : en montant dans l'avion, je ne comprenais même pas le menu du déjeuner ! Aujourd'hui mon anglais s'est grandement amélioré même s'il y a encore des progrès à faire. Je sais aussi dire beaucoup de mots en cantonnais mais je ne peux pas faire de phrases. Les mots que je connais sont notamment des noms de légumes ou d'ustensiles de cuisine ! Je les ai appris dans le cadre de mon emploi.
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Comment as-tu trouvé ton logement ?

Emma : L'amie d'un ami m'a mise en relation avec un propriétaire ayant plusieurs appartements. Je suis super satisfaite du mien. Je suis en colocation avec deux personnes, à Fortress Hill, sur l'île de Hong-Kong. Je pense que pour le coup, j'ai eu énormément de chance, l'appartement est super cool, pas trop cher et surtout j’ai un rooftop (toit-terrasse). Ma chambre faire environ 10-12 mètre carrés dans un appartement qui doit faire 70-80 mètres carré environ. Je paye 6 000 $HK, un prix que j'ai négocié. Tout est inclus dans le loyer, sauf l'électricité qui n'est pas trop chère.
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Comment s'est passée ta recherche d’emploi ?

Emma : Dans mon domaine, en général, trouver du travail, en tant que français(e), c'est super simple. Mon patron, à Marseille, était déjà venu visiter Hong Kong et avant mon départ, il m'a recommandé plusieurs restaurants dans lesquels il avait mangé. Après 10 jours de visite, un message Facebook, un minuscule entretien, j'avais enfilé la veste ! Le porte-à-porte est la meilleure solution. Trouver du travail à Hong-Kong en restauration, c'est super simple. Il est plus simple de trouver un travail en service qu'en cuisine, car il faut quand même un minimum de qualification en cuisine.
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Est-ce ce que ton emploi correspond à tes attentes ?

Emma : J'espérais travailler dans un restaurant plus "chinois", pour être véritablement plongée dans la culture et dans la cuisine locales, pour vraiment apprendre de leurs techniques. Mais je me suis rendu compte que ça n'était pas vraiment possible. Les cuisiniers ici sont très bon en technique mais ne parlent pas forcément anglais. Ils n'ont pas forcément envie d'avoir une Européenne dans leur cuisine, une femme qui plus est.
Mais j'ai trouvé mon compte dans le restaurant pour lequel je travaille : Serge et le Phoque. Il y a un bon équilibre entre les techniques françaises, européennes, et les goûts et techniques asiatiques. Par exemple, j'ai appris à découper un poisson comme des Japonais.
Je gagne bien mieux ma vie à Hong-Kong qu'en France (même s'il est vrai que je travaille 6 jours sur 7). Et j’ai même le droit de prendre des congés sans solde quand j'en ai envie (ce qui est loin d'être le cas partout, à Hong-Kong). Pour le travail aussi, je crois que j’ai eu beaucoup de chance.
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Quels sont tes 3 endroits préférés à Hong-Kong ?

Emma : Je vais régulièrement dans un petit bar chinois super stylé à Wan Chai, j'adore y aller avec mes collègues et amis après le travail. Le deuxième endroit que j'aime vraiment c'est mon rooftop, j'y ai installé un hamac avec vue sur la baie... Enfin, l'aéroport, parce que c'est de là que je pars en vacances, que j'accueille des amis ou de la famille, que je les laisse partir aussi ! Et j'aime bien le chemin en bus vers l'aéroport, il est chouette !
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As-tu profité du V du PVT pour voyager autour de Hong-Kong ? ?

Emma : Je pense avoir bien amorti mon PVT en effet ! Je suis allée aux Philippines, à Taïwan, au Vietnam, au Cambodge et en Thaïlande. Je retourne en août aux Philippines, et j'ai d'autres projets : je compte partir en Chine (notamment Shanghai, Pékin, visiter la grande muraille et la vallée de Jiuzhaigou) et en Birmanie. J'ai beaucoup aimé le Cambodge et les Philippines. Au Cambodge, les gens sont juste géniaux, le pays est incroyable. Ils ont une histoire qui est super intéressante et qui donne envie d'en apprendre plus. Les Philippines, c'est paradisiaque. Palawan, c'est juste fabuleux. Ensuite, il y a quand même beaucoup de problèmes de transports aux Philippines (ndlr : une fois arrivé à Manille, les transports sur les différentes îles du pays sont assez chaotiques).
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Que t’apporte ton expérience ?

