Interview de Clémence, la première PVTiste en Colombie

Date de publication : 03-02-2018

Auteur

Julie

Clémence

Localisation

Paris, France

Dernier diplôme obtenu

Master

Il y a quelques temps, nous avons interviewé Clémence, la première PVTiste en Colombie. Vous pouvez lire ses réponses ou opter pour la version vidéo de son interview !

Voici la version courte et la version complète.

pvtistes : Bonjour Clémence, peux-tu te présenter ?
Clémence : Bonjour, je m’appelle Clémence, j’ai 27 ans, je suis en PVT en Colombie, dans la ville de Medellín plus exactement. Avant de partir en PVT, je vivais à Paris, j’ai fait une licence en management touristique et un master en marketing et communication web. Au cours de mes études, j’ai beaucoup voyagé pour faire des stages à l’étranger, mais aussi des échanges universitaires en Russie, en Suède et en Norvège, et j’ai travaillé un an en Lettonie dans le secteur du tourisme et du web. Depuis fin janvier 2016, je suis en PVT en Colombie.
pvtistes : Pourquoi as-tu décidé de partir en PVT en Colombie ?
Clémence : La petite histoire est que ma meilleure amie Laetitia s’est mariée avec un colombien, Nicolas, et j’ai eu la chance de pouvoir venir à Bogotá pour leur mariage. J’ai beaucoup aimé l’ambiance, les couleurs, les odeurs dans la rue, la gentillesse des gens, la gentillesse de la famille de Nicolas. J’avais aussi eu la chance un an auparavant de pouvoir aller au Mexique et, via ces expériences et ces voyages, j’avais envie d’apprendre la langue espagnole que je ne parlais pas du tout, et aussi d’en savoir plus sur la culture latino et sud-américaine. Quand je suis rentrée du mariage début novembre 2015, j’ai commencé à réfléchir à ce voyage. Au même moment, Manuel Valls est allé à Bogotá pour signer un accord de PVT avec la Colombie, ce qui tombait parfaitement bien pour moi. Dès que le PVT est entré en vigueur, j’ai commencé à faire les démarches pour avoir le PVT, aidée de la famille de Nicolas qui se trouvait en Colombie. Voilà, j’ai eu trois mois pour organiser mon voyage et donc depuis fin janvier 2016, je suis ici en Colombie.
pvtistes : Peux-tu nous parler de la demande du visa PVT pour la Colombie ?
Clémence : Le PVT, pour la Colombie, n’a pas été simple à avoir pour moi sachant que j’étais la première à postuler vu que l’entrée en vigueur venait tout juste d’avoir lieu. Le site internet du consulat n’était qu’en espagnol. Malgré un petit onglet français, la page “française” était aussi en espagnol donc il a fallu qu’on m’aide à traduire toutes les lignes, et même pour un hispanophone, tout n’était pas très clair. Maintenant c’est beaucoup plus clair puisque j’ai eu le visa et d’autres personnes après moi l’ont eu grâce aux informations postées sur Internet et les informations du consulat donc je peux vous donner un peu plus de billes. Le consulat se trouve à Paris, près des Champs Elysées, rue de Berry. Ça ne sert à rien d’essayer de les appeler car ils ne répondent jamais au téléphone. Par e-mail, ils ne répondent pas toujours, en tout cas il y a un assez long délai pour avoir une réponse, et si vous vous rendez directement au consulat sans avoir un rendez-vous, on pourra vous donner quelques informations à l’accueil, mais ils vous diront de regarder les informations sur Internet. En tout cas, si vous allez directement au consulat, vous ne pourrez pas rencontrer une personne qui va vous aider pour les formalités. Il va être plus judicieux pour vous de passer par le site PVTistes par exemple pour avoir toutes les infos. Sachez que le nom du PVT Colombie, c’est le visa TP16.
pvtistes : Comment s’est passée ton arrivée en Colombie ?
