Cindy et Matt : profiter à fond du Japon pendant son PVT

Article publié le 18-05-2017.

Matthieu alias Matt2A54

Matthieu alias Matt2A54

  • Localisation Nancy
  • Profession Webmaster
  • Dernier diplôme obtenu Licence

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Pouvez-vous nous dire qui se cache derrière « en passant par le Japon » ?

Nous sommes Cindy et Matthieu, 27 et 28 ans. Nous venons de Nancy. Cindy a une formation en graphisme et moi en publicité puis nous avons tous les deux terminé nos études par une licence professionnelle dans le web.
On peut dire que dans le multimédia et l’audiovisuel, on touche à peu près à tout.
Je suis un gros passionné de cinéma et notamment de cinéma asiatique (coréen et japonais surtout). Cindy est très attirée par la photographie et tout ce qui touche à l’image et au graphisme, forcément ! Je suis également guitariste dans un groupe de métal à Nancy avec lequel je viens de sortir un deuxième album. Le son, l’image et la vidéo font partie de notre quotidien depuis très longtemps maintenant.

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Comment est venue cette envie de partir pour le Japon ?

En ce qui concerne le Japon, nous sommes partis une première fois en 2014 pour un voyage de deux semaines. Nous sommes restés dans la région de Tokyo (par peur, surtout ^^) et nous avons été très marqués par cette expérience. Il y avait dans ce pays un dépaysement total. Pas juste des paysages que l’on n’a pas en France ou en Europe mais bien une ambiance indescriptible et magique.
En plus de nous donner envie de repartir au Japon, cette expérience nous a surtout donner envie de voyager plus. Est alors née l’idée du PVT.
Pendant 2 ans nous y avons pensé et avons commencé à préparer le voyage. On a longtemps hésité avec la Nouvelle-Zélande pour varier un peu mais l’empreinte du Japon a pris le dessus.
Une volonté de découvrir plus en profondeur ce pays qui nous avait tant touchés. Nous avons donc mis de l’argent de côté pour être le mieux préparés possible et ne pas avoir à rentrer trop vite.
Pour la demande de PVT c’est surtout une question de rigueur, en fait. Il y a pas mal de critères à respecter. On nous demande un CV basé sur un modèle, une lettre de motivation et même un programme détaillé avec budget sur l’année !!
Sinon il faut un budget minimum également qui diffère selon si on a déjà les billets d’avions ou pas, à faire signer par la banque, etc.
Bien sûr, il y a pas mal de choses à dire ou ne pas dire qui pourraient être synonyme de recalage (mentionner un/une petit(e) ami(e) au Japon…). J’ai rédigé un article assez complet sur la demande de PVT Japon qui recoupe toutes les infos que j’ai pu trouver sur le forum PVTistes et sur d’autres sites/blogs pour ceux qui voudraient y jeter un œil.
Il faut compter moins d’une semaine entre l’approbation et la réception du visa.

Comment se passe votre PVT ?

On est arrivés fin août à Tokyo. On y est restés jusque fin septembre avant de partir à Osaka. C’était un mois pour se remettre dans le bain, se réapproprier les ambiances et les fonctionnements dans une ville qu’on connaissait déjà un petit peu. On en a profité pour découvrir les joies de l’administration avec la mise en place de notre adresse sur la resident card, l’achat d’un forfait de téléphone, etc.
Pour ce qui est du choix de l’opérateur, veillez à en choisir un qui fournit des contrats de 1 an maximum. On est partis sur un forfait trouvé au Bic Caméra sur 12 mois chez NTT Docomo. C’est un forfait data uniquement de 3 go qui fournit également un numéro de téléphone japonais. 1 600 yens par mois. C’est un peu cher mais au Japon il n’y a pas vraiment le choix à ce niveau.
Le problème avec ces fournisseurs, c’est la somme à payer en cas de rétractation avant les 12 mois qui est de 9 000 yens, en tout cas pour Docomo. C’est un problème car, ok c’est un forfait de 12 mois, mais le visa s’arrête aussi à 12 mois. Donc à moins de pouvoir repartir quelques jours après la fin du PVT il va forcément falloir payer cette somme. Bon, on y est préparés, ça va, mais il faut le savoir.
Pour la resident card, il n’y a rien à faire pour l’obtenir, on nous la donne à l’aéroport, c’est après que ça « se complique » car on a 15 jours pour aller faire inscrire son adresse dessus. Il faut se rendre à la mairie de son quartier/arrondissement. Le conseil serait d’apprendre à bien écrire son nom, prénom en katakana (l’alphabet utilisé pour les noms étrangers au Japon) car on va vous le demander. Vous pouvez tomber un jour où il y a du staff qui parle anglais comme un jour où il n’y en a pas et ce sera donc plus ou moins compliqué. On a écrit un article aussi à ce sujet qui raconte cette fabuleuse aventure qu’est la découverte de l’administration japonaise.
On avait un niveau très basique en Japonais en arrivant. On avait pris quelques cours en association à Nancy. Mais honnêtement, on peut considérer que notre niveau était très peu avancé. Toujours aujourd’hui d’ailleurs. On a progressé un petit peu, notamment à l’écoute et à la reconnaissance des Kanji mais ce n’est toujours pas possible de suivre une conversation normale.

