Récit de PVTiste : partir seul en PVT/WHV

Article publié le 08-01-2018.

J’ai dans un premier temps testé “partir en couple en PVT” fin 2005, quand je me suis envolée pour le Canada. Ensuite, je suis partie seule en WHV en Australie et je crois pouvoir dire, sans trop exagérer, que mes deux expériences n’ont eu en commun que le nom : j’ai bénéficié du Programme Vacances-Travail dans les deux cas, mais c’est tout !

Partir seul ou à deux ?

Qu’est-ce qui est le plus facile ? À deux ou seul ? Qu’est-ce qui est le plus pratique ? Le plus confortable ? Qu’est-ce qui laisse le plus de liberté ?

Quand j’attendais en salle d’embarquement, avant de partir en Australie, dans ma tête, il y avait un petit démon rouge et un petit ange blanc. Le démon m’affirmait que j’étais bête de partir, que j’allais avoir du mal à trouver un emploi. Et comment j’allais rencontrer du monde ? J’allais être seule, ça allait être dur et j’allais avoir le moral à zéro. L’ange lui coupait la parole pour me dire que j’avais quand même un niveau d’anglais décent qui me permettrait sans doute de trouver ne serait-ce qu’un petit boulot et de rencontrer des gens. Je partais seule, je vivais ma vie, je me lançais un défi, j’allais découvrir un nouveau pays, je partais à l’autre bout du monde, c’était tout sauf un mauvais choix. La battle entre les deux a duré plusieurs minutes et finalement, une hôtesse a appelé tous les passagers pour l’embarquement qui me ferait vivre la plus belle année de ma vie. Deux jours plus tard, j’avais 22 ans…

La plus belle année de ma vie

Quand je dis que cette année était la plus belle de ma vie, alors que je suis rentrée de ce voyage il y a maintenant 6 ans, on pourrait croire que ma vie ne m’a récemment pas comblée... mais non, ce n’est pas ça.
Mes 6 dernières années ont été vraiment réussies et je peux affirmer avec sincérité que je suis heureuse. Mais au fond, je pense que l’Australie y est pour quelque chose, que cette année Down Under a été comme un parcours d’initiation et qu’elle restera longtemps “la plus belle année de ma vie” pour ce qu’elle a représenté dans ma vie. C’est l’année qui m’a apporté ces choses que j’attendais sans le savoir, ces choses auxquelles je ne pensais même pas, celle qui m’a fait repousser mes limites, celle qui m’a fait me sentir plus vivante que jamais, celle qui a marqué le début d’autre chose… Pas évident d’écrire ces mots sans que ça soit trop cliché, mais c’est pendant cette année que je me suis vraiment découverte, dans des bons moments comme dans des moins bons. Cette année m’a libérée et je pense que si je n’étais pas partie seule, je n’aurais pas pu arriver à la même conclusion.

Pour en revenir au sujet principal de ce texte, partir à deux, c’est rassurant : on ne sera jamais seul, on osera plus aller vers les autres et on aura déjà sa place dans un groupe puisqu’on formera un duo. À deux, on se sent plus fort, on a moins peur de ne pas plaire, on s’entraide, on parle, on écoute, on se soutient. À deux, surtout avec un ami ou un amoureux, on vit des expériences qui souderont à jamais notre relation, on se constitue des souvenirs d’autant plus magiques qu’ils sont vécus avec une personne qu’on aime.
Mais à deux, on dépend de l’autre, de là où il veut aller, de ce qu’il veut faire, du budget qu’il a (et qu’on n’a peut-être pas, ou inversement), des amis qu’il se fait... Si on veut aller ailleurs ou faire autre chose et que son compagnon de route n’est pas partant, on hésite entre faire ce qu’on veut et le décevoir (parce que le deal, c’était de passer une année à deux) et passer à côté de son année en s’empêchant de faire ce qu’on rêve de faire.
À deux, on est dans le confort et on va souvent moins vers les autres. C’est vrai, parfois on a envie de rencontrer de nouvelles têtes, mais parfois non, on s’en fiche royalement, notre duo nous suffit amplement et c’est compréhensible. J’ai moi-même connu ce scénario pendant mon année australienne, avec cette Française rencontrée à Sydney, avec qui j’ai voyagé quelques mois et que je considère depuis ce jour comme ma meilleure amie.

