Mélissa, pvtiste et au pair à Daejeon (Corée du Sud)

Date de publication : 13-05-2022

Localisation

Dong-gu, Corée du Sud

Dernier diplôme obtenu

BTS

pvtistes : Bonjour Mélissa, peux-tu te présenter ?
Mélissa : Bonjour, moi, c’est Mélissa, j’ai 24 ans et je viens tout droit de Bretagne. Après 2 ans d’attente et d’espoir me voilà enfin en Corée du Sud pour mon PVT. Je suis ici en tant qu’au pair et j’espère te faire voyager avec moi.
pvtistes : Pourquoi as-tu choisi la Corée du Sud pour ton PVT ?
Mélissa : En 2019, pendant mon BTS tourisme, j’ai eu la chance de faire un stage en Chine qui m’a permis de passer une semaine en Corée du Sud. Déjà passionnée, à l’époque, par la culture sud-coréenne, ce premier voyage m’a donné encore plus l’envie d’y vivre et d’apprendre sur place la véritable culture coréenne. Comme beaucoup, j’ai été influencée par la Kculture en termes de musique, cinéma, beauté ou encore de fashion.
pvtistes : Tu as été dans les premières à faire une demande de PVT pour la Corée de Sud depuis la réouverture. Comment s’est passé ta demande de visa après ces deux années de fermeture ?
Mélissa : À la fin de mes études en 2020 et en pleine pandémie, me voilà prête à partir vivre cette expérience unique qu’est le PVT. Seulement, voilà, le Covid-19 est arrivé. Comme pour beaucoup, ce petit malin a mis un frein à mes projets. En vue de l’augmentation des cas et de la frayeur autour du Covid-19, de nombreux pays dont la Corée du Sud ont fermé leurs portes. Me voilà plongée dans une attente me paraissant interminable. Déterminée et pleine d’espoir, je décide de m’occuper à autre chose et trouve un emploi en 2020 jusqu’en octobre 2021. De cette façon, le temps est passé bien plus vite et j’ai pu mettre de l’argent de côté. À la fin de mon contrat à l’hiver 2021, bonne nouvelle la Corée du Sud avait rouvert ses portes aux touristes, cependant pas de nouvelles du PVT… Mais ce n’est pas grave, je garde espoir. Je décide de partir en Corée du Sud seule, pour un séjour touristique de 3 mois. Vous l’imaginez bien, ces 3 mois m’ont permis de voir qu’il y a ici tellement de choses à découvrir. Tellement, que 3 mois, c’est bien trop court. Je rentre en France heureuse mais aussi frustrée, car oui, pendant mon séjour, les restrictions covid étaient en place et il était parfois compliqué pour en tant que touriste de vivre son séjour coréen normalement. Bon, cela ne m’a pas empêchée d’adorer mon séjour de novembre à février et de découvrir davantage de choses sur la culture sud-coréenne. Mais voilà que des bonnes nouvelles sont annoncées. Oui, l’ambassade coréenne annonce enfin le retour du visa Vacances-Travail courant mars 2022. Quelle nouvelle ! Une fois en France, pas de temps à perdre, la délivrance des PVT reprend le 15 mars, nous sommes aux alentours du 25 février, je ne dois pas traîner. Je me rends donc sur le site mis à jour de l’ambassade coréenne et celui du KVAC, le centre chargé de la réception des demandes de visa pour la Corée. Sur le site, les explications sont plutôt claires et me permettent de m’organiser en amont. Je commence déjà par effectuer le virement bancaire de 60 € au KVAC (+10 € si besoin d’un renvoi par courrier). Une fois le feu vert du KVAC pour que j’envoie mon dossier, je commence à remplir et à préparer les documents nécessaires, comme le formulaire de demande de visa, avec une photo d’identité, mon programme pour mon séjour, les documents de “self isolations” ou encore mon billet d’avion tout juste acheté pour un départ prévu le 25 avril. Une fois ces papiers complétés, il me reste de nombreux appels à passer. Un des plus importants était certainement celui pour l’assurance me couvrant en cas de problème sur place. Une fois l’attestation reçue en français, mais aussi en anglais au cas où, je l’imprime et l’ajoute à mon dossier. Les jours passent et le