Jalila, de PVTiste à citoyenne australienne (par sponsorship de couple)

Article publié le 10-10-2016.

Jalila alias JalilaAussie

Jalila alias JalilaAussie

  • Localisation Melbourne, Victoria, Australie
  • Profession Consultante
  • Dernier diplôme obtenu BTS

Votre expérience nous intéresse ! Partagez-la avec les autres PVTistes en remplissant ce formulaire.

Bonjour ! Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Jalila, je viens d’à côté d’Orléans. Avant de partir pour l’Australie, j’ai fait un BTS en business international.
Après mon bac, je suis partie à Londres pendant un an, en tant que fille au pair et barmaid. Quand je suis revenue en France, à Paris, j’ai travaillé dans un cabinet de recrutement comme consultante en recrutement, spécialisée dans le domaine de l’architecture d’intérieur et du design pour le retail pendant 3 ans.
Mon copain ayant trouvé un emploi aux Etats-Unis, je l’ai suivi et j’ai vécu en Floride pendant 6 mois, à Key West.
J’ai ensuite retrouvé le même poste en France, pour 2 ans.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Peux-tu revenir sur ton arrivée en Australie ?

Je suis partie en 2009, après un ras le bol de la France et une envie de voyager, je voulais profiter d’être en âge de bénéficier des WHV.
J’ai choisi l’Australie pour le climat. Mes amis me conseillaient Sydney, mais avec mes recherches, j’ai trouvé que Melbourne me correspondait plus.
Je suis arrivée à Melbourne fin juin 2009. Un de mes collègues avait son frère jumeau qui habitait déjà à Melbourne, du coup ça m’a aidée pour mon arrivée en Australie et à Melbourne.
J’ai passé un mois et demi en auberge de jeunesse et ensuite j’ai trouvé une colocation à Windsor, dans une immense maison qu’on a baptisée « le château ».
J’ai commencé à travailler en restauration, au « Bergerac » et « Chez Olivier », des resto français de Melbourne.
En octobre, je suis partie en road rip en van avec 3 amis, on a rejoint Sydney et fait la East coast.
Je suis restée 3 mois en New South Wales pour travailler en ferme, en Wwoofing. Je m’occupais de la maison, des animaux, je n’ai pas eu à faire de picking. Ces 3 mois m’ont donné les 88 jours nécessaires pour prolonger mon visa d’une année supplémentaire (ndlr : ce n’est malheureusement plus possible aujourd’hui de bénéficier une 2e fois du PVT Australie en faisant du volontariat).
Je suis ensuite partie pour Airlie Beach, où j’ai commencé à travailler sur un bateau avec deux Allemandes, en échange du gîte et du couvert et de croisières gratuites dans les Whitsundays.
Il me fallait un boulot payé donc j’ai trouvé un poste dans un resto thaï et vietnamien, mais c’était très difficile et mal payé.
Un ami m’a trouvé un poste sur Melbourne, à Carlton au resto le « Parisgot », il m’a payé le billet d’avion retour et je l’ai remboursé plus tard.
Mi-décembre, j’étais de retour sur Melbourne et j’ai retrouvé un ami australien, qui est devenu mon copain, avec qui je suis encore aujourd’hui.
Le travail se passait super bien, j’étais super bien payée et l’ambiance était super bonne, mais la personne que je remplaçais est revenue et j’ai dû trouver un autre poste, dans un autre restaurant.
En juin 2010, on a décidé de partir en Europe avec mon copain, pour qu’il rencontre ma famille et on a voyagé pendant 3 mois.

Tu as décidé de prolonger l'expérience en restant en Australie, peux-tu nous expliquer via quels visas ?

En revenant en Australie, Jasper et moi nous sommes installés ensemble. Jasper bosse comme intermittent du spectacle, en tant que manager d’une équipe de « show support », qui monte et démonte les scènes pour des gros événements.
On a commencé par un visa « de facto » pour me permettre de rester en Australie, et j’ai cherché un boulot me permettant d’obtenir un sponsorship, dans le recrutement. J’ai trouvé un poste chez Reed, mais j’ai vite compris que le domaine ne me convenait plus et on s’est orientés vers un sponsorship de couple (de facto).
Je suis repartie dans la restauration et j’ai aussi donné des cours de français, au centre communautaire (community center).

J’ai rencontré Gaston, avec qui mon pote Flo, qui m’avait accueillie lors de mon arrivée à Melbourne, avait fait un road trip en Nouvelle-Zélande. Gaston, m’a présentée à la manager d’un backpacker de Melbourne, afin de bosser avec lui.

Peux-tu nous expliquer les démarches que tu as dû accomplir pour tes différents visas ?

