La contraception et l’IVG dans les pays du PVT

Article publié le 05-11-2018.

L’avortement (l'IVG) dans les pays du PVT

Avorter est un droit (pourtant loin d’être acquis de partout dans le monde) qui peut devenir très difficile d’accès dès que l’on part en PVT. Voici un aperçu de l’accès à l’IVG dans les pays du PVT. Il faut savoir que les assurances PVT maladie-hospitalisation-rapatriement ne couvrent jamais les frais liés à la contraception ou à l’IVG. Il y a peu de chances que vous puissiez bénéficier de la gratuité de l’intervention et des consultations dans les cliniques locales, n’étant pas résident permanent ou citoyen du pays en question.
Dans tous les cas, n’hésitez pas à expliquer votre situation au médecin ou à la clinique d’avortement et à négocier les prix.

Si vous souhaitez avoir une IVG dans un pays où cela est illégal, il y a deux solutions : revenir en France, en Belgique, ou dans un pays où cela est légal, ou avorter illégalement. Les conditions sanitaires d’une IVG clandestine ne sont pas garanties. Pour votre santé mentale et physique, nous vous conseillons, si possible, de l’éviter.
Si cela n’est pas possible, essayez de vous renseigner le plus possible sur la procédure et sur la réputation des soignants qui pratiqueront l’avortement. Cela n’est bien sûr pas évident lorsqu’il s’agit de pratiquer cet acte dans le plus grand secret...

Argentine

L’avortement est interdit et illégal, en Argentine, sauf dans certains cas (viol, dangers pour la santé de la femme et du fœtus). Cependant, même dans ces cas-là, l’accès à l’IVG reste extrêmement compliqué.
Pour avorter, deux solutions : avorter illégalement (cela peut être extrêmement risqué d’un point de vue sanitaire, même si des cliniques le proposent), ou aller dans un pays où cela est autorisé (en Uruguay, notamment, pour les pays frontaliers).
Hélas, après des mois de manifestations en faveur de la légalisation de l'avortement, le Sénat argentin a voté contre, en août 2018. 

Australie

Ce que dit la loi :
L’avortement n’est pas légal dans tous les États australiens. La législation est extrêmement complexe.
Seuls les États de l’Australian Capital Territory, de la Tasmanie (jusqu’à 16 semaines), du Victoria (légalement jusqu’à 24 semaines, mais il est difficile d’y avoir accès à partir de 16 semaines) et du Western Australia (jusqu’à 20 semaines) permettent l’avortement sur demande, sans restrictions. Depuis octobre 2018, le Queensland a autorisé l'avortement jusqu'à la 22e semaine.
Dans les autres États (New South Wales and Norfolk Island, Northern Territory, South Australia), il faut pouvoir justifier d’un danger pour la santé mentale et/ou physique de la femme ou du foetus, ou parfois d’un viol ou de facteurs économiques et sociaux non-favorables. Les définitions de ces facteurs varient en fonction des États.
Il sera donc globalement plus simple de voyager jusqu’à un État où l’avortement est autorisé sans restrictions.

Où avorter ?
Il existe un réseau national de planning Familial, avec une branche différente pour chaque État. Adressez-vous à l’agence la plus proche de chez vous, pour un premier contact, un rendez-vous, ou la recommandation d’une clinique. Vous pouvez aussi faire une recherche Google "Abortion clinics + Nom de l’État".

Le prix :
Le prix est variable tout d’abord en fonction des États, mais aussi des cliniques. Depuis 2013, le prix de l’IVG a drastiquement diminué grâce à la réglementation tarifaire du médicament abortif, il faut donc compter au moins 200 $ (consultation + médicament) pour un avortement médicamenteux.
Pour un avortement chirurgical, les prix peuvent débuter à 1 000 $. À lire : Australie, test de grossesse et avortement.

Brésil

L'avortement est illégal au Brésil, sauf deux conditions : si la vie de la femme est en danger ou si la grossesse non-désirée est liée à un viol. La loi brésilienne criminalise même l'IVG : la femme y ayant recourt risque jusqu'à 3 ans de prison ferme. Afin d'avorter, nous vous conseillons d'aller dans un autre pays d'Amérique latine où il est autorisé ou de rentrer en France au plus vite.

Canada

Au Canada, l'IVG est légale dans toutes les provinces. Il ne semble pas y avoir de limites pour pratiquer l'IVG, même si dans les faits, cela semble difficile d'y avoir accès après 20 semaines.

