Stéphanie, houseperson en station de ski à Banff au Canada

Date de publication : 11-04-2022

pvtistes : Bonjour Stéphanie, peux-tu te présenter ?
Stéphanie : Bonjour, je suis Stéphanie, j’ai 34 ans. Après avoir pas mal voyagé et vécu dans différents pays, je suis actuellement au Canada depuis juin 2021, pour mon 4e PVT.
pvtistes : Tu es en PVT au Canada, pourquoi avoir choisi cette destination ?
Stéphanie : L’histoire est un peu longue, mais après avoir vécu en Finlande et en Suède, j’avais tenté le PVT Canada en 2016, mais je n’avais pas été tirée au sort. J’étais donc partie en PVT au Chili, puis en Nouvelle-Zélande. Je suis ensuite rentrée en France, puis repartie en Australie quand l’âge limite est passé à 35 ans. Je pensais ensuite partir en Argentine mais les frontières étaient fermées à cause de la pandémie. En parallèle, le PVT Canada a rouvert le 1er mars 2021, sous condition de trouver un emploi. J’ai alors trouvé un poste dans le village de Tadoussac, au Québec, où j’ai passé l’été 2021, avant de traverser le pays en voiture pour venir à Banff, où je suis actuellement.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Tu es actuellement en PVT en station de ski, en quoi consiste ton job ?
Stéphanie : J’ai trouvé ce job par le bouche-à-oreille et en consultant les sites web des différentes stations de ski de l’ouest canadien. J’ai postulé dans différentes stations et j’ai décidé de venir à Sunshine Village, à Banff. Cette région a la réputation d’avoir des paysages incroyables.

Je travaille à l’hôtel de la station de ski. Je suis houseperson, c’est-à-dire que je m’occupe de l’entretien ménager des parties communes de l’hôtel, je réponds aux demandes des clients et je prépare et réceptionne le linge (draps, serviettes, etc.) et les différentes fournitures nécessaires au nettoyage des chambres et de l’hôtel.

Les points positifs sont de pouvoir vivre dans la station au cœur des Rocheuses canadiennes, les shifts de matin, de mi-journée ou de soir qui permettent d’avoir du temps pour skier ou pour soi aussi en dehors des jours off, les avantages offerts par la station (pass de ski gratuit et discounts dans la station de ski et à Banff), journées gratuites et discounts dans d’autres stations de ski de la région, discounts sur des marques d’équipement de sports d’hiver et de pleine nature.

Les points négatifs sont le turn over entre les gens qui démissionnent et ceux qui se font virer, les équipes changent très régulièrement mais j’ai la chance d’avoir une petite équipe assez stable. La saison dure 7 mois ici, ce qui est relativement long et fatigant en considérant le turn over/le manque d’employés et l’affluence de clients de plus en plus importante depuis que les restrictions covid sont levées.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Peux-tu nous raconter comment se passe la vie en station de ski ?
Stéphanie : La vie est relativement rythmée par les horaires d’ouverture de la télécabine de 7h30 à 17h30 tous les jours, sauf le vendredi jusqu’à 22h30. Il y aussi toujours la possibilité de quitter la station de ski en dehors de ces horaires ou de demander à nos collègues de nous conduire jusqu’à la station avec les grosses voitures équipées de chenilles (même système que pour les dameuses).

Comme mes shifts commencent avant ou finissent après les horaires de la télécabine, j’ai la chance d’habiter dans la station de ski. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ce job. Ça permet de pouvoir aller skier dès que j’ai un moment de libre, mais aussi de profiter en permanence des montagnes et des paysages magnifiques et ça, c’est le gros point positif !

Pour le logement, nous avons 3 différents bâtiments. Je partage ma chambre avec une de mes collègues qui travaille dans un autre département et il y a des salles communes dans chacun des bâtiments.

