Baptiste : cuisinier dans une mine d’or du Grand Nord canadien !

Date de publication : 08-12-2020

Localisation

Montréal, QC, Canada

Profession

cuisinier

Dernier diplôme obtenu

BTS

Baptiste est parti en PVT au Canada en pleine pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, il est cuisinier dans une mine d’or du Grand Nord canadien, au Nunavut.

pvtistes : Bonjour Baptiste ! Peux-tu te présenter ?
Baptiste : Salut moi c’est Baptiste. J’ai 24 ans, je suis originaire de Samoëns, un petit village de Haute-Savoie. Je suis quelqu’un qui adore être dans la nature ! J’ai d’abord fait un bac S pour ensuite me diriger vers l’hôtellerie-restauration via une mise à niveau et un BTS.

Durant mon cursus j’ai effectué différents stages en cuisine dans des restaurants étoilés au guide Michelin en France et à l’étranger (Angleterre), ensuite une fois mon BTS en poche j’ai eu beaucoup d’expériences variées en cuisine. Du restaurant étoilé en passant par les restaurants d’entreprise, le Club Med et des restaurants traditionnels pour enfin terminer par un petit bistro avant mon départ au Canada.

Ensuite j’ai commencé par travailler dans une fabrique de quiches sur Montréal pendant 3 mois, mais ce n’étais pas très intéressant et je ne m’y retrouvais pas trop financièrement. Par la suite j’aurais dû gérer l’ouverture d’un restaurant mais le patron et moi étions en désaccord sur le type de restauration que l’on souhaitait proposer donc ce projet n’a pas abouti.

Ensuite j’ai fait chef à domicile pendant quelques temps pour un riche monsieur avant de travailler dans une mine d’or, toujours en cuisine.
pvtistes : Tu es actuellement en PVT au Canada. Pourquoi avoir choisi cette destination ?
Baptiste : Étant amoureux de la nature, des grands espaces et des montagnes, le Canada était une évidence pour moi. J’ai toujours voulu découvrir ce pays, et l’idée d’un PVT a fait son chemin après avoir eu plusieurs connaissances qui en ont fait un dans d’autres pays. Ma soif de voyage m’a aussi poussé dans cette direction.
pvtistes : Tu es arrivé au Canada en juin, en pleine pandémie. La situation a-t-elle eu un impact sur ton PVT ?
Baptiste : Oui, j’ai dû trouver un emploi depuis la France pour pouvoir venir au Canada. J’avais prévu un départ le 26 mai, mais malheureusement à cause de la pandémie celui-ci a dû être mis en suspens le temps de trouver un emploi.

C’était une période un peu difficile car d’un côté je cherchais un emploi pour pouvoir venir au Canada et d’un autre coté je devais trouver un emploi en France. Mais au final tout s’est passé tellement vite ! J’ai dû faire mes valises et les dernières démarches en à peine une semaine avec quelques péripéties avant le départ !

C’était une période un peu floue, je ne savais pas quand j’allais pouvoir partir et si j’allais pouvoir bénéficier de mon PVT étant donné que ma lettre d’introduction arrivait à son terme (les prolongations sont arrivées heureusement, mais au final je suis arrivé le jour de l’expiration de celle-ci).

Pour ce qui est des démarches administratives au Canada, c’était un peu compliqué dans le sens où je travaillais quand la banque était ouverte, et j’avais besoin d’un justificatif de domicile pour demander mon NAS en ligne (car les centres étaient fermés) que j’ai reçu après 3 semaines.
Qui peut partir au Canada actuellement ? On fait le point dans cet article.
pvtistes : Est-ce que la vie au Canada correspond à l’image que tu t’en faisais avant ton arrivée ?
Baptiste : Je pense que c’est différent de l’idée que je m’en faisais car la pandémie a beaucoup impacté les habitudes et la vie, comme partout dans le monde. Je n’ai pas pu connaître un vrai été à Montréal malheureusement, mais je m’estime déjà chanceux d’avoir pu profiter des terrasses et d’avoir pu rencontrer du monde. C’est assez bizarre d’être ici, on se sent un peu comme chez nous du fait que ce soit francophone et qu’il y ait beaucoup de Français mais en même temps on est à l’étranger et on le ressent. Par exemple on se sent beaucoup plus en sécurité en ville ici qu’en France.
pvtistes : Tu travailles désormais dans une mine d’or au Nunavut en tant que cuisinier ! Comment as-tu trouvé cet emploi ?
Baptiste : Tout à fait ! Un ami qui est aussi en PVT m’en avait parlé, il devait y aller au début de la pandémie mais n’a pas pu car il avait un autre poste et ne savait pas quand il allait reprendre. Ensuite, j’ai vu une annonce passer sur Facebook à laquelle j’ai répondu.