Emma : D'un point de vue personnel, ça m'apporte plein de choses : un premier voyage, une ouverture d'esprit, on apprend à s'adapter à une culture différente de la nôtre.
Je pense que j’ai appris à prendre sur moi-même. Même si ma vie ici ne me convient pas, je vais finir ce que j’ai commencé et je suis moins impulsive, j’essaye de voir les choses différemment. J’essaye aussi de voir le côté positif de chaque chose. Je relativise énormément.
Au niveau professionnel, c’est ma première plus longue expérience professionnelle pour l'instant et c'est très bénéfique. J’ai travaillé avec de nouvelles personnes, ayant d’autres cultures, j’ai appris plein de choses. J’ai énormément appris au contact de personnes ayant de l’expérience. Je pense qu’on peut dire que ce sont des pointures dans le métier, qu’ils savent ce qu’ils font. Je leur en suis super reconnaissante. Je suis super heureuse de travailler chez Serge et le Phoque.
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Quels sont les éléments qui t'énervent et ceux que tu aimes à Hong-Kong ?

Emma : Pour les choses qui m'énervent : les gens dans la rue sont, pour moi, irrespectueux. Ils poussent tout le monde et le pire, c'est en cas de petite averse, c'est la même chose mais avec les parapluies en plus ! Il y a aussi le racisme que je déteste ici. Ce racisme se traduit par des mots qui peuvent être offensants envers les étrangers. Je trouve que beaucoup de Hongkongais ne disent pas toujours les choses en face, ou font des généralités en fonction des nationalités. Ils vont juger les gens en disant par exemple "Ah mais lui, c'est parce qu'il est Chinois de Chine".
Et ce que j'aime à Hong-Kong, c'est le contraste de la ville : dès coin super modernes avec des rues de marché souillées, des gens vraiment riches au milieu de gens vraiment pauvres, des gros buildings avec des arbres, un H&M à côté d'un temple. Tout et son contraire rassemblés sur un microscopique territoire.
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Quelles sont tes plus grosses difficultés à Hong-Kong ?

Emma : M'intégrer, c'est toujours plus ou moins le problème. Même si je trouve que la vie ici est assez facile, j'ai des difficultés à faire des rencontre, à me faire des amis et à avoir des discussions intéressantes avec des gens. Je pense que c'est en partie lié à la barrière de la langue car mon anglais n'est pas encore parfait, donc ça complique les choses. C'est peut-être aussi un peu de ma faute car je ne suis pas forcément bien dans les baskets. Je ne suis pas amenée à aller vers les gens aussi.
Mais j'ai envie d'aller jusqu'au bout de mon PVT parce que c'est mon défi. Je suis assez compétitive et j'ai dit que je le ferais jusqu'au bout. Il me reste 3 mois et demi donc ça ne sert à rien de couper court alors que je peux faire des voyages. Ici, on est quand même vachement bien placé pour voyager en Asie et ça serait bête de renoncer à ça.
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As-tu rencontré des Hongkongais ? Fait d'autres rencontres ?

Emma : Je côtois des Hongkongais tous les jours au travail, je pense que ce sont des Hongkongais ouverts... Mais c'est assez difficile quand même de rencontrer du monde. En même temps, pour moi, c'est difficile avec tout le monde !!
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Qu’est-ce qui te manque de France, à Hong-Kong ?

Emma : J’ai la chance de pouvoir manger du fromage tous les jours, donc le fromage ne me manque pas trop. Ma famille et mes amis me manquent évidemment. Ce qui me manque aussi, ce sont les festivals de musique et les paupiettes mijotées par maman !
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Qu’est-ce qui risque de te manquer une fois que tu auras quitté Hong-Kong ?