Clémence : Mon arrivée en Colombie s’est bien passée, j’ai été accueillie par la famille de mon ami Nicolas. Étant donné que je ne parlais pas espagnol, ça a été une grande aide pour moi. Déjà à l’aéroport, il y a eu un petit couac à l’immigration, ils ne connaissaient pas mon visa parce qu’il était nouveau, j’imagine. J’ai dû attendre un petit peu, le temps qu’ils fassent des recherches, mais après, je n’ai eu aucun problème suite à ça. J’ai pu retrouver la famille de Nicolas. Les premiers jours se sont plus ou moins bien passés, mais c’est pas la faute de la Colombie. Soit dans l’avion, soit à l’aéroport, je suis tombée malade. Au bout de trois semaines, les docteurs ont compris que c’était une pneumonie. C’est un microbe qui se déplace dans l’air conditionné, c’était juste de la malchance. En tout cas j’ai été bien prise en charge par les Colombiens que je connaissais et à la clinique où je suis allée. En dehors de ça, mes premières impressions ont été très bonnes, je retrouvais ces odeurs et ces couleurs que j’aime tant ici. J’ai aussi pu découvrir de plus en plus que les Colombiens sont des gens très accueillants, très polis, toujours à vouloir aider. Je ne dis pas qu’ils sont tous comme ça, il y a toujours des exceptions, mais en tout cas, on est toujours venu à mon aide.
pvtistes : Peux-tu nous parler de cette démarche importante à faire en arrivant, la cédula ?
Clémence : En arrivant, vous devez faire une demande de cédula, plus précisément de cédula extranjera, qui correspond à la carte d’identité colombienne. Il faut savoir qu’à partir du moment où vous arrivez dans le pays, vous avez 15 jours pour faire cette démarche. Vous avez besoin d’une matinée pour le faire. Vous devez vous rendre dans un bureau d’immigration de la ville où vous vous trouvez. Évidemment, il y a énormément de monde donc je vous recommande d’y aller assez tôt si vous ne voulez pas y passer la journée. Vous pouvez ensuite venir la chercher 10 ou 15 jours plus tard. Ce que je peux vous conseiller aussi, c’est d’envoyer un e-mail au consulat ou à l’ambassade pour les prévenir de votre arrivée en Colombie. Après, pour les autres démarches, comme acheter une carte SIM, tout est généralement très simple.
pvtistes : Comment tu t’es logée en Colombie ?
Clémence : Pour vous loger en Colombie, vous avez différentes options : vous loger avec une famille colombienne, la colocation ou avoir un appartement juste pour vous. Depuis que je suis arrivée en Colombie, je vis seule dans un appartement. C’était pas forcément la meilleure des idées car c’est l’option la plus chère, pour une personne seule et on se sent parfois un peu seul. Mais je le savais. J’aime avoir mon intimité, j’aime vivre seule, avoir un peu de solitude parfois. À côté de ça, je sors voir mes amis. Je vis à Medellín dans un quartier familial qui s’appelle Belen, qui est très sympa. Vous avez pas mal de restaurants, de petits commerces partout, c’est très pratique. Si vous comptez venir à Medellín, je vous conseille Belen, Laureles ou Poblado qui est le quartier le plus cher de Medellín. Sachez que si vous voulez louer un appartement tout seul, vous avez besoin qu’un Colombien soit garant pour vous. En tant qu’étranger, vous ne pourrez pas louer comme ça un appartement. Il y a peut-être des agences qui s’occupent de ça mais je n’en ai pas entendu parler. Moi je vis seule dans un appartement de 40m2 à Belen et je paye 300 euros par mois. Avant, j’avais vécu à Paris pendant 7 ans, du coup ici ça m’a paru très peu cher, c’est pour ça que j’ai choisi cette option. Maintenant que je vis ici depuis 7 mois, j’ai compris que je pouvais réduire mes dépenses de logement, c’est pour ça que d’ici quelques jours je vais déménager en colocation avec des Colombiens. La colocation, c’est sympa pour pouvoir échanger avec d’autres jeunes, d’autres étudiants, et parfois d’autres étrangers,. Vous pouvez partager votre culture et la culture des autres, parler d’autres langues et notamment l’espagnol que vous pouvez améliorer rapidement en vivant avec des Colombiens ou d’autres