Morgane, deux superbes expériences à Tokyo puis à Séoul

Article publié le 24-07-2014.

Morgane alias nunaya

Morgane alias nunaya

  • Localisation Lille, France
  • Profession Rédactrice web / Chargée de communication
  • Dernier diplôme obtenu Licence

À lire : un recueil d’entretiens de pvtistes partageant avec vous leurs expériences et leurs états d’âme. Plus d'infos...

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Ville de provenance

Lille

Villes de destination

Tokyo puis Séoul !
PVT : Japon (2010-2011, 6 mois), Corée du Sud (2012-2014, 2 ans et demi).

Que faisais-tu en France avant de partir en PVT ?

Avant la France, j’ai vécu 11 ans en Suisse. Je suis revenue en 2008 pour suivre une formation professionnelle d’infographiste suite à quoi j’ai effectué mon premier PVT au Japon en 2010.

Tu as d'abord réalisé un PVT au Japon puis en Corée du Sud. Pourquoi cette envie d'Asie ?

Au départ, lorsque j’étais encore à l’école primaire, je me rappelle que j’avais des posters de Masamune Shirow sur les murs de ma chambre et que je trouvais ces femmes absolument magnifiques, parfaites. J’ai toujours eu un goût prononcé pour l’esthétique de la femme et j’ai commencé à dessiner très tôt. J’ai très tôt été profondément touchée par le style « manga » sans même réaliser que cela venait d’un quelconque pays asiatique. Lorsque j’ai découvert que ces magnifiques illustrations venaient du Japon, un nouveau monde s’est ouvert à moi et j’ai commencé à m’intéresser à la culture asiatique de façon plus large. Mon rêve d’aller au Japon était né !

Pourquoi avoir choisi Tokyo, puis Séoul ?

Tout d’abord, j’aime les grandes villes, ce qui était donc déterminant dans mon choix.

Tokyo. Mon premier amour. La première fois que j’ai voyagé, c’était en 2008 (j’avais 23 ans) et c’était lors de mon premier séjour de 15 jours à Tokyo. Un rêve qui se réalisait.
Tokyo me plaît pour sa créativité, sa folie, sa démesure. A Tokyo, vous trouverez absolument TOUT ce dont vous pourriez rêver. J’aime ce côté « sans limite », à chaque coin de rue, il y a un émerveillement, quelque chose de nouveau ou de fou.
Après mon séjour touristique, j’ai voulu « vivre comme une tokyoïte » et j’y suis donc retournée en PVT en 2010. Malheureusement, le 11 mars 2011, jour de mes 26 ans, a eu lieu l’accident nucléaire de Fuskushima qui a mis fin à mon aventure de façon prématurée… à peine 6 mois et, sous l’insistance de ma famille (et les risques réels à ce moment-là), j’ai quitté le Japon à contrecœur. Une vraie déchirure… J’en ai pleuré chaque matin pendant 6 mois. Pour revivre cette fameuse journée du 11 mars, c’est ici, sur mon blog.

Et puis, j’ai décidé que ma vie n’était pas en France et je me suis dit, après avoir fait le deuil du Japon, qu’il fallait que j’aille de l’avant. Pourquoi ne pas découvrir un autre pays d’Asie ? La Corée du Sud, je n’y connaissais RIEN. La seule chose qui m’avait rendu curieuse au sujet de ce pays si mystérieux, c’était les clips de DBSK et des Super Junior que j’avais eu l’occasion de voir pour la première fois à Tokyo sur des écrans géants. Et là, je m’étais dit « wouah ! Alors la Corée du Sud n’a rien à voir avec la Corée du Nord. Séoul est une ville moderne qui produit même de la pop avec des chanteurs super canons. Il faut que j’aille voir ça de plus près ! ». Je ne m’attendais tellement pas à ça, j’imaginais tellement la « Corée » comme un pays pauvre et sans réel intérêt qui ne m'avait jamais intriguée, et puis de toute manière, je n’en avais jamais vraiment entendu parler avant ! Bref, ma décision était prise : ma prochaine destination serait Séoul ! Je suis partie en février 2012, seule, sans aucune connaissance du pays mis à part les quelques groupes de kpop que j’écoutais à l’époque.