stress arrive, la date du 15 mars est maintenant très proche, mais mon dossier n’est pas fini. Il me faut encore plusieurs documents dont l’attestation bancaire, le certificat médical ou encore l’apostille de mon casier judiciaire. En l’espace de quelques jours, je prends rendez-vous chez mon médecin qui me rédige, en anglais, une lettre attestant de ma bonne santé et de mon aptitude à voyager. Je demande une attestation de revenus à ma banque et je reçois mon casier judiciaire par e-mail. Finalement, j’envoie mon dossier le 23 mars en espérant que tout soit complet et en ordre. Trois jours plus tard, je reçois un appel du KVAC m’expliquant que mon casier judiciaire n’est pas valide, car il n’est pas apostillé. Bravo Mélissa ! Comment as-tu fait pour ne pas comprendre cette étape ? Et bien voilà, je pensais simplement que l’on recevait notre casier judiciaire déjà apostillé, mais pas du tout ! En panique, je fais des recherches et je comprends vite que je dois envoyer mon casier judiciaire à la Cour d’appel de Rennes pour qu’il y soit apostillé. Je me rends donc sur Rennes depuis Brest et direction la Cour d’appel pour y faire apostiller mes papiers. Bon au moins maintenant, je sais quelles erreurs ne plus faire. Dans l’heure qui suit je scanne mon casier judiciaire apostillé et le fait parvenir au KVAC par e-mail. Et enfin, une semaine plus tard, j’apprends que mon visa est prêt et que je peux venir le récupérer. Habitant en Bretagne, je décide de le récupérer le jour de mon vol, le 25 avril, entre 14 h et 15 h. Sachant que mon vol était à 21 h cela me laissait le temps d’y aller tranquillement. Eh oui, au moment de partir, j’ai versé une petite larme, je dois l’avouer.
pvtistes : Raconte-nous ta préparation pour ton départ.
Mélissa : En dehors de la préparation du visa, un tel départ doit être organisé en avance. Premièrement, il est important, voire même essentiel de suivre les actualités des autorités coréennes. Avant mon départ, je me suis assurée de vérifier tous les jours qu’il n’y avait pas de grands changements sur les conditions d’entrées ou sur les restrictions sur place. Par chance, la quarantaine n’est maintenant plus obligatoire pour les personnes vaccinées. Vous l’aurez compris, j’ai expérimenté la quarantaine de 10 jours en novembre dernier et le temps était très très long. Une fois ces vérifications faites, j’ai aussi regardé le temps et les températures. Car oui, les habits ça pèse dans la valise, alors il vaut mieux ne pas trop prendre de vêtement d’hiver si j’arrive en période de fortes chaleurs. Mais n’oublions pas que l’hiver en Corée est froid. Cet hiver, j’ai pu expérimenter les -16 degrés. Ça change de la Bretagne, alors il vaut mieux être prêt. Et oui le PVT, c’est 1 an, il y a le temps de voir et vivre toutes les saisons. Une fois le problème des vêtements résolu, la nourriture ! Bon si ça peut vous rassurer, en Corée, on mange plutôt bien, même très bien. En plus des cadeaux bretons que je ramène à ma famille, je mets de côté dans ma grande valise des petits gâteaux français. Mais sans vous mentir, la France est bien représentée en Corée et il est très facile de retrouver des produits de chez nous ici. Du beurre demi-sel ou encore du fromage Mme Loik, vous y croyez ? Le vendredi avant mon départ, je prends rendez-vous pour le dimanche pour mon test PCR. Car pour rentrer sur le sol coréen, il est obligatoire de présenter un test PCR négatif datant de 48 h maximum avant le départ. Mon résultat tombe le jour du départ, lundi midi, pour un embarquement prévu à 20 h 30. Petit conseil : si votre départ se fait de Charles de Gaulle et que vous n’avez pas eu le temps d’imprimer les résultats de votre test PCR, il est possible de l’imprimer dans la pharmacie du Terminal 2E. Valises faites, passeport prêt, notice de visa, test PCR négatif, et bien plus qu’à s’envoler !