hispanophones… Partager la gastronomie de votre pays, connaître la gastronomie colombienne grâce à vos colocataires colombiens. C’est beaucoup plus enrichissant et c’est sympa. Pour une colocation, il faut compter à peu près 500 000 pesos, environ 150 euros, ce qui est vraiment pas cher et je pense la meilleure option. En terme de papiers, on ne vous demandera rien. C’est pas comme en France où on vous demande des bulletins de salaire… On vous demandera peut-être juste une photocopie de la cédula et peut-être deux mois de loyer d’un coup, ce qui fait 300 euros, c’est pas mortel. La dernière option, c’est de vivre avec une famille colombienne. C’est une option que je n’ai pas souhaité tester, j’ai quitté mes parents il y a 7 ans, c’est pas pour retourner dans une famille ! Je préfère vivre avec des jeunes, des amis plutôt qu’avec une famille. C’est un choix personnel, peut-être que vous, ça vous plaira. Si vous êtes jeune, ça peut être rassurant pour vos parents si vous êtes dans une famille colombienne. C’est à peu près le même prix qu’une colocation, peut-être un peu moins cher et ça a ses avantages. En général, quand vous êtes dans une famille colombienne, vous payez pour la chambre, on vous fait aussi votre ménage, votre lessive et votre repassage, et la plupart du temps vous avez aussi un/des repas qui est compris, par exemple déjeuner + dîner, ou petit-déjeuner ou dîner. Le prix va être compris entre 150 et 200 euros. Je parle pour Medellín, j’imagine qu’à Bogotá, c’est un peu plus cher et que si vous êtes dans une petite ville colombienne. En tout cas, ce sont des prix très abordables, en particulier par rapport à la France.
pvtistes : ¿ Hablas español ? 
Clémence : Quand je suis arrivée en Colombie, mon niveau d’espagnol était de zéro. J’avais un peu appris avant de partir, mais pas suffisamment pour pouvoir comprendre les gens et communiquer avec eux. J’ai commencé par prendre des cours dans une université pendant un mois. J’ai décidé de ne pas continuer dans cette université parce que les cours étaient trop lents, je m’ennuyais. C’était en partie dû au professeur qui prenait beaucoup de temps pour ses explications, les exercices, mais aussi parce que mes camarades de classe étaient souvent absents ou en retard et du coup on devait reprendre le cours. Il faut compter, si vous allez dans une école, à peu près 1 million de pesos par mois, soit environ 300 euros. J’ai eu d’autres retours de personnes qui ont pris des cours d’espagnol dans des universités ou des écoles et on a souvent les mêmes retours : à peu près le même prix, les cours sont lents, on n’apprend pas très vite et on s’ennuie. Ce que je peux vous conseiller, c’est de prendre des cours particuliers avec un Colombien, qu’il soit prof ou pas – enfin, que la personne ait de l’expérience dans ce domaine ou pas – parce que ça vous reviendra moins cher. C’est ce que j’ai fait une fois que j’ai quitté l’université. J’ai demandé sur le groupe des français en Colombie et l’autre groupe facebook des francophones à Medellín, s’il y avait un prof qui pourrait m’enseigner l’espagnol à l’occasion des cours privés, et ça a été le cas. Il se trouve que j’ai appris deux ou trois fois plus vite grâce à cette personne, et qu’en plus, elle me coûtait beaucoup moins cher (en ayant un prof privé qui venait chez moi et en plus avec un cours personnalisé par rapport à mes besoins). Maintenant, ça fait 7 mois que je suis en Colombie, mon espagnol n’est pas excellent, j’en suis tout à fait consciente, il pourrait être meilleur. Je n’ai pas fait énormément d’efforts, j’étudie l’espagnol comme il vient, mais j’ai travaillé souvent en anglais et je partage beaucoup de temps avec ma famille colombienne qui me parle espagnol mais disons que j’aurais pu continuer les cours pour apprendre un peu plus. Pour l’instant, mon niveau me suffit, au vu du travail que j’ai à faire. En 6 mois, vous pouvez avoir un très bon niveau d’espagnol, c’est juste que moi j’ai pas forcément beaucoup d’efforts.
pvtistes : Comment ça s’est passé pour toi en terme d’emploi ?
