- Chapitre 1 : Hiérarchie et âge en Corée du Sud : des codes sociaux essentiels
- Chapitre 2 : Ne pas perdre la face en Corée du Sud : un principe social fondamental
- Chapitre 3 : Le service militaire en Corée du Sud
- Chapitre 4 : La religion en Corée du Sud
- Chapitre 5 : Relations hommes-femmes en Corée du Sud : entre traditions et inégalités
- Chapitre 6 : Alcool et cigarette en Corée du Sud : des piliers de la vie sociale
- Chapitre 7 : Éducation en Corée du Sud : pression scolaire et compétition extrême
- Chapitre 8 : Le culte de la beauté en Corée du Sud
Le culte de la beauté en Corée du Sud
En Corée du Sud, il est assez courant de vanter la beauté d’une personne avant toute autre qualité. Le beauty privilege* y est beaucoup plus présent qu’ailleurs et être beau est synonyme de réussite. Une personne jugée belle par la société aura de plus grandes chances de trouver un emploi, de se marier et donc d’avoir une meilleure vie. En Corée du Sud, le physique est souvent un investissement sur le long terme.
Les critères de beauté sont assez “classiques” : être mince, avoir le teint clair, la mâchoire en V, de grands yeux, une belle peau et, pour les femmes, avoir des cheveux plutôt longs. Sortir du lot avec un style plus alternatif ou plus exubérant n’est pas forcément bien perçu. Les physiques sont donc souvent assez standardisés : un certain type de coupe de cheveux, de façon de se maquiller, de s’habiller, etc.
Les célébrités, acteurs mais surtout K-pop idols, avec la pression de leurs agences, véhiculent ce culte de la beauté dans tout le pays et influencent énormément les jeunes Coréens. Ils en sont malheureusement également les premières victimes. Il est attendu que ces célébrités aient des physiques parfaits et ceux qui ne correspondent pas ou qui ne correspondent plus aux critères établis (par exemple, dus à une prise de poids) sont victimes de très fortes critiques et parfois de cyberharcèlement.
En effet, l’image que l’on renvoie est très importante, et ne pas correspondre aux codes peut rapidement valoir moqueries, harcèlement et exclusion.
Même si les femmes subissent plus de pression sur ce sujet, les hommes sont aussi concernés par ce culte de la beauté. En Corée du Sud, il est complètement accepté et normal qu’un homme prenne soin de lui, notamment de son visage : qu’il fasse de la chirurgie esthétique, qu’il utilise des soins pour la peau (skin care) et même qu’il se maquille (notamment le teint). Les hommes coréens prennent beaucoup plus soin d’eux qu’on pourrait le voir dans d’autres pays.
La beauté : un business qui rapporte
La beauté est devenue, au fil des années, un véritable business juteux pour les entreprises du pays.
La K-beauty (Korean beauty) inonde le marché de la skin care et de la cosmétique en Corée, mais aussi dans le reste du monde. En témoigne la popularité de la célèbre enseigne Olive Young, leader coréen de la vente de produits de beauté et de soin, qui compte presque 1 400 magasins dans tout le pays. On trouve des Olive Young à tous les coins de rue. Le quartier de Myeong-dong à Séoul est également connu pour son nombre incalculable de magasins de K-beauty où les touristes se précipitent. La K-beauty est un pilier majeur du soft power coréen avec la K-pop.
La chirurgie et, plus largement, la médecine esthétique sont très répandues. À l’inverse de chez nous, où elle serait plutôt stigmatisée en Corée du Sud, c’est beaucoup plus banalisé. Il n’est pas rare que les jeunes Coréens reçoivent comme cadeau d’anniversaire ou de fin d’étude une chirurgie esthétique.
La Corée est plutôt réputée dans ce domaine, et le tourisme esthétique également très populaire. Pour en savoir plus : La Corée du Sud, nouvelle destination phare du tourisme cosmétique.
Être tatoué n’est pas illégal, se faire tatouer, oui. En théorie, seules les personnes titulaires d’un diplôme de médecine peuvent pratiquer cette discipline ; en pratique, cette règle n’est pas respectée. Disons que c’est théoriquement illégal, mais “toléré”.
En réalité, et on le remarque surtout l’été, de nombreux jeunes Coréens ont des tatouages qu’ils montrent sans problème. Si vous êtes vous-mêmes tatoués ou piercés, ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas besoin de les cacher dans votre quotidien. Cependant, même s’il se démocratise de plus en plus, le tatouage reste quand même assez mal vu. Il est donc possible qu’on vous demande de les cacher dans certains contextes : si vous allez au sauna ou à la piscine, dans le cadre professionnel si vous êtes en contact avec du public, etc.
*Le beauty privilege désigne le fait que les personnes jugées socialement attirantes ou belles bénéficient d’avantages et de privilèges sociaux, économiques, professionnels, seulement grâce à leur physique.