3 ans de Visa Vacances-Travail en Nouvelle Zélande : ça change une vie !

Date de publication : 24-05-2022

Auteur

Pamela

Le 1er octobre 2019, je m’envolais à l’antipode de la Belgique pour commencer un nouveau voyage : mon Visa Vacances-Travail en Nouvelle Zélande. Partir en Nouvelle Zélande n’était pas un grand projet de vie, ce n’était pas le résultat d’un changement ou d’un déboussolement. C’était juste une évidence. J’avais déjà vécu aux États-Unis, aux Bahamas, c’était maintenant au tour de la Nouvelle Zélande.

J’ai donc pris mon aller simple comme l’on peut partir en week-end. Je n’avais pas d’attentes particulières sur ce voyage, mise à part la volonté de vivre une vie de nomade. Je n’avais pas fait de bilan avant le départ. Je ne me disais pas que ce voyage allait forcément me changer. Ce voyage, c’était simplement une nouvelle aventure.

Pourtant, presque 3 années plus tard (mon PVT a été renouvelé automatiquement pendant la pandémie), me voici à écrire dans un petit café néo-zélandais. Me voici, dans un nouveau quotidien, à réfléchir aux années qui viennent de s’écouler et à me dire que de tous les chemins que j’aurais pu imaginer, jamais je n’aurais deviné être ici aujourd’hui.

Alors qu’est-ce que ce voyage en Nouvelle Zélande a-t-il changé dans ma vie ?

1. Prendre plaisir au travail

S’il y a bien une chose que la Nouvelle Zélande a fondamentalement changé en moi, c’est la vision du travail.

En Belgique, j’étais bercée par la notion de carrière. Tout est hyperspécialisé. On choisit son domaine et on reste dans son domaine. J’ai fait des études en psychologie, je dois travailler en psychologie. Il était très difficile de se détacher de cette étiquette. Le travail saisonnier, les “petits boulots”, les CDD, tout ça n’est pas très valorisé. En Nouvelle Zélande, au contraire, il existe une grande mobilité entre les secteurs. Nombre de mes amis kiwis changent complètement de carrière lorsque la leur ne les épanouit plus. Du tourisme à la dentisterie, à la maçonnerie, les possibilités sont infinies. Certains travaillent 6 mois en Nouvelle Zélande, 6 mois à l’étranger, au gré de leurs envies. D’autres encore se consacrent en partie à leur passion. Qu’il s’agisse de la création de bijou, de macramé ou autre, le plaisir fait partie intégrante du travail pour beaucoup. C’est d’ailleurs cette vision qui m’a, moi aussi, encouragée à développer mon projet personnel et à créer mon podcast.

En Nouvelle Zélande, j’ai donc appris qu’on pouvait s’amuser en travaillant et que ça ne rendait pas le travail moins important. Notre travail peut aussi nous émerveiller. Imaginez-vous travailler au bord de l’océan, tous les jours. Imaginez-vous recevoir une alerte “orque” et courir sur la plage pour essayer de les apercevoir. Ce n’est pas un rêve, c’est ma réalité, mais c’est aussi mon travail (d’ailleurs, vous pouvez découvrir la variété des jobs en tant que backpacker dans cet article).

2. Dépasser ses limites… et les respecter

Gravir une montagne, travailler sous le soleil des heures durant, dévaler dans un canyon, aller parler à des inconnus, exprimer des émotions difficiles…

Mais aussi… faire demi-tour lorsque les conditions ne sont pas en notre faveur, renoncer, défendre ses valeurs.

La Nouvelle Zélande m’a appris à dire OUI. Je me suis dépassée, autant d’un point de vue physique qu’émotionnel et social. J’ai fait face à certaines de mes peurs et j’ai relevé des défis que je ne pensais pas capable de relever. Mon voyage en Nouvelle Zélande m’a donné confiance en MOI. Je ME fais confiance et je pense sincèrement avoir les ressources nécessaires pour surmonter les défis qui se présentent à moi.

