Un PVT Japon, avec un projet de minshuku en France

Date de publication : 20-01-2021

pvtistes : Salut, pouvez-vous vous présenter ? 
Nico : Hello, nous sommes Nicolas et Lauriane ! Deux Ariégeois en PVT au Japon depuis le 15 décembre 2020. Nous avons prévu de rester au Japon jusqu’au mois d’août 2021. Nous avons comme projet d’ouvrir une auberge japonaise en France (mais on en parle plus bas). Nicolas a 27 ans, il est enseignant en marketing numérique dans la région de Toulouse et consultant en optimisation pour les moteurs de recherche (Google). Il est passionné par la culture japonaise depuis son enfance. C’est son quatrième voyage dans l’archipel ! Il est saké sommelier depuis 2020. Lauriane a 27 ans aussi, ancienne ingénieure, elle travaille aujourd’hui en tant que freelance sur plusieurs activités comme : la rédaction web, la correction de textes ou encore l’illustration. Elle est passionnée depuis son enfance par le Japon qui est pour elle une source d’inspiration dans ses activités artistiques ! À côté, elle écrit son premier roman fantasy. Ils racontent leurs histoires au Japon dans leur blog de voyage Kokekoko.
pvtistes : Le Japon a récemment suspendu les demandes de PVT et les nouvelles arrivées dans le pays. Vous avez réussi à partir avant : parlez-nous de vos démarches pour obtenir votre visa en pleine pandémie !
Nico : Un vrai parcours du combattant ! Nous avions déjà notre visa vacances-travail validé dans nos passeports respectifs mais avec la pandémie, ce premier visa a été suspendu. Nous l’avions fait au consulat général du Japon de Marseille. Nous avons dû attendre la réouverture des demandes de visa en octobre 2020 pour déposer une nouvelle demande. Autant dire que nous connaissons parfaitement la route entre Toulouse et Marseille (en tout, nous avons dû faire pas moins de 4 allers-retours !). Le visa vacances-travail pour le Japon en période de covid-19 se mérite ! Pour obtenir le “nouveau” visa, l’ambassade du Japon nous a demandé un document supplémentaire, le “writting pledge” qui est un document d’engagement qui doit être signé par une entreprise japonaise. Ce document atteste notamment que le candidat au visa va bien se conformer à la quarantaine obligatoire sur place de 14 jours. Une vraie galère car trouver une entreprise qui accepte de sponsoriser des demandes d’inconnus, ça ne court pas les rues. Pour cela nous nous sommes fait aider des 3 conseillers consulaires élus au Japon. Ils ont été d’une aide précieuse. Une fois l’ensemble des documents réunis (pour la deuxième fois), nous sommes retournés à Marseille pour déposer les nouveaux documents et après une période de 20 jours (quand même), nous avons obtenu le précieux visa ! Nous avons donc pu prendre l’avion moyennant un test PCR négatif (72 heures) avant le départ du vol. À l’arrivée, nous avons dû faire un test salivaire et attendre les résultats dans un hall. Ensuite nous avons pris un uber pour rejoindre notre lieu de quarantaine. On recommande de rester sur Narita vu le prix des taxis spécial covid (ou de prendre un uber). En plus, le centre historique et Narita-san (le temple local) est très sympa à visiter. Les amateurs d’anguilles grillées, vous devriez vous régaler. On vous l’a annoncé fin décembre 2020, les demandes de visa vacances-travail pour le Japon ont été suspendues jusqu’à la fin du mois de janvier 2021, et cette mesure pourrait être prolongée. Pour en savoir plus.
pvtistes : Cela fait quelques jours que vous êtes au Japon. Quelles sont vos premières impressions ? 
Nico : Pendant notre quarantaine à Narita, nous n’avions le droit que d’aller dans le konbini (supérette) le plus proche. De temps en temps nous faisions appel à UberEats, qui nous a sauvé de la monotonie des cups noodle et plats préparés de la supérette.
Pour ce qui est de nos impressions avec le covid, énormément de Japonais (pour ne pas dire tous les Japonais) portent un masque dans la rue. La vie semble quasi ininterrompue au Japon avec le covid (du moins pendant notre quarantaine en décembre). Les procédures pour limiter la diffusion du covid sont nombreuses (nettoyage des mains à l’entrée des magasins, nombre de clients limité, parfois même, prise de température sur le front).
pvtistes : Comment se sont passées vos premières démarches administratives ? 