Les compagnons de voyage

Quand on part à deux, je dirais qu’il faut faire attention à ne pas partir avec quelqu’un qu’on connait trop peu (une rencontre Internet, par exemple) ou du moins de fixer des règles dès le début. Pourquoi pas prendre le même avion et la même auberge de jeunesse mais pour la suite, on verra…

Attention à ne pas trop attendre de votre compagnon de voyage ou à ce que lui n’attende pas trop de vous. Vous allez chacun faire des rencontres, avoir des opportunités, des propositions, des envies, et elles ne seront pas toujours les mêmes. Le mieux reste, je pense, de se dire que si on n’a pas les mêmes envies au même moment, on peut se quitter pour mieux se retrouver par la suite. Pas forcément évident lorsqu’on a acheté un van ou une voiture à deux ceci dit... Le tout, c'est de ne pas se prendre trop la tête, vous n’êtes pas parti pour ça !

Partir à deux parce qu’on veut vivre quelque chose à deux, parce qu’on veut se créer des souvenirs en commun, c’est bien. Partir à deux pour ne pas partir seul, ça peut être foncer droit dans le mur et risquer de vivre une année en deçà de ses attentes.

Honnêtement, si vous avez ce projet seul, partez seul ! Les personnes qui partent seules en Australie (et c'est le cas dans beaucoup d'autres pays) le répètent constamment, elles n’ont finalement pas été seules du tout. Je pense pouvoir compter sur les doigts de la main les fois où j’ai été seule involontairement. La coloc, les amis, les auberges de jeunesse...

Working Holiday Visa experience as a solo traveler

... les nuits en cars, le voyage dans le van d’une copine, les boulots en fruit picking… Des rencontres, vous en ferez par centaines !

Certaines seront oubliées quelques jours après alors que d’autres resteront ancrées dans vos mémoires pendant des années et des années, même pour des relations éphémères de quelques semaines. C’est souvent ce qui résume le Working Holiday Visa en Australie : les gens bougent, arrivent, partent et repartent encore vers ailleurs. Les rencontres faites pendant cette année sont magiques. Vous qui vivez actuellement votre WHV en Australie, profitez de tout et de tout le monde. Je suis persuadée que vous le faites, et j’ai le sentiment de l’avoir fait moi-même, mais après coup, on se dit “non, je ne réalisais pas que 6 ans après, j’aurais un petit pincement au cœur en pensant à elle, à lui, à ce lieu, à ce jour…”.

Laisser place à l’imprévu...

Partir seul, dans mon cas, ça a été ça : prendre une coloc à Sydney, y vivre deux mois super, entre la ville et l’océan, à rencontrer des personnes géniales, dont des Français que je côtoie toujours aujourd’hui. C’est vivre sa vie par soi-même sans rendre de compte à personne, en prenant toutes les décisions qu’on veut. C’est quitter Sydney pour aller en Tasmanie avec sa mère qui vient en visite, c’est filer à Melbourne pour vivre une courte histoire d’amour avec ce Français rencontré à Sydney peu de temps avant.

C’est finalement quitter la ville car le projet de base était de parcourir le pays et non de s’installer à un endroit précis. C’est dormir dans un aéroport, appeler pour un boulot dès les bureaux ouverts, c’est être envoyé à Home Hill, un village du Queensland, pour y ramasser des melons, c’est vivre environ 2 mois dans une Working Hostel où on rencontrera des jeunes venus du monde entier et où on se créera des souvenirs inoubliables. C’est parcourir la côte est, découvrir la barrière de corail - impressionnante - et vivre un week-end à Nimbin avec 3 copains à qui on avait donné rendez-vous pour “Mardi Grass”.

