Le télétravail pendant son PVT Australie, être salarié expatrié

Date de publication : 03-11-2016

Auteur

sophie

Bonjour, Sophie, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis d’origine Normande venue à Paris pour travailler il y a 8 ans. Après une dizaine d’années en tant que chef de projet Web Marketing, j’exerce depuis 2 ans le rôle de responsable de communication Web au sein d’Artana, une holding regroupant 6 sociétés spécialisées dans les différents métiers du marketing opérationnel.
Mon rôle est d’une part d’être garante de la communication visuelle (respect des chartes, conformité des supports de com, etc.) et d’autre part de gérer les supports de communication web de chaque société (création de nouveaux outils de communication, gestion des sites internet, des campagnes de communication telles que newsletters, emailing, réseaux sociaux, etc.…). Ce poste requiert diverses compétences complémentaires : webmarketing, Web développement, webdesign, management, gestion de projet, analyse et reporting, … et a une particularité : il permet d’être une travailleuse nomade et plus précisément une nomade digital. Physiquement, je n’ai pas d’attache à un bureau fixe car pour travailler, il me faut essentiellement un ordinateur et une bonne connexion internet. Je pouvais donc bouger tout en travaillant, la graine de mon futur projet de voyage était plantée.

Quand es-tu arrivée en Australie, avec qui, et pourquoi avoir choisi l’Australie pour ton PVT ? Est-ce que c’est la première fois que tu vivais à l’étranger ?

Je suis arrivée en couple à Brisbane (Queensland) en Mars 2016. Avant de choisir, nous hésitions entre le Canada et l’Australie. Les deux pays répondaient à notre premier souhait : apprendre et pratiquer l’anglais. Pourquoi l’Australie ? Premièrement pour une raison pratique : il n’y a pas de quota pour les PVT en Australie et deuxièmement pour une question de feeling : ce pays représente la chaleur, l’esprit de liberté et le bien être : l’australian way of life !
Enfin, l’avis d’amis et de proches qui avaient déjà tenté l’aventure a fini de nous convaincre. C’est donc forte de la conviction de vivre une belle expérience que j’ai décollé, pour la toute première fois, vers une vie de quelques mois à l’étranger.

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Avec quel visa es-tu arrivée en Australie ?

J’étais donc accompagnée, je conservais mon emploi et j’avais convenu avec mon patron de partir 6 mois maximum. La question de mon statut s’est vite posée car je restais salariée française d’une entreprise française.
Afin d’être en règle et tranquille pendant mon voyage, je devais trouver un visa qui me permettait de rester suffisamment longtemps sans contrainte. Comme je restais plus de 3 mois, le « visa touriste » ne suffisait pas et comme je ne restais pas plus de 6 mois, je ne pouvais pas non plus avoir le statut « de salarié expatrié ». Je me trouvais donc dans une situation ambiguë et peu documentée.
Étant encore dans la tranche d’âge pour obtenir un PVT (30 ans révolus, c’est-à-dire jusqu’à la veille de mes 31 ans), mon choix a été vite fait : le Working Holiday Visa !
Ce visa répondait à mes problématiques principales : être sûre de partir au même moment que mon compagnon, avoir un droit de territoire de longue durée et pouvoir travailler. D’autant plus que le PVT est simple à obtenir, accessible (environ 400 €) et permet de rester jusqu’à un an sur le territoire australien en toute tranquillité.

Comment s’est passée ta demande auprès de ton patron pour pouvoir partir en Australie et garder ton poste ?