On m’a mis en contact avec l’entreprise qui m’a proposé un poste de concierge de nuit dans un premier temps que j’ai accepté (plutôt pour l’expérience du Grand Nord que pour le travail en lui-même). Ils m’ont finalement rappelé la veille de mon départ pour me dire que je serai en cuisine, chose qui me convenait bien plus.
pvtistes : Peux-tu nous raconter une journée type dans cette mine d’or ?
Baptiste : C’est assez particulier car on fait 14 jours de travail consécutifs et 14 jours de congés (non payés). On doit prendre l’avion pour se rendre sur le site avec environ 3 h de vol avec un stop à Val d’or pour récupérer de la marchandise et des passagers, puis 1 h de bus entre l’aéroport et la mine.
baptiste grand nord canada

On nous fait un test covid-19 a l’aéroport avant le départ puis quarantaine une fois arrivés sur le site jusqu’aux résultats et ensuite le travail commence ! On a un 2e test 5 jours après l’arrivée pour limiter au maximum les risques.

Je m’occupe de faire les sandwichs et préparer les petits déjeuners dans un camp d’environ 80-100 personnes. Je travaille donc de nuit de 20 h à 8 h avec un pâtissier qui travaille de 23 h à 11 h.
C’est assez bizarre car les shifts sont longs et 14 jours c’est long… Mais en même temps ça passe super vite ! Le travail est plutôt tranquille, j’ai le temps d’aller marcher au froid pour photographier et profiter du spectacle des aurores boréales.
baptiste grand nord canada

Les collègues sont 100 % Québécois (mis à part 2 autres Français), c’est donc idéal pour travailler l’oreille car il y a beaucoup d’accents différents. Pas mal de travailleurs sont Gaspésiens ou viennent du Saguenay mais également d’autres régions isolées.

L’ambiance est plutôt bonne. Je me suis fait quelques amis québécois qui m’ont proposé de me faire découvrir des choses ! Ils m’ont notamment proposé un job pour l’automne prochain en tant que guide de chasse sur l’île d’Anticosti !

C’est vraiment un monde à part ici… C’est assez impressionnant de voir tout ce que l’on peut faire dans un environnement avec autant de contraintes. C’est comme être sur une autre planète !

Les conditions climatiques sont assez rudes en ce moment. Il fait environ -25/-30°C avec parfois des ressentis à -45°C avec le vent (et il y a souvent du vent). L’hiver les températures peuvent descendre jusqu’à -60 voire -75°C, et je ne parle pas de ressenti ! Je dirais qu’il n’y a rien de mieux que le Nunavut pour vivre plus qu’un premier hiver canadien ! Bizarrement vu que le climat est sec on ressent moins le froid donc avec des températures de -15 ou -20 sans vent il fait plutôt bon.

Pour ce qui est du paysage, c’est assez désertique. On est au milieu de nulle part, le village le plus proche est à 1 h de route (Rankin Inlet pour ceux qui veulent situer), mais les paysages et la faune sont saisissants !
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pvtistes : Quels sont tes meilleurs souvenirs de ce PVT jusqu’ici ?
Baptiste : J’ai beaucoup de bons souvenirs car j’ai fait pas mal de rencontres. J’ai bien profité de l’été car vu la situation actuelle je me suis dit « on ne sait pas ce qui peut arriver et le retour en France peut arriver plus vite que prévu… Alors profite tant que tu es là et que tu le peux ! ».

Mais si je devais choisir un souvenir, ce serait celui d’un road trip d’une semaine en Gaspésie rempli de belles rencontres et de paysages magnifiques. Ça donne envie d’y retourner et de passer plus de temps dans cette belle région !
pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste au Canada ?
Baptiste : De ne pas trop réfléchir et de sortir de sa zone de confort et des sentiers battus car c’est ça l’aventure et le PVT ! C’est le moment de faire des choses que tu ne ferais nulle part ailleurs. Et de saisir les opportunités qui s’offrent à nous, qui parfois peuvent déboucher sur de belles expériences ou un poste très intéressant !
pvtistes : Et pour finir, quels sont tes projets pour la suite ?
Baptiste : Je souhaite m’acheter un van et traverser le canada l’été prochain pour prendre le temps de visiter les Rocheuses et, pourquoi pas, faire la côte ouest des États-Unis (mais cette partie me semble compromise pour l’instant avec la situation…). Et ensuite, je verrai bien où mon PVT me portera… Et pour finir, dans le plus long terme, je suis en train de réfléchir pour ouvrir ma propre entreprise une fois rentré en France.

Merci Baptiste pour tes réponses !

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