Guillaume : un PVT au Chili et des voyages en Amérique du Sud

Date de publication : 14-08-2020

Auteur

Annelise

Guillaume

Localisation

Santiago, Santiago Metropolitan Region, Chile

Guillaume est parti en PVT au Chili et en a profité pour voyager jusqu’au Pérou.

pvtistes : Salut Guillaume ! Peux-tu te présenter ?
Guillaume : Bonjour, je m’appelle Guillaume, j’ai 28 ans et actuellement je travaille en tant que gestionnaire approvisionnement dans la grande distribution.
Passionné de voyages depuis 2012 et particulièrement d’Amérique du Sud, j’ai eu la chance de pouvoir visiter une dizaine de pays, dont certains coups de cœur comme Cuba ou l’Équateur. Mon projet serait de visiter tous les pays d’Amérique du Sud.
guillaume pvtiste PVT Chili
pvtistes : Tu es parti en PVT au Chili. Pourquoi cette destination ?
Guillaume : En 2018, après de nombreuses recherches et une réflexion qui a duré seulement quelques semaines, me vient l’idée de tenter une expérience à l’étranger. Je ne me sentais plus à mon aise dans l’entreprise où j’étais et j’avais réellement envie de couper avec cette mauvaise passe.

Au départ, j’hésitais entre 3 destinations : le Chili, l’Uruguay et l’Argentine.
Le Chili a finalement été une évidence car c’est un pays avec une diversité géographique importante et des paysages uniques, comme la Patagonie ou le désert d’Atacama. C’était également un des pays les plus stables du continent à l’époque, donc peut-être plus de chance pour moi de trouver un job sur place.
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pvtistes : Tu as quitté un CDI en France pour partir en PVT… Est-ce que ça a été une décision difficile ?
Guillaume : À l’époque, je vivais chez mes parents donc je disposais d’un certain confort pour me permettre de prendre le risque de quitter mon CDI. De plus, le secteur du transport et de la logistique ne connaissant pas la crise, il n’aurait pas été compliqué de retrouver un travail si besoin. La décision a donc été instinctive et a suivi mon envie de changement.
pvtistes : Parlais-tu espagnol avant de partir ? Et maintenant ?
Guillaume : Avant de prendre l’avion, j’avais des bases solides en espagnol, un niveau intermédiaire. 3 mois avant de partir, je me suis remis à 3-4 leçons d’espagnol par semaine, en auto-apprentissage, afin de pouvoir communiquer facilement sur place.
À mon retour, après 6 mois de voyages et une rencontre avec une Péruvienne à Lima, je parle un espagnol avancé. L’espagnol chilien n’est pas le plus simple à apprendre car il y a des mots typiques du pays qui rendent l’apprentissage plus compliqué qu’au Pérou par exemple.
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pvtistes : Te souviens-tu de tes premiers jours sur place ?
Guillaume : Je suis parti en début d’après-midi depuis Bruxelles, en septembre 2018, avec un peu d’appréhension. Je pars dans un pays inconnu et je ne sais pas ce qui m’attend… C’est la première fois que je décide de faire le pas de partir véritablement seul. Escale à Madrid, je profite du confort de la mondialisation : Starbucks et Burger King, qui sait ? Pendant 8 mois je n’en aurai peut-être plus.

Le vol dure environ 13 h jusqu’à Santiago du Chili, et je suis coincé entre 2 personnes, c’est assez inconfortable.
L’aéroport Benitez de Santiago, assez moderne, est de taille moyenne. Je récupère mes bagages et je fonce à mon hôtel CLH Suites (un dortoir de 8 personnes), je choisis une navette collective (TransVip) qui vous dépose au lieu demandé dans la capitale, pratique (pour environ 9 euros) !

Je vais passer ma première semaine à Santiago afin de faire mes démarches administratives, dont ma carte d’identité chilienne. Premier tour en ville pour m’apercevoir que les démarches seront compliquées : énormément de monde à l’immigration et je dois me rendre à la PDI (police d’immigration). Loupé pour ce vendredi et manque de chance, lundi jusqu’à mercredi c’est férié au Chili, j’arrive en pleine fête nationale chilienne (18 septembre équivalent à notre 14 juillet). Je vais rester plus longtemps que prévu à Santiago…