Artana est une holding composée de 6 sociétés qui n’avait jamais connu ce cas auparavant. Quand j’ai fait ma demande cela faisait à peine un an que j’étais embauchée en CDI et l’équipe web que je supervise était composée de 2 personnes. Ma période d’essai était tout juste terminée et mon métier comme mon poste me plaisait énormément.
Dans mon entreprise, la responsable de communication web est hiérarchiquement située sous la responsabilité directe du PDG, avec qui j’ai de très bonnes relations. Avant d’avoir son accord pour ce voyage atypique, j’ai demandé un entretien à mon supérieur, et tout a commencé par une discussion. Je lui ai donc fait part de mon projet de voyage et nous avons discuté de cette opportunité de partir quelques mois à l’étranger pour vivre une expérience de vie hors du commun, et des bénéfices que je pourrais tirer de cette expérience (perso et pro : perfectionnement de mon anglais, voir les méthodes de communication et de travail de mes pairs hors Europe, l’ouverture d’esprit, …).
Lorsque je lui en ai parlé, je lui ai proposé 3 issues : un congé sabbatique (sans solde), une rupture conventionnelle ou le télétravail.
Dans mon fort intérieur, ces 3 solutions me convenaient puisqu’elles me permettaient d’accomplir ce voyage, mais j’espérais vraiment ne pas perdre mon emploi auquel j’étais sincèrement attachée.
Après avoir consulté les autres membres de la Direction et le service des Ressources Humaines ceux-ci ont, unanimement, décidé de me faire confiance en acceptant le télétravail. Qui plus est, afin que je profite pleinement de mon voyage, ils m’ont proposé de passer à un temps partiel à 4/5e. Je ne vous cache pas que j’ai sauté de joie, et que j’avais parfaitement conscience de la chance et de la confiance qu’ils m’accordaient.
Une fois la décision validée par la Direction, est venu le moment de formaliser cette demande mais aussi de remplir la paperasse…

Etant donné que c’était la première fois que ce cas se présentait dans l’entreprise, il a fallu faire des recherches précises pour la méthode et le statut.
Épaulée par la RH et restant salariée de mon entreprise, je devais avoir un statut bien défini pour que mon entreprise et moi-même soyons couvertes en cas de pépins (on n’est jamais à l’abri de rien, surtout pendant un voyage longue durée) et que je continue de bénéficier du système de protection sociale français (garanties et remboursement de frais de santé en cas de maladie, maternité, invalidité, accidents du travail ou maladies professionnelles (CPAM), cotisation retraite de base (Cnav), complémentaire retraite (Agirc – Arcco) et assurance chômage (pôle emploi)).

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Je ne vous cache pas qu’il a fallu nous armer de patience pour obtenir les infos utiles et nécessaires. Après plusieurs appels à la CPAM (côté entreprise et employé), au centre de liaison européenne et internationale de sécurité sociale (Cleiss), à la Caisse des français à l’étranger (CFE), au consulat et à l’Ambassade australienne en France… On a trouvé le statut qui correspondait à ma situation : « Salariée détachée à l’étranger ».

Ce qu’il faut savoir sur le statut de « Salarié détaché à l’étranger » :

• La procédure du détachement permet au salarié de partir travailler à l’étranger pour le compte de son employeur français. Ce statut lui permet de continuer de bénéficier du régime français de sécurité sociale.
• Le salarié doit être en poste dans l’entreprise au moins 6 mois avant son départ pour l’étranger
• Le détachement est forcément temporaire et est, en général, prononcé pour une durée variant de 6 mois à 3 ans
• Le salarié reste dans les effectifs de l’entreprise et conserve son contrat de travail d’origine. Sauf si les conditions de travail changent pendant la durée du détachement, alors un avenant au contrat de travail est nécessaire pour officialiser ces changements.
• Selon le pays de détachement, on peut éventuellement bénéficier d’une prise en charge de ses soins médicaux avec dispense d’avance des frais. Dans mon cas, l’avance des frais n’était pas possible car la sécurité sociale Française n’a pas d’accord internationaux ou bilatéraux de sécurité sociale avec le système de soins Australien.
• C’est à l’employeur de faire les démarches et d’établir la demande de détachement auprès de la sécurité sociale française.

En interne, la première démarche officielle a été d’écrire un courrier de « Demande de détachement à l’étranger » adressé à mon supérieur hiérarchique et remis en main propre. Outre la demande en soit, formellement, ce courrier m’engageait sur la durée de mon détachement (dates de départ et de retour prévues) ainsi qu’une demande de temps partiel, dans mon cas un 4/5eme.

Viennent ensuite les formalités administratives : mon employeur a fait la demande de détachement à l’étranger (dans une zone hors cadre d’accords internationaux ou bilatéraux de sécurité sociale) auprès de la sécurité sociale française et l’établissement d’un avenant à mon contrat de travail.
De mon côté, j’ai simplement dû faire le choix d’une mutuelle complémentaire.

Quelles ont été les conditions qui t’ont été imposées, s’il y en a eu ?

Les conditions à mon départ étaient :
• D’être sûre de revenir ;
• D’être de retour en France pour la rentrée commerciale de Septembre 2016 ;
• D’assurer la continuité de la gestion des supports de communication web des 6 sociétés ;
• D’assurer la coordination entre le service web et les autres services des sociétés d’Artana et donc de me rendre disponible et joignable pendant les horaires communs entre la France et l’Australie.