Clémence : Depuis que je suis arrivée ici, je n’ai pas eu beaucoup de chance de ce point de vue là. Déjà, sachez que si vous ne parlez pas l’espagnol, vous n’avez quasi aucune chance de trouver un travail. Même dans le secteur du tourisme, pour travailler dans un bar ou dans un restaurant, on va vous demander de parler plutôt bien espagnol pour pouvoir comprendre les gens et pouvoir leur répondre. À la rigueur, vous pouvez faire du volontariat dans des auberges de jeunesse, j’ai rencontré un Italien qui a fait ça mais c’est le seul. Depuis mon arrivée, j’ai eu énormément d’entretiens et j’ai envoyé énormément de CV. J’ai eu très peu de retours et j’ai très peu travaillé car mon espagnol n’est pas suffisant. Si vous voulez arriver en Colombie et travailler tout de suite, venez avec un bon niveau d’espagnol sinon dites-vous que vous allez devoir aller au moins 4 ou 6 mois en cours d’espagnol pour pouvoir avoir un niveau suffisant pour pouvoir travailler.
Trouver un boulot quand on parle espagnol, ce n’est pas extrêmement compliqué surtout qu’en France et en Europe de manière générale, on a une bonne éducation, on parle plusieurs langues, on arrive ici avec de bonnes expériences, des stages… ce qui intéresse les entreprises ici. Vous avez différents sites internet pour trouver des annonces (j’en parle dans cette discussion du forum) et déposer des CV (de type Monster, par exemple), vous avez aussi des groupes facebook, n’hésitez pas à utiliser votre réseau personnel, votre réseau professionnel… N’hésitez pas à mettre à jour votre compte Linkedin. Regardez assez régulièrement les annonces qui pourraient être postées sur les groupes facebook « La France en Colombie » ou « Les francophones à Medellin ». Ce sont deux groupes qui marchent très bien, il en existe peut être d’autres, moi ce sont les deux groupes que j’utilisés et j’ai toujours eu réponse à mes questions sur ces deux groupes. Le CV colombien est différent de chez nous, en France. Déjà, sachez qu’il n’y a pas de lettre de motivation, par contre le CV va faire environ 5 pages. Sur la première page, vous allez mettre vos coordonnées, et ensuite écrire un petit paragraphe où vous allez mettre votre profil, votre objectif professionnel (cela fera à peu près 10 lignes). Ensuite, vous continuez comme un CV français, à écrire vos expériences professionnelles, vos études et vos hobbies. Ensuite, vous allez terminer toutes ces pages en mettant vos contacts personnels et professionnels. Ici, ils l’utilisent assez souvent, surtout si ce sont des contacts colombiens, donc j’ai mis mes employeurs en France et à l’étranger, et des contacts personnels (j’ai mis mon prof d’espagnol et mes meilleurs amis colombiens). Comme j’avais fait traduire et apostiller mes diplômes, je les ai aussi joints au document, ce qui fait que j’ai 7 pages mais normalement ça fait 5 pages bien remplies du fait qu’il n’y ait pas de lettre de motivation. Au niveau de mes expériences ici, comme je vous le disais, je n’ai pas eu beaucoup de chance. J’ai commencé par travailler dans un centre d’appels, en anglais, et il s’avère que c’était une entreprise illégale. J’ai signé un contrat que l’on ne m’a jamais rendu. L’entreprise essayait de nous avoir une assurance et de nous payer une partie des transports, ce qui est obligatoire ici en Colombie, mais il n’y avait vraiment aucun respect pour les êtres humains qui travaillaient dans l’entreprise, donc comme toute bonne Française, j’ai voulu rappeler la loi colombienne, ce qui n’a pas du tout plu au manager, donc je me suis fait virée. Il n’a pas voulu me payer mon salaire