Après ma première nuit en dortoir, j’avais décidé de prendre un Airbnb 3 nuits, pas loin du centre, afin de découvrir la vie des Chiliens. Les premiers mots sont difficiles et j’espère progresser jusqu’à la fin de mon PVT au Chili.
Il y a quelques lieux incontournables à visiter à Santiago : je commencerai par la Moneda, lieu chargé d’histoire notamment avec le coup d’état de 1973 de Pinochet. Ce qui m’a également plu ce sont les Cerro dont le Santa Lucia et le San Cristobal : collines verdoyantes où on se met au vert en plein milieu de la capitale. Du côté gastronomique, ne passez pas à côté du Mercado central pour manger un ou deux empanadas avec une bonne bière pour presque rien. Mon petit préféré est celui aux mariscos (fruits de mer). Un très bon végétarien, Naturista, près de la Moneda vaut également la peine pour une pause déjeuner.

J’ai décidé pour la suite de ma semaine de le couchsurfing : dormir chez l’habitant gratuitement, c’est une sorte de réseau solidaire pour voyageurs et cela a très bien fonctionné dans la capitale chilienne ! Une bonne occasion de découvrir le bar le plus atypique de Santiago : la Piojera, célèbre pour son fameux terremoto (grenadine, vin blanc, glace), très sucré ! Puis un bon dîner avec mon hôte le soir même. Le lendemain, j’arrive chez Jaime pour mon second couchsurfing, très bon accueil et nous partons l’après-midi même à la Fonda : une fête chilienne pour célébrer la fête nationale. Une sorte de fête avec plein de barbecue, de la bière et musique, un bon moment de bon vivant !

Après quelques jours à Santiago, je peux enfin faire ma demande de carte d’identité chilienne à la PDI. Un véritable calvaire car il y a énormément de monde et je dois faire la queue à 4 h du matin pour finalement obtenir un papier disant que je peux faire ma demande de carte d’identité vers 15 h. 11 h dans le froid avec différentes cultures, pas commun…

Un petit souci de santé provoque un léger contretemps dans mon organisation, je dois rejoindre la Clinica Alemana pour un trouble de l’équilibre et des vertiges. La facture est salée (135€). Une consultation tout de même pro, un traitement pour 15 jours. Heureusement que j’ai une bonne assurance !

Santiago est une capitale plutôt agréable et je trouve que la vie culturelle est intéressante… à condition de s’y intéresser. Après une semaine à Santiago, je décide de rester 2 jours de plus et de rejoindre le quartier de Bellavista, connu pour sa vie nocturne et ses bars mais aussi point d’entrée pour le fameux Cerro San Cristobal qui domine la ville.
pvtistes : Tu as ensuite quitté Santiago pour un volontariat de 1 mois en Patagonie. En quoi consistaient tes missions ?
Guillaume : Mes recherches d’emploi n’avançant pas réellement comme je le voudrais, j’ai donc décidé de faire un bénévolat dans une auberge de jeunesse à Lilis Patagonicos dans la ville de Puerto Natales. En descendant du bus venant de Punta Arenas, j’ai le vent qui me fouette le visage et on se sent en plein hiver austral.
Mon bonnet et mes habits d’hiver ne suffisent pas à me réchauffer. J’avance à l’aveuglette dans mon nouveau lieu de vie. La ville ressemble à un Far West version glacée, mais c’est un point de départ pour la fameuse randonnée W du Torres del Paine, un des plus beaux parcs naturels du monde. Au bout de quelques minutes de marche, j’arrive enfin…

Je suis accueilli chaleureusement et on m’installe dans une chambre de bonne, mais ça suffira pour un mois, le temps que je me suis donné pour progresser en espagnol ! Mes premières tâches durant 11 jours seront de m’occuper des extérieurs puis j’aide Pablo, un autre volontaire, à rénover quelques chambres. Je travaille 5 h par jour, 5 jours sur 7. Il y a également une autre volontaire venant d’Argentine : Tatiana, avec qui je sympathise rapidement. Elle m’aidera beaucoup à corriger mon espagnol !

La Patagonie étant extrêmement chère, c’est plutôt un bon plan de rester ici un mois. J’ai l’hébergement offert avec le petit-déjeuner en échange de mon aide. Puis je prends mes quartiers libres pour visiter la ville. On fait vite le tour mais la vue le long de la côte avec les fjords en arrière-plan vaut le détour. L’offre gastronomique est également intéressante. Je peux vous conseiller, côté resto, le Mesita Grande (pizzeria et pâtes), mon adresse favorite. Côté bar, pour une mousse optez pour le Baguales. Il y a également cette petite merveille, Last Hope Distillery, où on fait du gin maison et des cocktails impressionnants !