Emma : La nourriture aussi variée qu'elle soit. J'adore manger ici, du resto de rue qui paie pas de mine au vrai bon restaurant. La vie, l'administration, la sécurité vont me manquer, ici tout est facile, c'est extrêmement bien organisé, malgré le nombre de personnes incalculable qui, chaque jour, ont les même, besoins que moi.
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Même si la sécurité est un gros point positif à Hong-Kong, tu as eu deux expériences qui rappellent qu'il faut quand même rester sur ses gardes. Tu peux nous en parler ?

Emma : Deux évènements qui sont arrivés dans la même semaine m'ont rappelé qu'il fallait, ici aussi, être un peu prudente. Le premier, c'est un homme qui a essayé de forcer la porte de mon immeuble alors que je tapais le code. Je me suis plutôt bien débrouillée et il n'est pas rentré. La seconde piqûre de rappel, elle, aurait pu mal se finir. Je suis montée dans un taxi, et le mec a fermé les portes et a essayé de m'emmener dans un autre endroit que celui où je voulais aller. Là aussi, j'ai réussi à sortir du taxi. Il n'avait pas de macaron à l'avant de son taxi (ndlr : une petite plaque dans le taxi indique son numéro et une photo du chauffeur). C'était un peu flippant. C'était au milieu de la nuit et je n'étais pas ivre. Et heureusement que je ne l'étais pas, sinon, j'aurais pu ne pas me rendre compte qu'on n'allait pas dans la bonne direction. À un feu, j'ai tout fait pour sortir de la voiture, j'ai couru très vite pour prendre un taxi un peu plus loin.
Je n'avais jamais eu de problème avant. Les taxis sont généralement tous très gentils, là, j'ai vraiment été surprise. À Hong-Kong, on est en sécurité, mais il faut faire attention et ne pas faire n'importe quoi non plus.
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Qu’est-ce que tu aurais aimé savoir sur Hong-Kong avant d’arriver que tu as découvert sur place ?

Emma : Je pensais arriver en Chine, finalement non, la ville reste très européanisée. Je ne pensais pas non plus que Hong Kong était si guindée.
On ne m'avait pas dit que l'été il faisait si chaud et surtout qu'il faisait aussi humide. Et je ne savais pas non plus qu'une fenêtre de chambre collée à moins de 10 mètres d'une autre, c'était possible !
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Quels conseils donnerais-tu aux PVTistes qui souhaitent venir à Hong-Kong ?

Emma : C’est un gros challenge, c’est dur, mais ça apporte tellement qu’on en sort forcément avec du positif.
Il ne faut simplement pas venir avec des a priori et se laisser vivre. Il faut aussi être un peu maître dans l'art de la débrouillardise pour négocier.
Je pense que si on est comme ça en France, on l’est un peu partout.
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Après près de 8 mois à Hong-Kong, envisages-tu d’essayer de rester à Hong-Kong ? De partir ailleurs (en PVT, en VIE…) ? Ou bien comptes-tu rentrer en France ?

Emma : Une chose est sûre, cette expérience m'a changée à vie et je ne regrette rien du tout. Mais je sais aussi que Hong-Kong n'est pas une ville pour moi. J’ai eu beaucoup de mal à trouver ma place et elle est encore très instable en ce moment. Mais je souhaite à tout le monde de vivre cette expérience. Je rentre en France à la fin de mon visa et je compte repartir en janvier 2017 pour un autre PVT vers une destination plus verte, ou en action humanitaire au Cambodge, qui est un pays qui m'a vraiment touchée et bouleversée.

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3 Commentaires

Caroline
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Témoignage très intéressant ! Je suis moi aussi à HK en PVT à la recherche d’un emploi. ….
Julie
4.9K 14K
Merci beaucoup pour ton témoignage Emmanuelle !!
Mylène
2.2K 3.6K
Super témoignage, parcours original et merci pour la piqûre de rappel sur la sécurité, on oublie vite de faire attention dans ces pays au bout d’un moment.

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