Quel a été ton sentiment dominant au cours des 2 premières semaines dans chacun des pays ?

Mes premiers jours à Tokyo ont été magiques (et c’est toujours le cas aujourd’hui lorsque j’y retourne). J’y ai trouvé encore bien plus que ce à quoi je m’attendais. Une ville qui regorge de surprises, des gens aimables et toujours prêts à aider. Et puis, j’avais eu la chance de me faire recommander l’agence immobilière «Tokyo Stay» qui m’a trouvé un appartement proche du centre pour un prix défiant toute concurrence. Bref, une arrivée parfaite !

Pour Séoul, ça a été très différent. En réalité, j’ai mis un temps fou avant de commencer à réellement apprécier le pays. Sachant que je n’avais aucun atome crochu avec la Corée en arrivant, tout était à faire. J’ai dû tout découvrir par moi-même, la culture, la langue, les gens, le paysage urbain, TOUT pour moi était un mystère. Du coup, je n’avais absolument aucune attente et j’avais une seule envie : me laisser surprendre par ce pays que je ne connaissais pas. Au départ, rien ne m’a surpris. Il est clair que de passer par la Corée après avoir déjà vécu au Japon peut être un peu « décevant ». A Séoul, j’ai eu du mal à m’émerveiller. La Corée étant très largement influencé par le Japon, la Chine et les USA, il n’est pas évident de « sentir » l’esprit coréen. Donc je peux le dire, au départ, j’ai été un peu déçue, moi qui recherchais du dépaysement et une claque culturelle…

J’ai véritablement commencé à « aimer » la Corée lors de la dernière année de mon séjour là-bas.

Est-ce que ta situation professionnelle t'a paru satisfaisante, au Japon et en Corée du Sud ?

Tout à fait ! Dans les 2 cas, j’avais trouvé un job avant mon départ, ce qui me permettait de partir l’esprit tranquille.

A Tokyo, j’ai jonglé entre un poste de professeur de français (en école privée) et d’assistante fleuriste, avec quelques extras de baby-sitting pour une famille d’expat. Cela m’assurait des revenus suffisants pour vivre.

A Séoul, j’ai d’abord travaillé en tant qu’infographiste dans une agence de voyage puis, j’ai été recrutée par une entreprise coréenne de dispositif Bluetooth qui m’a contactée via un forum français ! En tant qu’assistante marketing, j’étais en charge de la promotion de leurs produits en France (tout était à faire puisqu’ils ne s’étaient pas encore étendus au marché français à cette époque-là). J’étais la seule non-coréenne dans l’entreprise et je me sentais un peu comme la « mascotte ». Une très belle expérience !

J’ai également été modèle et fait de la figuration dans des dramas et des films coréens.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés dans chacun des pays ?

Au Japon, je dirais la langue. Les Japonais étant assez « timides », il est d’autant plus difficile de créer de vrais liens sans parler japonais. L’une de mes meilleures amies est Japonaise, mais parle très bien le français. Pour le reste, je ne suis pas restée assez longtemps pour avoir un avis assez objectif.

En Corée du Sud, au premier abord, tout semble assez simple. Il est notamment relativement facile de communiquer puisque beaucoup de Coréens (principalement les jeunes) parlent anglais. Mais, c’est seulement au bout de plusieurs années que l’on réalise que créer des liens amicaux forts n’est pas forcément évident. Autant, j’ai rencontré des Français qui sont devenus des amis proches très rapidement, autant mes relations avec mes amis coréens ne sont pas aussi fortes et parfois même superficielles. Ne parlons pas du côté relationnel « amoureux », puisque là, tout se corse. Nous n’avons vraisemblablement pas la même vision de l’amour que les Coréens… Bref, tout ça demande du temps pour s’adapter, accepter les différences culturelles et d’éducation et essayer de comprendre et d’apprendre. Cela veut dire qu’il faut réajuster sa façon de voir les choses et adapter en permanence son comportement au fil des nouvelles données que l’on emmagasine chaque jour.

