Grâce au visa Vacances-Travail, vous avez la possibilité de travailler au Brésil. Dans les faits, toutefois, la situation est un peu plus complexe que dans certains autres pays. Entre un marché du travail particulier et des démarches administratives parfois longues, il peut être difficile de trouver un emploi rapidement à son arrivée.
C’est pourquoi nous vous recommandons de ne pas partir avec la nécessité de travailler immédiatement pour subvenir à vos besoins. Voici quelques éléments pour mieux comprendre la situation.
Le marché du travail au Brésil
Tour d’horizon de la situation au Brésil
Le marché du travail au Brésil présente aujourd’hui des indicateurs globalement en amélioration, mais reste marqué par de fortes inégalités structurelles.
Selon l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE), le taux de chômage au Brésil en 2026 est sous la barre des 6 %, un niveau relativement bas pour le pays et en nette amélioration par rapport aux années précédentes. Cette baisse traduit une reprise de l’activité économique et un certain dynamisme dans des secteurs comme le commerce, l’administration publique, l’éducation, la santé et les services sociaux.
Cependant, ce taux de chômage ne reflète pas entièrement la réalité du marché du travail brésilien. Le pays reste caractérisé par une forte proportion d’emplois informels, c’est-à-dire exercés sans contrat ni protection sociale. Toujours selon l’IBGE, environ 38 à 40 % des travailleurs occupent un emploi informel. Cette proportion peut dépasser 50 % dans certaines régions, notamment dans le Nordeste.
Cette informalité massive contribue à maintenir une grande partie de la population dans des situations précaires, avec des revenus instables et peu de protections. Elle participe également à des inégalités sociales très marquées. D’après la Banque mondiale, le Brésil reste l’un des pays où les écarts de revenus sont les plus importants, avec une répartition des richesses très inégale.
Inégalités de sexe et inégalités de couleurs
Le Brésil reste un pays où les rôles de genre sont encore marqués par certaines traditions, même si les mentalités évoluent progressivement. Il existe par ailleurs de fortes disparités régionales. De manière générale, les grandes villes du Sud et du Sud-Est (comme São Paulo ou Porto Alegre) tendent à être plus égalitaires, tandis que certaines régions du Nord et du Nordeste restent plus conservatrices dans la répartition des rôles au sein du foyer. Cela reste bien sûr à nuancer : il s’agit de tendances globales et non de réalités uniformes.
Sur le marché du travail, les inégalités entre les femmes et les hommes persistent. D’après les données de l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE), le taux d’activité des femmes reste inférieur à celui des hommes : environ 54 à 57 % des femmes sont en emploi ou en recherche d’emploi, contre près de 73 à 75 % des hommes.
Les écarts de salaire sont également importants. Selon l’IBGE et des analyses relayées par l’Organisation internationale du travail, les femmes gagnent en moyenne environ 20 % de moins que les hommes à poste et niveau de qualification comparables. Cet écart peut être encore plus marqué pour les postes les plus qualifiés.
Les inégalités sont encore plus fortes lorsqu’on croise le genre et l’origine ethno-raciale. Les femmes noires sont parmi les plus défavorisées sur le marché du travail. Elles occupent souvent des emplois informels et moins bien rémunérés.
Où travailler au Brésil ?
Comme partout dans le monde, toutes les villes du Brésil ne se valent pas en termes d’opportunités professionnelles. De manière générale, ce sont les grandes métropoles qui concentrent le plus d’emplois, mais certaines villes secondaires peuvent aussi offrir de bonnes perspectives selon les secteurs.
Parmi les villes les plus dynamiques, São Paulo reste la principale référence. Véritable capitale économique du pays, elle concentre une grande partie des entreprises, notamment dans la finance, le marketing, la tech et les services. C’est généralement la ville offrant le plus d’opportunités, mais aussi l’une des plus compétitives.
Rio de Janeiro reste également un pôle important, notamment dans les secteurs du tourisme, de l’énergie (pétrole) et des services, même si son marché du travail est plus instable que celui de São Paulo.
Dans le Sud, des villes comme Curitiba et Porto Alegre sont réputées pour leur qualité de vie et leur tissu économique diversifié (industrie, innovation, services). Elles attirent de plus en plus d’entreprises et offrent des opportunités intéressantes.
D’autres villes tirent leur épingle du jeu :
- Belo Horizonte, dynamique dans les secteurs de la tech et des services
- Brasília, où l’on retrouve de nombreux emplois publics et des salaires moyens plus élevés
- Goiânia, en croissance, notamment dans l’agroalimentaire et les services
- Maringá, souvent citée pour sa qualité de vie et son bon niveau de développement
- le coût de la vie varie fortement selon les villes
- les écarts de revenus sont très importants
- une grande partie des travailleurs perçoivent des revenus inférieurs à la moyenne
Aujourd’hui, d’autres pôles gagnent aussi en importance, notamment dans le Nordeste, comme Recife ou Fortaleza.