Pour la nourriture, nous avons des petits frigos dans les chambres et un grand dans la salle commune qu’on partage tous. Il y a aussi une cantine pour le personnel qui est je dirais le point négatif ici. La culture de la nourriture dans l’ouest canadien n’est vraiment pas très élevée comparé à ce qu’on connaît en France et ne pas pouvoir cuisiner comme je veux est un peu frustrant parfois. Ayant voyagé et habité dans des zones isolées ou avec peu d’équipement, j’étais déjà préparée à ce genre de vie.
pvtistes : As-tu eu le temps de visiter la région en parallèle ?
Stéphanie : Oui, tout à fait, je profite de mes jours off pour visiter la région avec des collègues qui sont devenus des amis. Il y a vraiment énormément à découvrir ici.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Parlais-tu anglais avant d’aller au Canada ?
Stéphanie : Je parlais déjà anglais avant de venir au Canada oui, donc ce n’était pas une grosse difficulté pour moi, même si chaque continent a ses propres mots. Je me retrouve parfois à traduire entre une australienne et une canadienne par exemple parce qu’elles n’utilisent pas toujours les mêmes mots pour parler de la même chose !
pvtistes : Quelles ont été les réactions de tes proches face à ta décision de partir ?
Stéphanie : Après tant de départs, mes proches commencent à s’habituer à mon mode de vie différent. Même s’ils préféreraient me voir rester en France, ils savent que je ne suis pas heureuse en restant là-bas, donc ça les aide à accepter je pense.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Qu’apprécies-tu le plus et le moins au Canada ?
Stéphanie : Ce que j’apprécie le plus, ce sont les paysages et la nature incroyables ici. Ces grands espaces sont d’une beauté dont je ne me lasse pas.

Ce que j’apprécie le moins est, je pense, la nourriture. C’est vraiment la culture Nord-Américaine des grosses portions sans vraie saveur ici, encore plus dans l’Ouest qu’au Québec ou la culture est davantage similaire à la France.
pvtistes : Quel est ton meilleur souvenir de voyage ?
Stéphanie : J’hésite entre la traversée du Canada d’Est en Ouest ou une journée passée à faire du chien de traineau. La traversée du pays a été quelque chose de vraiment unique, d’abord parce que j’adore les road trips et aussi parce que chaque province traversée avait sa singularité. Les routes vallonnées et les grands lacs de l’Ontario, le rien et les grandes lignes droites du Manitoba et du Saskatchewan et l’arrivée en Alberta en découvrant la vue sur les Rocheuses pour la première fois.

Le chien de traîneau, c’était juste magique de former une équipe avec les chiens. On a fait ça avec des collègues via un événement organisé par la station de ski et on a eu la chance de pouvoir musher nous-même le traîneau et les chiens.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Le moins bon ?
Stéphanie : Définitivement la période des fêtes de fin d’année où tout le monde a eu la covid et ne pouvait pas venir travailler. Ceux qui ne l’avaient pas devaient remplacer les autres à une période assez chargée puisque les clients vaccinés continuaient à affluer à la station de ski et à l’hôtel.
pvtistes : Pourrais-tu nous expliquer quelles sont pour toi les différences entre les PVT que tu as faits ?
Stéphanie : Celui qui se démarque le plus est clairement le Chili puisque c’est le seul de mes PVT en Amérique Latine (pour l’instant puisque je pense à l’Argentine depuis un moment et ce serait mon dernier PVT possible à cause des limites d’âge.). C’est aussi le seul PVT où j’ai pu parler espagnol, et ça, c’était vraiment top!

Les autres pays sont 3 pays du Commonwealth et même si bien évidemment ils sont différents, on retrouve quand même des similitudes culturelles.

Pour essayer de résumer, je dirais que le Chili, c’est l’espagnol, l’Amérique du Sud, des locaux adorables, le pisco, le vin et une diversité de paysages allant du désert au Nord, jusqu’aux glaciers au Sud, en passant par des climats plus méditerranéens et la région des lacs.

La Nouvelle-Zélande, c’est la vie sur une île. Même si l’île du Sud ou du Nord sont relativement grandes, j’ai quand même pu ressentir cette sorte d’isolement insulaire. C’est aussi la culture Maori puisque j’ai travaillé dans une école avec 3 unités bilingues : français-anglais, maori-anglais et samoan-anglais. J’ai vraiment été immergée au cœur de la culture pacifique via tous les événements organisés dans l’école. C’est aussi des différences de paysages et de climat entre l’île du Nord plus tropicale et la vie pieds nus, et l’île du Sud montagneuse.

L’Australie, c’est aussi une île mais très grande pour le coup ! Je n’y ai pas ressenti la vie insulaire comme en Nouvelle-Zélande. C’est un mélange de climats assez tempérés au Sud et tropicaux au Nord, des terres rouges au centre et des plages et fonds marins incroyables à l’Ouest et la vie en tongs, sauf en Tasmanie. Même si le gouvernement essaie de mettre en place des choses, la culture « blanche » et la culture aborigène restent en conflit.

Enfin, le Canada, pour l’instant, ce que j’en retiens est tout d’abord une différence entre le Québec où on peut ressentir l’influence francophone et européenne et l’Alberta où je ressens énormément la culture Nord-Américaine : des grosses portions et des gros picks up. C’est aussi un pays avec des paysages complètement différents en été et en hiver, tout en restant au même endroit.