Il y a une bonne ambiance dans l’auberge avec des nationalités différentes (Brésiliens, Argentins, Chiliens…). On m’apprend à déguster un maté, la boisson locale, très répandue ici mais également en Uruguay, Paraguay et Argentine.
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pvtistes : Tu es ensuite parti à l’aventure… 5 mois pour remonter l’Amérique du Sud jusqu’au Pérou ! Tu nous racontes ?
Guillaume : Après mon volontariat en Patagonie et un passage en Argentine afin de visiter Calafate et le Perito Moreno, j’ai finalement renoncé à trouver un travail sur place et je me suis mis au défi de rejoindre le Machu Picchu au Pérou, l’une des 7 merveilles du monde. Le 15 novembre 2018, je décide de quitter Puerto Natales et de prendre l’Austral Broom, le bateau couchette version économique durant 2 jours/2 nuits pour entamer la remontée vers Caleta Tortel, ce petit village sur pilotis vraiment typique.

Le début d’une rencontre avec 2 personnes sur le bateau… À nous 3, nous allons former un trio pendant quelques jours en enchaînant stop/bus local et traversant de nombreux paysages dont Puerto Bertrand, Puerto rio Tranquillo et sa cathédrale de marbre, et enfin Coyhaique. De 3, nous passons à 5 au fil des rencontres allant jusqu’à louer un petit gîte et passer une soirée avec des gens jusque-là inconnus. Comme quoi le voyageur solitaire ne reste jamais seul longtemps !

Depuis Puerto Chacabuco, nous ne sommes plus que deux et nous décidons de nous offrir une des plus belles remontées en bateau qui soit avec la Navimag (3 jours/2nuits) jusque Puerto Montt. Ma remontée vers Santiago va durer 1 mois au total, et, avec la richesse naturelle qu’offre le Chili, le sud est vraiment un lieu chaleureux.

Depuis Puertt Montt, s’enchaîne la région des lacs dont quelques villes valant le détour : Frutillar, Puerto Varas avec sa vue sur le volcan Osorno et la remontée jusqu’à Pucon, une des villes les plus touristiques du Chili et top pour les sports à sensation. L’ascension du volcan Villarica, encore en activité, restera un des meilleurs souvenirs de mon PVT au Chili.

Ma dernière étape est la ville de Valdivia, marquée par le plus grand tremblement de terre ressenti jusqu’à présent sur terre. La ville est agréable et j’y passe mon week-end. Le 11 décembre 2018, je suis de retour à Santiago et je vais être hébergé quelques jours chez Mariely, une amie chilienne rencontrée lors de mon volontariat en Patagonie.

Je me suis donné 1 mois pour visiter le Pérou Après un vol Santiago-Arica, le climat a drastiquement changé et je suis maintenant en plein désert, dans l’une des régions les plus arides au monde. Changement d’ambiance, d’Arica nous trouvons un taxi au terminal pour le passage à la frontière avec le Pérou. Le process est assez bizarre car nous devons confier notre passeport au chauffeur afin de faire les autorisations nécessaires. Après 1 h de route en pleine chaleur, arrivée à Tacna. Je ne m’attarde pas trop dans cette ville, qui ne m’inspire pas vraiment… je suis un peu plus sur mes gardes ici, la différence avec le Chili est flagrante. Je prends un premier bus dans des conditions un peu douteuses afin de rejoindre Arequipa.

Surnommée la ville blanche, elle possède un atout de charme : sa Plaza de Armas. C’est une ville que j’adore et où je vais rester plus d’une semaine au final. De Arequipa, je vais continuer vers le circuit classique Canyon de Colca, Yanque pour rejoindre le Lac Titicaca enfin et passer une nuit à Llanchon, péninsule au nord du lac. Ici, je reçois un accueil inoubliable de Magno et sa femme, c’est ce genre de rencontre qui donne un sens au voyage.

