Élise : un PVT Canada entre nomadisme et sédentarité

Article publié le 06-03-2019.

ElleIsAway

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  • Localisation Paris, France
  • Dernier diplôme obtenu Master

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Élise, actuelle PVTiste au Canada, nous parle de son parcours et des nombreuses expériences qu’elle a vécues depuis son arrivée.

Bonjour Élise ! Peux-tu te présenter ?
Hello ! Je m’appelle Elise, j’ai 26 ans (bientôt 27) et je suis originaire de Strasbourg. Après 18 ans en Alsace, je suis partie ailleurs pour étudier. J’ai d’abord passé deux années au Havre puis un an à Tokyo pour ma licence. Ensuite, j’ai fait un master en communication à Paris. Pour résumer la suite : stages en année de césure, un premier job en tant que chargée de relations presse dans les jeux vidéo, quelques mois de flottement, un autre job dans le secteur public… et puis l’envie de partir à nouveau, et de recommencer ailleurs, parce que je ne me sentais plus à ma place. Je n’arrivais plus du tout à me projeter dans un bureau, devant un ordinateur.
Tu as donc étudié pendant un an au Japon, tu nous racontes ?
Je suis partie au Japon pour ma troisième année de licence. J’étais en échange à l’Université Waseda, à Tokyo. J’ai choisi d’y étudier le japonais de manière intensive. J’avais déjà une connaissance correcte de la langue avant de partir au Japon.
Le campus où j’allais était idéalement situé, dans la partie Ouest de Tokyo, vers la station Takadanobaba. J’avais la chance de vivre à deux pas de mon université, dans une résidence étudiante.

J’ai vraiment adoré mon année au Japon. Vivre à Tokyo, c’est assez incroyable. C’est une ville qui te met une claque dès les premiers pas que tu y fais. Les quartiers sont très différents les uns des autres. Certains endroits sont enivrants et vertigineux tellement il y a de monde et d’activités (je pense à la folie de Shinjuku par exemple), mais tu fais quelques pas et tu trouves des petits temples perdus au milieu de tout ça… Le Japon est un pays fascinant et parfois déroutant : ça a beau être très développé, on s’y sent vraiment dépaysé. Les codes culturels sont très différents, l’écriture à elle-seule nous fait nous sentir ailleurs… Je dirais aussi qu’au Japon, le fait de parler la langue est un vrai « game-changer », cela transforme vraiment la relation que l’on a avec les Japonais.

J’en ai aussi profité pour pas mal voyager : Hokkaido (l’île tout au Nord du Japon) pour le festival de la neige, les environs de Tokyo (Nikko, Hakone, Kamakura…), l’incontournable Kyoto, Osaka, mais aussi l’archipel tropical d’Okinawa, aux plages paradisiaques. Le pays offre une diversité de paysages qu’on n’imagine pas forcément quand on a seulement des images de villes ultradéveloppées en tête. Durant cette année nipponne, j’ai aussi voyagé dans d’autres pays d’Asie : Vietnam, Thaïlande, Corée du Sud.
Elise PVT Canada
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Tu n’aurais pas été tentée par un PVT au Japon ?
Si, si, j’y ai pensé ! L’expérience aurait bien sûr été totalement différente de mon année d’échange en tant qu’étudiante. J’avais bien envie de tenter de travailler (ou de faire du volontariat type Workaway) au Japon et de visiter des endroits où je ne suis pas allée : l’île de Kyushu, l’Ouest du pays… Mais j’avais d’abord envie de tenter l’aventure dans un pays où je n’étais jamais allée. Pour autant, je n’ai pas encore renoncé à cette idée du PVT Japon. 😉
Tu es ensuite partie en PVT au Canada, plus précisément à Vancouver. Pourquoi ce pays, et cette ville en particulier ?
Après mes premières expériences pros, je me sentais frustrée et enfermée dans une vie qui ne me convenait pas. Je n’arrivais plus à me projeter dans le type de boulot que je faisais. Je sentais qu’il fallait que je parte à nouveau à l’étranger. Mais où, quand, comment… J’entendais parler du PVT depuis quelques années, et cela semblait vraiment être l’idéal par rapport à mes envies.