Nous savions très bien que le travail serait réorganisé : la transmission des infos ne serait pas aussi fluide à cause de mon absence des locaux mais aussi à cause de ma réduction de temps de travail. Cela dit, mes responsabilités et missions sont restées les mêmes et je me devais de répondre à l’opportunité qu’ils me donnaient en leur démontrant mon implication et mon autonomie.

En ce qui concerne mon salaire, ma base salariale est restée la même, la variation de salaire était simplement proportionnelle au temps partiel demandé et les avantages dont je bénéficiais en France sont restés inchangés (Mutuelle, RTT…). Par contre j’ai dû renoncer aux tickets restaurant correspondant à la période de mon absence du territoire français. Le tout est formalisé par un avenant qui stipulait également qu’à mon retour, toutes mes conditions salariales revenaient automatiquement à leur état initial.

Comment t’organises-tu pour réussir à travailler efficacement à distance, qui plus est avec le décalage horaire ?

Au niveau logistique et matériel, l’organisation du télétravail, c’est-à-dire du travail à distance, a été non négligeable et a commencé bien avant mon départ.

Mon employeur a pris à sa charge les besoins de matériels professionnels essentiels : en gros un ordinateur portable, un modem et une ligne de téléphone VOIP (cela représentait tout de même une dizaine de kilos en plus dans les bagages).

Les sociétés de mon entreprise sont présentes sur 10 villes partout en France et le groupe possédait déjà une infrastructure et un système d’information permettant le travail en réseau et à distance. Le service informatique a donc été sollicité car ils ont mis en place différents moyens de connexions à distance pour que je reste opérationnelle et puisse accéder à mes données sur mon poste en France, aux serveurs internes, mais aussi aux différents PC des employés de l’entreprise afin que je puisse intervenir à distance sur leur poste.

Une fois sur place, les conférences vidéo et la messagerie instantanée permettent de faire tomber la barrière de la distance. J’avais un contact avec mes collègues quasiment tous les jours. Les relations de travail, discussions, réunions et autres brainstorming avec collaborateurs et prestataires, se faisaient essentiellement par e-mail et Skype et lorsque c’était possible (si j’avais une connexion Internet sur laquelle je pouvais connecter mon tel VOIP), par téléphone.
Mais ceci est possible uniquement grâce à une bonne connexion Internet, ce qui n’est pas toujours le cas en Australie, voire rarement le cas.
Donc je n’ai pas eu d’autre choix que d’investir dans un clé usb 4G (opérateur Telstra). Ce petit modem me permettait d’avoir internet partout ! Ce qui a sauvé mon voyage car sans Internet, pas de possibilité de travailler donc retour en France.

Là où ça commence à se corser c’est au niveau des horaires de travail… Fatalement, avec 8-9 h de décalage horaire et devant être disponible sur une tranche horaire qui correspond à la matinée en France (9 h – 12 h en France = 17 h – 20 h en Australie), je travaille en décalé des heures de travail australiennes (en général 8 h – 17 h) pour commencer à travailler à 13 h pour finir à 20 h, voire plus tard si c’était nécessaire.

Quels avantages et inconvénients as-tu trouvé à ce mode de travail en Australie ?

Le télétravail pendant un voyage longue durée est à double tranchant, mais globalement c’est une sérénité indéniable et un moyen sûr et régulier de financer le voyage et de ne pas s’inquiéter comment manger et où dormir le lendemain.
Le fait d’être en horaire décalé et en autarcie totale donne la sensation de s’isoler, de ne pas assez pratiquer l’anglais car mes interlocuteurs principaux sont mes collègues français et de ne pas profiter de la vie australienne en journée.
Pour éviter cela, lorsque c’est possible je ne reste pas travailler « à domicile » et me rend dans des workshop, bibliothèques, cafés, … tous ces lieux qui, parfois bruyants, me permettent de m’installer confortablement, d’avoir une bonne connexion internet, de croiser et de rencontrer du monde (locaux comme étrangers).
A contrario, je me suis également installé des bureaux itinérants dans des lieux improbables : le ponton d’une rivière, une plage, une caravane, une tente, des espaces de vie communs…
D’autre part, c’est vrai que de voyager en couple change beaucoup de choses et apporte le soutien moral, la distraction et la détente indispensable à une vie en décalage.
A côté de cela, l’autonomie et l’aménagement de temps de travail dont je bénéficie me permettent une grande liberté d’organisation et d’alterner périodes sédentaires et de road trip (à peu près 3 semaines / 1 semaine). Nous avons ainsi pu découvrir une bonne partie de l’Australie, voir les lieux et villes emblématiques et faire 18 000 kms en traversant 5 États sur 6, le tout en 6 mois.