pvtistes : Et ton arrivée sur le sol coréen ?
Mélissa : En route vers l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, une dernière vérification des documents nécessaires est à faire. Histoire d’être vraiment prête. Une fois débarqué et après 12 h de vol, je présente mon Q-code et les documents d’entrée sur le territoire que nous avons reçu dans l’avion au premier comptoir, « QUARANTINE DESK”. Je suis agréablement surprise de la rapidité du processus. Une fois mon Q-code scanné, on m’explique que je n’ai pas de quarantaine à faire, mais simplement un test PCR dans les 24 h suivant mon arrivée et un auto-test, le 6ème ou 7ème jour après mon arrivée. On m’envoie ensuite au comptoir immigration où cette fois, je dois présenter mon passeport, mes empreintes et montrer mon visage à l’agent. La file d’attente est plutôt longue, mais étant donné que tous mes documents étaient prêts et imprimés je suis dans les premières personnes à passer. Après 20 minutes de queue, c’est à mon tour. Et en l’espace de 5 minutes et bien s’était fini ! Me voilà en Corée ! Je récupère mes valises et me dirige vers le métro au niveau B1 presque surprise qu’il n’y ai pas d’autres étapes. Je prends donc le métro direction Séoul Station, pour ensuite prendre un train en direction de ma nouvelle maison Daejeon.

