Samir, un accident de voiture en PVT Nouvelle-Zélande

Date de publication : 30-05-2022

Localisation

Cairns QLD, Australia

Profession

Cuisinier

pvtistes : Bonjour Samir, peux-tu te présenter ?
Samir : Je m’appelle Samir, j’ai 29 ans. J’avais 24 ans au départ de mon 1er PVT. Je suis cuisinier et j’habite dans l’Oise quand je ne suis pas à l’étranger.
pvtistes : Tu es parti en PVT en Australie et en Nouvelle-Zélande, pourquoi avoir choisi ces destinations ?
Samir : L’Australie est un pays qui regroupe beaucoup d’aspects positifs : une bonne météo générale, de très bons salaires, l’apprentissage de la langue anglaise, beaucoup d’étrangers et donc des rencontres à faire, une ouverture d’esprit qui me plaisait et un taux de chômage de -5%, donc de l’emploi très probable ! Une sécurité.

Concernant la Nouvelle-Zélande, je souhaitais continuer à apprendre l’anglais, sans m’éloigner de l’Australie et trouver un beau pays à visiter. La Nouvelle-Zélande était un choix presque évident. J’avais la possibilité d’enchaîner une 2e année en Australie mais j’ai décidé de passer 1 an en Nouvelle-Zélande avant d’y retourner. J’avais tellement aimé l’Australie que c’était certain que j’y retournerais mais si j’avais fait mes 2 ans d’un coup, je ne suis pas sûr que je serais allé en Nouvelle-Zélande par la suite. Je n’ai aucun regret d’avoir fait ce choix.
pvtistes : Comment s’est déroulé ce PVT en Australie ?
Samir : Très bien. Peu de soucis. Il y en a quasi toujours pour un expatrié parce qu’on ne sait pas comment le pays fonctionne, même si on passe du temps à lire des articles et préparer son voyage. Il faut bien conserver son passeport, ses papiers, le reste, les imprévus font partie de l’expérience. Parfois nos pires galères deviennent de grands souvenirs.

Samir Accident PVT

pvtistes : Qu’as-tu le plus et le moins apprécié en Australie ?
Samir : Je garde en mémoire l’aspect travail chez les Australiens. En général, ils sont de bien meilleure humeur que les Français au travail, moins de stress je dirais et surtout un respect des hiérarchies.

Je suis cuisinier et pour la première fois de ma vie j’ai vu le chef de cuisine apporter du café à toute l’équipe, plongeurs y compris. On demande l’avis des employés et on se soucie de ce qu’ils pensent. J’ai été bluffé par cette mentalité et je pense que les relations au travail sont meilleures de manière générale.

La relation avec la police est juste extra. Les contrôles se passent bien, dans le respect, on rigole même ensemble. Les religions sont très respectées, comme à Melbourne où un parc, très connu de la ville, est dédié aux sikh pour pratiquer une journée religieuse par an, une également pour les musulmans le jour de l’Aïd et sûrement la même chose concernant les juifs et les chrétiens. Admirable !

J’ai aimé les barbecues en bord de plage, la boisson glacée à 1 $ chez McDo et beaucoup d’autres choses… Quel pays !

Je dois pas mal réfléchir pour trouver des côtés négatifs. Les animaux sûrement… C’est vrai qu’il y a un gros risque. Il faut quand même garder à l’esprit que dans les grandes villes, ils sont moindres. On ne retrouve pas de serpents, de crocodiles et quelques autres animaux dangereux.

J’ai vécu à Cairns pendant 6 mois, dans le Queensland, et c’est un peu plus risqué. Sur le
chemin pour Port Douglas, où j’ai travaillé, on croisait des crocodiles en bord de route, des araignées dans la ville, des chauve-souris également, sans oublier les méduses très dangereuses qui aiment les eaux chaudes du nord du pays et les requins.
pvtistes : Tu es ensuite parti en PVT en Nouvelle-Zélande, qu’est-ce que tu y as fait ?
Samir : En Nouvelle-Zélande j’ai été cuisinier aussi. Toujours en intérim parce que j’ai trouvé que c’était le meilleur moyen de rencontrer du monde, de choisir ses jours de repos et ainsi d’avoir du temps libre pour bouger et toucher un bon salaire. J’ai décidé de faire un road trip, seul, en dormant dans un véhicule acheté sur place (SUV) et légèrement aménagé en cuisinant avec un réchaud à gaz militaire.