Si l'IVG est légale, il peut être difficile d'accès, notamment dans les endroits ruraux (par exemple, il n'y a pas de dispensaire sur l'Ile-du-Prince-Edouard, il faudra donc aller en Nouvelle-Ecosse).

Les centres hospitaliers publics seront les principaux lieux où obtenir une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale.
Si l'on est pas couverte par l'assurance provinciale (c'est le cas des PVTistes), une IVG peut coûter de 200  $CA à 1 500 $CA.

L'association Sexual Health and rights met à disposition une liste de cliniques, par province et voici une liste plus exhaustive pour le Québec : Fédération du Québec pour le planning des naissances.

À lire :
Interrompre sa grossesse au Canada, l’avortement
Avortement à Toronto

Chili

L'histoire  de l'avortement au Chili porte le poids du passé et  particulièrement de celui de la dictature, puisque c'est le Général Pinochet qui l'interdit totalement (il existait alors depuis 1931 en cas de danger pour le foetus ou pour la santé de la mère). Près de 30 ans après, le 2 août 2017, une dépénalisation de l'avortement a été votée au Chili mais seulement pour trois cas spécifiques : l'interruption volontaire de grossesse ne peut avoir lieu qu'en raison de risques pour la santé de la mère, d'un foetus non-viable ou en cas de viol. Si cette loi est une avancée historique dans une société profondément conservatrice, elle n'en légalise pas pour autant l'avortement en tant que tel (les femmes concernées par ces exceptions désormais autorisées par la loi ne représenteraient que 3 % des femmes qui avortent). Les blocages existants concernant cette légalisation reposent sur le principe du droit à la vie énoncé dans la Constitution chilienne. Un premier pas donc, mais la marche pour une dépénalisation totale de l'IVG reste longue.

Toutefois, en cas de besoin, sachez que "la première et unique unité hospitalière du pays spécialisée dans les interruptions de grossesse [se trouve] au sein de la maternité de l'hôpital San José, à Santiago" (interview de Libération).

Corée du Sud

Ce que dit la loi :
L’avortement chirurgical est interdit et illégal, en Corée du Sud (mis à part dans certains cas comme le viol). La loi a même été durcie en 2010, et il n’est dorénavant plus possible d’y avoir accès dans les cliniques gynécologiques.
En septembre 2016, une nouvelle loi propose que les sanctions à l’égard des médecins soient encore alourdies. Si elle est adoptée, nous ne savons pas si elle aura des répercussions sur place.
Cependant, l’avortement reste courant mais la seule alternative pour y avoir accès est de passer par la filière clandestine. En Corée du Sud, les interventions clandestines semblent être pratiquées dans de bonnes conditions. Nous n’avons pas plus d’informations, mais cet article Avorter en Corée est intéressant. Il semble que l’avortement médicamenteux soit accessible.

Où avorter ?
Les témoignages restent rares, mais voici quelques récits (en anglais) : Getting an abortion in Korea
 et My abortion in Busan.

Le prix :
Certaines sources parlent de 400 euros environ, d’autres de sommes autour de 1 500 euros. Il semble que le consensus soit 500 000 won (400 euros).

Colombie

L’avortement est illégal, en Colombie sauf dans les cas de mise en danger de la mère, l'existence d'une malformation du foetus qui pourrait s'avérer dangereuse, dans les cas de viol et d'inceste.
Pour avorter, deux solutions : avorter illégalement (cela peut être extrêmement risqué d’un point de vue sanitaire, même si des cliniques le proposent), ou aller dans un pays où cela est autorisé (en Uruguay, notamment, pour les pays frontaliers).
Un témoignage en français sur un avortement illégal en Colombie : J’ai avorté clandestinement en Colombie.

Hong-Kong

L’avortement n’est autorisé que dans le cas où la grossesse présente un risque pour la femme et/ou le fœtus, ainsi qu’en cas de viol, ou si la femme enceinte a moins de 16 ans, et ce jusqu’à 24 semaines. L’avortement est cependant largement pratiqué clandestinement dans les hôpitaux privés et plannings familiaux, où l’on vous posera moins de questions (il faut tout de même avoir au minimum 2 000 dollars en poche pour les hôpitaux privés).

Japon

Ce que dit la loi : L’IVG est légale sous certaines circonstances, au Japon (notamment pour cause de danger pour la femme ou de risque économique). Autant dire que les conditions sont suffisamment larges pour que l’avortement soit pratiqué sans rencontrer d’opposition majeure. Cependant, l’accord écrit du partenaire est normalement obligatoire. L’avortement médicamenteux n’est pas possible au Japon, il faudra passer par un avortement chirurgical.