S’agissant du sponsorship (de facto), j’ai payé environ 5 000 $, juste pour la demande, sachant que c’est encore plus cher aujourd’hui.
Tu peux passer par un avocat pour faire la procédure mais ça double la facture, je n’en avais pas les moyens.
Le processus est très long, plus difficile à mon avis qu’un sponsorship via une entreprise, qui prend en charge la procédure et la paye quasi intégralement, en contrepartie de rester bosser 4 ans pour la même boîte.
Il faut également payer les traductions, les certifications de copies de tous les documents que tu dois faire signer par la Police, ou autre organisme certifié. Il y a aussi un test médical, qui coûte dans les 150 $. Si vous faites certifier vos documents par la police, c'est gratuit mais pas si vous le faite à la Poste ou à la pharmacie.
Il faut 3 témoins minimum, ils doivent être citoyens australiens ou résidents permanents, avec un statut qui les rendent crédibles.
Si tu arrives à avoir le 1er visa de sponsorship, les autres seront plus faciles à réaliser.
Le 1er visa (temporaire) dure 1 an environ, ensuite tu dois faire la demande de visa permanent, prouvant que tu es toujours avec ton partenaire, que vous avez investi ensemble (immobilier, voiture…), que vous avez un compte commun, que vous partagez les factures. Il faut reprendre un historique de notre vie commune, « le testimonial » et avoir encore 3 témoins.
Il faut que tout colle, les dates, le témoignage de ton partenaire et le tien, les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est stressant et aussi que ça prend énormément de temps.
Le fait d’avoir un avocat doit sans doute éviter des erreurs et fait gagner énormément de temps. Il faut notamment faire très attention au délai concernant la demande de renouvellement du visa, car les dates sont très importantes.
Chaque année, les règles changent, c’est compliqué à suivre. Il faut aller sur le site du Gouvernement Australien pour être sûr de ne pas faire d’erreur.

Ce sponsorship, via un partenaire, est parfois mal perçu, comme si c’était forcément un faux couple, avec une opportuniste qui trouve un Australien. Ca remet ton couple en question vis-à-vis des autres. En outre, certaines personnes croient que ce sponsorship est plus simple à obtenir, alors que pas du tout.

Après 2 ans de visa permanent, tu peux demander ta citoyenneté (citizenship). Il faut être attentif aux conditions d’application.
Durant toute la durée de ton visa de temporary resident, il ne faut pas quitter l’Australie sans demander l’autorisation. Tu dois payer un visa de minimum 3 mois d’autorisation de sortie pour environ 150 $.
Le temps passé à l’extérieur du pays est comptabilisé pour calculer la date à partir de laquelle on peut postuler pour la citoyenneté.
Là encore les règles changent chaque année, il faut bien vérifier pour être sûr.
Pour la citoyenneté, il faut la traduction certifiée NAATI (reconnue par le gouvernement) de son certificat de naissance, des photos d’identité certifiées par son médecin traitant (il y a une liste des personnes habilitées), un questionnaire à remplir, et tu dois fournir des photocopies de ton passeport et de tes précédents visas.
Le délai est d’environ 6 mois, ensuite on doit passer un test sur la culture, la politique et l’économie… australiennes.
Si la procédure est validée, il y a une cérémonie de remise de citoyenneté.

jalila-et-jasper

Comment se passe la vie ici pour toi ?

Après 3 mois à Melbourne, je savais que je voulais vivre ici, j’étais tombée amoureuse de la ville.
C’est la ville la plus européenne de l’Australie, il y a tous les avantages de Paris, sans les inconvénients.
La ville bouge beaucoup, il y a une grosse culture, beaucoup de choses à faire.
Les gens sont super souriants, « friendly », ils se regardent dans les yeux.
Victoria est un État super à visiter, il y a énormément de choses à voir.
Mon endroit préféré, c’est le Wilson Promontory (un PVTiste en parle ici), l’un des plus beaux parcs nationaux d’Australie, avec des wombats et des tas de choses à voir. Les Grampians, la Great ocean Road, Phillip Island… Il y a plein de belles choses à voir ici.

À Melbourne, j’adore Carlton, Fitzroy et Collingwood. Je n’aime pas le sud de Melbourne et je ne me vois pas habiter dans la city, c’est trop cher et animé.
Le Victoria Market, les lanes (Hozier, notamment), Little flinders avec ses shops, mes 3 bars préférés c’est station 8 dans Chinatown, Sister Bella, Workshop, qui sont un peu cachés et alternatifs.
L’été, j’adore aller sur les toits de Melbourne, la vue est superbe et on peut profiter des derniers rayons de soleil, notamment Mme Brussels sur le top de Burke street, the Loop et le Cookie rooftop.
Melbourne est pleine de bons restaurants de cuisine du monde entier, « Chin chin » (asian fusion), « Mamasita » (mexicain), « Movida » (espagnol).

Je fais des activités grâce auxquelles je rencontre plus d’Australiens, du tennis au Carlton garden, je faisais aussi du yoga au « Couvent », là où vous pouvez aussi trouver les « Lentils as everything », un restaurant alternatif vegan. J’aime aussi faire du vélo le long de la Yarra river, il y a un magnifique parc.

