Bonjour, peux-tu te présenter ?
Salut, je m’appelle Paul, j’ai 26 ans. Je suis né à Paris, puis j’ai déménagé près de Toulouse avant de m’installer, dans ma jeunesse, à Bristol, en Angleterre, où je vis aujourd’hui.
Après avoir terminé mes études, j’ai commencé à enchaîner les saisons d’hiver en utilisant les PVT pour partir vivre et travailler dans différents pays. Professionnel de l’évitement du travail, je suis passionné par les voyages, les sports d’hiver, les aventures et la photographie.
Tu as fait un premier PVT au Canada puis un PVT au Japon. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’enchaîner deux expériences aussi différentes ?
Initialement, j’avais été attiré par la neige et le snowboard, non pas pour partir en vacances, mais pour adopter ce mode de vie. Cela faisait également longtemps que je rêvais de découvrir les paysages montagneux du Canada. Il était donc logique de commencer cette aventure en Colombie-Britannique.

Pendant mon séjour au Canada, j’ai développé un véritable goût pour l’exploration, ainsi qu’une profonde appréciation de ce rythme de vie et des personnes que l’on peut rencontrer dans ce type d’environnement. Je me suis aussi rendu compte que le snowboard devait faire partie intégrante de mon quotidien.
À l’approche de la fin de notre PVT au Canada, animés par l’envie de poursuivre cette aventure, ma compagne et moi avons jeté notre dévolu sur un autre pays qui nous fascinait et qui possède, selon beaucoup, la meilleure neige du monde : le Japon.

Dans quels domaines as-tu travaillé sur place ? Était-ce facile pour toi de trouver du travail ?
Principalement en restauration, en service et en cuisine, mais aussi dans divers autres domaines comme dans des gîtes ou des travaux de peinture de chalets. Il est souvent facile de trouver du travail en station de ski, mais le vrai défi reste toujours de trouver un logement. Beaucoup d’endroits proposent un logement pour leur personnel, mais dans ce cas on se retrouve souvent dans des chambres partagées, en étant à la merci de son employeur…
As-tu réalisé un road trip ? Si oui, quels paysages ou moments sur la route t’ont le plus marqué ?
Vous commencerez peut-être à remarquer une certaine tendance dans mes expériences lors de ces deux PVT, avec beaucoup de nuits passées à dormir dans des véhicules. Le Canada, vaste et étendu, et sans bon réseau de transports en commun, ne se prête vraiment à la découverte que si l’on a accès à une voiture.

En commençant par la route Sea to Sky, partant de Vancouver vers le nord, qui offre des vues incroyables de sommets couverts de sapins plongeant directement dans l’océan Pacifique. D’ailleurs, tout le corridor Sea to Sky regorge de randonnées, de lacs alpins, de saunas cachés dans la forêt et de bien d’autres trésors.
De l’autre côté du détroit de Georgia, l’île de Vancouver a une forte culture de van life et de camping. On peut y dormir dans de très anciennes forêts tempérées humides, abritant des cèdres rouges et des sapins qui s’étendent jusqu’aux plages de surfeurs de Tofino. La traversée des Rocheuses jusqu’au célèbre Calgary Stampede a été une expérience que je recommanderais à tout le monde.

Enfin, la Colombie-Britannique nous a ouvert les portes d’un road trip d’environ 9 000 km à travers les États-Unis. Il est difficile de décrire l’immensité des paysages que l’on traverse en roulant dans cette partie du monde.
Mais même le Japon, plus petit que la France et connu pour son excellent réseau de Shinkansen et autres trains, abrite en réalité énormément de coins cachés et toutes sortes de régions fascinantes, difficilement accessibles en train. Kyushu, en automne, nous a particulièrement marqués pour son ambiance détendue et sa magnifique nature : ses nombreux volcans actifs, ses onsen sauvages, ses régions de surfeurs et ses temples en bord de mer.

