Nassib : 2 PVT et des jobs improbables ! (Nouvelle-Zélande, Australie)

Date de publication : 10-07-2020

Auteur

Annelise

Nassib

Nassib a passé 1 an de PVT en Nouvelle-Zélande, 2 ans de PVT en Australie et a enchaîné les emplois improbables…

pvtistes : Bonjour Nassib ! Peux-tu te présenter ?
Nassib : J’ai 27 ans et, en 2016 après un BTS Tourisme, j’ai décidé de partir à l’étranger, principalement pour me faire une expérience professionnelle internationale.
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pvtistes : Tu es parti en PVT en Nouvelle-Zélande, puis en Australie. Pourquoi ces destinations ?
Nassib : Tout d’abord car un ami qui avait fait un PVT en 2013 m’a vendu du rêve sur la destination ! Ensuite, pour les paysages magnifiques que je n’avais vus que dans les films, la population anglophone et car en PVT ce sont des destinations accessibles, sans grosses contraintes pour l’obtention du visa.
pvtistes : Parlais-tu anglais avant de partir ?
Nassib : Pas du tout ! C’était même ma pire note en BTS après l’espagnol, un comble dans des études de tourisme… Mais c’est venu petit à petit au bout de 3-4 mois, jusqu’à avoir un niveau correct et être à l’aise peu importe le sujet de discussion.
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est d’avoir voyagé en stop et d’être hébergé en famille (helpx, wwoofing) lors de mes 2 premiers mois.
pvtistes : Tu as eu de nombreux emplois différents pendant tes PVT, et tu as commencé par un job de jardinier à Auckland. Tu nous racontes ?
Nassib : J’étais à la recherche d’un job depuis 2 semaines sur Auckland et un ami de l’auberge de jeunesse où j’étais m’as recommandé une agence de recrutement pour laquelle il travaillait. Après plusieurs relances de mail, j’ai finalement décroché un entretien pour être jardinier de la mairie d’Auckland.

Avec mes 2 collègues, on devait sillonner la ville pour entretenir les espaces verts des parcs et des quartiers résidentiels. Mes plus beaux souvenirs de ce job sont les pauses interminables au bord de la mer ou du haut des volcans éteints autour de la ville.
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pvtistes : Tu as ensuite travaillé dans le Crocodylus Park de Darwin…
Nassib : Arrivé à Darwin au début de la saison sèche, j’envoie des mails dans le but de travailler à l’accueil de parcs animaliers. Au bout de 2 jours, je reçois une réponse pour renvoyer un autre mail car j’ai oublié de mettre mon CV en pièce jointe ! J’ai donc pris une copie de mon CV et je me suis déplacé au parc en demandant à parler à la correspondante du mail. Technique payante car j’ai eu 2 entretiens sur place, plus un essai d’une dizaine de minutes, non pas à l’accueil mais aux espaces verts et au développement des constructions.
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pvtistes : Comment s’est passé ce job ?
Nassib : Une expérience mitigée mais dont je vais me souvenir toute ma vie ! Le bon d’abord, à travailler quotidiennement entouré d’animaux. Un matin mon boss vient me voir pour me dire qu’il faut couper des branches d’arbustes dans l’enclos des crocodiles, j’étais hyper excité à cette idée même si je n’étais pas très rassuré de voir qu’il n’avait rien de plus qu’un wood stick façon manche à balais pour éloigner les crocos… Mais j’ai aussi rencontré des gens passionnés, soucieux du bien-être animal malgré la captivité.

Le moins bon c’est que ce n’était justement pas le cas de tout le monde au parc. J’ai le souvenir d’un échange houleux lors de la création de l’espace pour les lions car mon boss voulait construire un endroit frais, aéré, avec des arbres, de l’ombre, du relief, des coins reculés… Tandis que le directeur voulait un endroit plat, sans ombre, pour maximiser la vue des visiteurs…
pvtistes : Direction ensuite le fin fond du bush australien, pour un job en roadhouse…
Nassib : Après l’expérience du parc, direction Perth ! J’ai un entretien avec une agence pour être apiculteur. La saison est finalement repoussée mais l’agence me propose un job en roadhouse. Je ne suis pas très emballé au début et je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais le salaire de plus de 29 $/h est très attractif. Me voilà donc au beau milieu de la plaine désertique du Nullarbor, une route de 1 675 km sans aucune ville. Les seuls points sur la carte sont des stations essence multifonctions. Je dois gérer la station, la superette, les réservations du motel et du camping.

