Marine, en PVT à Salvador (Brésil) : la danse comme fil rouge

Date de publication : 10-11-2022

Localisation

France

Profession

Educatrice spécialisée

pvtistes : Bonjour Marine, peux-tu te présenter ?
Marine : Bonjour ! Je m’appelle Marine, j’ai 31 ans (oui j’ai réussi à obtenir le PVT à la toute limite !). Je vis depuis 3 ans à Toulouse mais j’ai vécu avant à Marseille, Lyon et Paris. En France je suis éducatrice spécialisée, je travaille majoritairement avec des familles, des couples ou des femmes seules avec ou sans enfant en situation de précarité dans des centres d’hébergement. Pour le PVT, j’ai obtenu de leur part un congé sans solde, ce qui me permet de faire une grande pause dans ma vie professionnelle (même si j’adore ce que je fais !).
pvtistes : Tu étais déjà venue au Brésil, pourquoi avoir choisi de revenir en PVT ?
Marine : Je suis venue en début d’année 2022 pendant 3 mois et j’ai adoré mais j’ai senti que ce n’était pas suffisant, dans le sens où je cherchais autre chose. Ces trois premiers mois m’ont permis de bien voyager déjà, de prendre la température de différentes ambiances que l’on trouve au Brésil (chaque état, chaque ville pouvant être bien différente). Cette fois-ci, mon objectif est de me poser davantage, de connaître une vie plus locale, une routine et de m’immerger complètement. Je n’ai jamais eu l’occasion de partir en Erasmus, et je pense que cette expérience de « vie quotidienne à l’étranger » me donnait vraiment envie.
pvtistes : Tu es partie à Salvador da Bahia, pourquoi cette destination ?
Marine : J’avais déjà eu l’occasion d’y passer 3 semaines et j’avais adoré… Salvador combine un tas de choses qui me plaisent. C’est une capitale, (nécessaire pour les premières démarches du PVT) c’est très grand mais avec une dimension plus humaine que Rio de Janeiro par exemple.

pvtistes : Comment décrirais-tu Salvador en quelques mots ?
Marine : En quelques mots, c’est difficile pour moi ! Fascinante, musicale, afro-brésilienne… Elle est considérée comme le cœur de la culture afro-brésilienne, elle a une histoire très forte. Je suis en train d’essayer d’en apprendre plus sur les musiques, les styles, les chanteurs et musiciens connus d’ici.
pvtistes : Tu es passionnée de forró, peux-tu nous parler un peu plus de ce style de danse ?
Marine : Le forró c’est une danse originaire du Sertao, c’est une région au climat très aride et cela correspondait aux bals populaires qui permettaient de décompresser, s’amuser, se rencontrer. Le papa du forró est un musicien très connu, Luiz Gonzaga, qui a contribué à le diffuser. Traditionnellement le forró est joué avec trois instruments phares : triangles, zabumba, accordéon. C’est une musique et une danse de couple qui font partie intégrante de la culture nordestine. Aujourd’hui il y a beaucoup d’évolutions du forró, comme le forró electronico, le forro das antigas mais également une affirmation du forró pé dé serra (le traditionnel), notamment dans les milieux plus dansants. C’est ce forró-là que j’ai découvert d’abord en France puis au Brésil. Je pourrais en parler pendant des heures ! Pour résumer c’est une danse de couple avec une proximité physique importante. Il y a plusieurs styles mais on peut trouver des tours comme ce que l’on connaît de la salsa et des jeux de jambes affolants ! Il y a quelque chose d’assez décontracté au forró qui me plait beaucoup. On oublie les talons et on sort les tenues fleuries ou les shorts !
pvtistes : Est-ce que tu as un objectif en particulier ? Ou tu pratiques le forró pour le plaisir ?
Marine : C’est pour le plaisir mais avec une réelle envie de progresser et je suis au bon endroit pour ça. Salvador bénéficie d’une communauté dansante merveilleuse avec pleins de super professeurs ! J’ai aussi envie d’apprendre davantage à guider. C’est un des points forts du forró pour moi en tant que femme. J’ai toute la place de changer de rôle ou d’ajouter des choses dans ma danse même quand je suis guidée.
pvtistes : La pratique du forró te permet-elle de rencontrer plus facilement des Brésiliens / Brésiliennes ?
Marine : C’est clair ! En France, avec le forró, j’ai déjà rencontré plein de nouvelles personnes que ma vie professionnelle ou habituelle ne m’aurait peut-être pas fait rencontrer.
Ici c’est pareil. Et avoir l’occasion de pratiquer une activité commune est un superbe moyen de s’intégrer. J’imagine que les gens qui voyagent pour la capoeira par exemple doivent connaître cette même sensation. Les communautés dansantes de forró s’avèrent au final être un petit monde et il y a beaucoup de connexions avec l’Europe !
pvtistes : Comment vois-tu la suite de ton PVT ? Souhaites-tu t’établir à Salvador ?
Marine : Je m’y suis établie dans l’idée d’y rester 3 mois. Ensuite, je vais un peu bouger, voir quelques amis, une à Itacaré, peut être aller jusqu’à Brasilia et j’aimerais bien aussi aller dans la Chapada Diamantina… Il y a tellement de choses à voir et à faire dans ce pays-continent ! J’envisage de bouger 2 ou 3 mois avant de me rétablir quelque part, que cela soit à Salvador ou ailleurs. J’adore voyager, mais voyager en bougeant tout le temps, pendant plus de 3 mois, me semble assez énergivore et ce n’est pas exactement ce que je recherche actuellement.

pvtistes : Y a t-il une chose que tu aimes particulièrement à Salvador ?
Marine : Le forró… Mais aussi la nourriture du Bahia, les ambiances au coucher de soleil ou encore me balader dans les rues du centre historique (pelourinho, Sao antonio…). Ça fait beaucoup plus qu’une… 😀
pvtistes : À quelqu’un qui souhaiterait s’immerger dans la culture brésilienne, recommandes-tu Salvador ?
Marine : Oui ! Après, c’est comme pour tout, peut-être que certaines personnes seront plus sensibles à l’ambiance de Rio de Janeiro, ça reste personnel et chaque état brésilien me semble avoir une identité différente et riche… J’ai également adoré Rio mais pour moi Salvador détient un bel équilibre entre culture, musique, plages, histoire… Elle à la réputation d’être assez dangereuse mais comme beaucoup de villes brésiliennes je crois…
Pour en savoir plus sur la sécurité au Brésil, lire cet article.
pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste au Brésil ?
Marine : Ne pas attendre d’être au Brésil pour commencer à apprendre les bases du portugais ! C’est tellement magique de pouvoir communiquer dans la langue des locaux et ça aide énormément à s’intégrer. Surtout que l’apprentissage d’une langue peut prendre du temps.
C’est très différent d’une personne à l’autre mais ça va beaucoup plus vite avec des bases et une compréhension de la logique. Par ailleurs, en tant que Français nous restons assez chanceux avec nos bases latines ! Pour l’anecdote, une Brésilienne m’a félicitée en me disant que j’utilisais un vocabulaire assez complexe comme le verbe « assimilar »… Sauf que je n’ai pas beaucoup de mérite puisqu’en français c’est « assimiler ».

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