Les différences sont aussi dans la façon dont j’ai vécu chaque PVT :
  • J’ai travaillé au même endroit au Chili et je suis partie à l’aventure pendant mon temps libre et avant de quitter le pays.
  • J’ai aussi travaillé au même endroit en Nouvelle-Zélande, avant de partir à l’aventure en road trip en van, avant de rentrer en France.
  • En Australie, j’étais en mode backpack full time, passant de région en région, de travel mates en travel mates, de voitures en vans et bateaux, en travaillant et faisant du volontariat quand les opportunités se présentaient.
  • Au Canada, j’ai dû trouver un travail pour obtenir mon PVT (à cause des restrictions liées à la pandémie en 2021). J’ai fait une saison d’été dans un fjord magnifique entourée de baleines, puis j’ai traversé le pays en voiture pour faire une saison d’hiver dans un cadre bien différent mais tout aussi grandiose dans les Rocheuses canadiennes.

Stephanie Banff station de ski

pvtistes : Sur tes 4 PVT, lequel as-tu préféré ?
Stéphanie : C’est une question assez difficile puisque comme j’ai essayé de le décrire dans la précédente question, chacun de ces pays est très différent. Ça correspond aussi à des étapes de ma vie différentes. J’ai beaucoup changé et évolué pendant toutes ces années de voyage, aussi bien dans ma façon de voyager, que de voir la vie.

J’ai quand même eu un vrai coup de cœur pour le Chili. C’étaient mes premiers pas en Amérique Latine et une immersion dans la langue espagnole que j’ai appris pendant 10 ans, ma première vraie expérience sur du long terme en dehors de l’Europe, une vraie différence de culture et aussi mon tout premier PVT.

Comme je l’ai dit plus haut, c’est aussi un pays avec une grande diversité de paysages où il est facile de voyager en bus pour traverser le pays.
pvtistes : As-tu des conseils pour les futurs expatriés ou ceux qui hésitent à se lancer ?
Stéphanie : Je dirais que le plus important est de ne pas trop se poser de questions et de faire ce qu’on a envie de faire.

Le premier départ peut être inquiétant, mais ce qu’on trouve en partant est unique et difficile à décrire parce que chaque expérience est différente et nous sommes tous différents.

Donc, allez-y et vous verrez bien comment ça se passe pour vous. Peut-être que vous allez adorer, peut-être que vous allez détester, mais dans tous les cas ce sera une expérience inoubliable qui vous permettra d’en apprendre davantage sur vous.
pvtistes : Et pour finir, quels sont aujourd’hui tes projets ?
Stéphanie : Je viens tout juste de candidater dans la même station pour cet été pour un poste de trail host. Ça consiste à s’occuper des randonnées et des sentiers de randonnées puisque cette station a la chance d’être traversée par de nombreux sentiers avec des paysages magnifiques.

C’est aussi ça l’avantage du Canada, chaque endroit est complètement différent en hiver et en été, ce qui permet de doubler les découvertes dans un pays déjà immense.

Comme souvent dans mes voyages, cela n’était pas vraiment prévu, mais après 2 étés de fermeture à cause de la covid, la station peut enfin reprendre ses activités estivales. Je me dis donc que ce job pourrait être une bonne opportunité !

Je pense aussi faire un road trip vers le Yukon entre les 2 saisons avec une collègue/amie et si cela venait à ne pas marcher pour le job de cet été, je pense voyager dans l’Ouest tout l’été/automne.



Merci Stéphanie !

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4 Commentaires

Lulu
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Pour l instant c est tout bon. Je te remercie. J ai passé 2 ans en NZ et 5 mois en Tasmanie et maintenant le Canada. Je pensais aussi partir en Amérique du Sud en Pvt car j y suis allée pendant 8 mois en back pack (et j ai adoré ❤️) mais à cause de l’age, il fallait que je choisisse entre l’Argentine ou le Canada et la durée des 2 ans à primer sur ma décision. Je n hésiterai pas à te contacter surtout quand j irai a Banff (mon lieu de rêve). Bonne continuation en attendant.

Stéphanie
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Merci pour ton message et ravie de lire que mon retour d’expérience ait pu t’aider. N’hésite pas si tu as d’autres questions!

Lulu
4 2

Bonjour Stéphanie et Pvtistes pour cette présentation. Je me retrouve vraiment dans ce que tu as écrit et cela me conforte dans le fait de venir à Banff et y travailler. Pour la traverser en voiture du Canada, je me posais la question et tu m as sens doute éclairé dans le sujet. Bonne continuation et peut être à la prochaine

Stéphanie
0 3

Merci pour ton message et ravie de lire que mon retour d’expérience ait pu t’aider. N’hésite pas si tu as d’autres questions!

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