Aujourd’hui nous sommes ici depuis 6 mois et nous avons pu visiter énormément d’endroits sans jamais nous lasser. 1 mois à Tokyo, 4 mois à Osaka et 1 mois à Fukuoka. On se sert de la ville où l’on loge pour visiter sa préfecture et parfois même au-delà.

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Et s’agissant du T de PVT ?

Au Japon, le travail « normal » est vite chronophage et très énergivore. Nous avons choisi de ne travailler qu’en tant que tuteur de français.
On ne voulait pas passer notre temps à osciller entre travail et sieste, pour au final ne voir en plusieurs mois pas beaucoup plus qu’un voyage de 3 semaines. C’est pourquoi nous avons mis l’argent de côté nécessaire pour ne pas être obligés de travailler pendant la période que l’on s’est donnée.
Ce n’est pas facile du tout d’être tuteur si on essaye de faire les choses bien. Il faut préparer un cours logique, pas trop compliqué en amont et être capable pendant le cours d’être un minimum pédagogue et compréhensif.
En plus, il faut savoir que les tuteurs de français ne sont pas vraiment les plus recherchés. Encore moins à Osaka. Ils recherchent surtout des natifs anglophones. J’ai personnellement un assez bon niveau en anglais mais quand je vois la difficulté parfois d’expliquer des règles de ma propre langue maternelle, je ne m’imagine pas donner des cours d’anglais. Mais ça c’est parce que je suis assez exigeant avec moi-même et que je n’aime pas faire les choses à moitié, je pense que beaucoup tentent et que ça doit même fonctionner.
Nous cherchons nos étudiants en nous inscrivant sur des sites spécialisés. On n’a pas fait d’autres démarches particulières, mais c’est parce que comme je disais plus haut, on est partis dans le but d’expérimenter des choses mais pas pour nous forcer.
On a eu des élèves de 35, 45, 50 ans… Mon élève le plus régulier est une personne touche-à-tout très intéressante. Mes premiers cours avec lui se sont transformés en préparation d’interview pour l’écriture de son futur roman. J’ai pu l’aider dans la préparation de ses questions en français puis j’ai été payé pour retranscrire sur papier les résultats audio de l’interview enregistrée. Depuis nous parlons de ses autres projets en tant que professeur spécialisé.
Je prépare des cours mais nous discutons tellement à chaque fois qu’on ne s’en sert pas et j’en ai plein d’avance, maintenant.
Cindy a un élève en ce moment qui a déjà étudié le français à l’école, ils discutent surtout beaucoup. Il prépare lui-même ses questions pour qu’elle l’aide directement sur des thèmes précis. Les heures passent très vite.

Le salaire, c’est à chacun de le définir en fonction de l’estimation de la qualité de ses cours, du coût de ses trajets, etc… C’est quelque chose qui se calcule. Ne pas être trop cher peut vouloir dire que nos cours sont mauvais, être trop cher peut être à double tranchant : plus d’argent mais cours parfait exigé, en gros.
Nous sommes tous les 2 à ¥2 500 de l’heure. C’est le tarif moyen pour les tuteurs freelance.