donc j’ai porté plainte contre eux à la Oficina del Trabajo. Le dossier est toujours en cours. C’est un peu mal parti car le dernier e-mail que j’ai reçu du centre d’appels me rappelait qu’ils ne me payeraient pas mon salaire et qu’en plus de ça, ils me demandent de rembourser le stage de trois jours que j’ai fait au Panama pour eux. Bien sûr je ne le payerai pas, et je vais prendre rendez-vous à la Oficina del Trabajo qui est un peu comme le ministère du Travail ici, pour avancer sur ce dossier parce que je ne compte pas lâcher l’affaire. Il faut faire attention lorsqu’on trouve un travail ici. Bon moi, au départ, il y avait un contrat, je l’avais signé, on était d’accord, le hic c’est qu’on ne me l’a jamais rendu signé même au bout d’un mois. Je ne pouvais pas forcément savoir qu’on me le rendrait jamais… Ensuite, j’ai travaillé dans une agence web tenue par un Français ici, sur la partie commerciale et la partie networking. J’ai dû arrêter ce travail et maintenant je me suis complètement reconvertie et je me sens très heureuse dans cette reconversion. Je pensais à ça depuis longtemps, je me suis longtemps demandé si c’était une bonne idée de faire cette reconversion ici en Colombie, et en fait c’était une très bonne idée. Donc maintenant, j’ai créé comme un label, chaque semaine je parle d’une marque colombienne, surtout de Medellín, car ici il y a beaucoup d’entrepreneurs, de gens qui ont plein de bonnes idées, donc toutes les semaines je parle d’une marque avec une idée originale, ça peut être des chaussures, des sacs, des produits biologiques, des vélos… Ca m’a permis de rencontrer énormément de gens. Les Colombiens partagent volontiers leurs contacts, donc c’est intéressant de ce point de vue là. Cette semaine j’ai été invitée dans le meilleur restaurant de Medellín grâce à ça donc super ! Donc si vous voulez aller sur la page Instagram… En plus de ça, je travaille avec une amie que j’ai rencontrée il y a plus de 7 ans en Lituanie. Elle fait des chaises design donc je l’aide à faire les chaises et on les commercialise dans les différents showrooms de Medellín et on va participer à des salons design, donc c’est très intéressant. Et la dernière chose que j’apprends à faire aussi grâce à des maroquiniers et des cordonniers que j’ai rencontrés ici par hasard à Medellin (car les gens sont sympa et aident beaucoup), ce sont des accessoires et surtout des sacs, pour le moment en cuir. Le cuir en Colombie est très peu cher et de très bonne qualité. Je suis très contente de moi pour le moment, je suis heureuse de voir tous les soirs le travail que j’ai accompli pendant la journée, c’est une vraie satisfaction de voir qu’un beau sac est terminé, qu’une belle chaise est terminée, qu’elle va se vendre. J’apprends maintenant à faire des métiers manuels, et je m’épanouis beaucoup. Je suis contente de faire cette reconversion ici en Colombie car c’est un pays qu’on pourrait considérer comme pauvre malgré sa croissance phénoménale maintenant mais il s’avère que comme les gens sont plutôt manuels qu’intellectuels, même si c’est pas forcément sympa et même si c’est en train de changer, ils ont de vraies compétences et de vrais savoirs pour ces métiers et donc beaucoup d’informations à nous apporter, vraiment il ne faut pas arriver en Colombie en conquistador en se disant “on va tout leur apprendre”, c’est vraiment un échange de bons procédés. Les Colombiens ont de très bonnes écoles, ils sont très intelligents, la Colombie va se développer très vite et a vraiment un très bel essor qui l’attend.
pvtistes : Parle-nous du coût de la vie en Colombie !
