Voyage au Chili : découvrir l’archipel de Chiloé et sa culture

Chapitre 1 : Cultures et Traditions

Date de publication : 13-08-2018

Auteur

Floriane


Chiloé… Archipel mystique, Chiloé vous promet un voyage au cœur de traditions et d’une culture typiques. Ce petit bout de Chili est à la fois différent, unique, détaché, libre et pourtant fondateur de l’énergie qui se dégage dans le reste du pays. Si la météo n’est pas toujours clémente dans cette région qui figure parmi les plus humides du monde, ne vous arrêtez pas à cela, allez découvrir cette étendue surprenante…

Cultures et traditions

Située au Sud de Puerto Montt, l’île principale – qui s’étend sur près de 200 km, est l’une des plus grandes du Chili et abrite de nombreuses traditions qui lui donnent une identité particulière.

L’architecture

Si vous avez la chance de passer par Chiloé, vous découvrirez dans chaque ville ou village des églises construites uniquement en bois parmi lesquelles seize sont classées par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité de par leur architecture typique. En effet, selon l’UNESCO, « Les églises de Chiloé constituent un exemple unique en Amérique Latine d’architecture religieuse en bois. Elles représentent une tradition initiée aux XVIIe et XVIIIe siècle par des prêcheurs jésuites itinérants, tradition poursuivie et enrichie par les Franciscains au XIXe siècle et qui prévaut encore de nos jours. Ces églises illustrent l’extraordinaire richesse de l’archipel de Chiloé et témoignent de la fusion réussie de la culture et des techniques indigènes et européennes, de la parfaite intégration de son architecture dans le paysage et l’environnement, ainsi que des valeurs spirituelles des communautés. » Une bonne raison donc de s’y arrêter et de pousser la porte de ces bâtiments exceptionnels pour observer l’intérieur.
Autre symbole de l’île de Chiloé, les palafitos. Il s’agit de maisons colorées sur pilotis, toutes en bois, qui offrent un joli spectacle selon les différentes lumières du jour. Si aujourd’hui la plupart sont reconverties en boutiques ou hôtels, certaines sont encore habitées. Outre l’architecture, prenez le temps d’observer les façades : les empiècements de bois d’alerce (aussi appelé « cyprès de Patagonie ») font penser à des écailles de poissons.

Le tricot

Difficile de passer sur Chiloé sans se rendre compte de la place qu’occupent le tissage et le tricot dans l’artisanat local. De nombreuses ferias, comme à Dalcahue par exemple, proposent sur leurs stands divers articles faits en laine de mouton (principalement) ou d’alpaca : ponchos, plaids, chaussons, pulls… Tout est fait pour se tenir au chaud sur cette île réputée pour son climat hostile !

La tradition de la « minga de tiradura de casas»

C’est à peine croyable et pourtant la minga consiste à déplacer une maison d’un terrain à un autre, par voie terrestre ou par voie maritime si besoin ! Mais au-delà d’un « simple » déménagement, le terme de « minga » enveloppe tout un principe de réciprocité au sein de la communauté ; en effet, l’ensemble de la communauté va donner un coup de main pour réaliser un travail titanesque afin de déplacer la maison entière (seules les fondations sont coupées), posée sur des troncs de bois et tirée par du bétail ou posée sur une barque dans le cas d’un trajet qui implique un passage sur eau. D’ailleurs, en quechua, le terme « mink’a » désigne une tâche à réaliser pour le bien commun de la communauté : participer à une minga, c’est s’assurer que le reste de la communauté sera présent en cas de besoin. Lors de ces grands évènements qui disparaissent malheureusement aujourd’hui, le traditionnel curanto (plat typique de Chiloé, à base de viande, fruits de mer et pommes de terre et cuit dans la terre) est servi et partagé par la communauté.
Pour en apprendre un peu plus et découvrir des photos de la minga, rendez-vous ici.

Mythes et légendes

Enfin, Chiloé ne serait pas aussi mystique sans toutes les légendes qui font partie intégrante de sa culture, encore actuelle, et qui marient Terre et Mer pour donner cette saveur si unique et ce mélange perpétuel des éléments propre à l’archipel.

À propos de la création de l’archipel d’abord, vous trouverez sur la place principale d’Ancud une sculpture de deux serpents représentant le Mal (Cai-Cai Vilu, l’esprit de la mer) et le Bien (Ten-Ten Vilu), esprit de la terre, qui se seraient affrontés au cours d’un long combat déchainant les éléments naturels et donnant naissance à un nouveau territoire, la Isla Grande de Chiloé. En effet, Ten-Ten aurait fait émerger une grande bande de terre, mais Cai-Cai ne le supportant pas, aurait provoqué une gigantesque inondation, rendant Chiloé insulaire.
Le plus connu de la mythologie chilote est sans doute le Trauco, petit gnome des forêts, son apparence répugnante est contrebalancée par un regard séducteur… qui permettait aux jeunes filles de justifier des grossesses hors mariage ! En effet, ce petit être des bois (pas plus d’un mètre de haut, vivant à la cime des arbres) serait le père de nombreux enfants arrivés « comme par magie », car il se glisserait dans le lit des vierges durant la nuit et ne pouvant lutter face à son regard, elles se laisseraient attendrir… Toutefois, s’il séduit les jeunes filles, il serait aussi capable de tuer quelqu’un toujours à la force de son regard, mais également d’abattre des arbres avec sa hache ou de lancer des sorts.

Les brujos, eux, seraient des sorciers pratiquant la magie noire et vivant dans des grottes (dont l’une se trouve à Quicavi). La brujeria, leur société secrète, permettait aux sorciers en devenir de se former et d’acquérir tous les pouvoirs nécessaires (voler, lancer des sorts, provoquer des maladies, etc.). Cet apprentissage est relativement macabre puisqu’il comprendrait plusieurs « étapes » : dormir sur une tombe, manger la peau du cadavre d’une jeune vierge, tuer un proche… Rien de très sympathique donc ! Généralement, seuls les hommes peuvent faire partie de cette confrérie de sorciers, mais quelques femmes y ont accès, ce sont les voladoras : elles-mêmes sorcières, elles ont le pouvoir de se transformer en oiseau et servent donc de messagers aux brujos.

La pincoya, quant à elle est une sirène aux cheveux blonds, habillée d’algues et dont le pouvoir serait de prédire la saison de pêche à venir : si elle apparait en regardant vers le large, la récolte de fruits de mer, poissons et coquillages sera abondante, par contre, si elle se tourne vers la côte, c’est un mauvais présage… Elle peut ainsi punir les pêcheurs d’avoir « sur-utilisé » un endroit pour la pêche ou tout simplement d’une faute grave qu’ils ont commis envers l’océan. Enfin, elle viendrait en aide aux naufragés.
Autre légende maritime, le Caleuche qui serait un bateau fantôme que l’on aperçoit les nuits, au large, après avoir entendu une mélodie lancinante. On raconte que le bateau serait accompagné d’une épaisse brume et pourrait voguer à la fois à la surface et sous l’eau… Il ne faut pas le regarder, sous peine d’être transformé ou de mourir sur place.
Voici un aperçu des mythes et des légendes les plus connus de Chiloé. Pour en savoir plus, le musée régional d’Ancud propose plusieurs représentations et explications de ceux-ci.

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