Mais la Nouvelle Zélande m’a aussi appris à dire NON. Elle m’a appris à respecter mes propres limites et, surtout, à faire respecter mes limites. Je me suis affirmée. J’ai dit “stop” et je me suis retirée de situations dans lesquelles je sentais que ma personne n’était pas respectée. En ce sens, et même si cela reste difficile parfois, j’ai appris a respecter ma propre intégrité, mes propres besoins, et mes propres valeurs, peu importe le contexte dans lequel je me trouvais.

3. Vivre doucement, mais pleinement

Je me souviens de mon premier road trip. Nous venions de sortir du confinement et il ne me restait plus que 4 mois en Nouvelle Zélande. Je n’avais encore rien vu de l’Île du Sud alors que j’avais cette longue liste de choses à voir. Il y avait tellement de choses mais si peu de temps. C’était comme une course contre la montre.

Lorsque l’on voyage, il peut être facile de simplement cocher les cases de notre bucket list. Mais la Nouvelle Zélande, les road trips, et surtout les personnes avec qui j’ai partagé des bouts de chemins m’ont appris à ralentir.

Alors, sur les routes sinueuses et désertes, j’ai levé le pied. En prenant mon temps, les moments sont devenus plus doux, mais aussi plus intenses. J’ai savouré, j’ai profité, j’ai aimé. En ralentissant, j’ai aussi appris à me connecter à ce qui m’entoure. Lorsque je pars en escapade, tous mes sens sont en alerte et ces moments m’apportent une réelle sérénité et connexion à ce qui m’entoure.

Le sable sous les pieds, le vent dans les cheveux, la chaleur du soleil sur la peau.

La lumière rose-dorée du lever du soleil, l’eau crystale d’une source, le sommet enneigé des montagnes.

Le chant du fantail, les vagues déchaînées.

L’odeur des fougères, la fraîcheur de l’océan.

Le goût des kiwifruits. (ps. les kiwis rouges sont les meilleurs !)

Être présente, tout simplement.

4. Suivre son intuition et accueillir les surprises

Lorsque je vivais en Belgique, j’étais une étudiante rigoureuse et ensuite une psychologue rigoureuse. Je planifiais tout et je manquais parfois de flexibilité dans mes activités. Si quelque chose était prévu, cette chose se produisait, même si je n’en avais plus envie, ou même si je sentais au fond de moi que cette chose n’était pas pour moi. C’est donc avec cette attitude que j’ai commencé mon voyage en Nouvelle Zélande, même si je prétendais à moi-même que je me laissais porter par le vent.

Mais lorsque l’on vit sur la route, les plans n’existent plus. Si j’ai d’abord tenté de suivre un itinéraire, d’être productive, je me suis très vite sentie en désaccord avec cette façon de fonctionner. Je sentais, au fond de moi, que ce n’était pas ce que je voulais. Et pour une fois, je me suis écoutée. Sur la route, on vit au rythme du soleil, du bon temps, des envies. J’ai aussi appris à prendre des mauvais virages, à suivre des routes perdues. Et j’ai compris que se perdre et prendre des détours improbables mènent aux plus belles surprises.

Au fur et à mesure, cette attitude s’est transposée dans ma vie, mes activités, mes rencontres. Ces 2 dernières années, j’ai donné plus de place à mon gut feeling, mon intuition. J’ai appris à écouter mes émotions et à leur faire confiance. Je ne remets plus en question cette intuition et au contraire, je laisse tous ces indices me guider telle une boussole. Ce n’est pas toujours facile, surtout lorsque la raison n’est pas en accord avec ces ressentis et que mes vieilles habitudes refont surface.

J’essaie aussi de me rappeler que les imprévus de la vie peuvent en fait être des surprises. Et croyez-moi, ce n’est pas toujours facile lorsque les situations sont inattendues, complexes, non désirées et que les émotions sont fortes. Et puis, des jours, semaines ou mois plus tard, tout se met en place et tout prend son sens. Alors, j’essaie d’avoir confiance en moi, en mon intuition, et aussi en la vie

.

Je pense que ces attitudes ont mené vers une plus grande honnêteté. J’essaie de tendre vers une authenticité, de me montrer telle que je suis, et d’exprimer ce que je ressens, même dans des situations difficiles. Et cette connexion à moi-même, cette écoute que je m’octroie sont probablement les plus beaux cadeaux que je puisse me faire.