En traversant le pays et en dormant dans la voiture pendant plusieurs mois, nous avons trouvé les Japonais, dans ces régions plus calmes, très chaleureux, curieux et bavards. Nous nous sommes retrouvés à partager des repas avec eux, à discuter dans les michi no eki (des aires de repos routières où les Japonais dorment dans leur voiture) et à recevoir leur aide généreuse lorsque nous tombions en panne.
Était-ce plus compliqué d’acheter une voiture au Japon ou au Canada ?
Cette expérience est complètement différente dans ces deux pays, mais chacun a ses propres difficultés. Au Canada, il n’y a pas beaucoup de paperasse et un achat peut se faire très rapidement. En revanche, il n’y a pas de contrôle technique obligatoire, ce qui signifie que l’on peut acheter une voiture de 20 ans sans savoir quels problèmes elle a pu accumuler au fil du temps.
Il faut donc savoir à l’avance quels défauts et problèmes surveiller lors de l’achat d’un modèle en particulier, d’autant plus qu’une fois mises sur le marché, les voitures les plus intéressantes peuvent partir en moins d’une heure. Les amis mécanos sont grandement appréciés dans ces moments-là…
Inversement, les Japonais ont tendance à bien entretenir leurs affaires et à suivre les règles de manière très stricte. Les contrôles techniques sont fréquents et les pénalités sont sérieuses si un véhicule ne respecte pas les normes.
En revanche, il faut faire face à la bureaucratie japonaise, encore plus fastidieuse qu’en France, ainsi qu’à leur refus total de déroger aux règles, même légèrement : si votre dossier contient la moindre anomalie, il ne passera probablement pas le premier examen et sera refusé. Le tout en japonais, bien sûr !

Au Japon, travailles-tu dans le même domaine qu’au Canada ? Quelles différences as-tu remarquées dans le monde du travail ?
Les cultures du travail sont très différentes dans ces deux pays. Les Canadiens ont une relation plus saine avec le travail, surtout en montagne, où les gens passent beaucoup de temps à pratiquer toutes sortes d’activités et d’aventures en plein air. Les Japonais, en revanche, dans leur rigueur et leur dévouement, ont tendance à s’imposer de longues heures de travail et à prendre peu de congés, pour des salaires relativement faibles. On retrouve un esprit plus ouvert et plus détendu dans les montagnes, mais cela varie d’un endroit à l’autre.
Mais la plus grande différence pour les pvtistes est la culture du pourboire au Canada, en particulier dans la restauration. La vie quotidienne peut être chère (surtout dans des endroits comme Whistler ou Banff), mais un bon emploi permet de bien gagner sa vie et même de faire des économies, ce qui est beaucoup plus difficile au Japon.
Le Japon devient de plus en plus fréquenté, mais, en général, les stations de ski japonaises sont plus petites et accueillent moins de monde que les stations canadiennes. Je trouve que ça se ressent dans les services en restauration, qui sont souvent moins intenses que ceux que l’on peut connaître au Canada.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs pvtistes qui veulent aller au Canada ou au Japon ?
Comme le PVT nous permet de rester et de travailler plusieurs mois, voire plusieurs années, dans ces pays, je recommande vivement l’achat d’un véhicule si vous en avez la possibilité. Ces pays sauront vous récompenser par de nombreuses surprises et expériences si vous prenez le temps de les explorer plus lentement et plus en profondeur qu’au cours d’un voyage traditionnel de quelques semaines.
Je suggère d’ailleurs, au Japon, d’opter pour une kei car, ces petites voitures à plaque d’immatriculation jaune, qui demandent beaucoup moins de paperasse lors de l’achat et de la vente, moins de taxes annuelles et un contrôle technique moins cher.
Enfin, quels sont tes projets pour la suite ?
La liste des voyages que nous voulons faire ne cesse de s’allonger. Même au Japon et au Canada, il y a encore plein d’endroits que nous n’avons pas découverts, et d’autres où nous voulons retourner.

J’espère pouvoir continuer à enchaîner les hivers, et nous envisageons peut-être de nous installer à la montagne à temps plein. Mais au milieu de tout ça, je cherche une carrière plus stable sur le long terme, qui puisse continuer à financer et à permettre tous ces voyages, ainsi que le snowboard…
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