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Quels conseils donnerais-tu aux personnes souhaitant faire comme toi ?

Mon conseil : même s’il s’agit d’un Working Holiday Visa, il ne s’agit pas de vacances de tout repos et cela demande discipline, organisation, ténacité et concentration mais aussi la capacité à sortir de sa bulle et à aller chercher le contact et la distraction.
En dehors de toutes questions de compétences, je pense qu’avant même de faire la demande, il faut se connaître et vraiment se poser les questions : Suis-je autonome ? Puis-je travailler seul(e) sans collègues pour animer mes journées ou aider à faire face à la pression ? Puis-je organiser mon temps de travail ? Renseignez-vous bien sur tous les points administratifs et veillez à être toujours connecté et joignable. Pour cela je recommande vivement l’opérateur Telstra. Les offres prépayées Telstra sont chères mais les autres opérateurs sont très décevants au niveau de la couverture du territoire australien.
En ce qui concerne la planification du voyage en lui-même, vous vous rendrez vite compte qu’une fois sur place le feeling prend vite le dessus sur les prévisions et la curiosité vous guidera et vous permettra de faire des connaissances très rapidement.

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13 Commentaires

Manon
0 1
Bonjour Sophie et merci pour ce témoignage qui me rassure dans mon projet de partir en WHV tout en conservant mon job actuel. D’après les infos que j’avais pu trouver avant de lire ton témoignage, j’avais prévu de suivre le même parcours avec un statut de détaché à l’étranger. En revanche, je prévois de partir un an en australie avec l’accord de mon entreprise. Etant donné que le WHV ne donne le droit de travailler que 6 mois pour le même employeur je me demandais si cela était valable aussi dans le cas du télétravail ? est-ce que je pourrai travailler en télétravail 1 an avec mon WHV ? Merci d’avance pour ta réponse
sophie
0 5
Salut, je comprends la délicatesse de la situation… Je te souhaite de parvenir à concilier les deux opportunités. Mon avis n’est éclairé que par ma courte expérience. Il ne s’agit donc ici que de mon avis et cela n’engage que moi. Le travail nomade se répand et est une solution moderne mais n’est pas une norme pour autant. Cela dit, a priori ton futur employeur est déjà ouvert au télétravail donc c’est plutôt bon signe. Outre les facteurs sur lesquels on ne peut pas agir (politiques de la société, infrastructure, …), le facteur confiance et l’engagement me semblent très importants à entretenir. Parti de là, j’aurai tendance à te conseiller d’être franche et motivée. Quoiqu’il en soit, il faut lui en parler, car pour le moment tu ne peux que supposer de sa décision. Quand, je n’ai forcement pas LA bonne réponse… Maintenant pour être parfaitement transparente ? pendant ta période d’essai pour leur laisser la possibilité de te connaitre et de te voir à l’œuvre ? En tout cas, lui en parler après ton embauche serait une erreur car pourrait être problématique pour toi. Autant que tout le monde soit en connaissance de cause, que le contrat soit clair comme cela tout le monde pourra s’organiser correctement. De toute façon, leur flexibilité est aussi un facteur que tu dois prendre en considération dans ta décision d’acceptation de ce poste ou pas (oui oui, toi aussi tu choisis si tu le veux ou pas ce poste). Mets toutes les chances de ton côté et prépares soigneusement ton entretien. Les deux opportunités se présentent « malheureusement » en même temps, cela n’empêche pas ta volonté d’accomplir ce projet de voyage autant que d’accepter l’opportunité professionnelle qu’il te propose. Apporte-lui des solutions et montres que tu as déjà anticipé et pensé aux conséquences de l’organisation de ton travail à distance longue durée. Cela démontrera qu’il s’agit d’un projet réfléchi, sérieux et dans lequel ton nouveau poste fait déjà parti, etc. Et au cas où, si tu dois choisir, serais-tu en mesure de lâcher le PVT au canada en duo pour ce poste et inversement ? En tout cas je pars du principe : qui ne tente rien n’a rien ! Je croise les doigts pour toi, tiens-nous au courant. Bon courage !