Le travail pouvait être très ennuyeux même si la tranquillité pouvait être soudainement perturbée…
Une fois, c’est un brown snake (serpent au venin potentiellement mortel) qui a fait son apparition au milieu des clients aux pompes.
Une autre fois, c’est un accident dû à une moto qui a pris feu (le pauvre blessé a dû attendre l’ambulance la plus proche, qui est à 3 h 30 de route, avec des brûlures et une jambe cassée).
Il y avait aussi des personnages hors du commun qui traversaient le désert en avion monoplace, à vélo, voitures de collection, en scooter 100cc…

L’ambiance était au top, avec une équipe de toutes nationalités. Après le travail, on pouvait jouer à la pétanque, faire des soirées au feu de camp, des randonnées (et croiser des dingos, des dromadaires ou autres animaux sauvages)… Sans être chauvin, nous avions aussi un chef français au restaurant qui pouvait nous faire oublier que nous étions au beau milieu de nulle part.
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pvtistes : Tu as ensuite travaillé dans une ferme de melons. Tu nous en dis plus ?
Nassib : Après un voyage au Japon et un road trip sur la côte ouest, la même agence que celle qui m’avait proposé le job en roadhouse me propose un travail d’irrigateur dans une ferme de pastèques. Sans expérience mais rassuré à l’idée de ne pas faire de picking, je me lance donc dans cette nouvelle aventure.

Les débuts ont été calamiteux, je n’avais pas de notions pour faire les réparations sur le système d’irrigation lorsque pour la première fois j’ai aperçu un geyser d’eau au milieu d’un champ. J’ai même fait tomber une cuve de fertilisant car je n’avais jamais conduit de chariot élévateur de ma vie.

Mais j’ai fait preuve de motivation pour m’intéresser aux nombreuses tâches à effectuer afin de m’améliorer et ça a été une expérience très formatrice et personnellement enrichissante. Les journées étaient longues mais j’avais beaucoup de liberté. Quand le travail était fini, je pouvais parcourir la gigantesque exploitation, entouré par des wallabies, des dingos ou regarder des bouts de match pendant la coupe du monde 2018.
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pvtistes : Enfin, ton dernier emploi a été sur un circuit automobile…
Nassib : Après un road trip dans le Red Center, j’arrive à Adelaïde. La chance me sourit encore car après avoir imprimé des CV, je me dirige vers une première agence et en discutant avec la standardiste j’apprends qu’ils recherchent un irrigateur pour installer un système d’irrigation sur un circuit automobile à 1 h 30 d’ici. Grâce à mon expérience, j’ai un entretien dans la foulée et une semaine plus tard me voilà prêt pour, encore une fois, un autre job improbable cette fois-ci au Motosport park de Tailem Bend.

Le travail n’était vraiment pas difficile : nettoyer l’excédent de terre dans les tranchées puis gluer des tuyaux en PVC. J’ai aussi fait des extras pour débroussailler les zones à risque de bush fire autour des habitations. L’ambiance était fun, toujours à blaguer avec les collègues et le salaire était très avantageux.