Sinon, le gros soucis qui s’est posé pour moi a été l’obtention du visa de travail (après mon PVT) que l’immigration m’a fermement refusé. Le seul motif : pas de diplôme universitaire. En effet, je suis issue de la formation professionnelle. Pour autant, je suis tout à fait « embauchable » et je n’ai jamais eu de mal à trouver un emploi. Pour mon poste d’assistante marketing, mon entreprise était prête à me sponsoriser. Elle a tellement trouvé aberrant qu’on me refuse ce visa de travail qu’elle a même été jusqu’à embaucher un avocat pour défendre mon dossier, mais rien n’y a fait… résultat, à la fin de mon PVT, j’ai dû quitter mon entreprise et rentrer en France. J’ai proposé le job à l’une de mes connaissances qui, elle, possède un Master en marketing. Elle a très rapidement obtenu un visa de travail et travaille toujours là-bas au jour d’aujourd’hui…

Quel est ton niveau de langue en coréen et en japonais ?

Je n’ai que quelques notions en japonais (incluant la lecture des hiragana/katakana) et j’ai un niveau intermédiaire en coréen. J’ai étudié le coréen dans les universités d’Ewha et Sogang jusqu’au niveau 3.

J’ai également pris des cours à l’institut « Ganada » à Hongdae que je recommande vivement, ainsi que des cours privés à l’institut « Best Friend » de Sinchon qui propose les cours privés les moins chers de la ville !

Quels ont été tes meilleurs souvenirs au cours de ton séjour en Asie?

Au Japon, il y en a trop ! Des dizaines d’endroits « fous » que j’ai visités m’ont marquée à jamais (Alice Restaurant, Lock Up Café, Alcatraz E.R., Robot Café, Odaiba…) ! Plus que de simples endroits à voir, ce sont de véritables « expériences » à vivre !

Pour ce qui est de la Corée, j’ai réalisé un rêve : « jouer » aux côtés d’acteurs coréens. J’ai eu la chance de faire des apparitions dans des dramas à succès ou des films coréens et même de donner la réplique à de grands acteurs comme Jeon Do-yeon (The way home) ou encore  Choi Soo-Joong (Into the flames). J’ai également pu discuter avec Go a-ra (Answer me 1994), et recontrer Ryu Soo-Young (Endless Love), Choi Jin Hyuk (Fated to love you), mais surtout Lee Joon des Mblaq (Gapdongi) hiiiii !!!

J’ai aussi participé à un tournage regroupant tous les Super Junior et j’ai eu droit à un baisemain de Kangin et de Siwon et même d’un « je t’aime » en français !

Ma rencontre avec Baekho et JR du groupe Nu’Est dans le metro de Hongdae est aussi un bon souvenir…

Oh, je dois aussi ajouter qu’en tant qu’ancienne joueuse de Starcraft 2, j’ai adoré assister à un match live au studio GomTV ! J’ai ainsi pu rencontrer les pro-gamers herO et INnoVation (pour les connaisseurs !).

Est-ce que certaines choses françaises t’ont manqué ?

La nourriture !!!!!! Le pain, le formage, le jambon… Du coup, lorsque j’avais une envie de pain-fromage-viande, j’allais me goinfrer au MacDo ! Ou je me faisais une pizza 3 fromages dans un pseudo restau italien (bien sûr, c’était toujours décevant).