Clémence : Bien sûr par rapport à la France et l’Europe, le pays est beaucoup moins cher. Pour vous donner un ordre d’idée, pour louer un appartement ça va vous coûter 300 euros, en colocation 150 euros, en famille 200 euros. Prendre les transports, c’est 5 000 pesos (50 centimes), les courses j’en ai à peu près pour 50 000 pesos par semaine (à peu près 20 euros). Si vous voyagez de Medellín-Bogotá il faut compter 20 euros, si vous prenez l’avion pour aller sur la côte par exemple, comptez 40-50 euros (vous pouvez avoir de très bons prix avec Viva Colombia). Je vous conseille vivement de prendre le bus, mais c’est quand même très long, il faut faire de 8 à 12 h de bus donc ça dépend du temps que vous avez. Bien sûr, si vous habitez à Bogotá, c’est un peu plus cher, si vous habitez dans un petit village c’est un peu moins cher. Medellín est entre les deux. Pour avoir le visa PVT pour la Colombie, le consulat demande entre 1 300 et 2 000 euros d’économies (avec ou sans billet), moi je vous conseille de venir avec à peu près 5 000 euros pour être tranquille. Vous n’allez pas trouver un travail dans les 10 jours en arrivant ici, vous allez devoir trouver la ville dans laquelle vous voulez rester, trouver un logement, commencer à vous inscrire sur les différents sites, aller aux entretiens… et vous pouvez avoir un entretien dans les 10 ou 15 jours qui suivent. Il faut avoir des ressources pour toute cette période et ensuite, les salaires ne sont pas énormes. En général, vous allez gagner entre un million et un million cinq cent mille pesos, ce qui fait entre 500 et 700 euros. Ça permet de bien vivre, bien sûr, de payer ses factures, mais si à côté de ça vous souhaitez voyager, vous allez avoir besoin d’un peu plus d’argent, même chose si vous voulez suivre des cours d’espagnol ou prendre des cours de salsa, par exemple.
pvtistes : Te sens-tu en sécurité en Colombie ?
Clémence : Vraiment, je vous dirais de ne pas vous inquiéter pour ça, je ne me suis jamais sentie en insécurité ici. En tout cas pas plus qu’en France, voire moins qu’en France. Je me sens bien quand je me balade dans la rue. Je me suis fait agresser une fois, on a essayé de me voler mon téléphone. Au final, le mec est parti et n’a même pas pris mon téléphone. Mais voilà, ça aurait pu arriver dans n’importe quel pays du monde. On a essayé de me voler plusieurs fois mes affaires en France, ici j’ai beaucoup moins de problèmes. Bien sûr, pour ne pas avoir de problèmes, il ne faut pas afficher des choses tentantes, par exemple des montres, des bijoux de valeur, ça ne sert à rien d’attiser l’envie de gens dans le besoin. Je vous conseillerais de venir en Colombie sans vos bijoux de grande valeur. Dans la rue, il faut se comporter normalement, être simple comme eux, quand on vous dit bonjour, dites bonjour, quand on vous sourit, vous souriez aussi. Il faut prendre la vie simplement comme eux la prennent ici. Il y a bien sûr des quartier à éviter. Dans toutes les villes, vous allez avoir des quartiers pauvres, plus dangereux. Il faut éviter complètement d’aller dans ces quartiers. Il faut rester dans les quartiers familiaux, sécurisés, et les quartiers riches si vous voulez être vraiment tranquilles. Moi je me sens très bien ici, je me sens plus en sécurité ici qu’en France donc n’ayez pas peur de venir en Colombie. Le gouvernement fait tout pour protéger les citoyens, les soucis avec les FARC sont en train de se résoudre, s’il y a des soucis avec d’autres cartels, on en entend plus parler, en tout cas ils n’ont plus aucune influence dans les villes où ils sont. Voilà, tout va bien !