C’est finalement retourner à Home Hill pour se remplir les poches, faire de nouvelles rencontres magiques, partir découvrir un bout de la Nouvelle-Zélande, en van, avec sa meilleure copine, et profiter d’elle encore un peu, avant son retour en France, le temps de parcourir le désert australien du sud au nord, et de voyager en Asie du sud-est pendant 3 mois.

C’est terminer par passer 3 mois pas trop loin de Darwin à remplir son compte en banque. C’est vivre dans un caravan park juste derrière le Road kill café d’où on part tous les matins planter des arbres, au soleil toute la journée, à l’air pur, en se disant que ce sont les derniers instants, en profitant des gens, des choses, des couchers de soleil australiens…

C’est prendre l’avion pour Singapour avant de s’envoler pour la France, la poitrine comprimée, les yeux pleins de larmes, avec la sensation qu’on ne va pas y arriver, qu’on ne peut pas quitter l’Australie, qu’on n’y arrivera pas. On y a vécu tant de choses, plus que dans toute sa vie, on a fait des choix, des bons, des mauvais, on a fait de bonnes choses, d’autres moins sensées, on a choisi d’aller ici ou là, avec lui, avec elle, en solo, on a changé d’avis, rechangé d’avis, et personne n’était là pour donner son avis sur tout ça.

Seul, on vit sa vie, on fait ses choix, on apprend des choses, on repousse ses limites, on se lance des challenges, parfois on a peur, on se demande vers quoi on va et on découvre finalement que c’est ça le voyage, aller vers l’inconnu et finalement très bien se débrouiller. Il y a des petits couacs, mais ça fait partie de l’expérience, on en apprend et on passe au jour suivant.

Mon année en Australie m’a appris énormément de choses sur moi, sur les autres, sur les relations, sur la vie, j’ai ressenti beaucoup de choses, j’ai aimé beaucoup de gens et j’ai eu les boules plus d’une fois. Voilà, l’Australie, c’était la plus belle année de ma vie, je me suis sentie vivante et libre comme jamais auparavant et c’est sans doute normal, on a sûrement tous besoin de partir seul à un moment donné de sa vie pour vivre tout ça et revenir plus confiant, plus serein, plus en adéquation avec soi.

Faites-le !

Si vous hésitez à partir seul en PVT, je vous invite à mettre votre anxiété de côté, à la garder dans un coin de votre tête mais à ne pas la laisser prendre le pas sur le désir de partir. Partir seule aura été la meilleure décision de ma vie. Je ne sais même pas si je le referai (pourquoi pas, ça dépend des occasions qui se présenteront !) mais je l’ai fait et je ne regrette rien.

Certains de vous craignent de partir seul à cause de l’anglais. Partir avec une autre personne ne vous aidera pas à vous améliorer. Partir à deux c’est pouvoir s’isoler à tout moment dans une zone de confort alors que seul, on se lance un peu plus et on s’améliore. On peut se faire des amis, voire des petits-amis anglophones (qui sont, je ne le dirais jamais assez, l’une des meilleures façons de s’améliorer en anglais :)) et get better and better.

Vous avez peur d’échouer ? De ne pas trouver d’emploi ? De devoir rentrer plus tôt que prévu ? De ne pas bien vivre l’éloignement ? Sachez que quoi qu’il arrive, ce voyage restera dans vos mémoires, qu’il vous aura apporté quelque chose, qu’il vous aura fait rencontrer quelqu’un. Comme je dis souvent, l’échec, ce n’est pas de rentrer plus tôt (contrairement à ce que peut parfois imaginer l’entourage d’un PVTiste qui rentre prématurément), c’est de ne pas partir du tout.

Depuis la création de PVTistes.net, vous avez été nombreux à nous faire part de vos craintes ou de votre joie de partir seul, je vais donc terminer ce "on a testé" par quelques liens :

Pour retrouver ces impressions et questionnements avant le départ (toutes destinations confondues), rendez-vous sur notre forum Les démarches et les questions avant le départ.