Je me disais qu’il pourrait être intéressant de vivre dans un pays anglophone pour la première fois de ma vie. J’avais donc le choix entre Canada, Australie et Nouvelle-Zélande en termes de PVT. Comme j’étais un peu perdue quant à ce que je voulais faire de ma vie, je me suis dit que j’allais m’en remettre au hasard. L’idée du tirage au sort pour le PVT Canada m’a plu. Je me suis dit « Tente le coup, si ça marche pour toi, c’est un signe ! ». Et visiblement, le destin était de mon côté puisque j’ai eu la chance d’être tirée au sort un mois après l’ouverture des bassins. Je n’y croyais pas !

Comme je souhaitais découvrir la partie anglophone en premier, j’ai mis le Québec de côté. J’avais entendu du bien de Vancouver et de sa région, la Colombie-Britannique. Je ne connaissais absolument pas mais je me suis dit hop, on tente !

Pour découvrir le fonctionnement du PVT Canada, rendez-vous dans ce dossier.

Tu t’es ensuite installée à Whistler. Comment se passe la vie là-bas ?
Le fait que je sois actuellement à Whistler (qui est la station de ski la plus connue au Canada) est un peu un hasard. A la base, je pensais m’installer à Vancouver pour quelques mois, en tous cas, c’est ce que j’avais en tête avant de partir. J’avais fait des recherches sur les différents quartiers, déjà repéré des cafés sympas… Mais durant mes trois premiers mois au Canada, j’ai pas mal voyagé en Colombie-Britannique et alentours. J’ai passé 5 jours à Whistler, début août, suite aux conseils d’un Français avec qui j’ai fait un road-trip dans les Rocheuses. Je l’ignorais à l’époque, mais en été, Whistler est la capitale mondiale du vélo de descente, une discipline assez impressionnante (je m’y suis essayée : grisant mais flippant haha !). L’ambiance était incroyable : des riders partout, une météo superbe, des lacs, des belles vues, plein de randos à proximité… Ça m’a bien plu.
Je suis ensuite partie dans la vallée de l’Okanagan et je me suis demandé « Alors, tu te poses où pour l’hiver ? ». J’avais vraiment du mal à me décider, mais je me suis dit qu’il fallait que je tente le coup à Whistler. J’y suis donc retournée début septembre avec l’idée de potentiellement m’y installer pour la saison de ski. Je préfère le dire tout de suite à celles et ceux qui seraient intéressés par Whistler : trouver un boulot, c’est facile, trouver un logement c’est une autre histoire. C’est cher, et vraiment pas évident de trouver une chambre privée. La plupart des gens partagent des chambres pour des prix pas toujours corrects... Mais bon, les coups de chance, ça existe, donc pas de découragement ! Perso, j’ai trouvé un travail avec « staff housing», et j’adore ma maison. 😊

Je bosse dans une boulangerie/pâtisserie 40 h par semaine. Mes jours off (deux par semaine), je vais skier ! Parfois, je vais aussi sur les pistes quand je commence le travail en fin de matinée. C’est tout nouveau pour moi ce mode de vie. Jusqu’à présent, je ne skiais que quelques jours pour des vacances.

Je n’avais jamais vécu en tant que saisonnière, et ça me plait bien ! La population est très jeune ici. Il y a énormément d’Australiens et d’Anglais. On a un bon petit groupe de Français aussi. Whistler n’est pas très grand en soi, mais il y a tout ce qu’il faut. Les gens viennent ici pour la glisse l’hiver/le vélo en été, certains pour faire la fête, et pas mal de gens pour les deux je dirais. Il y a de quoi faire dans les deux domaines ! Au premier abord, Whistler peut sembler un peu « fake » : les bâtiments type « DisneyLand » et pas mal de magasins de « chaînes ». Mais il y a aussi une vie plus authentique : tu croises souvent les mêmes personnes ce qui donne un sentiment de communauté, il y a un magazine local (Pique magazine) qui recense les événements qui ont lieu chaque semaine (musique live, projections de films, etc.) … Il y a aussi la bibliothèque qui organise des cours de langues par exemple, ou le Re-Use it center qui est une sorte d’Emmaüs local et qui est une véritable caverne d’Ali Baba ! Je suis fan ! Il y a aussi des soirées récurrentes type bingo ou karaoké qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, sont plutôt endiablées 😉

Beaucoup disent qu’on vit dans une sorte de « bulle » ici, et ce n’est pas faux. On est un peu hermétiques à ce qui se passe ailleurs, mais parfois, ça fait du bien. Et puis, savoir que même si tu perds ta carte de crédit ou ton téléphone, les chances de le retrouver sont très élevées, ça peut paraître bête, mais c’est un sentiment agréable ! (Et croyez-moi, le nombre de posts Facebook pour des affaires perdues à Whistler les lendemains de soirée dépasse l’entendement…).