sophie
0 5
J’oubliais… renseignes toi bien sur le statut sous lequel tu partirais car dans mon cas j’étais « salariée détachée à l’étranger » mais ce statut nécessite que tu sois dans la société depuis 6 mois minimum. Bon courage. Sophie
Marge31
10 52
Bonjour Sophie et merci beaucoup pour ce témoignage ! Il tombe bien car je me retrouve dans une situation assez délicate. J’ai créé un topic mais j’aurai plus de chance directement ici. Je fais partie des chanceux de 2017 pour le PVT Canada, tenté alors que ma boite était en train de couler. J’ai eu la bonne surprise d’obtenir mon fameux sésame, mais entre temps, et alors que j’entame mon chômage en CSP (une catégorie qui concerne spécifiquement les licenciés économique, comme c’est mon cas après la liquidation de mon entreprise), j’ai reçue une proposition de CDI de la part de nos anciens concurrents. Sur le moment, et jusqu’à présent, je n’ai pas encore évoqué ce projet à l’étranger. Rien n’était sûr à 100% de leur coté, ils attendaient un financement pour pouvoir m’embaucher, et celui-ci sera effectif mi avril. Je peux donc commencer à bosser pour eux dès ce moment-là. Mon CSP, commencé en janvier 2017 me permet de toucher pendant un an des indemnités quasiment à hauteur de mon anciens salaire, puis me donnent droit à l’ARE « standard ». Ma date limite d’entrée au Canada est le 23 janvier 2018. Je ne suis pas prête à partir avant au moins Octobre, voire au dernier moment possible. Mon copain m’accompagnera, et a lui aussi son PVT (oui, deux chanceux !!) Plusieurs options s’offrent donc à moi, et je me demande comment présenter les choses à mon futur employeur. J’ai tendance à vouloir être franche et honnête, prenant ainsi le risque qu’il ne veuille plus s’engager. Le contexte est particulier, sachant que c’est vraiment une bonne opportunité pour eux de faire appel à moi, car ils bénéficient ainsi de mon experience de près de 3 ans dans une entreprise similaire, et c’est ça qui les interesse. Or, il s’agit bien d’un job à long terme et à certaine responsabilités de chef de projet. Peut-être puis-je négocier un CDD au lieu d’un CDI ? J’ai un peu peur que la négociation d’une rupture conventionnelle soit délicate par la suite. Et une démission entrainerait une perte totale de toutes mes indemnités, y compris bien sur celles qui m’auraient bien été utiles à mon retour en France. Une autre option serait d’essayer de négocier de continuer à bosser pour ma boite en étant au Canada, comme tu l’as fait. Mon job ici sera déjà majoritairement en télétravail (3 semaines par mois) Je me demande donc quand et comment présenter les choses, avec autant d’incertitude (le fait de savoir que je pars avant même de signer quoi que ce soit est assez inédit :/ ) Un grand merci d’avance pour ton avis éclairé ! 🙂
gsand22
0 1
Bonjour Sophie, Avec mon compagnon nous partons pour l’Australie au mois de Mars, il est dans le même cas que vous car il va travailler à distance. Nous nous demandions si vous pouviez nous détailler un petit peu plus l’organisation de votre vie durant ce voyage. Avez-vous été tout le temps en van ou est-ce que vous avez loué des chambres d’hôtel, où vous avez fait de la collocation ? De mon côté je souhaiterai faire du wwoofing, mais nous nous demandons si les personnes nous accueillant accepteraient la présence de mon copain travaillant en parallèle. D’avance merci pour votre réponse.
sophie
0 5
Bonsoir, Navrée de répondre si tard… Vous êtes certainement déjà sur les routes australiennes, mais je vais tout de même partager notre expérience avec vous et détailler un peu plus notre organisation en ce qui concerne les hébergements. A notre arrivée, nous avons eu l’immense chance d’être hébergé par une amie d’enfance de mon chéri qui a élu domicile à Brisbane, QLD, depuis une 12aine d’années. Après avoir acheté une voiture (une holden commodore sedan 1999, une solide voiture australienne qui nous a accompagné +16 000 kms), nous nous sommes équipé d’une tente et de l’équipement de camping (et de secours) complet. Après avoir été accueilli par des amis, nous prenons donc la route direction le nord en suivant la côte. Comment choisissions-nous où