Depuis 2 ans, je travaille donc dans un hostel-backpacker à Melbourne, grâce à mon ami Gaston qui m’a présentée à la manager. J’adore cette nouvelle activité professionnelle qui mélange le tourisme et l’hôtellerie, je suis maintenant un des managers, mon titre exact c’est « supervisor » de l’équipe à la réception. J’ai un contrat CDI et suis payée 25 $ à l’heure avant taxes.

Il est vrai que quand je suis arrivée il y a 7 ans, trouver un travail en Australie était plus facile, il y avait moins de compétition. Maintenant c’est beaucoup plus difficile, surtout pour une opportunité comme la mienne : je devais avoir un visa permanent pour pouvoir envoyer ma candidature, sinon elle n’était pas prise en compte.

jalila-interview

Vivre en Australie, ça doit vraiment changer de la France, qu’en est-il pour toi ?

La France est vraiment ce qu’on appelle en Australie "la vieille Europe", avec ses monuments et sa forte Histoire, sa belle culture, sa bonne cuisine et son bon vin, tandis que l’Australie commence tout juste à construire son Histoire, donc la culture est complètement différente.

C’est intéressant, la culture des Australiens est un mélange de culture anglaise, canadienne et un peu aussi des USA.
Ce qui me plait le plus, c’est les gens positifs et souriants qui vivent à Melbourne, comparés aux gens en France qui se plaignent pour tout...
Ce qui me manque le plus, ce sont tous les bons produits français, c'est aussi la diversité des différentes régions en terme de culture, d'histoire, de paysages, d'architecture et de cuisine... et aussi le côté chauvin des Français car ils sont fiers de leur culture et de leur Histoire !

Donc oui, j’adore vivre à Melbourne mais Paris me manque énormément, ma famille et mes amis aussi, donc j’essaye de rentrer tous les ans. Mais c’est 24 h de vol, c’est un long voyage. Donc souvent, en chemin, j’essaie de faire un stop en Asie pendant 4 jours pour ne pas avoir trop de décalage horaire à l’arrivée et ça me fait visiter l’Asie en même temps.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je continue de donner des cours de français, le cours s’appelle « french travellers » et est destiné aux débutants. J’aimerais organiser des tours en anglais / français pour des étudiants australiens qui viendraient en France et aussi des tours en Australie pour des touristes francophones, où je parlerais en français.
À part ça, des voyages ! Je pars au Cambodge dimanche pour rejoindre mon copain, Jasper, et passer une semaine à visiter Angkor Vat en moto avec un couple d’amis.
Et bientôt, je serai de retour en Europe pour un mois car mon petit frère se marie.

Plus d'astuces, de témoignages et d'expériences

Préparez sereinement votre PVT et vivez-le pleinement grâce à nos bons plans ! Ils vous permettront de bénéficier de réductions et d'avantages !

Articles recommandés

[Dossier]

Tout savoir sur le PVT / WHV à Sydney

[Interview]

Laure, un PVT en Australie semi-nomade !

[Récit de voyageur]

Tomber amoureuse et rester en Australie avec le visa De Facto

[News]

Les âges limites de participation au PVT (29, 30 ou 35 ans ?)

Commentaires Facebook

Partagez cet article avec vos amis ou bien posez vos questions.

Commentaires

Partagez vos avis, vos interrogations ou vos remerciements.
Hélène
14.1K 7.6K

Merci d’avoir partagé ton expérience avec nous Jalila, et au plaisir de te revoir en Australie ou ailleurs 😉 Take care et la biiz aux copains de Melbourne 😉

{{likesData.comment_66914.likesCount}}

Merci Helene pour ton article et bonne chance pour le reste de tes aventures.
Bisous

{{likesData.comment_67019.likesCount}}
Julie
14.3K 4.7K

Merci Jalila !!!

{{likesData.comment_66924.likesCount}}

Merci a toi Julie Good luck pour ton working holiday xxxxx Bon voyage

{{likesData.comment_67020.likesCount}}
Ero
17 2

Très belle expérience, chacune d’elle est très enrichissante !

{{likesData.comment_66928.likesCount}}

Merci Ero,pour ton positive feed back.

{{likesData.comment_67021.likesCount}}

Waaaw ! Quel parcours !!!
Je te souhaite du bonheur et que tu concrétise tes projets ! 😉

{{likesData.comment_66930.likesCount}}

Merci Merci a toi Camille !!!!! Plein de bonheur et d’aventure…:)

{{likesData.comment_67022.likesCount}}

Fabuleux.. Je suis comblé par ton histoire ! Incroyable

{{likesData.comment_68622.likesCount}}

Je cherchais des infos sur Melbourne comme point de chute pour un début de PVT et je tombe sur ton récit. Quelle belle aventure, plein de bonheur pour la suite!

{{likesData.comment_69840.likesCount}}

Identifiez-vous pour répondre