Les vêtements et chaussures à ma taille ! Je fais 1m73 et je porte du 41. Croyez-moi, il est difficile de trouver chaussure à mon pied en Corée ! Sans parler des manches ou pantalons trop courts… Pour les grands pieds, il y a BigShoes ou la boutique « ROZZINI » dans la rue qui descend sur la gauche de l’entrée principale de l’université d’Ewha.

Qu’est ce qui te manque maintenant que tu es en France ?

Les coffee shops ! A Séoul, il y en a PARTOUT ! C’est fou ! Mon « green tea latte » quotidien me manque…

Les « convenient stores » ouverts 24 h/24 h, l’agitation de la ville et cette atmosphère unique qu’on ne trouve qu’en Asie. On se sent en sécurité partout, on peut vraiment profiter de chaque instant sans être parano. Finalement, la vie en France est d’une certaine façon plus stressante.

Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, du point de vue personnel ou professionnel ?

Tellement de choses ! Mais avant tout, une ouverture d’esprit énorme et une belle façon d’apprendre à se connaitre soi-même. J’ai beaucoup appris sur l’être humain et sur qui je suis durant ces 3 années. Je me sens totalement différente, grandie et avec un regard plus ouvert sur le monde. Je connais à présent mes limites, je sais ce dont je suis capable ou non. Je pense que voyager, c’est partir en quête de soi-même. Et puis, maintenant je parle couramment anglais !

Quels conseils donnerais-tu aux futurs PVTistes ?

Allez au bout de vos envies et surtout n’ayez pas peur ! Partir, ce n’est pas tout quitter, c’est partir « à la découverte » d’un nouveau monde, faire de nouvelles rencontres, et revenir enrichi et grandi. Ça ne sera jamais une perte de temps, ni d’argent. Ça vous apportera forcément quelque chose d’inestimable.

Pour être d’abord partie en couple au Japon, je pense pouvoir dire que partir seul est le meilleur moyen de vivre son expérience pleinement... mais cela dépend du projet de chacun.

Quels sont tes futurs projets ?

Je pense que je serai liée à l’Asie à jamais. J’ai commencé à vivre ma vie d’adulte seulement à partir du moment où j’ai pris la décision de partir. En Asie, je me sens « chez moi », c’est viscéral. Pour le moment, je suis à la recherche d’un emploi à Paris en lien avec mon expérience de l’Asie. Mais je reste ouverte à toute opportunité à l’étranger, en Asie ou pourquoi pas aux Etats-Unis.

Quelques liens

Mon blog PVT Japon : http://japoniz.wordpress.com/2010/09/06/hello-world/ et mon site sur le Japon. Une chaîne youtube sur la Corée et mon portfolio !

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Commentaires

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Coucou!! Très bonne interview et qui m’intéresse d’autant plus que je souhaite partir en PVT en Corée cette année et que je compte bien trouvé un job là bas. J’ai aussi une formation d’infographie, d’agent de voyage et un peu d’expérience dans chaque domaine et je me demande si tu as eu du mal à trouver un poste dans ce domaine?

J’aimerai bien faire tous les PVT Asie aussi, ayant eu la chance de passer à HongKong et Taïwan mais c’est un peu tard maintenant!

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J’en ai oublié ma deuxième question : comment as-tu pu rester plus d’un an en PVT l`-bas? Merci! Bonne journée :)

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Merci pour cette interview ! C’est toujours sympa d’avoir les retours des personnes ayant fait un séjour de plus d’un mois au Japon !
J’imagine la galère que ça a dû être après le 11 Mars (jour de ton anniversaire en plus ? Vive l’ambiance ://)
Merci de faire le service après vente dans les commentaires ! Ca permet de compléter pas mal de points !

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Bonjour !

Je prépare actuellement un PVT en Corée, donc ton article m’aide beaucoup, merci ! 😀 Je sors d’un Master en tourisme et je note que tu as travaillé pour une agence de voyage française à Séoul. Pourrais-tu m’en dire le nom? Merci à toi !

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