La Nouvelle-Zélande est bien plus petite et donc en moins de 2 mois de road trip on peut tout, ou presque, voir du pays, alors qu’en Australie, on ne voit qu’un État en si peu de temps. La Nouvelle-Zélande est bien plus calme, ça vit moins, c’est un mode de vie plus cool, reposant, avec des gens aussi très ouverts. Il y a moins de travail mais quand même suffisamment pour trouver. La vie est un peu plus chère, les salaires moins bons, je me suis demandé pourquoi les gens y allaient s’ils étaient moins bien payés. J’ai vite compris avec le cadre de vie.

pvtistes : Qu’as-tu le plus et le moins apprécié en Nouvelle-Zélande ?
Samir : Ça peut parfois paraître ennuyant, surtout comparé à l’Australie qui est plus vivante, plus de choses à faire, de monde, d’étrangers.

Ce que j’ai le plus aimé c’est clairement les Néo-Zélandais et la beauté préservée du pays. Ils ont clairement cette envie de conserver ce titre de l’un des plus beaux pays du monde.
pvtistes : Après ton PVT en Nouvelle-Zélande, tu es retourné en Australie. As-tu ressenti les mêmes choses que la première fois ?
Samir : Le ressenti n’est pas le même mais je le savais, on découvre un peu moins, ça devient même familier mais j’ai apprécié quand même. Quand on est en France, on veut partir et à l’étranger, on souhaite parfois rentrer. Il a fallu 6 mois avant que je commence à kiffer ma 2e année d’Australie, notamment grâce à 2 groupes d’amis qu’on a créé à Melbourne. On se voyait et on passait des moments incroyables, des journées barbecues, des soirées… Un ami avait un bateau, on pêchait très tôt le matin, c’était top. Il faut s’occuper et ne pas y aller que pour le travail.
pvtistes : Quel est ton meilleur souvenir de voyage ? Le moins bon ?
Samir : Mon pire souvenir de voyage et le meilleur sont liés. Pour le côté « pire » j’ai eu un accident alors que je partais avec 3 autres Français pour un trip proche d’Auckland. On se dirigeait vers « Piha » avec l’intention d’aller à la plage mais il a commencé à pleuvoir sévèrement. Je conduisais. J’ai glissé sur une tache d’huile dans un virage, il y avait une falaise mais j’ai percuté un 4×4, ce qui nous a permis de ne pas tomber. Personne n’a été blessé mais j’ai eu une lourde amende à payer. C’était un dimanche et j’avais décidé de reconduire mon assurance le lundi, le lendemain. Voilà, le seul jour où je ne suis pas assuré, j’ai un accident, ça arrive.

2-3 mois avant cet accident j’avais rencontré des Françaises, Odile et Catherine, installées en Nouvelle-Zélande depuis 30 ans déjà et mariées chacune en Nouvelle-Zélande. Elles m’avaient indiqué des endroits à visiter, des choses à ne pas manquer, on se baladait ensemble de temps en temps et l’une d’entre elles (Odile) invitait les amis de ses enfants à manger chaque semaine. Moi, cuisinier, je préparais parfois le dessert et on appelait ça le « Thursday Dinner ». C’était exceptionnel ! Quand j’ai eu cet accident, les deux m’ont aidées, m’ont soutenues. Mon véhicule a fini à la poubelle, je l’avais payé 5 000 $ peu de temps avant.

C’est là que mon « meilleur souvenir » de voyage arrive. Pour m’aider, Odile m’a proposé d’habiter chez elle, elle a fait de la place dans la chambre de sa fille qui vit ailleurs avec son mari, elle m’a assuré que ça ne dérangeait personne , ni sa 2e fille qui vit avec elle, ni son mari ou encore la plus grande fille qui vidait sa chambre pour me laisser sa place. Elle m’a dit mot pour mot « tu es ici chez toi, tu n’es pas là en tant qu’invité, tu es un membre de la famille ». Le matin, je me réveillais et j’avais un petit-déjeuner prêt avec des toasts, de l’avocat, des framboises du marché. Délicieux ! J’ai une fois payé les courses mais Odile m’a dit « plus jamais tu ne me fais ça » ! J’ai compris que je vivais chez des gens avec un cœur énorme.