Où avorter ? À savoir qu’il peut être difficile de trouver une clinique effectuant l’avortement au delà de 12 semaines et qu’il sera encore plus cher (vous devrez être hospitalisée). Vous ne devriez pas avoir trop de mal à trouver une clinique vous acceptant avant ce délai, idéalement avant la dixième semaine (opération en ambulatoire). Il y aura au moins 3 consultations (pré-opératoire, opération et post-opératoire).
Dans tous les cas, il est préférable de parler japonais ou d’emmener quelqu’un pouvant faire la traduction pour vous, certaines cliniques refusant d’effectuer ce type d’opération au moindre problème de communication avec la patiente.
Si vous ne connaissez personne susceptible de vous aider, le site Japan Health Info offre un service de traduction et de mise en relation avec des hôpitaux à moindre coût.

Le prix :
Les prix varient entre 100 000 et 200 000 yens, non remboursé par la sécu japonaise.

Mexique

L’avortement est illégal au Mexique (il est parfois autorisé dans certains Etats, mais seulement sous condition de viol ou de fœtus non viable), sauf dans la municipalité de Mexico, jusqu’à la 12e semaine. Vous pourrez faire une recherche "clinica de aborto legal en...". Dans certaines cliniques, les prix varient : plus la grossesse est avancée, plus l’avortement coûte cher. Il faut compter entre 2 800 pesos et 9 000 pesos.

Nouvelle-Zélande

Ce que dit la loi :
En Nouvelle-Zélande, l’avortement est autorisé et légal mais comporte des restrictions. Afin d’y avoir droit, il faut obtenir l’avis de deux médecins. L’avortement médicamenteux est pratiqué jusqu’à 9 semaines. L’avortement chirurgical est pratiqué jusqu’à 12 semaines et 6 jours. Cependant, des exceptions peuvent être accordées.
Il ne semble pas y avoir de temps de réflexion obligatoire entre les rendez-vous avec les médecins et la procédure médicale, cependant, certaines cliniques peuvent prendre jusqu’à 7 jours d’attente avant d’effectuer l’IVG.

Où avorter ?
Vous pouvez contacter un centre Family Planning pour obtenir un rendez-vous ou avoir des références pour bénéficier d’une IVG en toute sécurité.

Le prix :
L'avortement est gratuit pour les Néo-zélandais et les étrangers ayant un permis de travail de deux ans ou plus, ce qui n’est pas le cas des PVTistes. L’idéal est de se renseigner auprès de différentes cliniques, car les prix sont très variables. 
Globalement, une IVG coûte entre 1 200 et 1 500 dollars, auxquels il faut souvent ajouter le prix des consultations médicales.

Russie

Premier pays au monde à avoir autorisé l’avortement (en 1920 !), ce droit semble aujourd’hui en danger. Il est possible d’avorter en Russie jusqu’à 12 semaines (22 semaines en cas de danger pour la santé du fœtus, de la femme, ou en cas de viol).
Il coûte environ 50 euros en ville. Il est plutôt conseillé de s’adresser à des cliniques internationales plutôt qu'à des cliniques locales : le coût de l’intervention est plus élevé mais les conditions sanitaires semblent être meilleures.
Deux adresses : Planning familial à Moscou et Planning Familial à St Petersbourg.

Taïwan

Ce que dit la loi :
L’avortement chirurgical est interdit et illégal, à Taïwan, sauf dans certains cas (dangers pour la femme et le fœtus, viol, etc.). Les Taïwanaises doivent d’ailleurs obtenir l’accord de leur époux avant d’avoir le droit d’avorter sous ces conditions-là… Les femmes peuvent être sujettes à 6 mois de prison si elles avortent illégalement, le médecin, lui, risque de 1 an à 5 ans d’emprisonnement.
Cependant, si vous n’êtes pas mariée, il semble plus facile d’avoir accès à l’avortement en invoquant l’une des conditions qui le permettent, à Taïwan.
L’avortement médicamenteux est lui autorisé jusqu’à 7 semaines, et la molécule RU-486 semble être facile d’accès.