Apparemment, vivre ici en été est vraiment agréable aussi : au lieu du ski, c’est baignade et rando au programme ! Bref, Whistler c’est la proximité immédiate avec la nature tout en ayant accès à une vie animée.

Pour ce qui est des points négatifs, je dirais que c’est surtout le coût de la vie, et notamment des loyers.
Elise PVT Canada
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Parlais-tu anglais avant de partir ?
J’avais déjà un bon niveau d’anglais avant de partir. Une bonne partie de mes cours de licence était dans la langue de Shakespeare, et j’ai dû pas mal travailler en anglais dans mon premier job. Je suis donc plutôt à l’aise avec la langue. Mais bien entendu, comme toujours avec les langues étrangères, il y a énormément de marge de progression !
Ici, j’ai vraiment pu remarquer mes points faibles : le vocabulaire spécifique (par exemple, les différents ustensiles de cuisine ou certains aliments pour ne citer que ça), et le langage plus « familier ». Je vis avec des anglophones, deux Australiens et un Canadien, ce qui m’aide beaucoup à m’imprégner de ces expressions et mots plus familiers.
Ça me permet d’avoir un anglais plus « naturel ». Et j’apprends beaucoup de « slang » australien, ce qui est assez marrant ! Sinon, autre axe d’amélioration : le téléphone… Je décroche parfois le téléphone au boulot et j’avoue que quand certains clients n’articulent pas, j’ai l’impression d’entendre du yaourt…

Je dirais qu’une des clés pour progresser quand on a déjà un niveau correct, c’est d’être curieux. Quand j’entends un mot que je ne connais pas, je n’hésite pas à demander à mon interlocuteur de me l’épeler, et j’essaye de m’en rappeler durant les jours qui suivent pour l’imprimer dans ma mémoire.

Parle-nous un peu du travail pendant ton PVT...
J’ai d’abord commencé par faire des volontariats via le site Workaway. Le premier dans une ferme bio/auto-suffisante/un peu (beaucoup?) hippie sur l’île de Vancouver, vers Ucluelet. Je n’avais jamais travaillé la terre et j’ai adoré ! 😊 C’était vraiment une expérience incroyable, un mode de vie super « roots » et en lien avec la nature. J’ai aussi aidé à faire du ménage de cabines AirBnb dans une superbe propriété vers Penticton.

Elise PVT Canada
Elise PVT Canada

Sinon, comme mentionné avant, depuis que je suis à Whistler, je travaille dans une boulangerie/pâtisserie. J’y ai juste déposé mon CV un jour, puis j’ai fait un petit essai de 20 minutes, et on m’a proposé un travail à temps plein. J’ai commencé en tant que vendeuse les 2/3 premières semaines puis on m’a fait passer en cuisine.
Je cuis des scones, décore des gâteaux, farcis des brioches… Très très loin de mon open space parisien ! Le rythme de travail est parfois un peu intense selon la fréquentation de la station, et les horaires différents (6 h – 14 h par-ci, 11 h – 19 h par-là) peuvent être un peu éreintants. Mais je m’y plais bien, il y a une bonne ambiance. Je n’avais jamais travaillé avec mes mains, et ça me faisait complexer car je pensais vraiment que je serais nulle. Mais petit à petit, je me prouve que je peux y arriver.
Après, je ne pense pas que c’est ma vocation mais c’est intéressant de changer complètement d’environnement pro ! Je ne me voyais absolument pas bosser dans un bureau durant mon PVT, je voulais un vrai changement de vie. Et franchement, en passant de l’open space parisien à la boulangerie de station de ski, je pense que j’ai plutôt réussi !

