Amélie, de l’Île d’Yeu à l’Île-du-Prince-Édouard (Canada)

Article publié le 26-05-2017.

Amélie alias abetus

Amélie alias abetus

  • Localisation Charlottetown, PE, Canada
  • Profession Professeur de français langue étrangère
  • Dernier diplôme obtenu Autre

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PVT a Charlottetown - Ile-du-Prince-Edouard 4

Bonjour, peux-tu présenter ?

Je m'appelle Amélie, j'ai 38 ans, je viens de l'Île d'Yeu et je suis professeur de français langue étrangère.

Baroudeuse ou pas ?

Oui. J’ai pas mal voyagé. Beaucoup en navigation, sur les bateaux, voiliers, en tant que matelot et cuisinière : Norvège, Arctique, Antarctique, Amérique du Sud, Afrique du Sud, Égypte, Écosse et l’Europe en général…

PVT a Charlottetown - Ile-du-Prince-Edouard 2

Que faisais-tu en France ?

J’étais enseignante de français au collège à l’Île d’Yeu et parallèlement matelot cuisinière.

Pourquoi cette envie de t’envoler pour le Canada ?

Très jeune, vers 10 ou 12 ans, j’ai eu envie de voyager, m’installer dans un pays et découvrir une autre culture et une autre langue. Après la Norvège et l’Arctique, je suis tombée amoureuse du froid. Il y a eu un moment dans ma vie où l’absence d’attache m’a permis de partir. J’ai d’abord pensé à la Norvège, mais il n’y a pas d’emploi en tant que francophone, puis j’ai pensé au Canada. Assister à Destination Canada, c’est ce qui a confirmé mon choix, avec en premier le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest !

Pourquoi Charlottetown ?

Parce que c’est là que j’ai trouvé du travail. Si j’avais trouvé du travail ailleurs, j’y serais allée. Je me suis intéressée aux Territoires du Nord-Ouest, à la Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. Mais le fait que ce soit une île a été important dans mon choix, et même décisif, car je suis une îlienne.

Quel était ton niveau d’anglais en arrivant ?

Si je prends mes références en français, je dirais "débutant fort"... Donc passable mais plutôt bon.

Comment as-tu progressé ?

Au bout de 2 ou 3 mois, j’ai rencontré des gens anglophones, notamment mes élèves, et j’ai travaillé mon anglais de A à Z.
Puis, j’ai pris confiance, en discutant en anglais avec mes amis bilingues. Le fait que la vie de tous les jours soit en anglais fait que tu progresses. Ce n’est pas un progrès rapide, mais je suis passée de niveau passable à moyen.

Est-ce que c’est la première fois que tu vis à l’étranger ou que tu pars aussi longtemps?

Oui, c’est la première fois que je m’installe et que je vis à l’étranger. Je suis partie au maximum 6 mois sur un bateau, nous restions dans les ports quelques jours ou quelques semaines, pas plus.

Quel a été ton sentiment dominant au cours de tes 2 premières semaines ?

Hahaha ! J’étais excitée ! Heureuse car j’y étais. Tu te dis « Ça y est, je l’ai fait ! »

Est-ce que ta situation professionnelle te parait satisfaisante, au Canada ?

Oui, avec un petit bémol, je n’ai pas l’assurance médicale, je viens d’obtenir la cotisation pension. De plus, c’est un travail à contrat, c’est-à-dire que cela dépend du nombre de clients que possède l’école. Ce n’est pas régulier.
C’est pour cela que dès que j’aurai ma résidence, je pourrai faire de la suppléance dans les écoles.

Quelles ont été tes plus grosses difficultés au Canada ?

Le plus galère, ce sont les papiers d’immigration… Et encore j’ai eu beaucoup de chance. Le plus dur est peut-être de se faire des amis et d’avoir une vie sociale. Les premiers mois passent vite car tu prends tes repères, tu vois comment ça se passe, par exemple, tu te demandes ce que tu vas manger, car c’est dur de trouver ses habitudes alimentaires, ce qui important, les produits ne sont pas les mêmes. Le froid n’a pas du tout été un problème.
Ne pas avoir de voiture est assez dur, pour visiter l’île ou amener mon fils à l’école mais ce n’est pas essentiel, je ne me dis pas « je veux une voiture ! ».

Quel est ton meilleur souvenir ?

La première tempête de neige ! Un gros blizzard ! Tu te dis « Whaou ! Cool ! ». Sortir dans la tempête, prendre des photos, c’est grisant, j’adore.

PVT a Charlottetown - Ile-du-Prince-Edouard

Qu’est-ce qui te manquerait si tu rentrais en France ?

Si je rentrais en France, j’aurais le sentiment de n’avoir plus rien à apprendre, tu maîtrises. Ici, il y a toujours de nouvelles choses à apprendre et au fond tu apprends à te connaître. C’est aussi pour cela que je suis partie de France.

Qu’est-ce que cette expérience t’apporte, du point de vue personnel et professionnel ?

Du point de vue personnel, tu ne peux compter que sur toi-même, c’est à toi de te débrouiller. Tu prends confiance en toi et tu minimises les détails négatifs, ils n’ont plus la même importance. Tu surmontes les difficultés avec plus de facilité. Ça développe l’ouverture d’esprit, cela te rend indépendante. Après quelque chose comme cela, tu te sens plus forte.
Niveau professionnel, je fais vraiment ce que j’ai envie de faire, enseigner le français à des étrangers, et je ne me suis pas trompée. Je m’éclate vraiment. Pour moi, faire découvrir ma langue à des anglophones, c’est une satisfaction quotidienne. Lorsque les personnes en face de toi progressent et prennent du plaisir à apprendre, c’est gratifiant. L’enseignement c’est aussi un échange, je suis toujours à la recherche de la meilleure façon d’enseigner, d’expliquer un concept ou une règle de grammaire. Et c’est gagné quand la personne te dit « oui ! Là j’ai compris ! ». Quand tu enseignes, tu apportes à quelqu’un, tu te sens utile.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs immigrants ?

Je conseillerais, comme je l’ai fait, de venir avant, de faire une visite exploratoire. Cela me parait logique et essentiel. Cela évite les désillusions, tu sais à quoi t’attendre et quand tu reviens, tu n’as pas de mauvaise surprise, car il n’y a pas d’endroit idéal, ce n’est pas mieux, c’est juste différent. Il vaut mieux avoir un peu d’argent d’avance, histoire que cela ne devienne pas un souci. Et puis, être bien conscient que pour s’intégrer, il va falloir faire beaucoup d’efforts. Pour le reste, on apprend sur le tas !

Le forum Destination Canada t’a-t-il aidée ?

Oui. Quand je me suis dit "je vais aller travailler au Canada", je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas par où commencer. Après m’être inscrite à Destination Canada, et avoir décroché une entrée, ça m’a prouvé que tu pouvais trouver du travail au Canada. Je n’y ai pas trouvé de travail ou de contrat, mais l’information qu’il y avait des opportunités.

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Yoan
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Merci à toutes l’équipe d’avoir partager l’interview! <3
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