pvtistes : Que fais-tu pendant ton PVT ?
Mélissa : Pour mon PVT, j’ai décidé de découvrir la culture coréenne en vivant avec une famille d’accueil. Je suis donc ici en tant que fille au pair.
pvtistes : Pourquoi avoir choisi d’être fille au pair ?
Mélissa : Je pense qu’être au pair est une chance pour moi de vivre la culture et d’en apprendre davantage, mais aussi de partager ma propre culture. C’est ma 3e expérience. Mon premier départ était en 2017, en Angleterre puis en Chine en 2018. Les enfants que je garde ont accès à une autre culture et en apprennent aussi beaucoup sur le monde. C’est aussi, d’après moi, la meilleure façon de voyager. Car oui être au pair, c’est donner de sa personne en s’occupant des enfants, en leur apprenant une nouvelle langue, en sortant de sa zone de confort, mais c’est aussi absorber des savoirs que parents comme enfants peuvent nous transmettre. La manière dont je perçois mon expérience, n’est pas du tout comme un travail, mais plutôt comme une chance. Je suis en Corée, logée, nourrie, je peux découvrir la vie ici, mais aussi partager mon savoir avec des personnes formidables, qui m’accueillent à bras ouverts.
pvtistes : Comment as-tu trouvé ta famille d’accueil ? Quelles ont été les démarches à faire ?
Mélissa : J’ai trouvé ma famille d’accueil courant 2020, quelque temps avant la fermeture des frontières. Il existe de nombreux sites comme aupair.com, sur lequel j’ai trouvé toutes mes familles. Malheureusement, le covid m’a empêché de partir et j’ai attendu quelque temps avant de les retrouver. Les démarches sont plutôt simples. Sur le site aupair.com, que j’ai toujours utilisé, il suffit simplement de se créer un compte avec un profil détaillé, dates et pays souhaités. Puis selon les critères correspondants, des familles sont proposées. À partir de là, il ne reste plus qu’à discuter avec les familles. La plupart du temps, des rendez-vous vidéo sont organisés de façon à ce qu’il y est un véritable échange. Je recommande d’ailleurs d’en faire plusieurs, car c’est important de savoir chez qui l’on va vivre. Pour ma part, je voulais absolument trouver une famille en Corée du Sud et par chance, je l’ai trouvée. Nous avons longuement communiqué par messages puis en vidéo. Et nous nous sommes choisis. J’ai évidemment posé beaucoup de questions et inversement. Par exemple, la famille voulait savoir si j’étais expérimentée en garde d’enfants, mon niveau de langue en anglais, etc. J’ai aussi pour ma part posé des questions comme, quelle est la journée type, où est-ce qu’ils vivent, etc. Car, attention, pour recevoir quelqu’un chez soi, les familles doivent remplir quelques critères et suivre des règles imposées comme, par exemple, avoir une chambre dédiée pour la personne, verser une certaine somme de salaire/argent de poche ou encore laisser au moins 2 jours off consécutifs. Une fois mon choix fait, la famille m’a vite rappelé pour me dire qu’elle souhaitait que je devienne leur au pair. J’ai donc confirmé que moi aussi, et le temps de pouvoir me rendre chez eux, nous sommes restés en contact. Il y a généralement un contrat à signer, histoire que les deux partis soient d’accord. Maintenant plus qu’à arriver.
pvtistes : Comment s’est passée ton arrivée et tes premiers jours dans ta famille d’accueil ?
Mélissa : À ma grande surprise, les enfants m’ont tout de suite bien reçu. Les parents aussi. Je n’ai pas du tout ressenti de malaise ou de gène, la connexion s’est faite rapidement. Les premiers jours se sont très bien passés aussi, j’ai tout de suite découvert la cuisine coréenne maison, l’organisation des journées, mon quartier, etc. Les enfants eux m’ont adoptée directement et quel soulagement. Le chat aussi d’ailleurs, très important ! Les voisins eux aussi sont très gentils et accueillants, ils sont très ouverts d’esprit et ils apprécient échanger avec moi. Je me suis adaptée très vite à la vie de tous les jours.
pvtistes : “À ma grande surprise”, est-ce que tu pensais être moins bien accueillie par les enfants ?
Mélissa : Il est vrai que la plupart du temps, les enfants prennent plus de temps à s’adapter aux nouvelles personnes. À l’étranger comme en France, ils sont généralement timides et n’osent pas communiquer, surtout quand il y a la barrière de la langue. Avant d’arriver, je m’attendais à ce que les enfants soient plus réservés et timides, ou même à ce qu’ils ne veuillent pas rester avec moi ou qu’ils m’ignorent les premières heures. Mais au final pas du tout. Bien qu’ils ne soient pas bilingues en anglais, ils ont tout de suite essayé de communiquer avec moi, en se présentant et en me mettant du vernis à ongles.
pvtistes : Comment se passe la communication avec ta famille ? Quelle(s) langue(s) vous parlez ?
Mélissa : À la maison, nous communiquons principalement en anglais, car en tant qu’au pair, je suis ici pour faire évoluer les enfants dans un milieu où l’anglais est parlé. Il arrive cependant que nous échangions quelques mots en coréen, bien qu’à l’heure actuelle, je ne sois pas très à l’aise pour le parler, mais j’arrive à le comprendre. Je vois déjà que les enfants sont plus à l’aise en anglais qu’au départ, j’essaie de leur enseigner la langue en jouant, de façon à ce que cela soit plus amusant. Parfois, il m’arrive de leur apprendre quelques mots en français. C’est jeune qu’il faut apprendre pour que ça reste en mémoire plus tard.
pvtistes : Peux-tu nous raconter une journée type ?
Mélissa : Ma journée type commence généralement entre 7 h et 7 h 30. Toute la famille se lève et moi avec. J’aide les enfants avec leur petit-déjeuner et je déjeune avec eux. Ensuite, j’aide à leur préparation pour l’école, sans faire les choses pour eux, mais plutôt en les motivant, comme une grande sœur. Une fois prêts, ils partent généralement à l’école avec leurs parents ou le bus scolaire. S’il fait beau et qu’ils sont motivés, il m’arrive de les déposer à pied. Une fois les enfants partis, je fais comme chez moi, je range si besoin, puis je me prépare pour ma journée. Quand les enfants sont à l’école, cela me laisse la journée de libre pour faire ce qu’il me plaît. Alors souvent, je vais marcher en ville, manger, boire un café, étudier ou rencontrer mes amies. Aux alentours de 17 h -18 h les enfants rentrent de leur HAGWONS (cours privés) en navette. La soirée est plutôt relaxante, c’est surtout sur ces heures que nous passons du temps ensemble à apprendre l’anglais, jouer, manger, etc. Les journées sont longues pour eux alors j’essaie d’être ludique et originale pour l’apprentissage, car c’est en s’amusant et dans la vie de tous les jours qu’ils apprennent le mieux. Ici, les enfants n’ont pas de devoirs donnés par l’école comme j’ai pu en avoir en France. Ils ont parfois des exercices à faire, mais cela vient de leurs professeurs particuliers.