5. Être en paix avec ce qui est de passage

Ce voyage en Nouvelle Zélande m’a fait vivre d’une façon beaucoup plus intense. C’est comme si, au fond de moi, je savais que les moments que je vivais étaient précieux mais surtout, passagers.

Ce n’est pas toujours facile de l’accepter et parfois la nostalgie me rattrape. Je pense à un groupe d’une auberge qui était merveilleux et avec lequel je me sentais tellement bien. Je pense à un endroit où j’aurais pu rester pendant des mois durant. Je pense à des amitiés qui étaient bien trop courtes.

J’ai donc appris à être en paix avec ces choses qui ne durent pas. J’ai appris à chérir chaque relation, même si l’on sait que les personnes partiront. J’ai accepté que la vie continue son chemin. Certaines personnes resteront dans notre vie, les amitiés perdureront à distance. D’autres amitiés s’effaceront petit à petit.

Cela ne veut pas dire que ces amitiés n’étaient pas réelles, que les moments vécus étaient dépourvus de sens. Je pense au contraire, que c’est ce côté passager qui rend ces moments et ces personnes si précieux. Et si j’ai une conviction, c’est que si je recroise ces personnes quelque part dans le monde, cette connexion sera toujours présente.

6. Vivre d’évasion

Voyage ? Vie ? Ces 3 dernières années en Nouvelle-Zélande ont rendu la frontière entre les deux un peu floue. Une amie kiwi qui me connait depuis mon arrivée ici m’appelle maintenant “permanent backpacker” et je pense que ce terme définit bien la façon dont je me sens actuellement.

Ce voyage en Nouvelle Zélande est venu tout chambouler. Ce voyage est devenu ma vie.

Au moment où j’écris ces mots, il est très difficile pour moi de m’imaginer revenir au style de vie que j’avais avant, en Belgique. Et bien que j’ai choisi comme base la petite ville de Motueka, et que mon voyage a pris un côté sédentaire, je sais qu’un jour, je partirai afin de vivre d’autres histoires. L’envie d’évasion ne fait que grandir chaque jour.

Ces 3 années m’ont fait prendre conscience de mon besoin de liberté… cette liberté qui me permet de me respecter, de respecter mes besoins et mes émotions. J’aime la spontanéité que cette liberté me donne. J’aime l’idée d’une infinité de possibilités et d’opportunités que l’on peut saisir. Ce besoin de liberté et ce besoin d’authenticité me poussent aussi à développer un projet professionnel en congruence avec mes valeurs, un projet qui me permettra, je l’espère, de voyager, tout en contribuant au monde merveilleux dans lequel nous sommes.

J’ai besoin de connection, d’authenticité, d’aventures, de folies, d’émerveillement, de magie…

Et c’est pour ces raisons que j’ai besoin de voyager.

Évaluation de l'article

5/5 (4)

6 Commentaires

Mathieu
10.4K 20.8K

Quel beau récit ! ça donne vraiment envie 🙂
Merci d’avoir partagé ton expérience !

Pamela
14 24

Merci Mathieu !

Julie
5.1K 13.8K

Pamela, j’ai adoré ton récit, ça a beaucoup résonné en moi, pourtant mes PVT commencent à remonter, mais du coup je me permets de dire aux récents pvtistes que ces sensations/souvenirs ne partent pas, c’est la beauté du PVT 🙂 On les emmène avec nous pour la suite de nos parcours et on y pense souvent.

Pamela
14 24

Merci Julie ! Je suis d’accord avec toi. Lorsqu’on vit des voyages si intenses, ils sont toujours avec nous. Même si ici je parle de la Nouvelle Zélande, mes histoires vécues aux USA et aux Bahamas sont toujours aussi vives en moi après 10 et 5 ans !

Morgane
7 11

Waouh quelle expérience ! Merci de nous partager ces trois années de ta vie !

La Nouvelle-Zélande est dans le top 3 de mes prochaines destinations (probablement en PVT) ! J’ai hâte de découvrir ce beau pays. 🙂

Pamela
14 24

Merci Morgane ! J’ai super hâte de découvrir l’Australie à travers tes aventures.

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