Dirk, le mari d’Odile était très malade mais il a pris le temps de contacter l’assurance pour tenter de trouver un moyen de payer l’amende. Le montant était de 17 500 $ mais Dirk qui a travaillé en assurances toute sa carrière m’a dit que si je payais dans les 10 jours, le montant serait de 14 800 $. Je ne les avais pas… C’est là qu’Odile et Dirk chez qui je vivais, en plus de me prêter leur véhicule pour aller travailler, m’ont annoncé qu’ils paieraient l’amende. Ils m’ont avancé l’argent en me laissant le temps pour les rembourser.

À ce moment-là, payer l’amende ne me dérangeait plus du tout, j’ai travaillé des heures supplémentaires et 12 mois plus tard je faisais le dernier transfert d’argent, peu après le décès de Dirk, lors de mon retour en Australie, après mon voyage en Nouvelle-Zélande.

On a tendance à dire qu’en France, on ne rencontre jamais ce genre de personne mais je ne suis pas d’accord. Quand on est sociable, qu’on fait l’effort, on se rend compte qu’il y a des gens incroyables partout dans le monde. Il faut voir au-delà des formules de politesse et s’intéresser réellement aux gens autour de nous.

Samir Accident PVT

pvtistes : Avais-tu un bon niveau d’anglais en partant ? Si non, as-tu rencontré des difficultés ?


Samir : À l’oral je ne pouvais presque rien dire, à l’écrit c’était un peu mieux, j’avais du vocabulaire. Je suis arrivé à Cairns en Australie. C’est une des villes où l’accent est le plus dur à comprendre mais j’avais fait exprès de commencer par-là en me disant qu’une fois que je comprendrais, je pourrais bouger n’importe où. Après 6 mois, je me débrouillais bien. J’étais motivé, alors tous les jours je parlais (même mal), je lisais, j’écrivais, je téléphonais et parlais anglais. Je suis maintenant totalement bilingue et enseigne l’anglais (après 4 ans de cours et de travail) en leçons privées individuelles par visio depuis le confinement.
pvtistes : Comment tes proches ont réagi à tes départs ?
Samir : J’ai toujours fait ce que je pensais être le mieux pour moi, je ne prends aucune décision sur un coup de tête (parfois j’aimerais être plus spontané mais je suis comme ça), alors avec les proches ça a été. Il faut se faire son expérience, on doit se débrouiller seul et l’étranger c’est un très bon moyen d’y parvenir. Pour de nombreuses nationalités, il n’est pas possible d’obtenir un PVT aussi facilement qu’avec le passeport français. Je n’hésite donc jamais à partir.
pvtistes : As-tu des conseils pour les futurs expatriés ou ceux qui hésitent à se lancer ?
Samir : Pour les futurs expatriés, préparez votre voyage tranquillement depuis la maison en regardant la monnaie du pays, les endroits à visiter, les sites pour trouver du travail, le prix des logements, les groupes de Français à l’étranger qui pourront répondre aux questions, etc. Même bien préparé, il y aura toujours ce kiff du voyage et de la découverte mais il y aura moins de mauvaises surprises.
pvtistes : Et pour finir, quels sont aujourd’hui tes projets ?
Samir : Je viens à l’instant d’effectuer ma demande PVT pour le Pérou. Je veux apprendre l’espagnol et découvrir la cuisine latine et péruvienne. Je suis pressé. Ce sera ma 5e année de voyage, 4e et dernier PVT. Quelle aventure, quelle expérience !

À mon retour je lance ma chaîne de cuisine (Houari créations) « J’irai manger chez vous » sur laquelle je travaille depuis 2 ans. J’ai tourné 15 épisodes. Au cours de mes voyages, je filme des gens chez eux, cuisinant un plat typique de leur pays natal et poste la recette en fin de vidéo pour que le monde découvre les recettes authentiques et pas modifiées comme on le fait souvent !

Samir Accident PVT

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3 Commentaires

Julie
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Quelle histoire, merci pour ton témoignage Samir.
C’est super que tu partes bientôt au Pérou !! Bon nouveau PVT 🙂

Samir
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Merci Julie ! Merci à l’équipe PVTistes pour les infos plus qu’utiles concernant les visas. ✌️
À bientôt !

pascal
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