Mélanie : un retour prématuré de son PVT Australie

Date de publication : 14-08-2020

Auteur

Annelise

Mélanie

Localisation

Londres, Royaume-Uni

Dernier diplôme obtenu

Master

Mélanie est partie en PVT Australie, un pays qu’elle n’a pas vraiment apprécié. Découvrez son parcours dans cette interview !

pvtistes : Bonjour Mélanie ! Peux-tu te présenter ?
Mélanie : Bonjour à la communauté des pvtistes !
J’ai 31 ans, je suis originaire de la ville du Mans. J’ai un master en géologie d’exploration pétrolière et minière. J’ai travaillé 4 ans pour un grand groupe pétrolier.
En 2017, j’ai tout quitté pour voyager. Je suis partie dans un premier temps en Amérique latine en mode solo et backpaking.
Puis je suis partie seule faire un PVT en Australie de novembre 2018 à avril 2019 (6 mois). Puis, j’ai rapidement attrapé le virus du voyage sous toutes ses formes.
J’apprécie de voyager seule, lentement et sortir des sentiers battus.
melanie pvtistes PVT Australie
pvtistes : Tu as donc choisi de partir en PVT Australie. Pourquoi ce pays ?
Mélanie : J’ai choisi ce pays pour diverses raisons. La première des raisons était la météo, je n’avais pas envie de retourner en l’hiver après 8 mois passés en Amérique latine.
Je souhaitais aussi vivre un PVT dans un pays anglophone afin d’améliorer ma pratique de la langue.
J’ai longtemps hésité avec la Nouvelle-Zélande. Ce qui m’a décidée pour l’Australie c’est que c’était plus vaste, le taux horaire était meilleur (et je souhaitais travailler pour économiser pour repartir en voyage) et j’avais également la possibilité de travailler dans l’exploration minière.
pvtistes : As-tu travaillé pendant ton PVT ?
Mélanie : Oui, j’ai travaillé 5 mois en tout. Dans les débuts j’utilisais principalement l’application Gumtree. Je cherchais surtout dans la restauration. J’avais une courte expérience dans ce domaine. Mais cela n’a pas été fructueux.
À vrai dire, j’ai trouvé mon premier travail en étant une cliente régulière d’un bar que j’appréciais. Un client m’a mis en contact avec la personne qui s’occupe des recrutements, j’ai eu un entretien, un essai et c’était parti.

Pour mon second emploi, j’étais basée dans un petit village de l’Ouest Australien, Pemberton, proche de Margaret River. Il n’y avait qu’un pub, je suis arrivée le dimanche soir, le lundi je déposais mon CV, le lendemain j’avais un essai et je commençais la semaine suivante (un vrai coup de bol). J’y suis restée 3 mois. J’ai aussi travaillé dans une ferme grâce au bouche à oreille.

J’ai également utilisé Indeed pour travailler dans une mine. J’ai eu quelques contacts et échanges avec différentes entreprises mais cela n’a pas été plus loin. Pouvoir ne travailler que 6 mois pour un même employeur complique un peu les choses.

Concernant l’ambiance de travail, c’est très « chill out » comme on dit. Ils ne sont pas pressés, ils prennent leur temps, je n’ai jamais eu de situations stressantes au travail.
J’ai aimé le management sur certains aspects, tels que la motivation et le travail en équipe.
Ils prennent beaucoup en compte ton ressenti, ils te disent souvent de ne pas hésiter à prendre de pauses si tu ressens du stress, par exemple.
J’ai trouvé un management plus humain où en met en avant le travail d’équipe. On te félicite souvent et on te remercie pour ton travail. C’est très agréable, on ne va pas se mentir.

Le côté un peu plus négatif, c’est qu’ils n’osent pas te dire quand tu fais quelques choses de « mal ». Du coup c’est parfois un peu compliqué pour progresser.
pvtistes : Et côté voyages ?
Mélanie : Je n’ai pas vraiment voyagé. Je retiens l’île de Rottnest Island et un road trip de quelques jours entre Perth et Margaret River.
melanie pvtistes PVT Australie
pvtistes : Tu es rentrée au bout de 6 mois. Était-ce volontaire ?
Mélanie : Oui, c’était totalement volontaire. Lorsque j’ai pris ma décision, deux jours après j’avais mon billet pour Los Angeles. J’ai fui l’Australie !

Je sais que je ne vais pas me faire des amis dans ce paragraphe. Cela ne reflète que mes ressentis et le vécu de mon expérience. Mais voilà, je n’ai pas accroché avec les Australiens que j’ai rencontrés. J’ai eu pour habitude, lors de mes voyages en Europe ou en Amérique latine, d’être au plus proche des locaux. C’est une de mes façons de découvrir et de voyager. Et là c’était compliqué d’être proche des personnes rencontrées.

J’ai souhaité partir un an en Australie pour m’expatrier, me laisser le temps de découvrir une autre culture, une autre façon de penser et de faire. En Australie, j’ai eu du mal à créer un lien avec mes collègues ou encore les clients du pub. J’étais juste une « backpackeuse », une Française, une immigrée et parfois même « une personne qui pique leur travail ».