loger et dormir ? En fonction du lieu où mon compagnon trouvait du travail, du réseau internet et/ou téléphonique pour que je puisse travailler, de la durée que nous passions sur place, de notre budget et des options qui se présentaient, nous avons opté pour presque tous les types d’hébergement : logement chez l’habitant, sous notre tente (en camping, sur des aires de repos, le long d’une rivière, …), en mobil home individuel pendant que mon compagnon bossait pour un holiday village, en louant une caravane dans un caravan park ou une chambre (individuelle ou dortoir) dans des backpackers, sur un voilier, à l’hôtel, dans un appartement loué via AirBnB, en étant dogsitter et « gardiens » d’une maison pendant que les propriétaires étaient en vacances, nous avons également fait du « work for accommodation » (travail contre hébergement) dans un backpacker hotel et dormi dans notre voiture aussi. Nous n’avons pas fait de woofing, mais avons eu deux périodes de « work for accommodation » : dans un backpacker hotel et dans un holiday village. Au backpacker hotel, nous étions tous les deux hébergés sans dépenser un dollar dans une chambre dortoir de 6 et pouvions profiter des installations de l’hôtel. En contrepartie, nous devions nous acquitter, sans être rémunéré, chacun de nos tours d’entretien de l’hôtel, à raison de 1-2h par jour. Je bossais en parallèle en télétravail, tout s’est très bien passé : le boss, sympa et compréhensif, a aménagé mes « horaires » en fonction de mes disponibilités. A l’holiday village, mon compagnon y a trouvé un emploi de jardinier et avait conclu un accord avec les patrons pour que nous puissions avoir l’hébergement « gratuit » dans un mobil home individuel en échange de 2-3h de travail supplémentaire par semaine. De mon côté je n’ai pas eu à mettre la main à la patte et pouvait télé-travailler dans le confort  Les australiens sont accueillants et ont l’habitude de voir passer des backpackers en recherche de solutions d’hébergements, donc payantes ou pas, les opportunités se présenteront forcement si vous allez au contact des gens, êtes persévérant et ne rechigniez pas à la tâche. J’espère que votre voyage a bien commencé et vous souhaite une belle aventure ! Sophie
Michael
0 4
Rebonjour! J’ai quelques questions supplémentaires. Je vois que vous avez beaucoup voyagé et que tu travaillais avec une clé 4G, mais lorsque je consulte la carte de couverture réseau Telstra, j’ai l’impression qu’il est assez compliqué de s’éloigner des grands axes. Est-ce que tu travaillais en offline plusieurs jours pour finalement synchroniser ton travail plus tard ? J’imagine qu’on peut facilement avoir des pertes de réseau d’une semaine ?
sophie
0 5
Salut ! Effectivement, lorsque je ne pouvais pas me connecter à un wifi directement ou lorsque je n’avais pas un bon réseau, je travaillais en local (sur mon ordinateur) pour ensuite synchroniser mes travaux (uniquement ce qui était nécessaire). Cela me permettait aussi d’économiser mes datas. De mon expérience, je n’ai jamais eu une semaine entière sans réseau du tout, après cela dépend d’où tu vas, mais la couverture Telstra est bonne selon mon expérience. Autre précaution, je recevais mes mails sur mon téléphone, comme ça je ne ratais aucune demande quand je travaillais hors réseau. J’espère que ça répond à tes interrogations. @+
Michael
0 4
Merci pour le feedback sur cette manière de travailler qui m’intéresse fortement pour 2017 ! Surtout avec le nombre d’offres d’emploi que l’on voit fleurir en remote, pour du dev/web ca colle parfaitement.
Hélène
7.6K 13.4K
Contente que ça t’intéresse 😉 N’hésite pas si tu as des questions pour Sophie !
Hélène
7.6K 13.4K
Merci encore Sophie ! <3 J'espère que ton témoignage ouvrira la porte à tous ceux qui hésitent à se lancer dans le télétravail pour partir en PVT/WHV. biiiizzz
sophie
0 5
Merci à toi pour cette interview et à PVTistes.net de me donner l’occasion de partager cette belle expérience. Si vous avez des questions n’hésitez pas à me poser vos questions ici (que tout le monde en profite), je vous répondrai avec plaisir ! Bon voyage à chacun !
Hélène
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