Avez-vous des tuyaux pour celles et ceux qui voudraient être tuteur au Japon ?

Il n’y a pas de critères particuliers pour devenir tuteur. Si vous souhaitez en faire une véritable source de revenus et ne faire exclusivement que ça, armez-vous d’organisation et de patience. L’inscription sur les sites spécialisés ne vous amènera pas grand monde, il va falloir aller démarcher les écoles et les endroits comme les cafés de conversation pour trouver plus d’élèves. Je ne sais pas comment ça fonctionne sur Tokyo, il y a sûrement plus d’opportunités mais aussi beaucoup plus de concurrence, j’imagine. Il faut savoir que le français n’est pas du tout une priorité pour les japonais. Ils ne s’intéressent déjà pas beaucoup à l’anglais donc le français... je vous laisse imaginer.

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Vous avez pu profiter de votre temps libre pour visiter le Japon depuis votre arrivée ?

On organise nos déplacements en mode « économique » et longtemps à l’avance. On prend surtout le bus pour les longs trajets et on marche énormément.
Pour les longs trajets (Tokyo > Osaka, Osaka > Hiroshima…) on a toujours pris Willer Express. Parce que les tarifs sont intéressants, ils proposent des bus de nuits et SURTOUT parce qu’on peut réserver directement sur Internet. Pour un trajet Tokyo > Osaka en bus de nuit il faut compter 65 € par personne. Là où le trajet en Shinkansen (certes beaucoup plus rapide) coûte 120 €. En gros l’aller-retour en bus coûte un aller en train. En plus, la nuit dans le bus fait économiser une nuit d’hôtel ou dans une guesthouse.
Pour les trajets plus courts, notamment ceux que l’on a pu faire dans le Kyushu, on a utilisé la compagnie Nishitetsu. Au départ de Fukuoka, ils vont absolument partout, parfois aussi vite que le trajet en train mais beaucoup moins cher. Par exemple Fukuoka > Nagasaki nous a couté environ 45 € l’aller-retour.
On a pu découvrir une bonne centaine d’endroits différents depuis le début du voyage et à chaque fois c’est la même claque. Chaque région est différente d’une autre de manière significative, les villes ont des personnalités très visibles, les gens aussi sont très différents d’un endroit à l’autre.
Côté hébergement, on choisit une guesthouse ou un appartement au meilleur rapport qualité/prix/emplacement possible. On s’en sert comme base pour visiter la ville et sa région, voire plus loin quand c’est possible.
De manière générale, les Japonais sont curieux de voir des Occidentaux et aiment entamer la conversation avec nous. Que ce soit dans les restaurants ou même dans la rue.
On se débrouille pour parler un petit peu (on a quand même un tout petit peu progressé en écoute, à force) et c’est toujours des moments assez drôles. Sinon, l’anglais fait le lien.

Avez-vous eu des coups de cœur dans les endroits que vous avez visités ?

Tellement de coups de cœur que c’est difficile de choisir.

  • Osaka parce qu’on y a vécu le plus longtemps. Ville très grande mais à taille humaine, toujours surprenante.
  • Kamakura et Nara qui sont deux petites villes à côté de monstres touristiques (Tokyo et Kyoto) mais qui dégagent tellement de charme !
  • Miyajima parce que… Miyajima. Beaucoup trop beau pour ne pas la citer.
  • Koyasan pour l’ambiance magique que l’on a eue en pleine hiver avec la neige et tout.
  • Parce qu’il faut citer des temples j’en ferais un top 5 :

  • Enryaku-ji à Otsu.
  • Todai-ji à Nara.
  • Manpuku-ji à Uji.
  • Nanzo-in à Sasaguri.
  • Engyo-ji à Himeji.

Ces 5 temples sont les plus impressionnants que nous ayons vus. On est obligés d’en zapper plein mais voilà, sinon je remplis 4 pages.

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Avez-vous des recommandations sur les choses à faire, voir, comment bouger, des tuyaux et bons plans pour les PVTistes qui sont tentés par l’aventure au Japon ?