Et tu as pu visiter le pays ?
Oui, j’ai bien profité de tout l’été pour voyager. Je suis arrivée au Canada le 10 juin. Jusqu’à début septembre, j’ai voyagé un peu partout dans la région : Vancouver, l’île de Vancouver, les Rocheuses en road-trip, Seattle, Whistler, la vallée de l’Okanagan… J’ai voyagé en solo, mais je ne me suis jamais sentie seule ! Je trouve ça génial à quel point tu rencontres des gens facilement en voyage. Dès mon arrivé à l’auberge de jeunesse de Vancouver, j’ai eu de la chance : je partageais ma chambre avec des filles géniales ! L’île de Vancouver était une expérience formidable.
Pour le road-trip dans les Rocheuses, je suis partie avec 3 autres Français rencontrés sur Facebook. On a loué une voiture est on est partis pour 2-3 semaines dans les Rockies.
Je n’ai pas de voiture ici. J’ai mon permis mais je n’aime pas trop conduire, et c’est aussi un sacré budget… Du coup j’ai fait tout ça ou presque en bus. J’ai aussi utilisé 2-3 fois l’application Poparide qui est l’équivalent de BlaBlaCar ici. Je recommande ! C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de trouver mon premier logement temporaire à Whistler.
Ces quelques mois de vadrouille ont été très forts et épanouissants moi. Je me suis sentie vraiment libre. J’allais un peu où le vent me menait en fonction des opportunités.
Elise PVT Canada
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Quels conseils donnerais-tu à un PVTiste qui hésite à partir au Canada ?
Tente !!! Si un endroit ne te plait pas, tu bouges et puis tu prends un nouveau départ ! Le Canada est un pays « bienveillant », qui offre plein d’environnements de vie différents. Il y a de quoi trouver chaussure à son pied. C’est tellement libérateur de se dire qu’on peut aller où on veut et recommencer une nouvelle vie. Un peu vertigineux parfois, mais tellement cool. Et puis au pire du pire, pas de regret, tu auras tenté ! Et franchement, tu évolues tellement quand tu voyages, quand tu rencontres des gens si différents de ton environnement habituel… Il n’y a pas de doute, les voyages forment la jeunesse 😉 Et sinon, un conseil clé : être ouvert d’esprit. Je suis convaincue que notre propre attitude influence énormément ce qui se passe autour de nous, et mon expérience ici l’a confirmé.
Quels sont tes meilleurs souvenirs pour le moment ?
Mmm… Je dirais mon expérience dans une ferme de l’île de Vancouver, car c’était vraiment très particulier et limite un peu mystique ! Les paysages des Rocheuses sont aussi incroyables, je n’avais jamais vu des lacs d’une telle couleur. Et toutes les rencontres que j’ai faites, parfois pour quelques heures, parfois pour quelques mois. Pour tout ça, je suis fière d’être ici, d’être partie et de m’être lancée.
Et les pires ?
Je dois dire que j’ai été plutôt chanceuse globalement et je n’ai pas eu de grosses galères. Il y a eu quelques petites frayeurs, comme le moment où les personnes qui étaient censées venir me chercher n’ont donné aucune nouvelle et que j’étais dans un endroit un peu paumé… Ou cette fois où on s’est rendu compte que ma valise était tombée du pick-up, sur la route, après pas mal de kilomètres parcourus. Je suis aussi rentrée en France pendant les fêtes, et la période de transition quand je suis revenue au Canada a été un peu difficile par moment. Revenir auprès des proches bouscule certaines choses, te fait te poser certaines questions… Mais c’est parfois nécessaire pour renforcer encore ses propres décisions.
Quels sont tes projets, pour les mois ou les années à venir ?
Je vais déjà finir la saison de ski à Whistler et peut-être rester un peu au-delà. Ensuite, c’est un peu flou. J’aurai encore un an de PVT. Soit je continue à Whistler, soit je bouge vers l’Est… C’était un peu ce que j’avais en tête à la base, un an sur la côte Ouest, un an sur la côte Est. Mais… Les choses ne se passent jamais comme prévu, donc on verra bien ! Et comme vous le disiez au début du guide des PVTistes au Canada, ce n’est pas toujours évident d’être un PVTiste « polyvalent », entre sédentarité et nomadisme…

Ensuite, à plus long terme, là encore c’est hypothétique mais je pense que j’aimerais bien faire d’autres PVT. C’est une opportunité tellement chouette ! Je pense un peu à la Nouvelle-Zélande et au Japon. On verra bien ! Et puis, vu que le PVT Australie vient de passer à 35 ans, c’est une excellente nouvelle pour la suite.

On parle du passage du PVT Australie à 35 ans dans cet article !

Retrouvez Élise sur son blog et les réseaux sociaux :
J’ai un blog, sur lequel je parle de mes différents voyages, de mes réflexions sur l’expérience de PVTiste et où j’interviewe certaines personnes dont les parcours m’inspirent. J’ai aussi une page Facebook et un compte Instagram.

Un grand merci à Élise d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

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Delphine est accro au PVT, elle raconte son expérience : Delphine, une trilogie de PVT !

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