pvtistes : Si tu devais faire un bilan de ces 7 premiers mois en Colombie…
Clémence : Je dirais que c’est assez positif. Bien sûr, professionnellement ça a été compliqué mais je dirais que je suis très heureuse de vivre ici, dans la ville de Medellín, qui est très verte, très sympa et où il fait très beau. J’ai fait les plus beaux voyages de ma vie en Colombie, que ce soit sur la côte caribéenne, dans le petit village de Salento où vous avez la vallée de Cocora ou dans d’autres petites villes colombiennes. J’ai prévu d’aller sur l’île de San Andres dans les semaines à venir, et de faire encore plein de voyages. Ce pays est magnifique, il y a énormément de choses à voir. Je n’ai même pas encore eu l’occasion d’aller dans d’autres pays, je voudrais aller en Bolivie, au Brésil… parce que c’est à côté, mais en fait il y a déjà encore tellement de choses à faire en Colombie que pour l’instant je n’y pense pas du tout. En tout cas, bilan très positif au niveau du pays, des Colombiens, des paysages, de la nourriture. Vous avez deux aspects au niveau de la nourriture : soit vous allez avoir des plats très gras, très huileux, soit des plats végétariens et il y a un énorme choix de fruits et légumes qui est très appréciable, il y en a beaucoup qu’on n’a pas en Europe. J’ai rencontré des personnes formidables, de vrais amis. Je me fais vraiment un très bon réseau par rapport à mes projets professionnels.
pvtistes : Tu as des conseils pour les futurs PVTistes en Colombie ?
Clémence : Si j’ai des conseils à vous donner, à vous futurs PVTistes qui allez arriver en Colombie : préparez bien vos papiers pour le dossier de demande de visa avant de vous inscrire en ligne, préparez aussi l’entretien que vous allez avoir au consulat. On va vous poser quelques questions : “pourquoi ce PVT, pourquoi la Colombie ?”. Les réponses adéquates, ça va dépendre de vos projets. Dites que la Colombie est en plein essor, un pays à la mode, que vous avez envie de voir ce qui se passe là-bas, de faire du tourisme, d’apprendre l’espagnol ou de le perfectionner et d’acquérir une expérience professionnelle. Evitez par contre de parler de projets sur du trop long terme, de dire que vous voulez monter une entreprise ici, de tester sur un an la Colombie pour y faire après du business. Le PVT pourrait servir à ça mais aux yeux du consulat et du gouvernement colombien, ça ne sert pas à ça du coup ils pourraient vous refuser le PVT et vous dire de demander un visa de travail qui est super dur voire impossible à obtenir. Partez avec une somme conséquente d’argent, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Demandez bien à votre banque d’avoir un contrat d’un an : par exemple, ma banque, le Crédit Agricole, m’a proposé pendant un an un contrat PVT donc je peux faire autant de retraits et de paiements par carte que je veux et ils me remboursent les frais. Au niveau des papiers bancaires, ils vont aideront plus facilement si vous avez ce type de contrats. Demandez la carte adéquate. Ici il est compliqué d’ouvrir un compte bancaire. Si vous n’avez pas de contrat de travail, vous ne pourrez pas ouvrir de compte bancaire, alors partez avec une bonne carte. Ici, restez simple, ne sortez pas avec l’iphone 6 où je ne sais combien. Avec le câble blanc apparent, comme ça dans la rue, on pourrait essayer de vous le voler. Pas de bijoux non plus. Il faut essayer de faire attention comme partout, mais ce n’est pas plus dangereux qu’ailleurs.
Je vous conseille plutôt d’être en colocation, ce sera plus intéressant au niveau de la langue, des contacts, vous pourrez rencontrer plus de gens. Je vous conseille de venir à Medellín, aussi. Pour moi c’est la ville la plus agréable de Colombie en terme de températures. Professionnellement aussi, c’est une ville qui explose, il y a beaucoup d’opportunités professionnelles, beaucoup de nature.
pvtistes : Quels sont tes projets maintenant ?