pvtistes : Est-ce que tu peux nous parler des différences d’éducations que tu as remarquées entre la Corée et la France ?
Mélissa : Le système éducatif français et celui en Corée sont très différents ainsi que la façon dont les parents éduquent leurs enfants. En arrivant en Corée, j’avais cette appréhension de rencontrer une famille vraiment stricte envers les enfants et l’école, un peu comme les histoires qu’on entend et qui sont parfois choquantes pour nous français. Mais à l’heure actuelle, rien de tel ne m’a choquée comme j’aurais pu imaginer, ma famille est très ouverte d’esprit et très aimante. Ayant eux-mêmes vécus la pression scolaire plus jeune, ils ne veulent pas que leurs enfants vivent la même chose. Il est important de savoir qu’en Corée le succès a une place extrêmement importante, souvent les enfants sont soumis à un stress et une pression très forte, ce qui pousse certains à commencer leurs journées à 7 h jusqu’à 22 h. Une journée bien remplie entre l’école, les cours particuliers et les devoirs en autonomie. Je ne vis pas ça ici du moins dans ma famille, les enfants sont heureux, ont le droit de choisir quelles activités ils souhaitent faire, s’ils ne réussissent pas un devoir à l’école ce n’est pas grave. Je pense que c’est le meilleur environnement pour les enfants. En dehors de cet aspect scolaire, je pense qu’ici les enfants sont autonomes, très jeunes. Ils ont souvent l’habitude de rentrer seuls dès les premières années de primaires, ils ont tous des téléphones très très jeunes et sont même souvent seuls chez eux le soir en attendant que leurs parents rentrent. Dans les cafés, beaucoup sont y ici pour étudier et souvent, dans les résidences, au rez-de-chaussée, les bâtiments sont équipés de petites salles d’étude pour ceux qui souhaitent réviser. Dans la vie de tous les jours, les Coréens sont très accueillants bien que souvent, ils n’osent pas venir parler aux étrangers. Ce n’est pas méchant, mais c’est plutôt de la crainte. La crainte de ne pas savoir bien communiquer. Perfectionnistes, ils sous-estiment souvent leur niveau d’anglais et pensent être très mauvais. Ils ont donc peur de parler. Mis à part cela, les Coréens sont très polis et très respectueux. La politesse envers les aînés est très importante ici, et je trouve ça remarquable.
pvtistes : Quels sont les avantages d’être en PVT et au pair ?
Mélissa : Être au pair en Corée, c’est pouvoir vivre la vraie vie coréenne, découvrir la culture de A à Z, être totalement immergé. C’est aussi devoir comprendre et parler la langue. Car à la maison, il est vrai qu’entre eux, la famille parle souvent coréen et quand nous avons de la visite ou si nous allons rendre visite aux proches dont les grands-parents, il vaut mieux comprendre et savoir s’exprimer un minimum. Alors, oui, à force d’entendre parler autour de soi, on devient forcément meilleur. C’est aussi faire des économies, car on n’a pas de frais de logement ou de nourriture. En plus, chaque mois, je touche de l’argent de poche à hauteur de 300.000 W (250 €), cela peut paraître peu, mais pour ici, c’est amplement suffisant. En plus, lorsque les enfants ne sont pas à la maison, je suis totalement libre, je peux donc partir la journée, visiter, rencontrer de nouvelles personnes, aller à mes cours de coréens ou même participer à des sessions de tutorat où il est possible de tutorer le français ou même l’anglais à des étudiants ou autres souhaitant pratiquer la langue.
pvtistes : Quels sont les inconvénients ?
Mélissa : Pour ma part, je ne vois pas d’inconvénients, je trouve cette expérience unique et mémorable.
Cependant, il faut quand même être prêt à vivre avec des inconnus, à se sentir à l’aise chez eux. Oui, au pair, c’est vivre avec la famille et se sentir comme chez nous. Pour certains ça peut être un frein, mais je pense encore une fois que c’est la meilleure façon de vivre à l’étranger. C’est aussi, apprécier les enfants et savoir garder son calme. Les enfants sont parfois imprévisibles et ont eux aussi des mauvaises journées. Il arrive que les semaines soient longues. Il faut savoir vivre avec et cela peut être vu comme une contrainte.
pvtistes : Que fais-tu pendant ton temps libre ?
Mélissa : Pendant mon temps libre, en semaine, je reste généralement dans la ville où j’habite, je prends le temps de découvrir de sortir, de planifier mes week-ends et vacances en amont et parfois même de simplement me reposer. Il m’arrive aussi de me concentrer sur du montage vidéo quand je décide de sortir des vlogs de ma vie en Corée. Les journées sont calmes et comme il y a beaucoup de cafés aux styles différents, c’est très sympa d’y aller pour travailler dans le calme avec une bonne boisson.
Deux fois par semaine, je participe à des cours de coréens proposés par la ville. C’est ouvert à tout le monde et ce n’est pas un cursus universitaire donc très facile d’accès et souvent gratuit. Les week-ends, je suis totalement libre, et j’en profite pour découvrir d’autres villes. Daejeon est une ville reliée à toutes les autres par le train, c’est donc facile de bouger. Séoul étant à 50 minutes d’ici je m’y rends souvent dès le vendredi soir, mais j’ai aussi eu la chance de visiter Busan et Jinju. Évidemment, il y a beaucoup plus à découvrir que ces deux villes et vivement d’autres découvertes.