Le point négatif étant l’agence de recrutement qui m’avait dit qu’il n’y avait pas de logement, j’ai donc utilisé un free camp durant 2 mois avant d’apprendre, au détour d’une discussion, que je pouvais avoir une chambre d’hôtel à 10 min du chantier, payée par la société exploitante ! 2 mois de confort cette fois bien appréciés, d’autant que le chantier touchait à sa fin et que je pouvais regarder les premières courses pendant ma pause déjeuner.
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pvtistes : Tu as des conseils pour aider les pvtistes à trouver un emploi en Nouvelle-Zélande ou en Australie ?
Nassib : Pour mon expérience, les agences de recrutement et le bouche-à-oreille ont été décisifs dans ma recherche d’emploi. Je demandais autour de moi dans les auberges des noms d’agences fiables. Je faisais également des recherches d’avis sur internet pour éviter les arnaques qui se glissent parfois dans les offres d’emploi. Et il faut aussi y aller au culot, on peut essuyer beaucoup de refus mais il faut provoquer sa chance pour être au bon endroit, au bon moment.
pvtistes : Avec tous ces emplois, as-tu quand même eu l’impression de profiter de tes 3 années de PVT ?
Nassib : Je me suis fait cette réflexion car j’ai beaucoup travaillé mais, au final, entre 2 jobs je me suis toujours fait des road trips ! J’en ai profité pour visiter 5 pays d’Asie, les deux îles de Nouvelle-Zélande, en Australie la côte ouest, la région de Margaret River-Esperance, le Top End, le Red Centre et la Tasmanie. Dans le futur j’aimerais bien y retourner car je n’ai pas pu visiter le Mont Cook Village en NZ et le Queensland en Australie, ni même Sydney !
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pvtistes : Que t’ont apporté ces expériences d’emplois à l’international ?
Nassib : Après ces 3 années de PVT, j’ai enfin un bon anglais. J’ai pu avoir un poste à l’aéroport de Paris CDG sans grandes difficultés car, même s’il faut que je travaille mon accent, j’ai fait de gros progrès et je suis très à l’aise.
Humainement, c’est beaucoup de rencontres. J’ai plus d’ouverture d’esprit ayant côtoyé des gens très différents les uns des autres.
pvtistes : Quelles sont les plus grandes différences entre le PVT Nouvelle-Zélande et le PVT Australie ?
Nassib : Le salaire ! 😉 Je suis passé en moyenne de 550 $ NZD/semaine à 900 $ AUD, voire plus de 1 500$AUD/semaine pour mes meilleurs jobs. En Nouvelle-Zélande, mes 2 jobs ont à peine financé mes road trips alors qu’en Australie, je me suis fait plaisir et j’ai pu mettre de l’argent de côté.

C’est cliché mais dans les deux on retrouve cet esprit décontracté et sans stress dans leur mentalité. On ne regarde pas trop l’expérience et on fait confiance professionnellement à partir du moment où on fait preuve de motivation et de bonne volonté.
Sinon je dirais que j’ai préféré les randonnées et paysages de Nouvelle-Zélande, tandis qu’en Australie j’ai adoré la faune sauvage que j’ai pu voir en Tasmanie et ailleurs.
pvtistes : Quels sont tes meilleurs souvenirs de PVT ?
Nassib : Gravir le mont enneigé Ngauruhoe (la montagne du Destin pour les connaisseurs), le parcours du combattant pour arriver au pied de Humboldt Falls, marcher au milieu des raies à Hamelin bay, voir des requins, voir mon premier kangourou bondir et secourir un bébé wallaby coincé sur un climatiseur.
pvtistes : Et les pires ?
Nassib : Le plus flippant à été de se retrouver dans une tempête orageuse sur la route de Broome avec une route inondée. Sinon, les petites frayeurs d’Australie ont été de se retrouver nez à nez avec un dingo à 2 h du matin au milieu d’un champ, commencer à prendre une douche sans voir le python qui s’y était camouflé, nettoyer un entonnoir au chiffon avant de voir que c’était la maison d’une araignée red back et faire un road trip entre amis en Tasmanie avec des serpents tous les kilomètres de randonnée, le tout avec une personne phobique des serpents (coucou July !). Mais avec le recul j’en garde un bon souvenir.
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pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste ?
Nassib : Lancez-vous dans l’aventure ! On se pose plein de questions avant de partir mais sur place c’est plus facile qu’on se l’imaginait… Et même s’il peut y avoir des galères, ça vous apportera plus de maturité et des histoires à raconter à votre retour.
pvtistes : Et maintenant, quels sont tes projets ?
Nassib : J’ai passé une année en France et j’ai obtenu un PVT Canada. J’attends que la situation sanitaire due au covid-19 s’améliore pour partir car j’aurais bien aimé travailler dans le tourisme… Mais je reste ouvert à un autre job hors du commun !

Merci Nassib pour ces réponses !

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1 Commentaire

Natacha
10 25
Parcours super intéressant ! J’ai bien rien à ta description du travail d’irrigation des pastèques….

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