Clémence : Je vais continuer avec elle à créer des chaises design, et d’aller les commercialiser. Je continue à faire mes sacs, à développer mon projet Talents à Medellín. Je n’ai pas encore décidé si je comptais rester après février ou rentrer chez moi. La vie est très agréable ici, ce n’est pas cher, j’avoue quand même que ma famille et mes amis me manquent. NDLR : finalement Clémence a pu rester en Colombie avec un visa de travail, elle vous explique comment dans son récit Obtenir un visa de travail après son PVT Colombie. Donc une fois le PVT terminé je pourrais continuer facilement sur 6 mois de visa tourisme, ça dépendra si quelque chose me retient, peut-être l’un de mes projets si ça marche bien, peut-être un Colombien… J’irai peut être essayer de vivre quelques semaines ou mois dans une ville au bord de la côte. En tout cas c’est un pays où il fait bon vivre, où je resterais volontiers si ma famille et mes amis n’étaient pas si loin. Quand vous arrivez en Colombie, n’hésitez pas à me joindre sur le site PVTistes.net, même avant, je serai ravie de vous conseiller, de vous aider dans vos démarches. Les personnes qui ont déjà essayé de me contacter ont pu voir que je répondais toujours aux messages, plus ou moins rapidement, ça dépend du décalage horaire ! J’essaye toujours d’aider, n’hésitez pas à m’écrire ou à venir me rencontrer une fois que vous êtes ici.

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7 Commentaires

Agathe
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Salut Clémence, merci pour ton témoignage ! J’ai quelques questions concernant la demande de PVT et la vie la bas : – les 2000€ requis pour faire la demande de PVT doivent ils être obligatoirement sur ton compte courant ? ou bien simplement sur un compte épargne ? – faut il déjà acheter le billet d’avion aller avant de faire la demande de PVT ? si oui que se passe t il si celle-ci n’aboutie pas à temps ou pas du tout ? – combien payes tu tes cours privés d’espagnol ? – Sur quel site je peux trouver des colocations ? Enfin, est ce que tu connais des associations de défense des droits des femmes ou bien actives dans d’autres domaines juridiques que je pourrais contacter pour un éventuel travail de bénévole. C’est un domaine qui m’intéresse particulièrement et ayant fait des études de droit j’aurai aimé poursuivre dans cette voie là. Merci d’avance pour ta réponse ! Agathe
Julie
4.9K 13.8K
Salut Agathe, Généralement, quand les pays demandent le billet d’avion dans le dossier de demande de visa, c’est qu’il n’y a pas (ou très peu) de refus 😉 Pour la demande de visa, regarde par ici on a un tutoriel : https://pvtistes.net/dossiers/tutoriel-demande-pvt-colombie/ 😉 Pour le reste, je laisse Clémence te répondre 🙂
Agathe
2 8
Merci ! 🙂
Assanev
0 2
Bonjour Clémence, dans ton témoignage, tu parles des différents moyens de se loger en Colombie, mais tu n’abordes pas les auberges de jeunesse (backpack) tu parles également des opportunit »s professionnelles notamment à Médellin si je me souviens bien mais dans quel(s) secteur(s) d’activité(s) ? ha oui, et si je souhaite partir courant octobre il vaudrait mieux que prépare mon dossier un mois avant c’est ça ? merci d’avance pour ton retour !! vanessa
Clémence
46 63
Hello ! Merci pour ton message. – oui les auberges de jeunesse c’est bien en vacances… si tu y restes un mois ca n’est plus économique. en arrivant tu peux y rester quelques jours pour découvrir la ville et trouver ton logement. – les secteurs d’activités qui recrutent sont le tourisme, l’écologie, l’ingénierie, le web. – si tu veux partir en octobre, met en ligne ton dossier 1 mois avant. mettre en place le dossier met du temps et il y a souvent des surprises, un dossier manquant ou mauvais pour tel ou tel raison. ne t y prend pas trop au dernier moment
Nubiah
67 108
Super témoignage! Très intéressant, ça m’a donné envie de visiter la Colombie.
Clémence
46 63
Salut Nubiah, oui n’hésite pas, tu vas adorée !

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