Liens :
Women on waves
Community Center Taïwan

Uruguay

L’avortement est légal en Uruguay, jusqu’à 12 semaines (14 semaines en cas de viol). Il existe cependant des réglementations : il faudra avoir un entretien préalable avec 3 médecins, puis attendre le délai de réflexion de 5 jours. Malgré tout, le marché noir reste l’endroit le plus facile pour trouver les pilules abortives (misoprostol) : essayez de l’éviter autant que possible. De nombreuses cliniques refusent toujours de pratiquer l’avortement chirurgical.

 

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#1099972

Le planning familial existe aussi en Australie. Il faut compter $36 PAR AN pour consulter.
Pour Melbourne : http://www.fpv.org.au/for-you/our-reproductive-and-sexual-health-clinics
En Nouvelle Zélande, j'ai eu une consultation au planning familial à Wellington pour la pilule, la visite a coûté $50.

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#1117981

En Colombie l'avortement est illégal sauf dans certains cas: viol, risque pour la vie de la mère ou malformation du foetus !

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Marie
32.7K 9.5K
#1118376

Message de JustineHN
En Colombie l'avortement est illégal sauf dans certains cas: viol, risque pour la vie de la mère ou malformation du foetus !

Bonjour,
Merci pour cette remarque, nous venons de l'ajouter au dossier.

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#1169287

Bonjour ! En Argentine il est possible de trouver le Nuvaring, certes dans les villes un peu plus grandes pas au fond de la Patagonie j'y ai passé un an et je l'ai toujours trouvé

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#1185725

Message de Priscille1
Bonjour ! En Argentine il est possible de trouver le Nuvaring, certes dans les villes un peu plus grandes pas au fond de la Patagonie j'y ai passé un an et je l'ai toujours trouvé

Bonjour ! comment avez-vous fait pour obtenir une ordonnance là -bas ? car je suppose qu'une ordonnance française ne fonctionne pas

Merci

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#1185760

Message de Natachardj
Bonjour ! comment avez-vous fait pour obtenir une ordonnance là -bas ? car je suppose qu'une ordonnance française ne fonctionne pas

Merci

Je n'ai jamais eu besoin d'ordonnance en Argentine pour me le procurer. De toute façon ça n'est pas remboursé

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#1185841

Message de Priscille1
Bonjour ! En Argentine il est possible de trouver le Nuvaring, certes dans les villes un peu plus grandes pas au fond de la Patagonie j'y ai passé un an et je l'ai toujours trouvé

BOnjour ! ok super ! mais ce sont vraiment les mêmes qu'en France ? combien coûte une boite ? et peut-on en trouver à Santa Fe ?

Merci d'avance

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#1185844

Message de Natachardj
BOnjour ! ok super ! mais ce sont vraiment les mêmes qu'en France ? combien coûte une boite ? et peut-on en trouver à Santa Fe ?

Merci d'avance
En 2014/2015 je payais la boîte de un l'équivalent de 20€ à peu près. Je n'ai pas essayé d'en acheter à Santa Fe mais je pense que tu trouveras

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Lisa
1 0
#1198492

L'avortement n'est pas illegal à Hong Kong.
"In Hong Kong, termination of pregnancy must be performed in gazetted hospitals or in the operating theatre of FPAHK (planning familial)."

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Marie
32.7K 9.5K
#1198493

Message de LisaM7
L'avortement n'est pas illegal à Hong Kong.
"In Hong Kong, termination of pregnancy must be performed in gazetted hospitals or in the operating theatre of FPAHK (planning familial)."
En effet, à Hong Kong, un avortement peut être pratiqué. Néanmoins, il ne peut normalement être pratiqué en principe que dans deux situations :
In Hong Kong, termination of pregnancy is legal under two situations:

  1. If continuation of pregnancy would involve risk to the life, physical or mental health of the pregnant woman greater than if the pregnancy were terminated.
  2. If the child to be born would be severely handicapped as a result of physical or mental abnormality.
Il faut je crois l'accord de deux médecins.
Donc normalement, ça n'est que si la grossesse présente un risque important pour la femme ou pour le foetus.

Dans les faits, je crois savoir que, dans le cas des étrangers (comme les PVTistes) - j'ignore ce qu'il en est pour la population hongkongaise, ils peuvent avoir une interprétation assez large de la 1ere situation, admettant qu'une personne qui ne voudrait absolument pas de l'enfant (et qui le fasse très très clairement comprendre) peut, dans ce cas, bénéficier d'un avortement.

À Hong-Kong, la limite est de 24 semaines (sauf en cas de risque mortelle pour la femme enceinte).

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