C’est la première fois de ma vie où je me suis sentie étrangère. Je pensais faire mon maximum pour m’adapter et créer des liens. Mais je n’ai pas dû m’y prendre de la bonne manière. C’est la première fois de ma vie que je me suis sentie étrangère, moquée et pas désirée juste parce que ma nationalité est différente.

Je me suis également rendu compte que j’apprécie les pays où il y a une histoire, une âme et de la culture. L’Australie est un pays jeune. Il n’y a pas une histoire à proprement parler, pas d’architecture reconnaissable, peu ou pas de pièces de théâtre ou de musées par exemple. Cette expérience m’a permis d’ouvrir les yeux à ce sujet. C’est un pays tellement vaste qu’il est difficile d’y retrouver une identité.

Cela fait plus d’un an que je suis partie d’Australie. J’ai eu le temps de prendre du recul. Parfois, je me dis que j’aurais dû changer de ville ou voyager, ou moins fréquenter d’Européens. Mais à la fin, je n’ai écouté que mon ressenti qui me disait de partir. Donc je n’ai aucun regret.
pvtistes : Avec le recul, qu’est-ce que ce PVT t’a apporté ?
Mélanie : Cela m’a permis de mieux me connaître. De m’adapter encore plus devant chaque situation. De grandir. D’avoir conscience de problèmes que je ne voyais pas avant comme, par exemple, la place des immigrés dans nos sociétés. La découverte du métier de barmaid et plus globalement de l’hôtellerie-restauration.

Aujourd’hui, j’ai retenté l’expérience de l’expatriation, mais à Londres. Je suis toujours barmaid dans un pub. Mais cette fois-ci on ne se moque plus de mon accent. Sans cette expérience vécue en Australie, je ne serais sûrement pas ici !
pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste en Australie ?
Mélanie : De savoir pourquoi il souhaite faire un PVT (travail, argent, langue). De connaître dans quel genre d’environnement il aime évoluer (nature vs ville). Je lui conseillerais de s’écouter lors de son PVT, d’être à l’écoute de son instinct et de ses ressentis. D’être adaptable. Mais avant toute chose, je lui demanderais de s’éclater, de prendre du plaisir dans chaque chose !
pvtistes : Et maintenant, quels sont tes projets ?
Mélanie : Je vais rester encore quelques mois à Londres pour économiser avant de repartir voyager si la situation sanitaire le permet.
J’envisage de marcher sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle, de voyager avec le Transsibérien, de visiter les pays d’Asie du Sud-Est et l’Inde.

Concernant l’aspect professionnel, j’aspire à être encore plus indépendante et avoir plus de liberté. Je viens donc tout juste de créer un blog qui accompagne les femmes pour oser voyager seule.
J’ai également un projet lié à mon expérience vécue en Australie en tête. Un projet qui permettra de rapprocher pvtistes et locaux ! Je n’en dis pas plus pour l’instant… 😉

Merci à Mélanie pour cette interview ! Retrouvez-la sur son blog en cliquant ici.

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2 Commentaires

Emeline
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Salut ! Merci beaucoup pour ce témoignage, je ressens de plus en plus la même chose que toi et j’ai aussi pris la décision de partir (du QC) – alors que ce n’était pas du tout le plan de base – pour retourner en FR. Parfois, s’écouter et savoir écouter l’environnement (aka ma mère haha), est une très bonne décision ! J’ai également le même sentiment niveau histoire, culture et débat. Parfois j’ai de bonnes discussions mais souvent ça tourne en rond ou alors je me fait dire que je suis « snob ». J’entends trop peu de gens qui s’expriment sur le sujet par peur des remarques surtout de la part d’expatriés qui ont « réussi » selon leurs critères. Parfois, on est juste pas tombé au bon moment avec les bonnes personnes. Parfois on est juste pas prêts nous-mêmes. Il y a beaucoup de facteurs à un départ, l’essentiel, c’est de se sentir bien 🙂 Emeline
Mélanie
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Bonjour Emeline, Merci pour ton commentaire et témoignage pertinent. Je rejoins tout à fait ton point de vue. De nous jours, c’est tellement facile d’afficher sa vie idéale sur Instagram que de parler des points négatifs liés à une expatriation. S’adapter dans un nouveau pays n’est pas chose aisée. Et c’est difficile d’en parler, les gens ayant une image idéalisé de tel ou tel pays. Notre état d’esprit compte énormément sur ce qu’on peut ressentir lors d’un voyage ou d’un PVT, tout comme les personnes que l’on va rencontrer. J’ai aussi eu ce sentiment de tourner en rond et de ne pas être à ma place. J’ai la chance d’être libre de mes mouvements acquis grâce à une certaine sécurité financière mais surtout lié à mon état d’esprit. Je me demande toujours, et si je mourais maintenant, suis-je à la bonne place? Suis-je épanouie dans ce que je fais. Si, la réponse est non, alors je pars. Mélanie

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