Je rejoins enfin Cuzco, le 21 décembre, à plus de 3 000m d’altitude. Une acclimatation de quelques jours est nécessaire. Il y a énormément de choses en lien avec la culture inca à découvrir dans les environs (Pisac, Moray, Ollantaytambo…). C’est la veille de Noël, le 24 Décembre 2018, que je décide de rejoindre le Machu Picchu, le but ultime de mon voyage. Toutes les émotions se mélangent lors de mon arrivée et le spectacle en vaut la peine ! J’ai atteint mon objectif !
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Je vais passer le réveillon et Noël à Cuzco et assister à la messe de minuit, il y a pire pour passer Noël…
Je passe ensuite quelques jours à Lima. Je n’avais pas prévu cette étape mais un ami d’enfance est sur place avec sa femme péruvienne. Cela tombe bien, nous allons passer quelques jours ensemble dans la capitale et fêter la nouvelle année avec la famille de sa femme.
C’est lors de ce séjour, que je vais rencontrer ma future petite amie… Mes 15 derniers jours au Pérou, je termine par quelques destinations touristiques : Paracas et son parc national, la Laguna Huacachina, et mon retour à Arequipa.

De retour au Chili, le 16 janvier, mon père me rejoint le jour de mon anniversaire et de là, je vais lui faire découvrir des lieux qui ont marqué mon voyage : Santiago, Valdivia, Frutillar, Puerto Varas, Valparaiso et enfin Chiloé que nous découvrons ensemble.
Après 15 jours au Chili, nous terminons par un voyage en Uruguay, également pendant 15 jours. Le 15 février 2019, retour en France après un voyage de plus de 6 mois pendant lequel je me suis adapté à mes envies et j’ai suivi mon instinct.
pvtistes : Comment as-tu financé ce voyage ?
Guillaume : Durant mes 2 années de travail, j’ai pu économiser et mettre pas mal d’argent de côté (environ 6 000€) qui m’a permis de financer ce voyage intégralement. Le Pérou a fait du bien à mes finances, le Chili et l’Uruguay ne sont pas forcément bon marché. Pour le Chili, je me suis basé sur 65€/jour (logement + nourriture + activités) et pour le Pérou 60€/jour. Je dormais en auberge de jeunesse (dortoir) et je faisais les activités incontournables.
pvtistes : Quels sont tes meilleurs souvenirs de ce PVT ?
Guillaume : Il y a 3 choses : la Patagonie et la beauté des paysages (trek Torres del Paine, volontariat avec des gens accueillants, nature…).

Valparaiso pour son atmosphère unique, son port, sa vie et son street art. Ses collines avec ses maisons multicolores. C’est un lieu que je conseille pour faire du volontariat par exemple.

Et enfin l’escale d’un mois au Pérou : pas forcément convaincu au départ car cela me paraissait trop touristique. J’en ai finalement pris plein la vue avec le Machu Picchu, Arequipa et le Canyon de Colca. Et des rencontres riches et authentiques.
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pvtistes : Et les pires ?
Guillaume : À Arequipa, à la fin de mon périple au Pérou… Je suis tombé malade à cause d’un virus fort résistant qui m’a couché 3-4 jours et qui a failli nécessiter une hospitalisation. Heureusement bien assuré, j’ai été intégralement remboursé de mes frais médicaux, qui ont vite explosé.

À Puerto Varas, je suis tombé une seconde fois malade, moins gravement. Le même week-end, mon père se fait avaler sa carte de paiement. Ça nous a contraints à rester 2 jours de plus dans la ville.

Je n’ai pas eu de problèmes de sécurité, en faisant attention et en restant vigilant à chaque fois lors de mes déplacements.
pvtistes : Quels conseils donnerais-tu à un futur pvtiste au Chili ?
Guillaume : Le meilleur conseil est d’avoir une feuille de route avant de partir et de se laisser guider au fur et à mesure, au fil des rencontres. Profiter un maximum et suivre ses envies et son instinct.
pvtistes : Quels sont tes projets désormais ?
Guillaume : Je me suis rendu compte des difficultés de trouver un travail sur place et qu’en France, nous sommes dans un pays où nous avons les meilleures conditions pour vivre (santé, travail et loisirs). Je souhaite poursuivre mon rêve de voyager dans tous les pays d’Amérique du Sud et le prochain voyage que j’aimerais réaliser est la Colombie, une fois la situation sanitaire rétablie. À ce jour, j’ai repris une activité salariale dans une nouvelle entreprise afin de réaliser ce prochain défi.

Merci à Guillaume pour cette interview !

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1 Commentaire

Merrin
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Salut Guillaume ! Super ton récit et ton parcours ! Bravo à toi

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