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Commentaires

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Cet article me conforte dans l’idée de partir seule ! Merci :)

je pars seule dans 2 semaines et aucune angoisse….. pour l’instant ^^

En pleins préparatifs alors ! Profite bien de ces deux dernières semaines françaises et bon départ pour Melbourne 😉

Merci!!! Là c’est plus grand ménage pour pas trop laisser le bordel chez mon père du coup pas la partie la plus cool ^^

Un article très réussi. Merci

Hello Lilou !

Merci pour cet article. J’ai 30 ans, je travaille depuis 6 ans, et j’ai décidé de tout quitter pour tenter l’aventure. Tu m’as rassuré dans l’idée que je me fais de ma décision, et je me retrouve pas mal dans ce que tu dis.

Je pars le 20 Avril et j’en peux plus d’attendre ! L’Asie et l’Australie m’appellent !

Par contre, je me demandais…C’est pas plus facile pour une fille ? 😀

Merci encore pour ton témoignage !

Salut Cédric, tu as bien raison de tenter l’expérience pile avant l’âge limite 😉

Bonne question… j’ai rencontré autant de mecs que de filles je pense et tout le monde s’appréciait, je pense qu’à partir du moment où tu vas vers les gens et que ton anglais n’est pas trop mauvais (ça vaut le coup de prendre des cours en arrivant si on n’est vraiment pas bon en anglais), tu as moyen de rencontrer plein de gens super ! 😉

Pour l’anglais je suis confiant. J’ose espérer que mon niveau me permettra d’être à l’aise. Je discute déjà avec des anglais ici (étant à Lille c’est simple d’en trouver) et ça fini généralement une bière à la main pour entamer une bonne soirée !

Pour aller vers les gens, ça devrait le faire 😀

Impecc alors 😉

Merci, cet article me rassure. Partir seul n’est pas chose facile à préparer… et le report de la date d’ouverture pour le PVT Canada n’aide pas à garder confiance et motivation dans son projet ! Mais après avoir lu l’article, les angoisses semblent s’estomper… :) (pour un temps ! je relirai l’article une fois dans la salle d’embarquement si j’ai mon PVT ^^)

Très bel article !
J’ai le projet de partir au Canada, seule, donc il est vrai que je me pose beaucoup de questions…
Je pense être plus ou moins prête à franchir le cap même si parfois je me dis que ce serait plus simple et plus rassurant si je partais avec quelqu’un d’autre.

Excellent témoignage dans lequel je me retrouve complètement. Après 25 heures d’avion et 10h de décalage horaire, je suis arrivée à l’aéroport de Melbourne avec mon gros sac à dos en me disant « mais qu’est-ce que je fais ici ?! ». Au final, je suis restée 10 mois en Australie ! Une très belle aventure avec des coups de mou, oui, mais surtout des tas de souvenirs et de rencontres que je suis loin d’oublier. Partir seul(e) est une expérience extrêmement enrichissante, à tous points de vue. Alors foncez !

Je me retrouve bien dans ce que tu décris même si chaque expérience est unique. Partir en solo, c’est loin d’être un handicap, même si c’est sans doute plus stressant pour les préparatifs de départ et l’arrivée « dans l’inconnu ». Après, c’est que du bonheur.
Super récit Julie, merci! :)

Merci pour ce témoignage! 😀 C’est rassurant et excitant de lire ton expérience, j’ai presque eu ma p’tite larme car on ressent vraiment le bonheur et l’épanouissement que ton voyage t’a apporté.
Je ne pars qu’en avril et quand je lis des retours d’expérience pareils je me demande déjà quasi comment je ferai pour revenir à la vie normale après une expérience qui peut vraiment être enrichissante. Bah, dans le pire des cas, c’est mon premier PVT, je pourrai encore faire l’Australie, le Canada et Singapour 😉
Bref, merci Lilou!

Cet article ma gonflé a bloc! Très beau récit

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