pvtistes : Quels sont tes projets pour la suite de ton année ?
Mélissa : Le PVT promet une année magique de découvertes et d’apprentissage. J’ai de nombreux projets ici et j’espère qu’en 2023, je serai comblée après une telle expérience. J’ai décidé de partager mon aventure comme beaucoup via les réseaux sociaux, entre autres Youtube et TikTok. Je débute, mais ce n’est pas grave, je veux partager et garder des souvenirs. J’espère aussi, pendant toute cette année, apprendre comme il se doit, la langue coréenne. Je ne veux pas en rester aux bases comme bonjour, au revoir ou merci (même si c’est déjà très utile). En tant qu’au pair, je souhaite tout d’abord continuer ma petite vie avec ma famille d’accueil, que j’affectionne beaucoup. J’espère aussi créer de nombreux souvenirs avec les enfants que je garde et laisser une trace dans leur mémoire. Les enfants sont un peu notre avenir, et le partage des cultures ne peut que leur faire du bien. J’aime leur expliquer que le monde est différent, que chacun est spécial à sa façon ou encore qu’une personne peut avoir des cheveux frisés, l’autre lisse, mais que c’est normal. Ce sont des petites choses qui pourront changer leur perception du monde et c’est le plus beau dans ce travail. J’aime rencontrer de nouvelles personnes et j’espère faire de nouvelles rencontres qui, elles aussi, pourront m’apprendre beaucoup. Je veux aussi partager mes connaissances, ma culture, représenter la France. Alors, oui, je compte bien faire des crêpes à quiconque me demandera. De plus, je pense que vivre à l’étranger est un challenge personnel. Comme beaucoup, je suis anxieuse et parfois, le fait de sortir seule en France ou en Corée me rend nerveuse, mais cela n’enlève en rien ma passion pour le voyage. Chaque jour, je me mets au défi de faire quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, je vous écris et je vous partage mon aventure, car il est temps pour vous, pour toi, de vivre la tienne ! Alors on se voit bientôt en Corée ? 😉

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