Pour un PVT au Japon, je dirais que le plus important c’est de venir avec suffisamment d’argent. Malheureusement. Je le disais déjà plus haut mais le travail au Japon ce n’est pas comme le travail dans les pays occidentaux. Tu ne travailleras pas à moitié ici et c’est plus compliqué de bouger. Du coup, ok, tu vas découvrir le pays par le travail et c’est très cool mais tu vas aussi rentrer dans la routine directement.
J’ai envie de dire que la France, c’est parfait pour ça. Ton PVT va passer à une vitesse folle et avant que tu t’en rendes comptes tu auras passé 1 an à Tokyo… Et du pays tu ne connaîtras rien de plus que si tu étais venu 3 semaines en touriste. Ce n’est pas notre vision du PVT mais chacun fait ce qu’il veut, évidemment.
S’améliorer en Japonais aussi avant de partir. Développer le vocabulaire. Un mot peut souvent débloquer une situation ^^
Pour le logement, ne pas hésiter à payer peut-être un peu plus cher pour être bien placé en centre-ville plutôt que de s’installer loin et de devoir prendre les transports en commun à la moindre occasion. Parce qu’ici, c’est ce qu’il y a de plus cher. Ne pas hésiter à marcher pour économiser un peu d’argent. À presque 3 € minimum l’aller-retour en train/métro alors que ça représente 25 minutes de marche. Par semaine ça peut vite chiffrer. C’est de l’argent qui sera mieux investi dans un restaurant ou une sortie 😉
Bien vérifier les avis sur la future Sharehouse/guesthouse que vous allez choisir.
Un minimum de condition physique aussi. On lit rarement ça et je ne sais pas si c’est que nous, mais on marche beaucoup au Japon. Les trajets de 20/30 minutes de marche pour la vie quotidienne sont très courants. Lorsque l’on fait des sorties touristiques je ne compte même pas le nombre de kilomètres faits à pied.

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Quels sont vos projets pour la suite de votre PVT ?

On va finir notre PVT sur Osaka et Tokyo. En gros, on aura fait une boucle en excluant Shikoku Okinawa et Hokkaido. Il faut faire des choix malheureusement, et on se réserve ces parties pour des futurs voyages.
Bien sûr il reste tellement de choses à voir aussi dans les régions déjà visitées !! Mais on a aujourd’hui beaucoup moins de frustrations après avoir fait toutes ces visites. C’était la petite crainte qu’on avait : rentrer frustrés.
Le Japon a ce pouvoir sur nous, il nous appelle pour en voir toujours plus ! Mais au final on aura fait tout ce qui était financièrement possible pour nous, et ce n’est pas encore fini !! Maintenant tout ce qui arrive est du pur bonus.


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Commentaires

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Super intéressant! Merci! :) Côté bon plan, il y a aussi gtn mobile pour le téléphone. Moins cher que domoco pour le même type de service, et résiliation sans frais après 7 mois d’utilisation. Pareil pour les bus, en faisant une recherche via busikaku.net, on obtient de meilleurs tarifs que sur willer express. C’est un site qui compare les différentes compagnies de bus et il est possible de trouver des trajets Osaka-Tokyo à moins de 2000 yen les jours de semaines (de nuit). Le site est en japonais, mais c’est faisable en utilisant la traduction de chrome. Bonne fin de pvt à vous deux!

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Salut Fabie et merci. On aurait du aller un peu plus en profondeur avec GTN mais franchement l’accueil dans leurs bureaux était tout chelou et il y avait des frais de départ (je ne sais plus combien). Après oui à l’heure actuelle j’aurais été content de pas avoir de frais de résilitation^^

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Hélène
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Salut Fabienne, n’hésite pas si toi aussi tu veux partager ton expérience avec nous 😉

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Oups, je viens seulement de voir vos messages! J’avais souscrit à gtn par internet, pas eu l’occasion d’être découragée par leurs bureaux 😉 . J’ai quitté le Japon il y a deux semaines, et résilier a été aussi très simple. Bon retour! :)

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Bonjour, ou en est votre niveau de Japonais maintenant ? y a t il une vrai possibilité d’apprendre le Japonais en 1 dans le pays ou bien c’est peu probable ?

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