Nico : Nous avons fait valider notre première adresse à la mairie de Taito (Tokyo). La procédure en elle-même n’est pas complexe (il s’agit simplement de faire inscrire son adresse postale au dos). Nous avons dû patienter trois heures à la mairie car l’employé de mairie semblait un peu perdu et il ne parlait pas un mot d’anglais. Pour la sécurité sociale japonaise, l’employé n’a pas voulu nous y faire souscrire car notre durée d’établissement à Tokyo était trop courte (trois semaines). En même temps nous sommes des baroudeurs, nous n’allons pas rester plus de deux à trois semaines au même endroit. Notre conseil est de rester au moins un mois au même endroit pour faire tous les papiers (conseil que nous n’avons pas suivi nous-mêmes). Pour la banque nous avons gardé nos cartes françaises qui permettent de payer et retirer sans aucun frais. Pour le téléphone, nous avons opté pour un forfait chez un opérateur discount qui exploite le réseau Docomo. Pour le moment, on en est très satisfaits. C’est un forfait 5 go avec un numéro japonais. D’ailleurs, on conseille fortement d’avoir un numéro japonais pour pas mal de situations du quotidien (comme louer une voiture ou envoyer un colis à l’étranger).
pvtistes : Entrons dans le vif du sujet : vous ne partez pas en PVT au Japon au hasard. Quel projet se cache derrière ce voyage ? 
Nico : Effectivement, un projet de taille ! Nous avons pour ambition d’ouvrir une auberge japonaise en France. Nous avons acheté, avant de partir, le terrain qui accueillera notre minshuku ! C’est l’équivalent de la maison d’hôtes au Japon. Pour cela nous travaillons en collaboration avec un cabinet d’architecture franco-japonais basé en France. L’architecture de la maison sera fortement inspirée de l’ère d’Edo qui nous plaît plus particulièrement. On veut proposer à nos futurs invités un condensé de culture japonaise. Nous pensons construire un bain qui serait à mi-chemin entre le sento (bain public traditionnel) et l’onsen (source thermale traditionnelle). Pour ravir les papilles, dégustations d’alcools japonais, de thés et bien évidemment de plats japonais. Un espace scène sera aussi créé pour accueillir des intervenants extérieurs. Bien que nous voulions proposer une expérience japonaise, nous serons ravis de valoriser les produits ariégeois locaux qui sont merveilleux ! Aussi nous comptons produire une partie des fruits et légumes que nous utiliserons. On souhaite vraiment faire autant que possible du local avec une dimension écologique forte. Ce qui n’est pas le fort des maisons traditionnelles japonaises, qui sont très mal isolées (à cause notamment de la très forte humidité estivale au Japon). Les maisons japonaises traditionnelles ont besoin de beaucoup d’ouvertures pour éviter les moisissures. C’est un vrai challenge ! On a prévu d’ouvrir courant 2023 sur la commune du Carla-Bayle en Ariège (à 45 minutes de Toulouse). Si vous voulez suivre l’avancée de notre projet, vous pouvez vous inscrire à la newsletter de notre blog de voyage au Japon ou dans la section Himawari. Vous l’aurez compris, notre auberge s’appellera Himawari qui veut dire Tournesol en japonais, une fleur très appréciée durant l’été.
pvtistes : C’est vraiment un super projet ! Qu’est-ce que vous attendez de ce PVT au Japon pour mettre en place votre projet ? 
Nico : Notre idée est de se rendre dans plusieurs préfectures pour étudier les différents styles de maisons traditionnelles et ainsi, peaufiner les plans de notre auberge. Nous avons prévu de voyager dans tout le Japon à l’exception de l’île d’Hokkaido. Nous sommes aussi en contact avec un chercheur de Keio avec qui nous allons rencontrer des artisans dans plusieurs villes. C’est une chance inestimable ! Nous raconterons nos aventures sur notre blog.
pvtistes : Comment vous pensez vivre ce PVT ? 
Nico : Alors nous sommes des hyper nomades. Nous n’avons pas prévu de travailler mais plutôt expérimenter le wwoofing dans plusieurs endroits pour être au plus proche de la vie des Japonais à la campagne. Pour compléter notre budget, nous travaillons tous les deux en ligne. Pour le moment le covid n’affecte pas beaucoup la vie japonaise. Certes les grands événements sont annulés, mais beaucoup d’autres sont encore maintenus. Récemment le premier ministre Suga a fait une allocution télévisée et plusieurs mesures ont été mises en place comme par exemple la fermeture des restaurants à 20 h dans trois ou quatre préfectures mais rien de comparable aux mesures strictes que nous avons connues en France.
Pour finir, même avec la covid-19 on se sent vraiment privilégiés d’être au Japon dans cette période très particulière. Donc nous comptons bien en profiter (en respectant les gestes barrière évidemment). Courage à celles et ceux qui veulent partir !

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