En termes de salaires, les niveaux les plus élevés se trouvent généralement à Brasília, suivie de São Paulo et Rio de Janeiro, selon les données de l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística. Cependant, ces écarts doivent être mis en perspective avec le coût de la vie, souvent plus élevé dans ces grandes villes.
Est-il possible de travailler au Brésil et dans quels secteurs ?
Comme mentionné précédemment, oui, il est possible de travailler au Brésil. En revanche, dans les faits, cela peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît. Au-delà des démarches administratives, il faut aussi prendre en compte la réalité du marché du travail brésilien, marqué par une forte concurrence et un poids important de l’informalité.
Un élément clé à considérer : votre niveau de portugais. Même si l’anglais est un peu plus présent dans les grandes villes et certains secteurs, la grande majorité des Brésiliens ne le parle pas couramment. Avoir au moins des bases solides en portugais est donc fortement recommandé, voire indispensable, surtout pour les emplois en contact avec le public.
Obtenir la carte de travail
Avant même de chercher un emploi, vous devez être autorisé à travailler légalement. Cela passe notamment par l’obtention de la Carte de Travail. Nous vous invitons à consulter notre dossier à ce propos.
Attention, ne vous emballez pas, cela peut prendre plusieurs semaines ! Vous devez au préalable avoir fait votre RNM et la manière dont finaliser cette carte de travail est un peu floue. À ce jour nous n’avons rencontré personne qui soit allé jusqu’au bout (n’hésitez d’ailleurs pas à nous faire vos retours sur ce point en commentaire). Il est donc important d’anticiper une période pendant laquelle vous ne pourrez pas travailler immédiatement à votre arrivée.
Le salaire
Le niveau de rémunération au Brésil reste globalement bas, surtout comparé à la France.
Le salaire minimum national est fixé à 1 621 R$ par mois en 2026, soit environ 270 € selon le taux de change. Le salaire moyen, quant à lui, se situe autour de 2 800 à 3 000 R$ mensuels (environ 470 à 500 €), d’après les données de l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística.
Ces montants doivent toutefois être relativisés :
En pratique, il est difficile de couvrir l’ensemble de ses dépenses (logement, alimentation, transports, loisirs) uniquement avec un emploi local peu qualifié.
Les secteurs qui recrutent le plus
Il existe peu de données précises et récentes sur les secteurs qui recrutent le plus au Brésil, mais certaines tendances se dégagent. Le secteur des services reste de loin le principal recruteur. Il regroupe notamment le commerce, la restauration et les métiers en contact avec la clientèle. Ces postes sont souvent les plus accessibles, notamment pour les personnes sans expérience locale, mais ils sont aussi fréquemment peu qualifiés et parfois précaires.
Le tourisme et l’hôtellerie représentent des sources d’emploi importantes, en particulier dans les grandes villes comme Rio de Janeiro ou dans certaines régions du Nordeste très fréquentées. Les opportunités peuvent varier selon la saison, mais ce secteur peut être intéressant pour les étrangers, notamment dans les zones touristiques où la maîtrise d’une langue étrangère est un atout.
Par ailleurs, des secteurs plus traditionnels comme l’agriculture, l’agroalimentaire et la construction continuent de jouer un rôle important dans l’économie brésilienne. Ils offrent des opportunités dans différentes régions du pays, mais les conditions de travail peuvent être variables et parfois exigeantes.
Enfin, certains secteurs sont en croissance, notamment la tech et le numérique, surtout dans des pôles comme São Paulo, Belo Horizonte ou Recife. Ces emplois sont généralement plus qualifiés et nécessitent des compétences spécifiques, mais ils offrent de meilleures perspectives en termes de salaire et de stabilité.
Pour les pvtistes, le fait de parler français, et éventuellement anglais, peut constituer un avantage dans certains domaines comme l’enseignement des langues ou le tourisme. Ces options permettent parfois de s’insérer plus facilement sur le marché du travail, notamment lorsque le niveau de portugais est encore limité.
Le volontariat : une alternative au travail formel
Face aux difficultés d’accès au marché du travail au Brésil, le volontariat peut représenter une alternative intéressante, notamment en début de séjour. Il permet de découvrir le pays, d’améliorer son niveau de portugais et de s’intégrer plus facilement dans la vie locale, tout en limitant ses dépenses.
Le volontariat repose généralement sur un échange de services : en contrepartie de quelques heures de travail par jour (souvent entre 4 et 6 heures), vous êtes logé, parfois nourri. Les missions proposées sont variées : aide dans des auberges de jeunesse, soutien dans des projets sociaux, participation à des initiatives environnementales ou encore aide dans des fermes.
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